interstices.io « L’interstice est un espace de relations humaines qui, tout en s’insérant plus ou moins harmonieusement et ouvertement dans le système global, suggère d’autres possibilités d’échanges que celles qui sont en vigueur dans ce système. » Esthétique relationnelle, Nicolas Bourriaud, Les presses du Réel, 2001 Bonjour ! Nous sommes Alexandre Liziard et Étienne Ozeray, étudiants en fin de cycle de design graphique. Nous consacrons cette année à mener à bien notre projet de diplôme. Ce site est notre carnet de bord. En savoir plus

Comment, en tant que designers graphique, intégrer les paradigmes ayant été mis en œuvre dans les interstices  ➞* * «Ce terme d’interstice fut utilisé par Karl Marx pour qualifier des communautés d’échanges échappant au cadre de l’économie capitaliste, car soustraite à la loi du profit: troc, ventes à perte, productions autarcique, etc. L’interstice est un espace de relations humaines qui, tout en s’insérant plus ou moins harmonieusement et ouvertement dans le système global, suggère d’autres possibilités d’échanges que celles qui sont en vigueur dans ce système.» Nicolas Bourriaud, Esthétique relationnelle, Les presses du Réel, 2001, p16 du libéralisme économique régissant notre société, à savoir la libération des outils matériels et intellectuels par la contribution, l’échange et l’ouverture, pour contribuer au développement d’un design non plus constitué d’un corps de spécialistes détachés du réel mais d’individus intégrés à la collectivité, dans le but de favoriser l’autonomie et l’émancipation individuelle et sociale?

Ce «Grand projet» naît d’une volonté commune de contribuer activement – dans la lignée des contre-cultures passées – aux alternatives qui ont fait ce qu’est la culture libre aujourd’hui ; il nous faut donc définir ce qu’est faire du design aujourd’hui, ré-interrogeons nos façons de faire, re-pensons nos outils, concevons ces outils, interrogeons les processus, interrogeons les utilisateurs, interrogeons les financements, prenons garde à ne pas se faire aspirer dans une sphère mercantile, apprennons à faire plus avec moins, à ne plus faire seul mais à plusieurs.

Nous sommes convaincus que le design graphique n’existe que par et pour l’environnement culturel et social où il évolue, il faut prendre garde à ne pas en faire un outil superficiel, un simple cosmétique. Nous nous attachons à mettre notre pratique au service de nécessités plutôt que d’en créer. Nous croyons et voulons participer au développement d’un design responsable, basé sur la contribution, l’échange et l’ouverture et militer pour une libération des savoirs, des outils et du travail. Il nous faut sortir de la passivité technique, ne plus se laisser guider par nos outil mais en être acteur. Nous devons donc sans cesse ré-interroger leur place, ne pas se contenter d’outils préétablis et limités mais de les adapter aux nécessités. Nous devons placer l’outil au cœur de notre processus de travail et le considérer comme vecteur de sens plutôt qu’instrument d’exécution. Le designer graphique, en tant qu’expert en mise en forme, contribue à la circulation du savoir en la rendant lisible et compréhensible. Il est donc un des enjeux majeurs de nos recherches de développer des outils favorisant la mise en commun des savoirs et de contribuer à leur mise en forme.
L‘outil tenant une place majeure dans le processus de création, il est nécessaire que celui-ci soit «convivial»  ➞**** Ivan Illich, La Convivialité, Seuil, 1973 c’est à dire qu’il doit être ouvert dans son utilisation, ceci permettant l’expression libre de celui qui l’utilise. La libre circulation du savoir, détachée de considérations mercantiles ou égotiques, contribue au développement et à l’épanouissement individuel et social. L’autonomie dans le travail entend minimiser les contraintes hiérarchiques traditionnelles pour le considérer comme un accomplissement de soi plutôt qu’un devoir. Cette posture tend à se défaire de l’homme machine au profit de l’homme créateur.

Contact Nous voulons que cette initiative naisse de plusieurs voix, de réflexions et de dialogues multiples entre camarades, amis, professeurs, designers, architectes, vidéastes, musiciens, danseurs, peintres, chômeurs, millitants, etc. Elle doit être l'addition d'une bande de je où chacun mène ses affaires et amène ses savoirs. Contactez, contribuez, proposez, critiquez, commentez, réfutez, saluez, etc, à l'adresse bonjour [at] interstices [point] io. Colophon Ce site est propulsé par le CMF libre ProcessWire et composé grâce au caractère typographique libre Gap Sans. L'ensemble du contenu disponible sur ce site est placé sous licence libre Creative Common Attribution - Non Commercial - Share Alike (CC BY-NC-SA) à l'exception des contenus extérieurs conservant leurs propres licences.

Actualités

Chantiers

Et après? Alex Nouveau site internet le 30-12-2016

Nouveau site internet Alex

Vous pouvez désormais consulter les derniers travaux à l’adresse suivante >> alexandre.atelier-bek.be Ce petit outil a été mis en place à plusieurs dans le cadre d’un appel à projet et est bidouillable et réapropriable par le CSS que l’on façonne comme bon nous semble. Le tout a été développé par Antoine et Étienne de l’atelier Bek. Ce lien est encore en cours de construction mais quand même consultable.

Au plaisir.

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Et après? Catalogue des diplomés 2015 — Manifont en usage le 12-02-2016

Catalogue des diplomés 2015 — Manifont en usage

Nous avons par ailleurs eu le plaisir de voir le catalogue des diplômés 2015 de l’école adopter une nouvelle forme avec la Manifont. Merci à l’atelier trois!

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Et après? Bruxelles — Atelier-Bek le 12-02-2016

Bruxelles — Atelier-Bek

L’atelier BEK est une ancienne menuiserie situé à Molenbeek près du quai des charbonnages. Depuis une année et demie, nous avons la volonté de construire un environnement commun accueillant nos pratiques dans leurs diversités, propice à les ancrer dans une socialité, à la fois interne à cet environnement et ouverte sur l’extérieur. L’équipe actuelle se compose de designers (web, graphique, textile), illustrateurs, artistes plasticiens (dessin, sculpture) et artisans.

À travers ces pratiques transversales, nous envisageons un fonctionnement où le travail à plusieurs permettrait en premier lieu deux types de mutualisations: la mise en commun du matériel ainsi que de l’espace.

L’atelier BEK est aussi un endroit propice au développement de projets commandités et auto-initiés, collectifs ou individuels, une plate-forme permettant également l’organisation d’événements et d’activités culturelles. Ces manifestations prendraient la forme d’événements ponctuels tels que des workshops, conférences, résidences, expositions, performances ... mais aussi d’activités plus régulières, telles que des ateliers tout publics ou des formations (initiations atelier photo, constructions d’objets, édition et programmation). Tout est encore à penser et à construire. Il s’agit d’envisager ce lieu comme une collectivité non restreinte, où les allées et venues sont fréquentes, tant dans l’espace que dans les pratiques de chacun.

L’espace est constitué d’une surface ouverte de 280m2 où sont agencés les différents pôles de travail ainsi qu’une entrée de 80m2 modulable qui peut accueillir des événements publics et constitué un atelier commun de projets de plus grandes envergures.

Comme tout étudiant terminant son cursus, nous sommes confrontés à des choix de vie et des choix professionnels post-diplôme. Au fil de ces années d’études, l’école a été le lieu privilégié d’échanges et de rencontres nourrissant nos pratiques. Au cours de stages, de mobilités internationales et de voyages, nos échanges nous ont amenés à élargir nos cercles de relations avec la rencontre d’autres étudiants issus de domaines variés et partageant les même envies et exigences que les nôtres. Bruxelles a rapidement émergé comme étant le lieu central de ces rencontres et discussions.

Depuis une année et demie, nous avons la volonté de construire un environnement commun accueillant nos pratiques dans leurs diversités, propice à les ancrer dans une socialité, à la fois interne à cet environnement et ouverte sur l’extérieur.

Présentation des membres fondateurs du projet

Antoine Gelgon

Alexandre Liziard

Romain Marula

Léonard Mabille

Étienne Ozeray

Baptiste Tosi

Morgane Trouillet

Stéphanie Verin

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Soutenance J-3 le 27-06-2015

J-3

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Soutenance J-4 le 26-06-2015

J-4

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Soutenance Réunion/pré-jury le 24-06-2015

Réunion/pré-jury

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Soutenance J-6 le 24-06-2015

J-6

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Soutenance Installation le 23-06-2015

Installation

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Soutenance Note d'intention. Dernière. le 22-06-2015

Note d'intention. Dernière.

«Parce qu’il contribue à la mise en forme de contenus et à l’organisation des conditions de circulation des biens matériels et immatériels, le design graphique est toujours une recherche d’équilibre entre son instrumentalisation par les pouvoirs économiques et politiques, et l’attitude critique des designers à l’égard de ces pouvoirs.» (Annick Lantennois, Le vertige du funambule, entre économie et morale, Édition B42, 2010)

Ce diplôme naît d’une réflexion commune autour de cet équilibre. Via les divers supports d’application du design graphique, nous avons cette année cherché à mutualiser nos réflexions sur la culture libre en considérant l’héritage et l’influence des contres-cultures sur celle-ci. Dans le but de diversifier la mise en œuvre des hypothèses soulevées précédemment, nous avons ouvert plusieurs chantiers. Cela nous a ainsi permis de procéder à des aller-retours, des croisements entre différents domaines. Nos intentions pour ces chantiers ont été de porter un regard critique sur notre pratique, sur sa place et ses processus dans la recherche d’autres possibles. C’est dans cette optique que nous avons insisté sur la mise en commun des savoirs et des outils, en tant que méthodologie de travail.

Trois pôles principaux, développés de manière parallèle, catégorisent ces chantiers: L’élaboration d’une boîte à outils, l’application de nos intentions et le "rendu public" de nos recherches.

La création de cette boîte à outils a permis de mettre en commun les réflexions et les outils développés dans nos recherches. Celle-ci se veut ouverte et évolutive, partagée tout au long de l’année via une plateforme en ligne de manière à rendre accessible nos problématiques, nos références et l’évolution de nos chantiers.

Aussi, cette boîte à outils s’est matérialisée dans la mise en pratique des problématiques par différents projets collaboratifs. L’installation, le support numérique, le dessin de caractère, l’édition ou encore l’identité visuelle auront été pour nous différentes manières de mettre en œuvre nos intentions.

Tant sur la toile que dans l’espace, le rendu public est l’occasion de compléter ces chantiers et de générer des échanges. Et c’est dans ce soucis de diffusion et de médiation que nous vous invitons le 29 juin prochain à découvrir un an d’expérimentations autour de cette réflexion commune.

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Soutenance Bazar le 20-06-2015

Bazar

Et pendant qu’il y en a qui tape du pied à la T-lescoP ou qui joue du coude au Hellfest, nous on bosse (dur).

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Manifart Constellation système global/affichette le 20-06-2015

Constellation système global/affichette

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Manifart Constellation système global/Tests projection/pochoir/motif le 20-06-2015

Constellation système global/Tests projection/pochoir/motif

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Soutenance La charette le 19-06-2015

La charette

Bon. La soutenace c’est le 29 juin, 17h aux arts déco, c’est la charette, on est pas beau, mais les "choses" se clarifie, les cernes se creusent mais ça prend forme. Doucement.

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Soutenance Bricolage/présentation/typon/sérigraphie/cleanage/claqué les bonhommes le 16-06-2015

Bricolage/présentation/typon/sérigraphie/cleanage/claqué les bonhommes

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Typothèque Générateur de spécimen le 16-06-2015

Générateur de spécimen

La typothèque a été augmentée d’un nouvel outil, un générateur de spécimen. Celui-ci est encore en version béta, il reste quelques bugs à régler mais il est déjà fonctionnel en l’état et nous sert actuellement à composer une version papier de la typothèque.

Pour l’essayer,assurez vous d’être sur Firefox (la technologie css print est encore trop expérimental pour être efficace de la même manière dans tout les navigateurs) puis dans une page cliquez sur «imprimer un spécimen». Dans le menu de gauche, sélectionnez les déclinaisons désirées puis finissez par un simple CMD+P (ou fichier→ imprimer).

Techniquement, cet outil utilise la technologie css print, fonctionnalitée plus ou moins expérimentale de la traditionnelle feuille de style qui, associée au html permet la mise en forme de page web. Le code est encore un sacré bordel, mais une fois le ménage fait il sera disponible sur Github sous licence libre.

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Manifart Subjectivité Collectif, 13x20 cm, 472 pages le 11-06-2015

Subjectivité Collectif, 13x20 cm, 472 pages

Quelques photos de la première maquette de Subjectivité Collectif réalisé dans le cadre du diplôme de Lucas Bonnel aux Arts Déco de Strasbourg. C’est un premier jet, une relecture en est en cours pour pouvoir rebosser dessus à la rentrée prochaine et pouvoir finir ce riche ouvrage qui raconte l’histoire d’un collectif sur six ans. C’est beau, c’est riche, c’est généreux, du rire, des larmes, tout ce qu’on aime avec cette belle équipe de petits agités.

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Manifart Subjectivité Collectif, version béta le 09-06-2015

Subjectivité Collectif, version béta

Avec Lucas Bonnel de Manifart, on a fait une édition pour son diplôme retraçant le parcours de Manifart depuis sa création en 2009 à travers son regard. Ça a été un sacré marathon, on a dû faire ça en cinq jours, du coup il y a pas mal de détails qui clochent mais ça fait une bonne base de travail pour une version future plus poussée!

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Manifart Téléchargez, utiliser, modifier, redistribuez la Manifont le 31-05-2015

Téléchargez, utiliser, modifier, redistribuez la Manifont

La Manifont Grotesk est maintenant sur Github, nous vous encourageons à la télécharger, l’utiliser, la modifier, la redistribuer de la manière dont vous le souhaitez!

https://github.com/Interstices-/Manifont-Grotesk

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Manifart Manifont Grotesk Book, Bold, Book Italique, Bold Italique. le 30-05-2015

Manifont Grotesk Book, Bold, Book Italique, Bold Italique.

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Manifart Tests Constellations le 29-05-2015

Tests Constellations

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Manifart Tests gravures diapositives le 26-05-2015

Tests gravures diapositives

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Typothèque Générateur de webfont le 25-05-2015

Générateur de webfont

À chaque upload d’une nouvelle fonte dans la typothèque, nous avons besoin de générer une multitude de fichiers nécessaire à un bon affichage dans tout les navigateurs (otf, ttf, svg, woff, eot). Les outils existants pour cela étant relativement limité (la plupart permettent le traitement d’un seul fichier à la fois, ce qui est fort contraignant, le meilleur que nous ayant trouvé étant FontSquirrel), il a été crée petit outil, développé en bash, permettant l’automatisation de ce processus sur l’ensemble d’un dossier. Le script, sous licence libre, est disponible sur Github, voir le fichier README.md pour plus d’information sur son usage.

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Manifart Tests / Diapositives / Rhodoid / Planche contact le 22-05-2015

Tests / Diapositives / Rhodoid / Planche contact

Par ici, nous continuons sur le chantier typo Manifont pour expérimenter la projection à grande échelle par le biais du projecteur de diapositive que l’on a récupéré. On bricole des planches contact avec les points d’ancrage du caractère comme guide, un passage en négatif pour une projection allant à l’échelle d’un immeuble (cf photo. C’est pas hyper claire mais si si ça marche), le tout imprimé avec une jet d’encre des plus douteuse. Bon c’est pas encore au point, y a quelques détails à peaufiner et bientôt quelques images des possibilités d’usages.

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Soutenance Préparation/Organisation des axes principaux le 21-05-2015

Préparation/Organisation des axes principaux

On approche de la soutenance... Et pour clarifier les choses, on se bricole des schémas, de courts textes, le tout sur un seul et même poster; et ça, c’est pas une mince affaire. Ici quelques "premiers jets" d’une éventuelle composition de ce joyeux bazar. Work in progress.

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Manifart Acquisition d'un projecteur de diapositive le 18-05-2015

Acquisition d'un projecteur de diapositive

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Manifart Manifont en espace, premiers essais le 18-05-2015

Manifont en espace, premiers essais

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Manifart Manifont, mise en espace le 18-05-2015

Manifont, mise en espace

Il s’agit de proposer au collectif un outil lui permettant de s’approprier le système d’identification graphique que nous leur dessinons.

Nous envisageons donc de mettre en place un système de mise en espace du caractère Manifont leur permettant d’inscrire directement dans l’espace architectural les différents besoins typographiques qui peuvent intervenir durant la préparation d’un événement, d’une exposition, d’une résidence, d’une installation... L’identification graphique, la signalétique, le contenue textuel sont ainsi produits in-situ, directement intégrés à la surface du lieu. L’utilisation d’un système de projection permet de s’adapter aux différentes échelles et surfaces.

Le caractère Manifont, dénué des ses courbes et réduit à ses points d’ancrage, offre la possibilité d’en interpréter son dessin en fonction de son environnement géographique et/ou conceptuel. La constellation que constitue les points d’ancrage vient donner au dessin typographique un aspect ouvert et évolutif, s’adaptant aux nécessités architecturales, contextuelles, matérielles, budgétaires, de lisibilité, de surface, d’humeur...

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Manifart Manifont Matrice III le 12-05-2015

Manifont Matrice III

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Manifart Manifont Matrice II le 12-05-2015

Manifont Matrice II

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Manifart Manifont Matrice le 10-05-2015

Manifont Matrice

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Manifart Manifont V.1 le 04-05-2015

Manifont V.1

Une première version de la Manifont a vu le jour.

À partir des quelques principes dégagés du texte de présentation de Manifart — récupération, bricolage, appropriation, tension, langage — ainsi que les quelques héritages étudiés précédemment, nous devons nous atteler à traduire ces principes au travers d’un caractère typographique qui sera la colonne vertébrale de ce projet.

Le dessin de ce caractère est basé sur le principe du fork qui consiste en un embranchement, une reprise d’un projet existant. En l’occurrence, nous nous sommes arrêté sur la Vremena — caractère typographique libre dessiné par Abstrkt — dans ses version Grotesk Book et Bold, italiques incluses. La Vremena est elle même une ré-interprêtation de deux caractères particulièrement répandus, l’Arial pour sa version Grotesk et la Times pour sa variante Sérif.

Si les principes dégagés sont une manière récurrente de travailler pour Manifart, la traduction graphique se doit de rester tout aussi fidèle à ces principes. Ainsi, si le dessin de la Manifont se base sur le squelette de la Vremena, c’est dans cet esprit de récupération et de réappropriation évoqué ci-dessus. Mais il a été nécessaire de recontextualiser le caractère d’origine pour lui attribuer un langage faisant écho au travail de Manifart. Celle-ci a donc été épurée à ses points d’ancrages, dépourvue de toute courbe, ramenée à son dessin brut, laissant alors apparaître ce qui s’apparente à une constellation, un réseau de point qui va nous permettre de faire naître les relations, tant d’associations que de ruptures, qu’ils peuvent entretenir.

C’est donc une tension palpable qui se dégage de cette ré-interprétation, un système de langage réduit à l’essentiel restant ouvert à toutes sortes de bricolages supplémentaires qui constitueront l’ensemble du système graphique qui accompagnera Manifart.

Afin de ne pas limiter le dessin et l’usage de ce caractère à ce que nous en avons fait et de prolonger la logique de récupération et de détournement qui nous anime tout autant que Manifart, nous diffusons ce caractère sous la licence libre SIL OFL, encourageant ainsi son libre usage, sa libre modification et sa libre (re)distribution. Celle-ci sera donc bientôt disponible sur Github.

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Manifart Référence typographique : Le normographe (0102 Minerva n°10 1.0 NF E04-505 ISO_309) le 23-04-2015

Référence typographique: Le normographe (0102 Minerva n°10 1.0 NF E04-505 ISO_309)

Travail typographique autour du normographe réalisé en 2013 par Alexandre Liziard. Il fait ici figure d’exemple de détournement/récupération d’outils pré-existant pour lui donner une "nouvelle" dimension. L’ensemble des recherches est disponible est disponible dans la section travaux antérieurs/typographie/Bizarre d’interstices.io.

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Manifart Référence typographique : alphabet cherokee le 23-04-2015

Référence typographique: alphabet cherokee

L’alphabet cherokee a été dessiné par Sequoyah en 1825 après douze années de labeur. L’intérêt de ce caractère réside dans la nécessité de s’approprier l’hégémonie des colonnies anglaises pour redevenir maîtres de leur existence. Il est donc basé sur une partie des caractères latin augmenté par quelques dessins cherokees. Il s’est avéré après nombreuses études être un des langages les plus simples d’apprentissage et de mise en application. Il ne sera toutefois pas suffisant pour contrer la supprématie colonniales qui se joue des subtilités d’application de la "loi". Il reste néanmoins un pertinent témoignage de la récupération et du détournement du système "traditionnel" dominant.

Dans le cadre du projet de traduction visuelle du collectif Manifart, il sera pour nous une référence du détournement et de la récupération pour raconter une autre histoire. Ces principes étant les mots d’ordre du collectif «Le “Do it Yourself ” est une manière de travailler très récurrente au sein de Manifart. Ainsi ses pièces sont elles pleines d’ambivalences, mêlant matériaux de récupération et nouveaux médias, artisanat et hacking, bricolage et nouvelles technologies.» Nous envisageons donc un chantier "Manifont" qui se basera sur les principes évoqués ici et qui sera à l’image des paradigmes soulevés par nos acolytes afin de construire un univers visuel faisant echo à l’ensemble de leur œuvre.

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Manifart Référence typographique : les symboles hobo le 23-04-2015

Référence typographique: les symboles hobo

«Quand ils ne se parlent pas de vive voix, les hobos laissent des symboles dessinés à la craie ou au charbon. Ce système de symboles a pour but d’informer ou d’avertir les autres (endroits pour attraper un train pour dormir, présence fréquente de la police, repas chauds, chiens dangereux, etc.). Cette langue, appelée en France "langue des trimardeurs", est un ensemble de signes qu’ on trouve parfois gravés dans la pierre des immeubles des villes et qui indique que la maison est accueillante ou qu’ au contraire on y lâche les chiens.

Le hobo est par la suite devenu une figure mythique de l’imaginaire américain. C’est un personnage teinté de romantisme, épris de liberté, développant la faculté de survivre en dehors d’une société aliénante dont il n’a pas à subir les contraintes. Ceci amène certains sociologues à les rattacher à une sous-culture libertaire.»

«Il y en a qui parlent d’une cueilleuse automatique. Si on en vient à utiliser une machine comme ça, j’aurai quand même besoin d’ouvriers, mais je peux te dire que je ne prendrai pas des vagabonds, ceux qu’ils appellent les "apple knockers". Comprends-moi bien, j’aimerais bien prendre des vagabonds parce que c’est des gars bosseurs. Mais si j’avais une machine pour cueillir des fruits, il faudrait qu’il y ait une organisation, des heures régulières, des équipes de travail et tout le monde qui bosse au rythme de la cueilleuse. Les vagabonds ne feraient jamais ça, même pas dans un million d’années. Ils sont trop indépendants et ils vivent selon leurs caprices. Il faut qu’ils sachent qu’ils peuvent aller et venir comme ils veulent, et travailler sans personne pour les surveiller.»

— Douglas Harper, Les Vagabonds du nord-ouest américain

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Manifart Mots-clefs, contours le 22-04-2015

Mots-clefs, contours

Collaboratif

Qui associe de nombreuses personnes en vue de réaliser des projets, des recherches […] qui ont une finalité commune.

Qui est en rapport avec une mise en commun, d’une entraide. Il peut s’agir d’un partage des tâches, des connaissances, d’outils ou de risques par exemple.

«accompli en collaboration», «de façon collective»

Mode de travail non hiérarchisé dans lequel des personnes mettent en commun leur créativité et leurs compétences afin d’atteindre un objectif commun

synonymes: contributif, participatif

Évènements

Du latin evenire, «advenir»

Fait qui survient à un moment donné.

Ce qui se produit.

Péripétie, fait raconté ou mis en action au théâtre, dans un roman, etc.

Issue de quelque chose que ce soit un succès ou un échec.

(Probabilités) Ensemble de résultats d’une épreuve aléatoire, partie de l’univers associé à cette dite épreuve.

Synonymes: accident, coup de théâtre, hasard, éventualité, circonstances

Tension

État de ce qui est tendu.

(Figuré) Grande application, effort continu.

(Par extension) État mental ou émotionnel intense.

(Figuré) Dissentiment entre deux états, voire deux personnes, pouvant amener des menaces d’hostilité.

synonymes: allongement, concentration, contraction, divergence, friction, potentiel, zizanie

Interrogations

Question, action d’interroger.

→ (Figuré) Consulter, examiner, en parlant des choses.

point d’interrogation: Signe (?) dont on se sert dans l’écriture pour marquer l’interrogation.

Synonymes: controverse, interpellation, question

Langage sonore et visuel

→ Langage

Le langage est la capacité d’exprimer une pensée et de communiquer au moyen d’un système de signes (vocaux, gestuel, graphiques, tactiles, olfactifs, etc.) doté d’une sémantique, et le plus souvent d’une syntaxe (mais ce n’est pas systématique). Plus couramment, le langage est un moyen de communication.

système de signes phoniques ou graphiques, destiné à l’expression de la pensée et à la communication entre les hommes

par extension système secondaire de signes créé à partir d’une langue (langage sténographique)

Emploi que l’homme fait des sons et des articulations de la voix pour exprimer ses pensées et ses sentiments.

(En particulier) Manière de s’exprimer, soit par rapport aux mots qu’on emploie, soit par rapport au sens.

(Linguistique) Faculté de mettre en œuvre un système de signes linguistiques, qui constituent la langue, permettant la communication et l’expression de la pensée.

(Par extension) Cris, chant, etc., dont les animaux se servent pour se faire entendre.

(Figuré) Tout ce qui sert à exprimer des idées et des sensations.

Manière de s’exprimer, de communiquer, propre à un groupe

Synonymes: exprimer, jargon, dialecte, bafouillis, baragouin, style

L’un pour l’autre / L’un par l’autre

DIY

Toute activité où l’on n’est pas seulement spectateur ou consommateur.

Participer, et échanger ses connaissances, sa culture, son information, débattre et décider par exemple sur une encyclopédie libre, telle Wikipédia.

Tout recyclage, consumériste, technologique ou culturel.

L’autorégulation, l’auto-organisation, la démocratie directe.

synonymes: Bricolage, do it yourself, fais-le toi-même, autonomie

Récupération

fait d’être récupéré ou de récupérer, de détourner ou d’être détourné de son but

Collecte d’objets et matières considérés comme des déchets par leurs propriétaires, afin de les revaloriser par le recyclage, le compostage ou tout autre type de transformation.

Synonymes: recouvrement, reconquête, exfiltration, recyclage, ressaisissement, rapatriement, rattrapage, détournement

Bricolage

(Vieilli) (Désuet) Biaiser, tergiverser.

Réparer, fabriquer, arranger quelque chose avec des moyens limités.

Travail amateur.

synonymes: fabriquer, rafistolage, raccommodage, reprise, trafiquer

Improvisation

processus de création sans objectif formel.

(Par extension) Organiser sans préparation antérieure.

Synonymes: imprévu, complication, hasard, empêchement, accroc, contretemps, destin, accident, impromptu

Contexte

(xvi e siècle) Du latin contextus («assemblage, réunion, enchainement»)

(Linguistique) Ensemble que forment, par leur liaison naturelle, les différentes parties d’un texte ou d’un discours.

Circonstances qui entourent un fait.

Le contexte d’un événement inclut les circonstances et conditions qui l’entourent ; le contexte d’un mot, d’une phrase ou d’un texte inclut les mots qui l’entourent.

Synonymes: circonstances, environnement, situation

Environnement

Conditions sous lesquelles on évolue, on interagit.

Ce qui est aux environs, ce qui entoure.

Ce qui entoure.

Synonymes: alentour, cadre, contexte, décor, entourage, milieu

Dialogue

Conversation, entre deux ou plusieurs personnes.

Discussion ou négociation, souvent dans un contexte social ou politique.

(Musique) Deux parties qui se répondent l’une à l’autre et qui souvent se réunissent.

Synonymes: conversation, débat, discours, discussion, échange, entretien

Palpable

qui se fait sentir au toucher.

(Figuré) Qui est clair, dont on peut se rendre compte, dont on touche du doigt la réalité.

synonymes: Vérifiable, tangible, concret, évident

Appropriation

Rendre propre à un usage, adapter.

synonymes: détournement, adapter, arranger, déplacement

Évolutif

Qui peut évoluer ou qui produit l’évolution.

Se transformer progressivement.

Se mouvoir, passer d’un lieu à un autre de façon réfléchie.

(Par extension) Se déplacer, se mouvoir, changer, progresser, varier

Ouvert

qui permet de passer ou d’entrer.

accessible librement.

disposé de manière à laisser communiquer avec l’extérieur.

(Sciences) Qualifie un problème ou une question qui n’est pas résolue.

(Psychologie) Trait de caractère d’un individu correspondant à la curiosité vis-à-vie de lui-même et du monde qui l’entoure, à l’envie d’expérimenter de nouvelles choses, à l’acceptation des idées originales, à la créativité…

synonymes: Accueillant, franc, sincère, communicatif, accessible, communicatif, libre

Habité

Faire sa demeure, son séjour en quelque lieu ; y vivre d’habitude.

synonymes: demeurer, vivre, occuper

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Expo Résistance Interview par pigment-magazine le 20-04-2015

Interview par pigment-magazine

Vous trouverez ici l’interview du dimanche 22 Mars d’Étienne, Alex et les amis de Manifart par l’ami Félix de Pigment-magazine.

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Manifart Poster img_ref le 20-04-2015

Poster img_ref

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Manifart Les attentes le 15-04-2015

Les attentes

Après l’exposition à La Générale, nous pouvons nous atteler à la mise en place d’un système d’identification du collectif. Il s’agira ici de dégager les principes que nous avons pu percevoir en travaillant dans le laboratoire du projet Interstices. L’intérêt de ce travail réside dans l’accomplissement d’un système d’identification qui n’aura pour finalité non pas de reflèter une image de marque mais plutôt de construire un univers visuel cohérent avec les problématiques que le collectif soulève. Si ce dernier est en constante évolution d’un projet à l’autre — augmentation des savoirs croissant — et qu’il ne se contente pas de se reposer sur ses lauriers, il doit en être de même de l’image qu’ils renvoient ultérieurement pour documenter ces espaces-temps.

Pour ce faire les attentes se porterons dans un premier temps sur un système d’identification faisant écho à la multiplicité des facteurs/médiums qui entre en jeu lors d’un espace-temps. Dans un second temps, il nous faudra décliner ce système à l’ensemble des supports possibles.

«Manifart est un collectif de jeunes artistes, architectes, designers, vidéastes, musiciens, performeurs et plasticiens, travaillant ensemble à l’élaboration de pièces collaboratives où l’oeuvre est un événement.

Depuis sa création en 2009, le collectif a été imprégné par l’organisation d’évènements musicaux et la réalisation de scénographies pour ces événements. Aujourd’hui ses membres tentent de concevoir leurs pièces comme des événements intégrant les tensions, les interrogations, les ambiguïtés, propres aux oeuvres d’art. Des installation à l’échelle architecturale au sein desquels ces derniers expérimentent de nouvelles formes spacialisées de langages sonores et visuels. Espace de diffusion et contenu y sont finalement intriqués, ils sont pensés l’un pour l’autre et conditionnés l’un par l’autre.

Le “Do it Yourself ” est une manière de travailler très récurrente au sein de Manifart. Ainsi ses pièces sont elles pleines d’ambivalences, mêlant matériaux de récupération et nouveaux médias, artisanat et hacking, bricolage et nouvelles technologies.

Capacité d’improvisation, prise en compte du contexte et du lieu, travail in-situ et dans le temps, sont des données d’importance. La possibilité de laisser les choses ouvertes et pénétrables par le public, ainsi qu’une volonté sincère de dialoguer avec ce dernier sont palpables dans chacune des réalisations. Le travail se fait avant et pendant l’oeuvre-évènement sans jamais cesser d’être une invitation pour les spectateurs à s’approprier l’espace et le contenu. Ce dernier a pour vocation de se déployer sur plusieurs jours, d’être ouvert et habité, de prendre le temps de se construire en même temps qu’il se donne à voir.

Tout ce qui se développe alors découle de la confrontation des sensibilités qui composent Manifart. D’une manière étonnante, ce qui se dégage de ses pièces correspond à la manière de travailler ensemble de ses membres ainsi qu’à leur capacité de rassembler les énergies et les êtres autour d’eux pour les entraîner dans cette ébullition. Comme si l’instant ainsi généré, tentait d’intégrer en son sein tout ce qui se trouve à sa portée dans l’environnement où il naît.»

source

«À sa création en 2009, le collectif Manifart se forme autour de la volonté d’organiser et produire des évènements artistiques. Progressivement, ses membres focalisent leur attention sur la mise en place et la construction des espaces qui accueillent ces moments d’expérimentations artistiques. La volonté de travailler à l’échelle architecturale amène le collectif à réaliser des installations pérennes dans des contextes instables où il est explicite que le travail n’existera que pour un temps réduit ; une mutation s’opère alors, de l’organisation d’événements vers la conception d’architectures expérimentales.
En vue de les réinventer, ils leur attribuent de nouvelles formes et de nouvelles règles du jeu. Les modifications opérées sur les dispositifs de présentation des œuvres apparaissent rapidement comme aptes à modifier tout autant les relations des spectateurs entre eux. Ces liens existants entre architecture, présentation de l’art et relation à l’autre feront naître un intérêt qui ne cessera par la suite de grandir.»

source

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Et après? Interstice à La Générale - Novembre 2015, Appel à projet le 14-04-2015

Interstice à La Générale - Novembre 2015, Appel à projet

«L’interstice est un espace de relations humaines qui, tout en s’insérant plus ou moins harmonieusement et ouvertement dans le système global, suggère d’autres possibilités d’échanges que celles qui sont en vigueur dans ce système.»  ➞1 Esthétique relationnelle, Nicolas Bourriaud, Les presses du Réel, 2001

L’exposition Résistance qui s’est déroulée à La Générale du 19 au 22 mars 2015 a été l’occasion pour nous d’établir une collaboration axée autours des problématiques liées à la notion d’interstice. Initialement formulé par Karl Marx et explicité par Nicolas Bourriaud, cette formulation, dans le cadre d’une exposition ayant pour thème résistance, a pris pour nous tout son sens. En effet, il existe toute une topologie de terme associé à la résistance dont nous voulions nous défaire pour que l’espace-temps que nous proposions prennent tout son sens et génère un environnement détaché de tout amalgame.

Au travers des époques, plusieurs approches ont été entreprises pour faire émerger des dynamiques d’émancipation collectives et/ou individuelles. Cela passe par le contournement d’un système par son dessous comme les milieux undergrounds, le pas de côté, la marge, l’interzone... Or, dans le contexte actuel, toutes ces volontés convergent vers ce principe d’interstice qui vise à s’insérer «plus ou moins harmonieusement et ouvertement dans le système global, [pour suggérer] d’autres possibilités d’échanges» et de mise en commun des outils d’émancipation. Dans le système néolibéral actuel qui a su détourner, se ré-approprier pratiquement l’ensemble de ces dynamiques contestataires, il nous a semblé plus juste d’associer ce terme d’interstice à l’espace temps que nous avons mis en place à La Générale. Il nous a semblé d’autant plus adapté au vue de la répartition des exposants et de la place isolée et cachée que nous occupions. Nous étions en quelques sortes dans «l’angle-mort» de l’exposition et c’est ce sur quoi nous avons axé notre démarche. Cette caractéristique rentrait parfaitement en écho avec le propos développé et inhérent à nos pratiques.

Une fois tout cela pris en compte, nous nous sommes interrogés sur une manière de générer une dynamiques de diffusion, de circulation et de transmission des connaissances et des savoirs à travers cet espace. Faire circuler les savoirs est pour nous une forme et un vecteur de résistance en ce qu’elle permet d’accroître l’émancipation intellectuelle de l’individu face à un système contrôlant une grande partie de l’information. C’est pourquoi l’espace investi ne s’est pas contenté d’être un simple espace d’exposition à proprement parlé mais plutôt une mise en place d’un processus de diffusion et de transmission de production in-situ.

Nous ne voulions pas nous cloisonner à un spectre ciblé de visiteurs mais attiser l’attention d’un maximum de personnes. Ainsi, si l’espace a été investi par la surabondances, tant de médiums (son, vidéo, écrit, image...) que de sujets, c’est pour d’une part rendre compte et partager avec nos visiteurs un corpus culturel qui est le notre et qui forge notre pratique, et d’autre part lui proposer de participer à cette dynamique de diffusion et de transmission par ses propres sources et initiatives. Nous avons fait le choix de mettre d’abord en avant une documentation accessible à tous car appartenant au domaine public ou étant publié sous licence libre, ce qui permet toute réappropriation, mais aussi de libérer le contenu tombant sous le joug du droit d’auteur par une diffusion pirate. Il s’agit ici d’un acte de résistance à une logique vénale considérant le savoir comme un objet consommable plutôt qu’un vecteur d’émancipation.

Nous avons préparé la documentation à mettre en lumière à travers cet événement via un référencement qui nous renvoient vers le thème de la Résistance. C’est entre autre au travers de celui-ci que nous souhaitions faire émerger des dynamiques de productions, de diffusions et de transmission in-situ.

Il s’agissait de mettre en place un processus de diffusion/production plutôt qu’une «exposition» de travaux finis. Créer un environnement de travail, un laboratoire, qui vise à mettre en lumière la matière emmagasinée par des voix libres et pirates fût donc notre leitmotiv. C’est bien pourquoi nos réflexions se sont axées sur la place du visiteur et son potentiel de positionnement vis-à-vis du statut de cette culture parallèle. Le foisonnement dans l’espace résonne pour nous comme une analogie de la diversité du contenu qui circule de façon légale ou illégale sur les plateformes numériques, mais aussi comme une manière de montrer qu’avec quelques éléments récupérés de-ci, de-là, il est possible de se réapproprier ces outils pour les amener ailleurs. Leur fonction initiale est dès lors détournée afin de croiser les disciplines et de créer un ensemble qui dépasse les frontières spécifiques de chaque domaine.

Autonomie • Libre • Bien Commun • Utopie • Contribution • Pédagogie Environnement • Ephémère • Flux • Détournement • Présence • Production • Diffusion Transmission • Contribution • Alternative • Dissidence • Émancipation • Désertion Refuge • Constellation • Réseau • Pont • Domaine public • Résistance • Underground contre-culture • Appropriation • Matière sens • Interstices...

Ces mots-clés sont tout autant de notions et de concepts qui sont venus irriguer et cartographier nos recherches. Ici , nous voulions remettre en perspective ce savoir disponible en ligne dans une constellation tangible, propice à la construction d’un interstice où l’échange, la mise en commun en seraient les fondations, et la génération d’un sens nouveau, l’horizon.

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Expo Résistance Liste des documents diffusés le 23-03-2015

Liste des documents diffusés

Films & documentaires

Georges Lautner, Des pissenlits par la racine, 1964

Alain Resnais et Robert Hessens, Guernica, 1950

Maud Geffray, 1994, 2014

Werner Herzog, Aguirre, la colère de dieu, 1972

Joseph Beuys, Filz-TV, 1970

Charlie Chaplin, Les Temps Modernes, 1936

Charlie Chaplin, The Kid, 1921

Charlie Chaplin, Le Dictateur, 1940

Fernand.Leger, Ballet mecanique, 1924

Rene Clair, Entreacto, 1924

Germaine Dulac, La Coquille et le Clergyman, 1928

Man Ray, Emak Bakia, 1926

Man Ray, Le retour a la raison, 1923

Man Ray, L’Étoile de Mer, 1928

Marcel Duchamp, Anemic Cinema, 1926

Bertrand Bonello, De La Guerre, 2008

René Vautier, Afrique 50, 1950

Gérard Mordillat, En compagnie d’Antonin Artaud, 1993

Tod Solondz, Feelings, 1984

Jean-Luc Godard, Film socialisme, 2010

Jean Genet, Un Chant D’Amour, 1950

Guy Debord, Critique de la separation, 1961

Guy Debord, Sur le passage, 1959

Jean-Charles Hue, La BM du Seigneur, 2011

Jacques Doillon, Gébé, Alain Resnais et Jean Rouch, L’an 01, 1973

Bruno Dumont, La vie de Jesus, 1997

Maurice Lemaitre, Le film est deja commence, 1951

Win Wenders, Les Ailes Du Désir, 1987

Leos Carax, Les Amants Du Pont Neuf, 1991

Chris Marker, L’héritage de la chouette, 1989

Alain Resnais, Les statues meurent aussi, 1953

Isidore Isou, Traité de bave et d’éternité, 1951

Max Headroom & Art Of Noise, Paranoimia, 1986

William Klein, Mr. Freedom, 1969

Pierre Carles, danger travail, 2002

Pierre Carles, volem rien foutre al pais, 2007

Peter Watkins, Punishment Park, 1971

Raymond Depardon, La Vie Moderne, 2008

Andrei Tarkovski, Stalker, 1979

Andrei Tarkovski, The Sacrifice, 1986

Alejandro Jodorowsky, The Holy Mountain, 1973

Christian Rouaud, Tous au Larzac, 2011

Alain Resnais, Toute la mémoire du monde, 1956

Harmony Korine, Trash humpers, 2009

Tohm di Roes, 7x7 Facts about the Present Life of the Poet Tohm di Roes, 1983

Cornelia Schleime, Draped in White, 1983

Cornelia Klauss, Samuel, 1984

Thomas Werner, Hello Berlin, 1987

Lutz Dammbeck, Hommage a La Sarraz, 1981

Ramona Koeppel-Welsh, Konrad The Mother Said, 1989

Thomas Frydetzki, Little Angel, 1985

Claus Loser, Necrology, 1985

Volker Lewandowsky, Report A Comment on a Comment, 1987

Gino Hahnemann, September September, 1986

George Dunning, Yellow Submarine, 1968

Michelangelo Antonioni, Zabriskie Point, 1970

Jean Vigo, Zéro de Conduite, 1933

Documents sonores

Bey, Hakim , T.A.Z., 1994

Isou, Isidore , Musiques Lettristes , 2000

Isou, Isidore , Poemes Lettristes 1944-1999 , 1999

Karl Heinz, Utopia by Marcus - gants blanc du diable , 1972

Blonk, Jaap , Flux de Bouche , 1992

Blonk, Jaap , Liederen uit de Hemel, 1993

Blonk, Jaap , Ursonate , 1993

Blonk, Jaap , vijftig en een half , 2003

Blonk, Jaap , Vocalor , 1998

Dufrene, Francois , François Dufrêne (CD from Alga Marghen Book), 2007

Dufrene, Francois , Œuvre Disintegrale vol. 1, 2007

Dufrene, Francois , various

FUTURA Poesia Sonora, 1978

Gysin, Brion , Self-Portrait Jumping , 1974

Gysin, Brion , Bruits du Beaubourg, 1977

Gysin, Brion , Classics

Gysin, Brion , Live In London 1982, 1982

Gysin, Brion , Mektoub - Recordings 1960-1981, 1995

Gysin, Brion , Poems of Poems , 1997

Gysin, Brion , The Pool, 1998

Hausmann, Raoul , Poemes phonetiques, 1978

Hausmann, Raoul , Various

Hubaut, Joel , Pix

Hubaut, Joel , The-Beauty-in-Breathing , 1992

Hubaut, Joel , Various

Lora-Totino, Arrigo , ALT, La voix dynamisée , 2005

Lora-Totino, Arrigo , Fonemi , 1965

Luca, Gherasim , Atelier de Creation Radiophonique , 1971

Luca, Gherasim , Gherasim Luca par Guerasim Luca, 2001

Luca, Gherasim , Radio Show France Culture , 2005

Wolman, Gil J. , L’Anticoncept, 1951

Livres, textes et extraits

Nicola Bourriaud, Esthétique Relationnelle, 2001

Collectif, Manifeste du réseau de résistance alternatif, 1999

Collectif, Manifeste pour le domaine public

Antoine Gelgon et Étienne Ozeray, Culture Libre et typographie, 2014

Ivan Illich, La convivialité, 1973

Henri Lefebvre, Thèses sur l’utopie

Karl Marx, Méditations d’un adolescent devant le choix d’une profession, 1835

Aaron Swartz, Manifeste de guerilla pour le libre accès, 2008

Jacques Rancières, Aisthesis,

Alexandre Liziard, Un pas de côté, 2014

Stewart Brand, The Last Whole Earth Catalog, 1971

Palais de Tokyo, Hardcore, vers un nouvel activisme, 2003

Hakim Bey, TAZ, 2011

Steven Jezo-Vannier, Contre-culture(s), Des Anonymous à Prométhée, 2013

De(s)générations, nro 2: défiliation, 2007

Thomas Hirschorn, François Piron, Ne pas s’économiser, conversation, 2001

Encore Heureux, Matière grise, 2014

Henry David Thoreau, La désobéissance civile, 1849

Lloyd Kahn, Shelter, 1973

Karl Marx, Le capital, 1867

Typographies

Fira Sans, Carrois

Terminal Grotesk, Raphaël Bastide

Banger, New Typography

Playfair Display, Claus Eggers Sørensen

Libre Baskerville, Impallari type

Pour aller plus loin

Vous en voulez encore? Allez faire un tour sur http://ressources.interstices.io.

Commentaires

  • Posté par Jacopo le 04/10/15 11:03am :

    Very good topic, samples and publication design.
    Posted on abstracts-act dot tumblr dot com.

  • Posté par Étienne le 04/10/15 12:59pm :

    Thanks for sharing!

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Expo Résistance Note d'intention le 22-03-2015

Note d'intention

INTERSTICE

«L’interstice est un espace de relations humaines qui, tout en s’insérant plus ou moins harmonieusement et ouvertement dans le système global, suggère d’autres possibilités d’échanges que celles qui sont en vigueur dans ce système.»  ➞xNicolas Bourriaud Esthétique relationnelle Les presses du Réel 2001

La collaboration, entre deux étudiants de l’ENSAD (Alexandre Liziard, Étienne Ozeray) et un collectif pluridisciplinaire (MANIFART), a articulé ses réflexions et ses recherches autour de la problématique suivante:

Comment sensibiliser nos visiteurs par la génération de dynamiques de diffusion, de circulation et de transmission des connaissances et des savoirs au travers de l’espace qui nous est accordé à la Générale?

Nous avons préparé la documentation à mettre en lumière à travers cet événement via un référencement qui nous renvoient vers le thème de la Résistance. C’est entre autre au travers de ce référencement que nous comptons faire émerger des dynamiques de production, de diffusion et de transmission in-situ.

Au travers de ces notions, il s’agit ici de mettre en place un processus de production plutôt qu’une exposition de nos travaux. La question n’est pas de présenter un objet achevé mais de créer un environnement de travail qui vise à mettre en lumière la matière emmagasinée par des voix libres et pirates. C’est bien pourquoi nos réflexions sont axées sur la place du visiteur et son potentiel de positionnement vis-à-vis du statut de cette culture parallèle. Le foisonnement dans l’espace résonne pour nous comme une analogie de la diversité du contenu qui circule de façon légale ou illégale sur les plate-formes numériques, mais aussi comme une manière de montrer qu’avec quelques éléments récupérés de-ci, de-là, il est possible de se réapproprier ces outils pour les amener ailleurs, sur le côté. Leur fonction initiale est dès lors détournée afin de croiser les disciplines et de créer un ensemble qui dépasse les frontières spécifiques de chaque domaine.

autonomie

libre

bien commun

utopie

contribution

pédagogie

environnements éphémères

flux

détournement

présence

production

diffusion

transmission

contribution

alternative

dissidence

émancipation

désertion

refuge

constellation

réseau

pont

domaine public

résistance

underground

contre-culture

appropriation

matière sens

interstices

... Sont tout autant de mots, de notions et de concepts qui sont venus irriguer et cartographier nos recherches. Il s’agit de remettre en perspective ce savoir disponible en ligne dans une constellation tangible, propice à la construction d’un interstice où l’échange et la mise en commun en seraient les fondations. Installez-vous dans cet environnement dédié à la compréhension de ce catalyseur. Cet espace est le votre.

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Expo Résistance Vernissage le 21-03-2015

Vernissage

C"était super, merci.

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Expo Résistance Jour J le 20-03-2015

Jour J

«EXPOSITION RÉSISTANCE // c’est pour ce soir. Nous présentons notre collaboration avec Alexandre Liziard, Etienne Ozeray et Manifart à la Générale (14 avenue Parmentier, Paris) durant tout le week-end. Au programme, performances visuelles, sonores et immersion.

«L’interstice est un espace de relations humaines qui, tout en s’insérant plus ou moins harmonieusement et ouvertement dans le système global, suggère d’autres possibilités d’échanges que celles qui sont en vigueur dans ce système.»

Vous pouvez retrouver l’ensemble du processus collaboratif ici >> http://interstices.io/

On vous attend,

Bises.»

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Expo Résistance 2ème jour d'install à la Générale (Paris) le 18-03-2015

2ème jour d'install à la Générale (Paris)

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Expo Résistance 1er jour d'install à la Général (Paris), les Grandes lignes sont posées le 18-03-2015

1er jour d'install à la Général (Paris), les Grandes lignes sont posées

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Expo Résistance Étienne Ressources supplémentaire / ouverture vers l'extérieur le 16-03-2015

Ressources supplémentaire / ouverture vers l'extérieur Étienne

Il nous semblait important pour cette installation de ne pas limiter le visiteur à nos propres références mais de l’ouvrir vers l’extérieur, de lui signaler la quantité incroyable de contenu disponible sur le web. En effet, pour que la transmission des savoirs soit réellement vecteur d’émancipation et de résistance, il est important de rappeler que les sources doivent être multiples et variées, multipliées et croisées.

Dans cette optique, il sera important de le signifier par la mise en place de listes de ressources supplémentaires qui permettront de ne pas limiter ces idées à cet espace et ce temps donné qu’est l’exposition Résistance.

Ainsi, un site regroupant un certain nombre de ressources filtrables est en développement.

Celui-ci récupère le contenu d’un pad édité en collaboration (avec, entre autres Anouk Rebaud, Morgane Masse, Sarah Cleeremans, Théo Revelen Bernard, Cyril Makhoul et Xavier Klein) qui est ensuite parsé en catégories et sous-catégories afin de fournir une version de consultation plus confortable et filtrable.

Pour les bidouilleurs, les sources du site sont disponibles ici: https://github.com/Interstices-/padList2htmlList.

Le site est consultable ici: http://ressources.interstices.io.

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Bibliothèque ressources.interstices.io le 16-03-2015

ressources.interstices.io

Un site regroupant un certain nombre de ressources filtrables est en développement.

Celui-ci récupère le contenu d’un pad édité en collaboration (avec, entre autres Anouk Rebaud, Morgane Masse, Sarah Cleeremans, Théo Revelen Bernard, Cyril Makhoul et Xavier Klein) qui est ensuite parsé en catégories et sous-catégories afin de fournir une version de consultation plus confortable et filtrable.

Pour les bidouilleurs, les sources du site sont disponibles ici: https://github.com/Interstices-/padList2htmlList.

Le site est consultable ici: http://ressources.interstices.io.

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Expo Résistance Alex Specimen/Texte le 14-03-2015

Specimen/Texte Alex

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Expo Résistance Erwan Soumhi Liste texte selectionnés le 12-03-2015

Liste texte selectionnés Erwan Soumhi

Aaron Swartz, Manifeste de guerilla pour le libre accès, http://framablog.org/2013/01/14/manifeste-guerilla-libre-acces-aaron-swartz/

Collectif, Manifeste du Réseau de Résistance Alternatif (19 petits chapitres ), http://malgretout.collectifs.net/spip.php?article4

Hakim Bay, Cyber Zombie, http://www.anarchisme-ontologique.net/3310/la-seduction-des-cyber-zombies/

Manifeste du domaine public, http://www.publicdomainmanifesto.org/french

Commentaires

  • Posté par Étienne le 03/13/15 11:08am :

    Par contre, pas encore réussi à mettre la main sur un extrait intéressant...

  • Posté par Étienne le 03/13/15 11:05am :

    Je pense qu'il y a aurait des choses à trouver du côté de Norbert Wiener, "père" de la cybernétique:
    «Principal théoricien de la première cybernétique, Norbert Wiener défend dès les années 1940 l’idée selon laquelle le monde peut être compris exclusivement au travers des échanges d’information qui se déroulent en son sein. L’information correspond pour lui à de l’entropie négative, c’est-à-dire à une mesure d’organisation. Elle est constitutive des systèmes sociaux, biologiques et techniques, dont elle exprime la quantité d’ordre. Elle est également le contenu de ce qui est échangé entre ces systèmes et leur environnement à mesure qu’ils s’y adaptent. Pour Wiener, tous les phénomènes du monde visible peuvent ainsi être ramenés à leur composante informationnelle, et la science est fondée à les décrire en ces termes. [...] ette vision du monde purement communicationnelle est à l’origine de la conviction politique selon laquelle la libre circulation de l’information est la condition du progrès social. Pour Wiener, transparence et échanges d’information sont en effet les moyens d’accroître le degré d’organisation de la société. Ils permettent aussi de mettre à distance antagonismes et conflits. [...]
    Pour Wiener, les échanges informationnels doivent donc être aussi ouverts et fluides que possible. Or l’information voit sa circulation ralentie lorsqu’elle est transformée en marchandise.
    Elle devient alors une «chose» pouvant être stockée, demeurer le «stade d’un processus continu». L’extraction de valeur économique à partir de l’information se révèle ainsi contraire à la maximisation de son utilité sociale.»
    Source: Sébastien Broca, Utopie du logiciel libre (http://lepassagerclandestin.fr/fileadmin/assets/catalog/essais/Utopie_logiciel_libre__Broca__Le_passager_clandestin.pdf), p.171.

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Expo Résistance Étienne Ressource : Manifeste de guerilla pour le libre accès le 12-03-2015

Ressource: Manifeste de guerilla pour le libre accès Étienne

Aaron Swartz – juillet 2008 – Internet Archive
(Traduction: Gatitac, albahtaar, Wikinade, M0tty, aKa, Jean-Fred, Goofy, Léna, greygjhart + anonymous)

L’information, c’est le pouvoir. Mais comme pour tout pouvoir, il y a ceux qui veulent le garder pour eux. Le patrimoine culturel et scientifique mondial, publié depuis plusieurs siècles dans les livres et les revues, est de plus en plus souvent numérisé puis verrouillé par une poignée d’entreprises privées. Vous voulez lire les articles présentant les plus célèbres résultats scientifiques? Il vous faudra payer de grosses sommes à des éditeurs comme Reed Elsevier.

Et il y a ceux qui luttent pour que cela change. Le mouvement pour le libre accès s’est vaillamment battu pour s’assurer que les scientifiques ne mettent pas toutes leurs publications sous copyright et s’assurer plutôt que leurs travaux seront publiés sur Internet sous des conditions qui en permettent l’accès à tous. Mais, même dans le scénario le plus optimiste, la politique de libre accès ne concerne que les publications futures. Tout ce qui a été fait jusqu’à présent est perdu.

C’est trop cher payé. Contraindre les universitaires à débourser de l’argent pour lire le travail de leurs collègues? Numériser des bibliothèques entières mais ne permettre qu’aux gens de chez Google de les lire? Fournir des articles scientifiques aux chercheurs des plus grandes universités des pays riches, mais pas aux enfants des pays du Sud? C’est scandaleux et inacceptable.

Nombreux sont ceux qui disent: «Je suis d’accord mais que peut-on y faire? Les entreprises possèdent les droits de reproduction de ces documents, elles gagnent énormément d’argent en faisant payer l’accès, et c’est parfaitement légal, il n’y a rien que l’on puisse faire pour les en empêcher.» Mais si, on peut faire quelque chose, ce qu’on est déjà en train de faire: riposter.

Vous qui avez accès à ces ressources, étudiants, bibliothécaires, scientifiques, on vous a donné un privilège. Vous pouvez vous nourrir au banquet de la connaissance pendant que le reste du monde en est exclu. Mais vous n’êtes pas obligés — moralement, vous n’en avez même pas le droit — de conserver ce privilège pour vous seuls. Il est de votre devoir de le partager avec le monde. Et c’est ce que vous avez fait: en échangeant vos mots de passe avec vos collègues, en remplissant des formulaires de téléchargement pour vos amis.

Pendant ce temps, ceux qui ont été écartés de ce festin n’attendent pas sans rien faire. Vous vous êtes faufilés dans les brèches et avez escaladé les barrières, libérant l’information verrouillée par les éditeurs pour la partager avec vos amis.

Mais toutes ces actions se déroulent dans l’ombre, de façon souterraine. On les qualifie de «vol» ou bien de «piratage», comme si partager une abondance de connaissances était moralement équivalent à l’abordage d’un vaisseau et au meurtre de son équipage. Mais le partage n’est pas immoral, c’est un impératif moral. Seuls ceux qu’aveugle la cupidité refusent une copie à leurs amis.

Les grandes multinationales, bien sûr, sont aveuglées par la cupidité. Les lois qui les gouvernent l’exigent, leurs actionnaires se révolteraient à la moindre occasion. Et les politiciens qu’elles ont achetés les soutiennent en votant des lois qui leur donnent le pouvoir exclusif de décider qui est en droit de faire des copies.

La justice ne consiste pas à se soumettre à des lois injustes. Il est temps de sortir de l’ombre et, dans la grande tradition de la désobéissance civile, d’affirmer notre opposition à la confiscation criminelle de la culture publique.

Nous avons besoin de récolter l’information où qu’elle soit stockée, d’en faire des copies et de la partager avec le monde. Nous devons nous emparer du domaine public et l’ajouter aux archives. Nous devons acheter des bases de données secrètes et les mettre sur le Web. Nous devons télécharger des revues scientifiques et les poster sur des réseaux de partage de fichiers. Nous devons mener le combat de la guérilla pour le libre accès.

Lorsque nous serons assez nombreux de par le monde, nous n’enverrons pas seulement un puissant message d’opposition à la privatisation de la connaissance: nous ferons en sorte que cette privatisation appartienne au passé. Serez-vous des nôtres?

Aaron Swartz

Source

Version originale

Crédits image: Radical Software

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Expo Résistance Alex État des lieux/ Plans le 11-03-2015

État des lieux/ Plans Alex

Comment sensibiliser nos visiteurs en générant des dynamiques de diffusion, de circulation et de transmission des "connaissances" et des "savoirs" au travers de l’espace qui nous est aimablement attribué à La Générale? (espace en jaune sur le plan)


En parallèle des dicussions avec Erwan, Matéo et Octave articulées par cette problématique, nous préparons doucement la "documentation" de notre place dans cet événement et les références vers lequel nous renvoient le thème "Résistance". C’est entre autre au travers de ce référencement que nous comptons faire émerger des dynamiques de production in situ. À notre habitude (JPO ENSAD), nous ne comptons pas "exposer" nos travaux mais utiliser cet espace pour monter un atelier de production et par la même de transmission. Au même titre que notre diplôme, nous ne souhaitons pas présenter un "objet" achevé mais présenter des dynamiques de travail, un processus. C’est bien pourquoi nous réfléchissons à mettre en place un dispositif (audio, vidéo, imprimé, environement) prenant en compte la place du visteur/spectateur et de son recul vis à vis de ce statut et de cette culture souterraine.


Voila des mots clés issues de la dernière réunion à La Général:

Open data
Laboratoire
Temporaire / Éphémère / Dissimulé / Clandestin / Brut /
Dans l’interstice même de l’exposition
➞ Jeux / Rapport de niveaux
Parallèle / Échange / Communication / À côté /
➞ Écosystème
Intimiste / confortable / Familier /
➞ Data édifice
Totem / Monolythe (Odyssée de l’espace) /
➞ Data source
➞ Data matière
 ➞ Montage live différentes matières
Maurice Lemaître / Isidor Isou / Jacques Doillon /
   ➞ Mise en résonnance / Lien / Constellation /
Texte lu / Drone / Extraits /
   ➞ Salon d’écoute, de visionnage
➞ Underground
Kusturika, "Underground", (film) bunker /
Retransmission live d’une data matière provenant des sous-sols
  ➞ Protocole d’intéraction
  ➞ Traitement de données
  ➞ Implication, performance , et invitation à la présence du spectateur
Communication par micro? / Bouton? / Papier? / Pigeon? / Cris? Placement sur un siège particulier (donner un titre à chaque élément du mobilier)?
➞ Domaine libre public
➞ Résistance / Alternative

En attendant d’en voir un peu plus, quelques extraits des documents imprimés que nous confectionons au quatrième de l’Ensad.
ps: Ah oui, on nous a proposé de ré-introduire la typographie libre dans ce projet. Elles vont donc nous servir à mettre en lumière d’une part les textes qui nous sont chers mais par là même prêcher la bonne parole des caractères libres, de leur bien fait et quand même pour une bonne partie, de leur qualité qui n’ont rien à envier aux polices propriétaires.

«On nous dit: Le bonheur c’est le progrès, faites un pas en avant. Et c’est le progrès... mais ce n’est jamais le bonheur. Alors si on faisait un pas de côté! Si on essayait autre chose! Si on faisait un pas de côté, on verrait ce qu’on ne voit jamais.
— Qu’est-ce que tu fais?

— Je regarde dans ma tête.»

Commentaires

  • Posté par felix le 03/23/15 12:34am :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Art_de_m%C3%A9moire

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Expo Résistance Erwan Soumhi Technique vidéo - resolum et manipulation de texte en live le 10-03-2015

Technique vidéo - resolum et manipulation de texte en live Erwan Soumhi

On en parlais hier. A savoir si il était possible de manipuler , generer et manipuler de la matière textuel en live et mixer à d’autre flux vidéo. Et bien oui cher amis, j’ai trouvé un plug sur Resolum qui nous permettra de le faire. Je vais continuer les recherche du coté du logiciel libre et commencer les test technique demain.

Commentaires

  • Posté par Alex le 03/12/15 11:18am :

    Parfait, n'hésite pas à poster des extraits de tes tests. Est-ce qu'il y a plusieurs manières de mettre en forme le texte ou ça reste sur du format sous-titre? On parle du contenu ce soir.

  • Posté par Étienne le 03/12/15 11:25am :

    Pour du libre, peut-être des choses à creuser par là? http://fr.flossmanuals.net/performance-audiovisuelle-et-pratique-du-vjing/performance-audiovisuelle/

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Expo Résistance Erwan Soumhi Data film le 10-03-2015

Data film Erwan Soumhi

Voilà le lien d’une playlist youtube ou je liste des vidéo, film ou documentaire tombé dans le domaine public qui pourrait avoir leur interêt et une place dans la data matière final.

N’hesiter pas à posé des idées dans les commentaires , je les intègrerai dans la playlist.

-

https://www.youtube.com/playlist?list=PLb4BTiN2vUM6dlTj2SrVFQg1517zXNW-y

-

 ➞Note = Toute la memoire du monde de Resnais prend un sens particulier ici. Le film devait être un documentaire sur la Bibliothèque Nationale: c’est devenu une réflexion sur la culture. (…) Cette longue marche à travers des couloirs, des rayons, des escaliers et des ascenseurs accompagne la réception d’un livre dans ce bâtiment dont il ne sortira plus. Ce lent cheminement de fichier en fichier, de service en rayonnage, orchestré en un mouvement continu, (…) aboutit à une impression d’étouffement progressif, celle d’un emprisonnement définitif. Cet irrémédiable cloisonnement de la connaissance exprimé tout au long des images n’a certes pas été apprécié par le commanditaire, qui a exigé de nombreuses coupures et des modifications dans le texte.

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Expo Résistance Erwan Soumhi Un Chant D'Amour // Jean Genet, 1950 le 10-03-2015

Un Chant D'Amour // Jean Genet, 1950 Erwan Soumhi

Un chant d’amour est un réalisé par Jean Genet en 1950 et sorti en 1975. (tombé dans le domaine public)

-

Depuis leurs cellules, deux prisonniers (nous , les spectateurs) arrivent à communiquer grâce à un trou percé (notre dispositif) dans le mur qui les sépare. Avec la complicité silencieuse du gardien (?) qui les observe par le judas, ils vont établir un contact amoureux et érotique en utilisant divers objets tels qu’une cigarette, une paille…

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Expo Résistance Erwan Soumhi Artefact le 10-03-2015

Artefact Erwan Soumhi

Dans la même lignée que le Bateau de thésée , j’ai réalisé ce film durant la même période. Il y avait ce même désir de confronter des "matières sens" , de gratter la matière numérique , de faire rentrer en résonnance ou emulation des oeuvre sensible disponible sur le web. Des rencontre improbable prémédité intuitivement et menée sur le fil.

 ➞Un artefact est un effet artificiel. Le terme désigne à l’origine un phénomène créé de toute pièce par des conditions expérimentales. Dans une image numérique, un artefact désigne tout pixel dont la couleur a été générée de manière aléatoire. Cette vidéo que j’appréhende comme un corps/matière numérique est travaillé par un procédé de dégradation semi-aléatoire du flux vidéo-son, d’où cette notion d’artefact.

 ➞Cette expérimentation est une interpolation temporelle, composée d’images venues de «temps» et d’oeuvre différentes: des traces de performances buto, notamment de Kazuo Ohno, des fragments du film Le Sang d’un Poète de Jean Cocteau ou encore des fragments sonores de la pièce sonore L’anticoncept de Gil Wolman.

 ➞Il ressort de cette alchimie corrosive une poésie fragile, décousue, composée dans un parallèle relatif, d’une narration fragmentée et d’un mouvement perpétuel. Celle de la matière numérique même (vidéo et son) qui se déploie dans le temps, semblant répondre à d’autre lois que celles de l’image initiale qu’ elle composait. Les éléments s’interpénètrent les uns les autres, des micro-fictions naissent et s’évanouissent aussitôt. Par moment, les résurgence du sens initial laissent place à une toute autre chose.

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Expo Résistance Erwan Soumhi Contre-culture(s) Des Anonymous à Prométhée le 10-03-2015

Contre-culture(s) Des Anonymous à Prométhée Erwan Soumhi

Un livre vraiment interessant dont nous parlais hier alexandre
-
Steven Jezo-Vannier
Contre-culture(s)
Des Anonymous à Prométhée
-
Qu’y a-t-il de commun entre les Amish, les Ranters et Barbe Noire? Entre les hippies, les beatniks et les communards du XIXe? Entre les indignés, les hackers, ces nouveaux pirates de la cyberculture, et Prométhée? C’est ce que cet ouvrage se propose de vous expliquer. Contre-culture(s) dépeint une histoire originale des dissidences à partir des années deux mille et en remontant jusqu’à l’antiquité grecque, au seuil de notre civilisation judéo-chrétienne. Si le terme de «contre-culture» a été théorisé dans un cadre très précis, la contestation tous azimuts des turbulentes années soixante, l’auteur a voulu remonter le temps pour écouter les voix dissidentes qui se sont fait entendre, fouiller les microsociétés qui ont tenté de se pérenniser en marge de l’ordre établi. Vaste panorama historique des tentatives de rébellion et de réalisation d’utopies, Contre-culture(s), des Anonymous à Prométhée permet de remonter la riche lignée de la logique contestataire, d’en dresser une sorte de généalogie, de rétablir la voix des vaincus. C’est un peu une histoire populaire de la contestation, à rebours de l’ordre chronologique et des canons établis.

Commentaires

  • Posté par Alex le 03/12/15 11:25am :

    Du même ordre, il faut jeter un coup d'œil de ce côté là: https://constellations.boum.org/ Une bien belle bible des contre-cultures contemporaine.
    «Au-delà du sentiment largement partagé d’un monde invivable, ce qui manifeste cette reprise, la voix qui formule la question, ce sont les existences embarquées dans cet élan, brutalement ou petit à petit, au cours des dernières années. Des vies qui se lient aux aspirations révolutionnaires, qui s’y construisent, s’y rencontrent et y tiennent. Leurs multiples voix se mêlent à d’autres, beaucoup plus nombreuses, jusqu’à vibrer ensemble en quelques occasions (durant des mouvements comme l’antimondialisation ou le CPE, et à leur suite). Elles se mêlent à toutes celles qui, par leurs petites dissonances quotidiennes, marquent le tempo. Se forme alors un ensemble parfois cacophonique, dont aucun des éléments ne connaît la partition à l’avance.»

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Expo Résistance Erwan Soumhi Le Bateau de Thésée le 10-03-2015

Le Bateau de Thésée Erwan Soumhi

Nous parlions en réunion hier soir des mythe grec (promethée) et de leur remise en perspective avec des questionnement et des états de faits actuel. J’ai réaliser il y a quelque temps cette vidéo qui se trouve être dans cette lignée. Ici je ne me suis pas appuyé sur un mythe grec mais plutôt un paradoxe philosophique grec. Celui du bateau de thésée.

 ➞D’aprés quelques livres du XXIème siècle, entre 1967 et 1968, Bruce Nauman réalise en 16mm, 4 films de 10 min pour être projetés simultanément dans une salle carrée du musée d’art Contemporain de San-Francisco: les «Art Make-up». C’elles-ci n’ ont jamais pu être présentées sous la forme qu’il souhaitait. Ces films sont trouvables dans certaines expositions internationales sous forme de projection vidéo ou diffusion sur moniteur cathodique avec un son qui rappelle celui du projecteur cinématographique. Certaines trace de ces films peuvent aussi être trouvées parmi les flux superficiels d’internet avec plus ou moins d’erreur de compression. Ces traces/matières constitue la base audiovisuelle de cette vidéo.

 ➞D’après les anciens grecs, Thésée serait parti d’Athènes pour combattre le Minotaure. A son retour, son bateau fut préservé par les athéniens pendant des siècles en changeant au fur et à mesure les planches en bois pourrissantes par de nouvelles. Le bateau de Thésée est le théâtre d’une rencontre trans-temporelle de deux mythes. Il développe un questionnement métaphysique liant les concepts d’identité et de temps. Le changement de matière implique-t-il un changement d’identité? Celle-ci serait-elle conservée par les formes? Les images? Les pixels? Ou autre chose encore?

Commentaires

  • Posté par Alex le 03/12/15 11:26am :

    Il va falloir jeter un coup d'œil dans le domaine public voir si quelques uns de nos pères auraient écrit des choses pertinentes sur la relation de Prométhée aux luttes et dissidences actuelles.

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Expo Résistance Erwan Soumhi Data matiere le 09-03-2015

Data matiere Erwan Soumhi

texte - Anarchisme epistemologique

 ➞http://www.wikiberal.org/wiki/Anarchisme_%C3%A9pist%C3%A9mologique

 ➞http://jccabanel.free.fr/th_anarchisme_epistemologique.htm

 ➞>>

En amont d’internet , la question de l’open source se pose déjà et des théorie général en on découlé

>>

La connaissance comme problème politique

>>

On peut d’abord remarquer que les conflits idéologiques, et parfois scientifiques, sont sous-jacents à n’importe quel choix politique. Réciproquement, derrière des choix scientifiques, derrière des enjeux scientifiques, se cachent généralement des conflits politiques, ou même des conflits entre groupes sociaux (bataille entre laboratoires, enjeux autour de la définition d’une discipline, problèmes éthiques, etc.) La neutralité politique de la science est donc toute relative. D’autre part, sur un plan strictement politique, l’anarchisme épistémologique défend la liberté de pensée et la liberté d’expression. Il n’est donc pas très éloigné de certaines positions libérales classiques, comme par exemple celle de Montesquieu.

Mais il ne s’en tient pas là, puisqu’il rejette également différents types de pouvoir politique:

Les formes de pouvoir qui se légitiment par la constitution et la détention d’un savoir monopolistique (le pouvoir de l’expert qui exclut l’avis du profane). Il critique d’une manière générale la hiérarchie sociale fondée sur la hiérarchie intellectuelle (l’exemple type étant le saint-simonisme).

Les situations de monopole: lorsqu’une idéologie, une méthode monopolise une activité (par exemple: la supériorité de la médecine scientifique sur la médecine traditionnelle, le monopole de la méthodologie poppérienne). Il défend au contraire le pluralisme idéologique.

Les différentes formes d’autoritarisme idéologique ou intellectuel qui sont institutionnalisés (celui de l’église, celui de la science, celui des dictatures, celui des partis politiques, etc.

La transmission du savoir qui se fait de manière coercitive (imposition de point de vue, répression, censure, contrôle des moyens d’édition, directives de recherches, école obligatoire, etc.).

Enfin il s’oppose à une hiérarchie des définitions de la réalité. Chaque groupe social, chaque individu, pouvant la définir à sa manière, aucune ne pouvant être considérée objectivement comme "meilleure qu’une autre." Il est donc en contradiction avec les thèses objectivistes. Plus généralement, il s’oppose à la hiérarchisation intellectuelle (hiérarchisation des idées).

Il défend donc l’individu, et surtout la libre pensée individuelle, contre les monopoles idéologiques qui accompagnent les régimes politiques autoritaires (une seule ligne de pensée, un seul État). L’anarchisme épistémologique constitue dès lors une philosophie politique dans le plein sens du terme. Il défend une conception politique du savoir (la transmission et la détention de la connaissance sont des enjeux politiques) et il défend une conception épistémologique du politique (la politique est toujours liée à des problèmes de partage, de construction et de diffusion des connaissances et des idéologies).

texte - Pensée complexe - Edgar Morin

 ➞http://ciret-transdisciplinarity.org/bulletin/b12c1.php

Wikibuilding

 ➞http://wikibuilding.paris/index-fr.php

conférence - collectif SavoirsCom1

 ➞https://www.youtube.com/watch?v=YRHnrUWzeu8

Film - Jean Vigo - Zéro de conduite

 ➞http://fr.wikipedia.org/wiki/Z%C3%A9ro_de_conduite_%28film%29

texte - Noosphère - de Chardin

 ➞http://www.boson2x.org/spip.php?article61

texte - Hakim bay - Cyber Zombie

 ➞http://www.anarchisme-ontologique.net/3310/la-seduction-des-cyber-zombies/

extrait du texte

>>

Pendant ce temps, le Net revêt non seulement un aspect de brocante de rue désincarnée, mais également de taudis psychique. Avatars prédateurs – désinformationistes – travail esclavagiste d’encodage de données dans les prisons américaines – cyberviol (viol du corps virtuel) – surveillance invisible – vagues de panique (K-porn, les nazis sur le net, etc.) – intrusions massives dans la vie privée – publicités – toutes ces techniques de pollutions psychiques. Sans parler de la possibilité d’un lavage de cerveau bionique, de syndrome du tunnel carpien, et de l’omniprésence vert-de-gris des machines elles-mêmes, comme des réminiscences de ces écrans de science-fiction (le futur en tant que mauvais design). En fait, comme l’a prédit Gibson, le Net est déjà virtuellement hanté. Des cimetières du Web pour des cyberanimaux morts – de fausses nécrologies – Tim Leary envoyant toujours des messages personnels – les maîtres ascensionnés de la Porte des Cieux – sans parler de cette vaste archéologie perdue du Net, ses niveaux ARPA, les vieux BBS, des langages oubliés, des pages web oubliées. En fait, comme quelqu’un l’a souligné lors de la dernière conférence NETTIME de Ljubljana, le Net est déjà devenu une sorte de ruine romantique. Et là, au niveau le plus «spectral» de notre analyse, le Net commence soudain à sembler de nouveau… intéressant. Un peu d’horreur gothique. La séduction des Cyber Zombies. Fin de Millénaire. Une serre florale, du laudanum.

Film - La nuit des mort vivant - Roméro

 ➞https://archive.org/details/night_of_the_living_dead

Conférence - TED et l’open source / collaboration …

 ➞http://www.ted.com/talks/sanjay_pradhan_how_open_data_is_changing_international_aid/transcript?language=en#t-21453

 ➞http://www.ted.com/talks/tim_berners_lee_on_the_next_web

 ➞http://www.ted.com/talks/tim_berners_lee_the_year_open_data_went_worldwide

 ➞http://www.ted.com/talks/jay_bradner_open_source_cancer_research?language=fr

 ➞http://www.ted.com/talks/richard_baraniuk_on_open_source_learning

 ➞http://www.ted.com/talks/charles_leadbeater_on_innovation

 ➞http://www.ted.com/talks/howard_rheingold_on_collaboration

 ➞http://www.ted.com/talks/yochai_benkler_on_the_new_open_source_economics?language=fr

Projet Artistique - Gregory Chatonsky - “Capture”

 ➞http://chatonsky.net/project/capture/

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Expo Résistance Erwan Soumhi Materiel le 09-03-2015

Materiel Erwan Soumhi

DISPOSITIF

Materiel Disponible

26 grand moniteur (M)

2 petit moniteur (M)

1 grand moniteur JVC (M)

4 câble alimentations (M)

1 Sangle (O)

Stock de bois (M)

Stock de panneaux (A/E)

Cable RCA (M)

32 Splitter Y rca simple fem/fem-Mal (M)

20 embout rallonge fem/fem RCA (M)

2 Roulleaux + 2 rallonges electrique (M)

3 Multiprises (M)

Caméra (M)

Pied (M)

Ordinateur

2 Spot lumière (M)

Materiel a trouver

1 emetteur recepteur AV rca

2 splitter rca ⅛ ampli

25 câble alimentations pour moniteur

10 splitter Y simple fem/fem - fem

Cablage electrique (rallonge - Multi)

Mobilier chill

Imprimante WIFI et filaire

câble RJ45 (si wifi ne fonctionne pas entre les deux niveaux)

Commentaires

  • Posté par Alex le 03/12/15 11:28am :

    + les seize panneaux http://interstices.io/chantiers/resi-st-dence/#Inventaire

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Expo Résistance Erwan Soumhi Groupe et contact le 09-03-2015

Groupe et contact Erwan Soumhi

Noyau

>

>

Alexandre Liziard

06 70 40 30 13

alexandre.liziard@gmail.com

>

Etienne Ozeray

salut@etienneozeray.fr

--

>

Erwan Soumhi (M)

06 81 43 75 16

jud.dream@gmail.com

>

Thierry Korps (M)

06 46 21 35 67

thix.corps@gmail.com

>

Octave Giaume (M)

06 86 81 84 29

o.giaume@hotmail.fr

>>

 ➞Mail Manifart // bureau@manifart.org

>>>>

Contact "La Général"

Julien

Contact équipe curatorial

resistance@ensad.fr

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Expo Résistance Erwan soumhi Mots-clé et intention le 09-03-2015

Mots-clé et intention Erwan soumhi

Voila des mots clés issues de la dernière réunion à La Général

 ➞Open data

 ➞Laboratoire

 ➞jeux de niveau

 ➞ecosystème

 ➞Protocol d’intéraction

 ➞data edifice

 ➞data source

 ➞data matière

 ➞Montage live différentes matière

 ➞mise en résonnance

 ➞salon d’ecoute de visionnage

 ➞underground

 ➞retransmission live d’une data matière provenant des sous sols

 ➞protocol d’intéraction

 ➞traitement de donnée

 ➞Implication , performance , et invitation à la présence du spectateur

 ➞Domaine libre

 ➞Resistance

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Expo Résistance Espace à La Générale le 08-03-2015

Espace à La Générale

Alors voilà, à priori, nous serons installé dans cet espace de La Générale. Un peu à l’écart, caché dans un recoin, c’est tout ce qu’il nous fallait, on est content. Maintenant on cogite.

Commentaires

  • Posté par manifart le 03/09/15 11:50am :

    est ce que vous pensez que sur place il y aura moyen de trouver d'autre éléments de mobilier (chaise , mini table, fauteuil) ??

  • Posté par Alex le 03/12/15 11:28am :

    Je pense que c'est jouable oui mais il va falloir se méfier de l'occupation au sol de ce mobilier parce que l'espace est relativement restreint. Il ne va pas falloir boucher l'espace.

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Expo Résistance Inventaire le 27-02-2015

Inventaire

16 panneaux:

– Dimensions en (cm) –

47 x 208
49 x 220
57 x 187
64 x 210
69 x 210
73 x 197
78 x 240
86 x 184
90 x 197
97 x 196
103 x 202
112 x 202
117 x 202
117 x 220
118 x 219
137 x 137

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Expo Résistance Étienne Liste de sites répertoriant du contenu libre le 27-02-2015

Liste de sites répertoriant du contenu libre Étienne

Une liste non exhaustive, à compléter et à trier de sites répertoriant du contenu sous license libre ou dans le domaine public (sur certains de ces sites, seul une partie est véritablement libre).

http://publicdomainreview.org/

http://www.aventdudomainepublic.org/

http://www.wikipedia.org/

https://fr.wikisource.org/

http://commons.wikimedia.org/

http://www.wikibooks.org/

http://www.gutenberg.org/

http://musique-libre.org/

http://framabook.org/

http://p2pfoundation.net/Product_Hacking

http://www.radicalsoftware.org/f/browse.html

https://archive.org/

http://ubu.com/

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Expo Résistance Compte-Rendu réunion lundi 23 février 2015 [Wonder – St Ouen] le 27-02-2015

Compte-Rendu réunion lundi 23 février 2015 [Wonder – St Ouen]

 ➞Alexandre,
Étienne,
Erwann,
Lucas,
Matéo.


 ➞Début de la conversation

 ➞Mercredi 21:01

 ➞Alexandre Liziard
Bon on commence à parler de la collaboration pour "résistance". Demain on vous fait suivre ou on en est avec notre bois récupéré.

Bise.

http://interstices.io/chantiers/resi-st-dence/#On%20embarque%20avec%20Manifart!
Rési[st]dence
interstices.io

 ➞Alexandre Liziard
Ah ouai et ce serait pas mal qu’on se fasse un petit compte rendu de lundi, on a noté quelques trucs à remettre un peu au propre. On se concerte prochainement avant d’envoyer ça.
 ➞


 ➞il y a 13 heures
 ➞Alexandre Liziard
bon on a commencé à assembler tout ça

http://interstices.io/#On+assemble%2C+on+avance.

 ➞Erwan Soumhi
Ont l’air nikel ces panneaux

 ➞Alexandre Liziard
Un ti coup de meuleuse, un rapide coup de ponceuse et ça devrait pas être mal ouai

 ➞Erwan Soumhi
du coup pour tout ce qui concerne les recherche et partage autour de référence libre de droit et qui évoque la resistance, on poste sur interstice??

 ➞Alexandre Liziard
ouai mais du coup peut-être pas dans manifart mais plutot dans résistance
Présentation
interstices.io

étienne va vous ouvrir les portes

 ➞Étienne Oz
ouais je m’occupe de ça ce soir dans l’"idéal

 ➞Alexandre Liziard
et du coup ce serait pas mal de faire un article films, un autre audio, livres etc... Et on complètera dans les commentaires.

 ➞Lucas Bonnel
Salut messieurs

 ➞Alexandre Liziard
Bonsoir

 ➞Lucas Bonnel
Vous avez avancés Lundi me semble-t-il.

 ➞Lucas Bonnel
Je n’ai pas eu de compte rendu encore, Erwan, es tu là?

 ➞Erwan Soumhi
sir yesy sir

 ➞Lucas Bonnel
salut poulet

 ➞Lucas Bonnel
y a-t-il eu un secrétaire du lundi?

 ➞Lucas Bonnel
pour que je raccroche le wagon

 ➞Erwan Soumhi
Pas de note prise , on s’est dit qu’on allait enregistrer mais un peu trop tard malheureusement.

 ➞Erwan Soumhi
Une longue discution a eu lieu pour cerner un peu les enjeux

 ➞Alexandre Liziard
Effectivement. de notre côté avec É"tienne on a résumé ça très sommairement pour dire que grossomdo, il s’agirait de penser un espace qui ferait que le visiteur/spectateur soit contributeur de la diffusion d’un contenu libre du domaine publique (films vidéos textes images...). Et pour cela il faudrait penser un truc avec le mobilier que l’on va récupérér, le son des haut parleur, les moniteurs etc... Nous on a retenu à peu près ça. Rien n’est figé, tout peut/doit bouger.

 ➞Erwan Soumhi
alex et etienne nous ont présenter les grandes ligne de base de ce qu’il ont en tête pour l’expo à la général du 22 mars

 ➞Alexandre Liziard
Et sinon l’événement c’est une expo sur le thème de la résistance à la générale (vers parmentier), expo d’étudiants de l’ensad majoritairement. On nous file une salle et du coup avec vous on investi cet espace pour participer à la diffusion de contenu libre de droit autour du thème de la résistance

 ➞Erwan Soumhi
La locomotive est en marche , on sait à peu prés à quoi elle tourne , maintenant il faut les wagon et les rail.
 ➞


 ➞Lucas Bonnel
ok! je pensais que cet évènement à la générale avait déjà eu lieu, j’avais mal compris

 ➞Alexandre Liziard
mais il est assez difficile de résumer la réunion de lundi, ça parlait de permaculture, de bûche qui brûle les fesses, de maladie, de domaine public, de résistance, de chambre à air etc

 ➞Erwan Soumhi
héhé

 ➞Lucas Bonnel
quand tu parles de diffusion, c’est la diffusion du contenu dans l’espace-temps de l’expo?

 ➞Lucas Bonnel
un contenu que les gens peuvent potentiellement amener?

 ➞Lucas Bonnel
(enfin, j’imagine que c’est ouvert à la discussion)

 ➞Alexandre Liziard
c’est principalement du contenu que nous auront sélectionner

mais ouai on a parlé à un moment de "listing" pour permettre de compléter les champs

 ➞Lucas Bonnel
ouai, ça me parle énormément

 ➞Lucas Bonnel
l’espace va devenir un espace de débat j’imagine

 ➞Alexandre Liziard
on a pas mal parlé de ça aussi

http://www.aventdudomainepublic.org/

de ce qui tombait annuellement dans le domaine publique

Dans le domaine public en 2015 - Calendrier de l’avent du domaine public
www.aventdudomainepublic.org

On a pour seul contrainte d’axé nos recherches autour de la résistance

 ➞Lucas Bonnel
excellent ce site, merci

 ➞Alexandre Liziard
Mais c’est suffisament large pour qu’on aille chercher à droite à gauche d’autre forme de résistance qui passerait par exemple par la dissidence, l’émancipation intelectuelle etc

 ➞Étienne Oz
sinon beaucoup de contenu ici aussi: http://publicdomainreview.org/

 ➞Lucas Bonnel
il faut inviter Rancière à prendre une bière

 ➞Étienne Oz
ou pour du contenu textuel: https://fr.wikisource.org/wiki/Wikisource:Accueil

 ➞Étienne Oz
et ça http://www.gutenberg.org/
Project Gutenberg
www.gutenberg.org

 ➞Étienne Oz
enfin je metterais une liste complète sur le site

 ➞Lucas Bonnel
oui, parfait

 ➞Lucas Bonnel
J’ai pas mal parcourus les documents que vous avait mis sur le site

 ➞Lucas Bonnel
les conférences de Stiegler, j’en ai regardé un certain nombre

 ➞Lucas Bonnel
le blog de Stephane Degoutin

 ➞Lucas Bonnel
C’était de bonne découverte

 ➞Étienne Oz
heureux que ça puisse servir

 ➞Alexandre Liziard
Pour résumé grossomdo, notre problématique au niveau de l’espace serait: "Comment faire comprendre aux visiteurs que c’est par sa présence et son implication dans cet espace qu’il contribue à la diffusion et à "l’accroîssement" (pas sûr du mot) de la culture libre?"

Genre que le simple fait de poser ses fesses dans un fauteuil, de lire, d’écouter ou de regarder particpe à l’intérêt de la culture libre.

 ➞Étienne Oz
bon sinon je vous ai donné l’accès au chantier "Expo Resistance"

 ➞Étienne Oz
vous y accédez pareil que pour Manifart et vous créez votre article tout pareil

 ➞Lucas Bonnel
merci

 ➞Étienne Oz
si quelqu’un peut faire un test pour voir si tout roule

 ➞Lucas Bonnel
j’y vais

 ➞Alexandre Liziard
Et peut-être qu’on pourrait mettre cette conversation comme compte rendu dans interstices? Comme ça c’est fait.

 ➞Étienne Oz
ouep

 ➞Lucas Bonnel
par contre, habituellement, je passais par un lien particulier pour accéder à l’interface administration, est-ce que je peux la retrouver depuis le site?

 ➞Lucas Bonnel
je veux dire, me connecter depuis le site même

 ➞Étienne Oz
ah
non effectivement

 ➞Étienne Oz
mais l’url c’est http://interstices.io/admin

 ➞Lucas Bonnel
ok

 ➞Lucas Bonnel
merci

 ➞Lucas Bonnel
ça roule

 ➞Lucas Bonnel
je peux éditer

 ➞Lucas Bonnel
tout fonctionne

 ➞Étienne Oz
très bien

 ➞Étienne Oz
ya plus qu’a

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Expo Résistance Alex On assemble, on avance. le 26-02-2015

On assemble, on avance. Alex

Bon, après quelques heures à déclouter/dégraffer l’ensemble de ce qu’on a récupéré, on s’est mis à l’assemblage de tout ça pour préparer un peu nos panneaux d’accrochage pour L’expo "Résistance". Et mine de rien pour le moment on en est à une dizaine de panneaux divers, d’étagères futures peut-être ou bien même de bureaux. Pour le moment on en sait trop rien mais en tout cas ça prend forme. On saura quoi en faire.

Commentaires

  • Posté par M le 02/26/15 11:16pm :

    c'est clair, vous êtes dans la matière

    (c'est assez intrusif l'obligation de remplir les cases)

  • Posté par M le 02/26/15 11:31pm :

    c'est tout de même impressionnant; surtout pour le geek

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Expo Résistance Alex & Étienne Bois de récup' – Scénographie Rési[st]dence / Soutenance (plus tard, affaire à suivre) le 26-02-2015

Bois de récup' – Scénographie Rési[st]dence / Soutenance (plus tard, affaire à suivre) Alex & Étienne

On fait le tri.

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Expo Résistance Alex & Étienne On embarque avec Manifart ! le 25-02-2015

On embarque avec Manifart! Alex & Étienne

Le collectif Manifart, avec qui l’on travaille sur leur signature graphique se joint à nous dans le cadre de l’exposition "Résistance" à La Générale. Nous travaillons à mettre en lumière des contenus libres de droit axé autour du thème de l’exposition. C’est ici pour nous l’occasion de s’interroger sur la place de l’utilisateur/visiteur, de son rapport au contenu dans le cadre d’une exposition et sur la mise en valeur de sources libres. La scénographie de l’espace prend forme autour de cet axe de transmission des savoirs.

Nous nous sommes réunis lundi dernier au Wonder pour entammer des discussions sur la mise en forme du contenu et de sa place dans l’espace qui nous est réservé. Nous ferons un compte-rendu très prochainement.

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Expo Résistance Étienne Acquisition de bois le 25-02-2015

Acquisition de bois Étienne

Nous avons récupéré un stock de bois de palette pour la scénographie de Resistance. Nous nous employons actuellement à fabriquer panneaux, étagères et tables.

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Typothèque Mise à jour du site le 25-02-2015

Mise à jour du site

Une mise à jour du site http://typotheque.interstices.io a été effectuée. Celle-ci inclut des arrangements formels et de navigation.

À noter également qu’il est maintenant possible de télécharger la totalité de la typothèque ici: http://typotheque.interstices.io/TypographiesLibres.zip (254.6 Mo).

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Manifart Manifart Nouvelle acquisition de Manifart le 20-02-2015

Nouvelle acquisition de Manifart Manifart

Voila les dernières acquisitions de l’association.

27 moniteurs de régie identiques, dont 3 ou 4 ne doivent pas fonctionner.

2 petits moniteurs et un double.

Je vous rajoute aussi le stock de bois que l’on possède.

C’est une matière que l’on peut utiliser pour les prochains évènements.

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Manifart Alex Partitions Systems II le 15-02-2015

Partitions Systems II Alex

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Manifart Erwan Soumhi Exposition // Le Bord des Mondes -- Palais de Tokyo le 15-02-2015

Exposition // Le Bord des Mondes -- Palais de Tokyo Erwan Soumhi

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Le Bord des Mondes

PALAIS DE TOCKYO // Exposition 18/02/2015 - 17/05/2015

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Peut-on faire des oeuvres qui ne soient pas «d’art»? C’est en s’interrogeant avec Duchamp sur l’essence de la création et ses territoires que le Palais de Tokyo explore les mondes interstitiels, à la lisière de l’art, de la création et de l’invention. L’exposition Le Bord des mondes invite à un voyage aux confins de la création, en révélant les prodigieuses recherches et inventions de visionnaires au-delà du territoire traditionnel de l’art. Des créatures de plage géantes de Theo Jansen aux étonnants chindogu de Kawakami Kenji en passant par les poétiques attrape-nuages de Carlos Espinosa, l’exposition invite à emprunter des sentiers interdits et à chevaucher sur la faille qui habituellement sépare la création artistique et l’invention créative. A la lisière de l’art et de l’invention, l’exposition fait voler en éclats les frontières entre les mondes, entre territoire artistique identifié et mondes parallèles absents du système de l’art, en explorant le fécond précipice qui peut les unir.

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Commissaire: Rebecca Lamarche Vadel

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avec entre autre: Theo Jansen et la S.A.P.E ...

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Manifart Erwan Soumhi Yves Michaud : “La véritable audace, dans l’art aujourd’hui ... le 14-02-2015

Yves Michaud : “La véritable audace, dans l’art aujourd’hui ... Erwan Soumhi

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Propos recueillis par Erwan Desplanques et Jacques Morice

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Entre ce qui a déjà été fait et ce qui est interdit, les artistes n’osent plus grand-chose, estime Yves Michaud, penseur singulier passé de la philosophie à l’art. Désormais, dit-il, les plus audacieux sont ceux qui croisent les disciplines.

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Voilà un penseur iconoclaste et offensif, qui ne craint pas de secouer tous les landerneaux. En 2003, dans L’Art à l’état gazeux, il enterrait la notion d’œuvre d’art mais voyait de la beauté partout, dans la rue, au supermarché ou chez soi. Depuis, ce philosophe issu d’un milieu modeste se considère volontiers comme un «pestiféré» dans l’Hexagone, quand il est célébré et sollicité à l’étranger - il a enseigné à Berkeley comme à São Paulo. Reçu premier à l’agrégation de philosophie en 1968, Yves Michaud a toujours fui les chapelles en passant pour un libéral-libertaire. Il a pourtant dirigé l’Ecole nationale des beaux-arts (de 1989 à 1997), puis lancé l’Université de tous les savoirs et ses conférences très courues. Sceptique mais curieux de tout, jonglant avec les disciplines, il s’est distingué par ses réflexions inattendues sur la culture, la violence ou la politique. Solide d’esprit comme de corps (il est sportif), à la fois terrien et technophile, c’est un partisan du gai savoir. Un esprit libre, en somme.

En 2003, dans L’Art à l’état gazeux, vous diagnostiquiez un art désacralisé et volatil, qui infuse tout notre quotidien. Dans ce contexte, l’audace a-t-elle encore un sens?
Nous continuons à croire que l’art doit viser la transgression, mais en réalité, aujourd’hui, celle-ci ne va pas très loin: il s’agit d’une audace ritualisée et encadrée. Pour deux raisons: la première tient au fait que toutes les voies ont été explorées, et qu’il est difficile d’aller plus loin. C’était différent au XIXe siècle, lorsque Manet peignait l’Olympia: représenter une prolétaire nue était un vrai scandale, une forme de pornographie, maintenant omniprésente sur Internet. La deuxième tient aux cadres légaux, qui sont largement reconnus et acceptés. Il est désormais totalement interdit de montrer des enfants nus - gare à la pédophilie! - ou des animaux maltraités - cruauté bannie! Des artistes comme Lewis Carroll ou Pierre Louÿs, avec leurs photos de petites filles, seraient aujourd’hui en prison. Comparés à eux, nos artistes vivants sont des saints, respectueux de la justice, de l’opinion publique, de la correction morale et des groupes de pression.

L’audace ne devrait-elle pas résister à cette normalisation?
Sauf que c’est impossible, à moins de s’exposer à des sanctions. L’artiste chinois Huang Yong Ping n’a pas pu montrer, au centre Georges-Pompidou, son installation Le Théâtre du monde, où il voulait faire cohabiter et s’entre-tuer toutes sortes de bestioles et d’insectes (serpents, scorpions, araignées...): les associations protectrices des animaux sont intervenues avant. Le plus frappant est que l’interdit n’est pas contesté: les artistes acceptent que la société se «judiciarise» et font eux-mêmes valoir à répétition leurs droits. Regardez Buren: il n’arrête pas d’engager des poursuites pour défendre son œuvre! Comment ne pas respecter le droit dès lors qu’on le sollicite?

Historiquement, de quand date la fin de la transgression?
A mon sens, elle s’achève à la fin des années 1970, avec les derniers mouvements d’avant-garde, comme le body art (performance ou happening centré sur le corps) ou l’art conceptuel (il n’y a plus d’objets d’artistiques finis mais plutôt des idées d’oeuvres). Après, on entre dans le postmoderne, le monde du «tout est permis» – y compris le retour à des formes académiques. Les seules transgressions qui persistent sont clandestines, ignorées même du milieu de l’art. Il y a un exemple terrible, ce que je connais de plus fort, c’est la performance de l’artiste chinois Zhu Yu, qui a mangé en 2000 des foetus d’enfants rôtis. Il y a aussi David Nebreda, cet artiste espagnol anorexique, squelettique, qui vit seul, se mutile, s’enduit d’excréments et s’expose depuis les années 1990 en photographies belles et fortes. Au fond, les seules transgressions tolérées viennent des artistes qui tentent des expériences radicales sur leur corps. Dans la performance, le body art, la scarification. L’art biotech est lui aussi intéressant ; lié à la spectacularisation de la science et à son esthétisation, on y retrouve la fonction prophétique et utopique de l’art, le rôle traditionnel de l’artiste comme anticipateur du changement humain et sociétal. Mais là encore la loi veille. Ceux qui montrent l’homme «prothésé», comme Stelarc (un artiste qui, en 2007, s’est greffé une oreille sur le bras!), ou qui font des recherches sur la manipulation d’ADN ou la culture des tissus sont encadrés, sinon poursuivis, comme Steve Kurtz et son Critical Art Ensemble, en 2004, après les attaques à l’anthrax aux Etats-Unis. De même, la lapine vert fluo d’Eduardo Kac, à mon avis, n’a jamais existé: lorsque l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) a découvert la nature du projet, celui-ci a été stoppé

Le triomphe de l’esthétique – «l’art partout» – met à mal la fonction de la critique. Celle-ci semble réduite à valider des produits. Doit-elle se résigner à cette impuissance?
Avec la mondialisation et l’explosion démographique des artistes, les données ont changé du tout au tout. Cent mille artistes recensés dans la seule ville de New York, vous vous rendez compte? Le critique ne peut plus prétendre être un découvreur, ni décréter ce qui est absolument supérieur. Il devient au mieux un médiateur, au pis un communicant. Mais inutile de s’arracher les cheveux: jusqu’au XVIIIe siècle, il n’y avait pas de critiques. L’art était jugé par les pairs et par les commanditaires. Aujourd’hui, le jugement de valeur se fait très brutalement aux enchères. On a vu ces dernières années des gens acheter littéralement n’importe quoi à n’importe quel prix, mais, depuis le krach, les acheteurs y regardent à deux fois et le jugement de qualité reprend ses droits. En temps de crise, les enchères sont un bon baromètre du goût des collectionneurs et de la qualité des oeuvres. Il serait simpliste de le déplorer: l’art a toujours été lié à l’argent. S’agissant de valeur, il est assez naturel qu’elle soit traduite en argent. A la Renaissance, il y avait une très forte concurrence entre les artistes, qui vivaient des commandes des paroisses, des communautés, des municipalités, des princes. Le Tintoret et Titien étaient fabuleusement riches.

Vous refusez toute déploration. N’est-ce pas démoralisant, tout de même, ce caractère inoffensif de l’art contemporain?
L’art visuel est devenu relativement pasteurisé, mais on peut toujours changer de voie. Certains artistes pourraient très bien décider demain de faire un art authentiquement politique ou un art de pure recherche formelle, dans la tradition minimaliste ou zen, puisque cela a été abandonné au profit de transgressions indolores. Pour moi, l’histoire de l’art n’est absolument pas linéaire. A un moment donné, il y a un éventail de possibilités, et les artistes peuvent changer de registre au lieu de s’entêter dans un cul-de-sac. Voyez ce qui s’est passé avec Rauschenberg ou Warhol, quand ils rompent avec l’expressionnisme abstrait pour faire un art froid et détaché. Même chose avec les néodada des années 1950, Cage ou Cunningham, qui rompent avec la peinture et explorent le multimédia, la chorégraphie, la musique. La véritable audace, aujourd’hui, c’est de se déplacer, de passer à d’autres formes. Passer des arts plastiques à la techno, comme la DJ Miss Kittin, qui sort des beaux-arts de Grenoble. Ou la plasticienne Valérie Mréjen, qui passe à l’écriture, mais reste sous-estimée par le milieu littéraire, très corporatiste.

Changer de discipline... C’est aussi un peu votre portrait que vous dessinez là.
Echapper aux carcans, au politiquement et professionnellement correct, a toujours été naturel pour moi. Quand j’étais à Normale sup, le cadre était très dogmatique et étouffant. On ne devait jurer que par Marx, Lacan, le structuralisme, puis la déconstruction de Derrida. Moi, je préférais jouer au foot et faire de la logique! Cela dit, je dois être honnête, c’est l’un des plus dogmatiques, Louis Althusser, qui m’a orienté vers les cours du sociologue Alain Touraine, du psychologue Ignace Meyerson et de l’ethnologue Georges Balandier. De cette époque, j’ai conservé une sorte d’anarchisme épistémologique. J’ai vite compris que les choses intéressantes ne se passaient jamais où on les attendait. Les vraies recherches scientifiques, par exemple, se font aux interfaces, au croisement des disciplines. Mais dans les sciences humaines, c’est très mal vu. Il faut respecter les saints découpages disciplinaires. Un exemple: le meilleur spécialiste du tourisme en France, Jean-Didier Urbain, est très bien reconnu à l’étranger. En France, il a été massacré par ses collègues, jamais promu. Pourquoi? On ne tolère pas qu’un universitaire passe de la sémiologie au tourisme...

Ou de la philo à l’art, comme vous...
Le passage m’a paru naturel à partir du moment où j’ai acquis une bonne connaissance de l’art contemporain. Bizarrement, j’ai connu une semi-censure dans le milieu de l’art contemporain français depuis L’Artiste et les commissaires, publié en 1989, où je montrais que le monde de l’art était désormais aux mains des opérateurs culturels. Depuis, je suis quasi interdit de parole dans les écoles d’art en France, alors qu’il n’en est rien à l’étranger, en Italie, en Espagne, en Amérique latine, où je suis reçu aussi bien par les partisans de l’art contemporain que par ses détracteurs. Le petit milieu n’aime pas qu’on décrive son fonctionnement.

A la tête de l’Ecole des beaux-arts, êtes-vous parvenu à changer les règles?
Aux Beaux-Arts, j’étais effaré que le règlement n’ait pas été mis à jour depuis le XIXe siècle: on fonctionnait comme s’il y avait toujours des prix de Rome, supprimés après... 1968. C’était à l’image de la France, un pays pathologiquement bureaucratique. Il y avait à mon arrivée mille cent élèves inscrits, car beaucoup ne quittaient pas l’école après leur diplôme, juste pour stocker leurs oeuvres. J’ai donc commencé par vider le trop-plein et mettre en place des procédures de sélection à peu près honnêtes. On a rétabli l’enseignement du dessin et décloisonné, en favorisant le croisement des disciplines. Mon principe était assez simple: du bon sens et des perturbations osées. C’est ainsi qu’on a eu comme professeurs invités Marina Abramovic, Peter Halley, Joel Fisher, Chen Zhen, Alice Aycock... Nombre d’artistes étrangers qui apportaient un regard neuf, des expériences différentes. Il aurait fallu pousser plus loin ensuite avec des jeunes artistes déjantés et prolos, comme les Anglais des années 1990.

Lorsque vous revenez à la philosophie, c’est pour l’enseigner aux adolescents. Pourquoi?
A la suite de mon expérience heureuse avec des collégiens pour le magazine Okapi, j’ai conclu qu’il faudrait mettre en place un enseignement de la philosophie dès le collège. Ce serait un bienfait pour la citoyenneté, ne serait-ce qu’en rappelant par exemple en détail la signification du mot «respect». Le souci, c’est évidemment le manque de profs: ceux de philo sont tellement persuadés qu’ils ne doivent pas déchoir en quittant leur classe de terminale qu’on ne trouverait pas beaucoup de volontaires... Au contact de ces ados, j’ai été frappé par leur vivacité d’intelligence, à un âge où ils ne sont pas trop bloqués par les idées toutes faites ou la pression du groupe. J’ai aussi constaté qu’un langage sommaire n’empêche pas de penser. En cela, je m’oppose à Bourdieu: c’est le langage trop codé qui pose problème. De 7 à 13 ans, les enfants ont des ressources d’apprentissage exceptionnelles. Avec eux, mon optimisme renaît.

En 1999, vous proposiez d’abaisser la majorité civique à 15 ans.
Je maintiens. Pourquoi des adolescents ne pourraient pas voter alors que des vieux gâteux le peuvent? Il faut s’inspirer des sociétés antiques, où l’«éphébie» vous rendait mature dès 15 ans. Laisser la jeunesse en friche, protéger la nature vierge de l’enfant... ce rousseauisme de pacotille a fait beaucoup de dégâts. Les enfants très jeunes ne font pas la différence entre jouer et apprendre.

On perçoit chez vous un mélange d’optimisme et de scepticisme...
J’aime semer à tout vent, être comme le pissenlit sur la couverture du vieux Larousse. Je voudrais être fidèle à l’esprit des Lumières sans tomber dans ses illusions de réforme despotique. De ce point de vue, j’ai toujours considéré l’Université de tous les savoirs comme un prolongement de l’Encyclopédie, avec la même insistance sur les sciences et les techniques. Je fais confiance à l’intelligence collective tout en étant lucide sur les limites de chacun. J’ai beaucoup étudié la philosophie sceptique, de Pyrrhon à Hume, y compris le jubilatoire Cioran. Le scepticisme n’est pas une doctrine déprimante, encore moins cynique: il conduit simplement à ne pas avoir de désirs disproportionnés. En ce moment, je termine un livre sur le mérite, où je remets en cause le principe de l’égalité à tout prix. Tout le monde sur les plages vierges, tout le monde people, c’est devenu une norme, une obsession égalitariste, qui sacrifie des valeurs, comme la liberté, la dignité. Tout le monde ne naît pas avec le même QI et nul n’est propriétaire de sa valeur: Zidane n’est pas responsable de son extraordinaire coordination des membres. Il y a une loterie de la vie et on ne doit pas la corriger à n’importe quel prix. Parfois on gagne, parfois on perd. Quand nous organisons les conférences de l’Université de tous les savoirs au lycée, je pense souvent: si jamais ça déclenche une vocation chez un enfant, on a gagné.

Comble de l’audace: l’encyclopédiste que vous êtes prépare un livre sur les fêtards d’Ibiza...
Ibiza est un laboratoire des changements contemporains. Cette société hyper traditionnelle - il y a cinquante ans, Ibiza, c’était le XVIIIe siècle - a été transformée par le tourisme, l’hédonisme, les drogues, l’industrie du divertissement. J’ai constitué une documentation importante puis écumé tous les clubs d’Ibiza, comme un vieil ethnologue, pour étudier les rites de la vie nocturne. Ibiza est une bulle de culture hédoniste et d’excès au milieu d’une nature parfois encore virgilienne. Cette contre-culture peut valoir la culture savante. La techno signe précisément le passage dans une nouvelle configuration des arts, où les sons, les parfums, les rythmes prennent le pas sur le visuel. Un peu comme chez Baudelaire ou Théophile Gautier... Je ne cherche pas à être le grand-père indigne. Je suis juste curieux de ces mutations, sans peur de donner mon avis et d’aller contre le conformisme affligeant. A la manière de l’artiste américaine Agnès Martin, du musicien Pierre Henry (le chaînon manquant entre Messiaen et la techno) ou du philosophe anglais Austin, qui n’ont pas visé de transgression spectaculaire: ils se sont juste engagés sur un chemin bizarre, mineur, sans honte et avec plaisir. L’hédonisme a aussi une valeur dans la vie intellectuelle. Est-ce de l’audace? Disons de l’audace tranquille.

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IBIZA MON AMOUR -- Enquête sur l’industrialisation du plaisir -- Yves Michaud

edition du Nil - 2012 - 354 pages

Ibiza a toujours été montrée de façon superficielle. Certes, Ibiza est l’île de la fête, de la nuit et des excès. Mais cette île est plus fondamentalement un laboratoire exceptionnel pour analyser ce qui fait marcher nos sociétés libérales: l’hédonisme. Cette extraordinaire machine à produire des plaisirs qui attire aujourd’hui plus de 3 millions de touristes venus de toute l’Europe mais aussi du Japon, d’Australie ou d’Amérique. Ibiza est devenue la capitale mondiale de la fête et des plaisirs et mérite à ce titre d’être prise au sérieux. Comment cette île, hier dans la misère la plus noire, est devenue une marque connue dans le monde entier? Pourquoi attire-t-elle autant les VIP que les touristes low-cost, les clubbers que les familles? Et comment, concrètement, assouvit-on les désirs de millions d’individus chaque jour? Le philosophe Yves Michaud a enquêté trois ans au coeur de cette île qu’il connaît bien pour y vivre à mi-temps depuis les années 80. Enquête journalistique impressionnante mais également travail sociologique et philosophique car le regard de l’intellectuel curieux et malicieux est toujours là. Son propos n’est pas de condamner ni de faire l’apologie d’Ibiza mais de regarder les choses telles qu’elles sont. Car ne nous y trompons pas: Ibiza n’est pas un ailleurs exotique, c’est un miroir tendu sur nos sociétés occidentales. Voici le vrai visage de l’hédonisme contemporain.

www.soundcloud.com/psychemagik/gagarin

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Manifart Erwan Soumhi Erwan Soumhi - bio le 14-02-2015

Erwan Soumhi - bio Erwan Soumhi

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Erwan Soumhi / Né en 1986 au Maroc
Vit et travaille à Paris / Médium mixte
www.erwansoumhi.com

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Après un passage à L’Atelier de Sèvres à Paris, je rentre à l’ESAD ( Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg) pour y suivre un cursus au bout duquel j’obtiens mon DNAP. Durant ces années, je développe une pratique de la vidéo et de l’installation et commence à exposer mon travail.

Au courant de l’année 2010-2011, Je réalise un échange international à la SMFA de Boston (School of Museum of Fine Arts). À travers l’ enseignement et différentes collaborations artistiques, j’y continue à approfondir mon travail tout en découvrant de nouvelles formes et façons de considérer l’acte créatif. En revenant de cet échange, j’intègre Pez corp , une organisation composée de 14 autres artistes de générations différentes, mais venant en quasi-totalité du même groupe de recherche (Hors Format) au sein de l’ESAD. Il s’y développe entre autres une réflexion sur la création artistique en commun et les formes qu’elle peut prendre dans le contexte actuel de l’art contemporain.

En 2012, j’obtiens son DNSEP après avoir écrit un mémoire portant sur l’image anonyme. En 2013, j’intègre le collectif Manifart. Puis en 2014, le collectif Bingo Cosmos et Hic Est Sanguis Meus. Le travail en collectif a pris une place important dans mon processus de travail et de réflexion.

En parallèle, J’expose et confronte mon travail à travers des résidences artistiques, des workshops, des expositions et des festivals.

Territoires de recherches et réflexions actuelles:

Ø.

1. Prendre le sens comme un médium.

2. Penser et approfondir le concept de matière sens-temps.

3. Construire des dispositifs qui donnent un corps à des concepts mentaux abstraits.

4. Imaginer des connections sémantiques improbables et problématiser ce qui s’en dégage.

5. Retrouver ce qui manque dans la phrase «l’art pour tous».

6. Expérimenter des connections entre arts, alchimie, hermétisme et symbolisme.

7. Inventer des hybrides temporelles pour désaxer notre regard vers de nouvelles. Perspectives d’appréhension de notre propre contemporanéité.

8. Se nourrir d’une histoire de l’art revue sous des principes de non-linéarité.

9. Chercher, parfois, à blesser pour comprendre comment le sens s’écoule.

10. Placer l’intrigue au cœur de la relation aux spectateurs.

11. Éveiller non pas un jugement, mais une attitude.

12. Donner corps aux inspirations vécues et en faire des sens-objets , matière à penser.

13. Ne jamais faire le deuil de l’absolu, ne jamais oublier qu’il est dangereux de ne pas le faire.

14. Questionner le concept «d’environnement».

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Manifart Octave Acousmonium le 12-02-2015

Acousmonium Octave

Je vous parle aujourd’hui de l’acousmonium, comme un échos à certaines volontés amorcée pour le salle expérimentale de archimade.

Ou en échos avec le projet manifart "chalet society" (dispositif/installation en enceinte), ou encore radio club sound système.

L’acousmonium est un orchestre de Haut Parleur, destiné à l’interprétation de musiques composées dans un studio électroacoustique. Il se compose au minimum d’une quinzaine de HP aux caratéristiques différentes.

Il met ainsi en son des "oeuvres acousmatiques" issue de la musique concrète. Nous pouvons ainsi citer:

Pierre Schaeffer dans les années 40, avec: "synphonie pour un homme seul" (composé avec Pierre Henri) (http://vimeo.com/34209212). A cette l’occasion Schaeffer crée un "pupitre d’espace" ou autrement appellé "potentiomètre d’espace". Tenant dans la main une bobine, l’opérateur ou chef d’orchestre, effectue des gestes dans un espace matérialisé par de larges cercles croisés. Ces gestes, agissant sur la balance des HP, produisaient un mouvement analogique du son dans l’espace de la salle. Cf photos. (principe similaire: térémine).

Plus tard c’est avec François Bayle dans les années 70 que les expériences continuent (https://www.youtube.com/watch?v=BvsinZVtNr8)

Le premier Acousmonium en 1972, église Saint Séverin à Paris. en pièce jointe en photo. photo 2

Acousmonium années 1980, Salle Olivier Messiaen à Radio France en pièce jointe en photo. photo 3

D’outil d’équilibrage, l’Acousmonium est passé à un outil d’expression, étant donné qu’à partir du moment où il était possible de modifier le positionnement des sons dans l’espace, l’intensité générale, la couleur des sons, une nouvelle possibilité s’ouvrait aux compositeurs et «interprètes» pour faire du concert un moment unique pour l’écoute et la découverte de l’espace.

L’on peut parler de spatialisation sonore. (https://www.youtube.com/watch?v=ZsRt5xlGCGo)

L’Acousmonium d’aujourd’hui est donc fait de nombreux haut-parleurs (entre 40 et 60) distribués dans la salle sur la scène, autour du public et même dans le public, et organisé en fonction des musiques à jouer (un concert stéréophonique aura une distribution différente d’un concert multiphonique), qui favorisera une distribution par rapport à une autre.

Le dispositif crée lors de La dame de marrakech, reprend ses principes de spatialisation, d’interférence et d’interaction sur un travail de diffusion par haut parleur spécifique, dirigé et spatialisé.

Lors de la performance de joachim montesui, les sons volaient dans l’espace, tournoyaient et se réverbéraient au sein de la cour du riad. De même lors de la première partie, les voies des interview des personnes rencontrées tanto diffusées ensemble, tanto seule, chacune à travers son propre HP, permettait d’avoir soit une écoutes d’un protagoniste, soit de plusieurs à la fois. Cela dépendait à la fois du positionnement du spectateur, mais aussi du choix de diffussion du monteur sonore.

A lire:

L’article Du GRM (groupe en recherche musicale) de l’INA (http://www.ina-expert.com/e-dossier-de-l-audiovisuel-le-son-dans-tous-ses-etats/le-grm-de-l-invention-du-son-a-la-musique.html)

• Spatialisation et image : la mise en espace des sons concrets et électroniques

http://sonhors.free.fr/panorama/sonhors13.htm

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Manifart Alex Partitions Systems le 09-02-2015

Partitions Systems Alex

xenakis

sheets_stockhausen

Sylvano Bussotti

scans_john_cage

cage_complementary

cornelius cardew

george crumb

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Manifart Lucas Ré-investir la ville le 07-02-2015

Ré-investir la ville Lucas

Ces quelques lignes concernent la nécessité de ré-investir l’espace publique (à chaud, donc pardonnez les divers égarements)

On voit depuis de nombreuses années déjà des mouvements opposés concernant l’utilisation de ce qui fût jadis dans la ville, l’espace publique.

De nombreux espaces de la ville tendent à se privatiser, pour survivre économiquement, plus que les espaces d’ailleurs, ce sont des pans entiers de l’organisation sociale que l’on met au service des entreprises privées, l’éducation en est un exemple frappant, mais c’est un autre sujet. On voit une réduction toujours plus grande des espaces sans volonté de profit, d’espaces à prendre, à investir avec des idées non commercialisables. L’espace est contrôllé, et même plus, il nous contrôlle dans une certaine mesure, du moins, nous oriente en tant que flux d’humains propulsés d’un point A vers un point B. On peut déjà jetter un oeil au petit livre "Des souris dans un labytinthe" qui se propose d’étudier quelques situations quotidiennes de manipulation par les dispositifs de la ville, publiques ou privés. Evidemment, mais je ne m’attarderai pas sur ce point, la science du marketing ne cesse de s’améliorer concernant la conception de l’espace comme mode de contrôlle des comportements. Cette privatisation généralisée des espaces communs de la ville, trouve deux light-motiv principaux, consommation et sécurité/surveillance. Les centres commericaux qui tendent à devenir de véritables petites villes (quoi qu’on emploi plus volontier le terme de "village") avec leurs bancs, leurs fontaines, leur micro-jardins, sont le modèle idéal du circuit maîtrisé de surveillance-consommation en espace privé. Les centres commerciaux intègrent dans cette logique, des zones à habiter ou investir, qui par leur nature artificielle, leur valeur de décors, ne peuvent produire aucune relation humaine vivante, mais retenir un peu plus longtemps les consommateurs dans la zone d’achat.

En terme de flux et de relation au déplacement dans l’espace ainsi qu’à la vitesse, Paris est frappante. N’importe quelle personne ayant vécu dans le sud de la France en ressent immédiatement les effets, sentiment de stress et d’annonymat. Les visages s’enchaînent et ne se ressemblent pas, le moment du déplacement, surtout dans un cadre comme celui du métro, ne semble pas pouvoir présenter de qualité autre que de se rendre d’un point à un autre. Contemplation, rencontre, flânerie, semblent réservées aux touristes. Dans certains cas de figure, on se rend bien compte que le simple fait de s’arrêter produit une situation étrange. Il m’est arrivé d’en faire l’expérience de nombreuses fois, par pure curiosité. Je me souviens d’une fois, dans le métro, à un embranchement particulièrement tendu en période de pointe, lorsque je revenais de Fontenay Sous Bois. Un puissant courant d’êtres humains se scindait en deux pour être aspiré par deux tunnels acollés. Il me semblait qu’une seconde d’innatention pouvait nous entraîner du mauvais côté sans chance de pouvoir jamais revenir en arrière. A l’embranchement, je posais mon sac au sol et restais debout, immobile. J’avais le sentiment d’être un caillot sanguin dans une artère, je sentais très nettement la pression de la foule humaine tout autour de moi et la disparition totale des consciences individuelles dans ce magma. Mais cet anonymat et ce rythme effrainé finissant par rendre la ville invivable, entraînent désormais des initiatives de ré-apropriation de l’espace et du temps. (récement par exemple, Thierry nous postait ceci: http://co-city.strikingly.com/) Il me semble que ses dernières tendent à se multiplier avec un désir de réunion et d’échanges qui vient à l’encontre d’une société conçu autour de l’individu et de l’assouvissement de ses désirs. Je tire les quelques lignes suivantes d’un texte de Stéphane Degoutin que l’on retrouvera sur son site Nogoland. Il parle ici de l’extention de la sphere du privée à une échelle nouvelle par le biais des réseaux sociaux sur internet. Ce qu’il note ici m’amène à me demander ce qui articule le développement du privé dans le publique avec l’incapacité ou l’impossibilité d’utilisation des espaces publiques comme espaces de recontre dans le réel. (l’article complet: http://www.nogoland.com/wordpress/2013/09/74-2/)

"Le domaine privé n’est plus alors ce qui est retranché au regard, protégé du domaine public. Il est, tout au contraire, ce qui en constitue le point de départ: l’élément de construction de base du social.

Cela signifie que la structure même du social, de la vie publique, se construit à partir du privé, plutôt qu’à partir de la sphère publique."

J’ajouterai aussi ces quelques lignes de S Degoutin issues d’un autre texte de son blog, toujours en lien avec les quesiton ssoulevées ici. (article complet: http://www.nogoland.com/wordpress/2010/01/ville-potentielle/)

"Pour mettre plus d’humains en relation les uns avec les autres, les villes grossissent en taille (horizontalement ou verticalement), construisent des réseaux de transport, sortent de leurs limites anciennes: c’est la mégapole. Puis les réseaux de communication augmentent à nouveau la possibilité de mise en contact. Si le but de la ville est de multiplier les rencontres, les réseaux relationnels comme Meetic, Facebook ou Orkut y parviennent mieux encore. La ville a trouvé un concurrent plus efficace. Elle déborde de sa dimension spatiale et devient hyperville."

La ville en tant que réseau de relations, déborderait sur le net, mais l’utilisation des espaces réels s’en voit lourdement affecté. En réalité, ce n’est pas que l’existence d’une plateforme comme facebook rend obsolète la rencontre au café, mais c’est plutôt qu’elle conïncide mieux avec une certain économie des relations humaines, des "relations potentielles" (S. Degoutin) que l’on active pour une fin particulière, un hébergement, un contact professionnel, etc. Tout ceci est intrinsèquement lié à notre rythme de vie ainsi qu’a notre relation au savoir et au travail. C’est pourquoi, si ce genre de relations "potentielles" ne sont pas satisfaisantes ou épanouissantes, il devient nécessaire d’être capables d’imaginer d’autres modes de fonctionnements, une autre relation à la connaissance et son utilisation, un autre aménagement du temps social partagé et du temps de production. En rapprochant ces observations et les besoins qui en découlent, nous tendons, avec le collectif Manifart et la forme hybride de l’oeuvre-évènement, à proposer des moments de rassemblements dans des espaces publiques ou ouverts au publique, où la relation de ce dernier à l’oeuvre est actif, comme une incitation à investir le temps et l’espace par sa présence. Ce moment de rassemblement hors du temps de production, dans un espace transformé, devient aussi un temps possible de réflexion sur le visage de la ville, son organisation et nos manières de l’habiter.

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Manifart Matéo NOUVELLE ACQUISITION MANIFART ! le 06-02-2015

NOUVELLE ACQUISITION MANIFART ! Matéo

Nouvel achat! Un lot de 7 hauts-parleurs type stade achettés lors de la vente aux enchères chez le célèbre et historique Régifilm. Tous les hauts-parleurs ne sont pas équipés de moteurs mais ils ont tous des formes acoustiques vraiment intéressantes. Ils ont vraiment grave de la gueule.

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Manifart Matéo Déflecteur sonore / Alexandre Echasseriau le 06-02-2015

Déflecteur sonore / Alexandre Echasseriau Matéo

Un déflecteur est une surface solide qui oriente un flux d’air. Ce déflecteur à usage domestique a pour fonction de disperser les sons hautes fréquences, par essence très directionnels, émis par une enceinte de salon. Cet objet aura pour fonction de concentrer ou diffuser le son selon que l’on exploite sa face convexe ou concave.

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Manifart Octave Pier Luigi Nervi Architecte le 04-02-2015

Pier Luigi Nervi Architecte Octave

Pier Luigi Nervi est né à Sondrio (Lombardie) le 21 juin 1891 et décédé à Rome le 9 janvier 1979.

Ingénieur et architecte, diplômé de génie civil à l’université de Bologne en 1913, il travaille 10 ans au bureau technique de la Société de constructions en béton de Bologne.

En 1920, il fonde à Rome la société Nervi et Nebbiosi ingénieurs. Il créé en 1927 un nouveau type de béton, le ’ferro-cemento’, et construit le cinéma-théâtre Augusteo à Naples.
Il réalise ensuite sa première œuvre importante, le stade Giovanni Berta à Florence, entre 1930 et 1932. Il crée l’entreprise de construction Nervi et Bartoli ingénieurs en 1932.

À partir de 1939, il met au point une série de couvertures. En 1939, il dépose le brevet pour la construction de hangars aéronautique avec modules en béton armé préfabriqués puis, en 1943, le brevet pour voûtes en béton armé de 300 mètres par sections préfabriquées.
En 1948, il construit la spectaculaire voûte du Palais des Expositions de Turin (couverture de 75 m de portée, réalisée à l’aide d’éléments préfabriqués), puis ne cesse de perfectionner son système de voûtes à nervures

Commentaires

  • Posté par Alex le 02/04/15 4:53pm :

    Ok très bien merci mec. Limite pour les autres, il faudrait mettre toutes les "identités/profils" de chacun sur cet article en commentaire.

    Bise.

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Manifart Octave Xenakis et Le Corbusier le 04-02-2015

Xenakis et Le Corbusier Octave

Le Pavillon Philips de l’Exposition universelle 58 à Bruxelles a été construit dans un style architectural , inhabituelle et nouvelle pour l’époque: la parabole hyperbolique a été conçu par le compositeur grec Iannis Xenakis, à l’origine un jeune architecte et ingénieur travaillant pour Le Corbusier en ces jours .

Pour cette occasion spéciale , le compositeur américain Edgar Varèse a composé une nouvelle Poème électronique ( 1957 ) qui a été réalisée par 425 (!) Haut-parleurs pendant les jours d’exposition , tandis que dans le même temps on peut regarder un film par Charles Le Corbusier. Le travail était une combinaison de la musique concrète et sons électroniques . Images et photographies ont été projetées sur les murs avec aucune tentative de synchronisation avec le son . Je me souviens que ce était très difficile de regarder la scène et de suivre ce qui se passait: il y avait tellement de gens à propos . Je étais un garçon de huit ans , mais lors de ma visite au Pavillon PHILIPS je ai vu , et je me sentais heared quelque chose de très spécial qui se passait.

La contribution de Xenakis ne était pas seulement comme un assistant de l’architecte Le Corbusier , mais travaille également comme un compositeur . Interpolées entre deux pistes de Poème électronique était son PH Concret ( " PH" pour hyperbolique Paraboloïdes , une caractéristique du pavillon ) . Utiliser un enregistrement de craquements braises , il a pris des extraits de la source et de les mettre ensemble en utilisant une variété de densités à chaque fois qu’il a été utilisé à nouveau . Cette approche est souvent désigné comme " nuages ​​de sons», un concept qu’il a exploré dans sa musique de l’époque.

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Manifart Octave Conques de diffusion sonore le 04-02-2015

Conques de diffusion sonore Octave

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Manifart Étienne Les partitions de Xenakis le 03-02-2015

Les partitions de Xenakis Étienne

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Manifart Étienne Les partitions de John Cage le 03-02-2015

Les partitions de John Cage Étienne

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h.ref Premiers test avec ProcessWire le 03-02-2015

Premiers test avec ProcessWire

Une version béta est en développement. Elle utilise le CMF libre ProcessWire (tout comme interstices.io). Il sera bientôt possible de soumettre des projets via un formulaire. Pour le moment, il n’est pas possible de filtrer les résultats. Seul l’affichage des mots-clefs et des fiches ont été développées.

Une version live est visible à l’adresse http://interstices.io/href et il est possible de suivre le projet sur Github.

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Manifart Octave Octave Giaume - Bio le 03-02-2015

Octave Giaume - Bio Octave

Bonjour à vous petit texte: Qui suis-je?

Depuis plusieures années je cherche à comprendre
la diversité du monde, son fonctionnement physique,
biologique, social. Expérimenter pour apprendre est
ma ligne directrice. Utiliser la curiosité, l’ambition et
la persévérance pour découvrir et tenter de maitriser
ce qui m’entoure. Chercher à acquérir le plus large
panel d’outils à ma disposition pour pouvoir m’adapter
à toute situation. L’architecture est un moyen de
mettre en application ces expérimentations, car elle
permet de traiter de nombreux sujets, à la fois sur un
plan programmatique que sur un plan créatif. L’architecture
permet une approche du monde dans sa
globalité, sa fonction primaire est de donner un toit
à l’Homme pour s’abriter de la dureté de la nature, je
la considère alors toujours au service de l’humanité et
en étroite relation avec son environnement. Elle représente
l’implantation de l’Homme dans la nature.

J’ai rejoins l’association Manifart en 2009 pour l’évènement de: My dad is rich.

Depuis j’oeuvre à apporter un avis critique et un positionnement sur les questions

spatiales et constructives au sein de nos évènements.

retrouver sur mon profil mon parcours et mon portfolio.

https://www.linkedin.com/profile/view?id=295309903&trk=nav_responsive_tab_profile

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Typothèque Spécimen_v2 le 26-01-2015

Spécimen_v2

Version 2 des spécimens distribués aux portes ouvertes.
Format A5
Rassembler l’ensemble des textes rédigés depuis le début de l’année.
Partie "théorique"
Format A4
Rassemble ce qui s’apparente aux chantiers
Ici la typothèque
Mise en lumière d’une sélection (non exhaustive) de caractères typographiques sous license libre
Présentation des spécimens

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Portes ouvertes ENSAD Lundi 26 janvier 2015 le 26-01-2015

Lundi 26 janvier 2015

Voilà, les portes ouvertes sont terminées. Les échanges ont été fructueux, nous y avons rencontré de bonnes personnes tout aussi enjouées que nous à vouloir démocratiser la culture libre dans le monde hermétique du design graphique, du design de manière plus générale. Toutes nos réflexions ont commencés à faire émerger des formes. Ça fait du bien. Nous sortirons donc de notre caverne pour aller mettre le nez dans les ateliers et continuer dans cet élan. Les quelques échanges que nous avons pu avoir donnent des idées pour la suite. Affaire à suivre.

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Manifart Matéo Garcia Chantier le 24-01-2015

Chantier Matéo Garcia

Le chantier est un terrain, endroit où l’on procède à des travaux de réparation ou de construction.

Commentaires

  • Posté par roland le 01/24/15 7:57pm :

    "il s'agit d'ouvrir les portes"..et de faire en sorte qu'elles restent tout le temps ouvertes .
    La porte d'a cote.
    La porte coulissante au Japon.
    Les portes derriere la porte.
    Une porte a portee de la main!!

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Manifart Matéo Garcia Jeux le 24-01-2015

Jeux Matéo Garcia

Le sens du mot jeu renvoie à l’idée de liberté, de marge de manoeuvre. Le jeu est une activité qui ne vise aucune fin utilitaire, si ce n’est en tirer du plaisir. Pourtant de nombreuses théories sociologiques ont montré l’important des jeux dans le développement de la culture et l’organisation des relations entre les hommes au sein des sociétés.

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Portes ouvertes ENSAD Premier jour le 24-01-2015

Premier jour

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Portes ouvertes ENSAD J-1 le 22-01-2015

J-1

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Typothèque http ://typotheque.interstices.io le 22-01-2015

http://typotheque.interstices.io

La version béta de la typothèque est maintenant en ligne. Elle sera sous peu augmentée de nouvelles fonctionnalités et de la possibilité d’imprimer des spécimens.

Pour la consulter, c’est ici: http://typotheque.interstices.io.

Pour toutes suggestions de typographies, contactez-nous à bonjour[at]interstices[point]io.

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Portes ouvertes ENSAD J-2 le 21-01-2015

J-2

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Portes ouvertes ENSAD Préparation/Organisation_portes-ouvertes_ENSAD_2015_PARIS le 19-01-2015

Préparation/Organisation_portes-ouvertes_ENSAD_2015_PARIS

Organisation du site

- "News"
- Archives
- Faire les ajustements pour pouvoir le diffuser

Portes ouvertes Ensad 2015

- Bibliographie
- Présentation de l’ensemble (non exhaustif) du corpus théorique
- Colonne vertébrale du diplôme

- Typothèque
(Concentrer l’atelier autour de la typothèque pour sensibiliser le public sur la place du design graphique vis à vis de la culture libre)
- Préparer une sélection de polices sous license libre:
+ Liste de liens hébergeants des fonts libres de droit
- Proposer la version bétâ de la typothèque en ligne
- Spécimens
- Édition
(proposer la fabrication d’une édition regroupant l’ensemble (ou pas) de la documentation proposé)
- Documentation
- Textes Diplôme
- Texte typo libre Antoine/Étienne
- Corpus citations de références
+ Liste de designers/artistes travaillant avec des outils libres
Outils libres
Événéments autour du libre
Licenses libres
Répertoire
...
- Images?

- Accrochage
- Affichage de l’ensemble de la documentation et hiérarchisations des informations pour présenter succinctement l’objectif du "Grand Projet"

- Disque dur
- Proposer l’ensemble des données de références et d’outillages libres (ou pas)

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Portes ouvertes ENSAD Présentation le 06-01-2015

Présentation

Les portes ouvertes seront l’occasion pour nous d’établir une version béta du dispositif proposé pour l’exposition Résistance. Elles permetteront de tester nos intentions et d’établir un premier contact public de notre travail.

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Expo Résistance Alex Matériel nécessaire pour l'expérience le 17-12-2014

Matériel nécessaire pour l'expérience Alex

Présence/Production

Matériel espace
- Table
- Chaises / Canap’
- Planche à découper
- Ordinateur
- Multi-prises
- Imprimante (s)
- Tapis
- Télé (diffusion de reportage, docu, films...)
- Palettes (meuble télé)
- Boîte à enceintes / Ampli etc...

Matériel fabrication

- Ramettes papier
- Reliure
- Perforeuse
- Élastique
- Fil aiguilles
- Colle
- Pinceaux
- Sert joint
- Scie / Cutter
- Planche
- Écriture
- Peinture, encre...
- Matériel à dessiner...

Commentaires

  • Posté par Robin le 01/23/15 12:05pm :

    « On croit y [le pragmatisme] voir un affaiblissement des volontés de changement, alors qu’il s’agit d’une formidable amplification des exigences en démocratie. […] L’accommodement des intérêts […] demande une énergie bien supérieure à la lâche complaisance de ceux qui se croient ‹ réalistes › parce qu’ils ont simplement jeté leur idéal aux orties. […] ceux-ci [les révolutionnaires] croient à la totalité qu’on pourrait renverser, ceux-là [les réformistes] s’occupent des détails et laissent le tout à l’écart. Or l’ennemi de Lippmann, c’est justement le Tout. » Préface de Bruno Latour, Le Public Fantôme de Walter Lippmann, p 40.
    Parce que le Tout, lorsqu’il trouve sa voie, est ce qui peut mener aux totalitarismes (voir Camus, L’Homme révolté, 1951). Ceci étant dit, ici (http://interstices.io/site/assets/files/1115/planche_web2.jpg), les quelques contradictions de vos lectures ont la classe. Avez-vous aimé les propos du Comité Invisible ? Parce que leur critique old school est typiquement celle que démonte Rancière dans Le Spectateur émancipé. Je les trouve limite fachos avec leur haine du col blanc, de l’« individu métropolitain », leurs théories du complot et leur leçons sur comment il faut vivre naturellement. Ça peut glisser un peu Soral.
    En tous cas merci pour toutes ces infos et le site défonce.
    Bye !

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Expo Résistance La Générale le 17-12-2014

La Générale

Source: www.lagenerale.fr

Ce que nous voulons.

Nous sommes des artistes, des passants, des usagers de la Générale, des intellectuels, des amateurs de ping-pong et de vins d’auteur, des militants, des associations, des râleurs, des indignés, des agités, des barbu-e-s,
Nous voulons être émus, nous voulons être surpris, nous voulons des lieux pour organiser nos contre-conduites,
Nous voulons croire que la production culturelle peut être plus large et plus réjouissante que ses frontières institutionnelles,
Nous voulons que des laboratoires comme La Générale puissent continuer de vivre, dans la simplicité volontaire mais dans la dignité,
Nous voulons dépasser les segmentations traditionnelles entre politique, techno-scientifique et culturel, plaisir et savoir, tactique et stratégie, fromage ou dessert, lunettes ou cagoules.
Nous voulons que les pouvoirs publics, État, Région et municipalité, trouvent un peu plus d’enthousiasme à soutenir des projets émergents comme La Générale,
Nous voulons des lieux culturels ouverts sur le monde,
Nous voulons croire que les expériences comme La Générale favorisent la circulation des œuvres fragiles, des êtres singuliers, des antagonismes politiques renouvelés,
Nous voulons que l’indépendance ne se paie pas forcément par la pauvreté,
Nous voulons faire entendre notre nécessité d’agir et notre urgence à penser,
Nous voulons tout, tout de suite.

Les ami-e-s de la Générale

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Expo Résistance Alex & Étienne Intentions le 15-12-2014

Intentions Alex & Étienne

En mars prochain se tiendra à La Générale une exposition ayant pour thème la résistance. Nous avons répondu à l’appel à participation par cette note d’intention.

Au travers de notre cursus, force nous a été de constater qu’une part du design est aujourd’hui à l’image d’un monde dominé par un libéralisme économique aliénant, poussant à l’exclusivité, au profit et à l’individualisme. Cette tendance a pour conséquence de pousser le design vers un dogme de la mode et de la performance, se complaisant dans un monde hermétique et détaché du réel.

Convaincus que le design graphique n’existe que par et pour l’environnement culturel et social où il évolue, nous voulons le mettre à la disposition de nécéssités réelles. Le thème de la résistance et La Générale étant étroitement liés par la situation précaire dans laquelle se trouve cette dernière, nous proposons d’investir un espace dans le lieu par la mise en place d’un atelier éphémère et autogéré de mise en forme de textes en relation avec le thème de la résistance. Il s’agira de proposer des outils, tant pratiques que théoriques, de mise en commun de la connaissance. Il ne peut y avoir de résistance sans connaissance et, en tant que designers graphique, il est de notre devoir d’œuvrer pour sa bonne mise en forme, son accessibilité et sa circulation.

Ce projet s’insère dans le thème de résistance en ce qu’il propose d’investir le lieu par la mise en place d’un dispositif visant à contribuer à la libre circulation de la connaissance et ainsi de proposer au public d’en devenir acteurs par la participation. Les actes de présence et de production, tant de notre part que des visiteurs, sont des actes de résistance dans le sens qu’ils représentent l’occupation d’un espace, que ce n’est plus simplement un lieu d’exposition mais surtout un lieu d’échange et d’activité culturel vivant.

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Manifart Alec & Étienne Cahier des charges le 12-12-2014

Cahier des charges Alec & Étienne

 ➞Identité visuelle
 ➞Manifart

Cahier des charges:

- Charte graphique
- Typographie(s)
- Pictogrammes?
- Système de construction, matrice
- Papeterie
- Enveloppes (tampon)
- Papiers en tête (devis, facturation, demande de subvention, dossier, etc)
- Affiches
- Flyers
- Carte de visite
- Dossier / Portfolio / Site
- Site internet
- Script "vers le papier"
- Générique Vidéo
- Dossier de presse / portfolio imprimable depuis le site

Documentation nécessaire afin de dégager les principaux axes de recherche:

- Texte de présentation
- Fiche "identité" de l’ensemble des membres de Manifart
- Liste des derniers projets avec texte de présentation de chacun
- Fichiers, photos, vidéos, textes projets
- Commencer le référencement

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Vers le papier Présentation le 12-12-2014

Présentation

Si «le grand problème qui se pose au design est qu’il doit servir la vie» ➞ I, I — László Moholy-Nagy, Peinture photographie film, Éditions Jacqueline Chambon, 1993, p.251 alors il relève de l’évidence que le design graphique doit contribuer au partage de l’information. Comme il a été abordé précédemment dans la partie rendre visible du chapitre sur les spécificités du design graphique, ce rôle social a été compris, théorisé et appliqué par certains de nos prédécesseurs et de nos contemporains qui ont vu dans le design graphique un outils pouvant participer à déchiffrer le monde du fait que ses praticiens sont aussi des techniciens qui détiennent des instruments pouvant participer à la libération du savoir.

En effet, l’information demande à être organisée. Les données pures sont indigestes et n’ont par conséquent aucune valeur intellectuelle. Ce n’est que par la transformation de «l’information en connaissance» ➞ IIII : Anthony Masure, Graphisme en numérique : entre certitudes et incertitudes, Graphisme en France 2014, qu’elles deviennent bénéfiques à la société.
En partant de ce principe, il semble être un prolongement logique du design graphique que d’œuvrer pour la libre diffusion des connaissance. À quoi bon rendre lisible le monde si ce n’est pour que le monde y ait accès. En tant que designer graphique, participer à la privatisation et donc à la marchandisation de l’information relève donc du non-sens, cela revient à nier le problème du design: «servir la vie».

Ainsi, il s’agit de participer à cette libération de l’information par la mise en place d’un script permettant de générer des documents imprimables de qualité et de le rendre accessible à tous.

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Bibliothèque Présentation le 12-12-2014

Présentation

Un des objectifs est de mettre en place une bibliothèque commune et contributive, tant virtuelle que tangible. La bibliothèque est étroitement liée à la plate-forme h.ref et à resis[d]ence en ce qu’elle rassemblera un corpus de texte spéculant sur la pratique du design. Elle a pour but de servir d’outil à tout designer en devenir ou pratiquant.

Cette mise en commun des savoirs a pour but de consolider les expériences et les connaissances qui servent à tout un chacun, qui construisent les individus et leur pratique. Cette bibliothèque, pour traverser les murs épais de l’école et pour augmenter sa diversité doit aussi prendre forme sur la toile. Via une plateforme en ligne, elle doit permettre à tous de consolider son bagage intellectuel et de participer à celui des autres. L’éducation passe par la transmition des savoirs qui ne s’arrête pas à l’école mais est un chemin de vie qui construit notre singularité.

Il s’agit aussi de rendre visible les écrits de chacun, qu’ils ne restent pas consultable dans l’espace restreint de la bibliothèque officielle. Que ces écrits deviennent des outils pour les futurs rédacteurs et pratiquants plus que des exemples inaccessibles. Il s’agira d’apporter les textes qui nous semblent fondamentaux à l’épanouissement et à la théorisation de nos pratiques. Nous mettons ainsi nos références à disposition.

Commentaires

  • Posté par Alex le 03/12/15 11:40am :

    Précision:
    Le design englobant nombre de domaines, ne serait-ce que par la relation d'un designer avec son commanditaire qui l'oblige à plonger dans l’environnement de ce dernier, la bibliothèque ne devra pas se restreindre à l'objet papier. En effet la diffusion des savoirs passe aussi par la vidéo, le film, le son, l'événementiel et de par ce fait ne doit pas être restreinte mais ouverte à ces autres médiums de transmission. La "bibliothèque" mute petit à petit en "médiathèque" car dans la logique de notre démarche il serait incohérent de diviser alors que nous désirons rassembler. Bientôt (pour l'exposition à La Générale), nous mettrons en ligne une version bêta d'une médiathèque en ligne que plusieurs protagonistes français et belges avec qui nous nous associons pour construire une liste évolutive de référence clés propre à la construction et à l'émancipation de l'individu.

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Ateliers Présentation le 12-12-2014

Présentation

Workshop/atelier Valence >> Proposer la mise en place de la bibliothèque.

Workshop/atelier ERG?

Workshop/atelier Rennes / Nantes?

Des contributions

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GapSans Alec & Étienne GAPSANS v1 le 12-12-2014

GAPSANS v1 Alec & Étienne

Bonjour!

Je suis une sans serif libre de la famille

Gap

Sans

J’ai été dessiné
pour le Carnet de Bord
d’Alexandre Liziard & Étienne Ozeray

«interstices.io »

Mon dessin est basé sur la Sani Trixie Sans Regular concoté par GrandChaos9000 et ré-interprêté à la manière de Kawamata.

Je suis disponible au téléchargement sur GitHub.

«Le travail de Kawamata porte une réflexion sur l’espace architectural, urbain ou encore paysagé en tant que produit et contexte social. Une étude attentive des relations humaines qui l’ont défini, ainsi que des modes de vie qui en découlent, lui permettent chaque fois de déterminer progressivement la nature de son projet. Ses œuvres, le plus souvent éphémères, sont généralement réalisées en bois, parfois sous forme de matériaux de récupération issus d’un environnement immédiat. Les interventions de Tadashi Kawamata recréent des ponts entre passé et présent, entre dehors et dedans, entre effectif et potentiel: elles révèlent une autre identité des espaces et des lieux mettant en lumière la part invisible et pourtant bien réelle de leur dimension culturelle et sociale. La création d’une communauté avec laquelle il partage la recherche et l’effort du travail physique anime et fonde chacun de ses projets.»  ➞xExtrait de la biographie de Tadashi Kawamata publiée sur le site des Presses du réel (http://www.lespressesdureel.com/auteur.php?id=737)

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Typothèque Ressources le 03-12-2014

Ressources

Une liste de catalogues, de fonderies, de dessinateurs, de bibliothèques et d’outils de dessin de caractères typographiques libres.

Antoine Gelgon [designer]

Osp Foundry [designers, fonderie]

Cyreal [fonderie]

Gluk Font [fonderie]

Google Fonts [répertoire de fontes]

Greek Font Society [fonderie]

Kontrapunkt [fonderie]

Impallari [designer]

Omnibus Type [fonderie]

Open Font Library [répertoire de fontes]

Practice foundry [fonderie]

Specimen [Blog sur la typo libre]

The League of Moveable Type [fonderie]

Use & Modify [répertoire de fontes]

http://www.fontain.org/ [répertoire de fontes]

Raphaël Bastide [designer]

ofont [outil de collection de fontes]

https://github.com/lafkon/fontain [outil de collection de fontes]

Velvetyne [fonderie]

Free Font Manifesto [texte]

Font Forge [outil de dessin de caractère]

Metapolator [Outil de dessin de caractère paramétrique]

Metafont [langage de programmation de dessin de caractère]

Floss Manual Fontes Libres [manuel sur les fontes libre]

SIL Open Font License [license libre]

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h.ref Architecture le 01-12-2014

Architecture

Les textes soulignés sont cliquables .
Tout est modifiable, c’est pour commencer à mettre les choses à plat.
Le texte est descriptif, ce ne sont pas les termes finaux.
Ce n’est pas le design, mais uniquement la structure du site.

Les images ont été réalisées par Louise Drulhe.

Structure des informations

Nom
Prénom
Sites
Écoles
Disciplines
Lieux
Projet1
Résumé1
Description1
Sites1
Thèmes1
Médiums1
RéférencesThéoriques1
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Médiums2
RéférencesThéoriques2
RéférencesPratiques2
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Typothèque Présentation le 03-11-2014

Présentation

Dans un esprit similaire à la bibliothèque, nous désirons rendre visible le mouvement de la typographie libre et open source par la mise en place d’une typothèque web constitué d’une sélection de caractère typographiques sous license libre.

Pour ce faire, nous nous réapproprierons l’outil ofont ➞1ofont est un outil libre initié par Raphël Bastide destiné à la collection de caractère typographique utilisable directement dans le navigateur. et l’augmenterons d’une version imprimable. Celle-ci proposera d’imprimer un spécimen typographique directement à partir du site web en utilisant la technologie CSS print. Cela constituera un outil pouvant servir à se constituer une typothèque consultable sur papier et augmentable selon les besoins.

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h.ref Présentation le 03-11-2014

Présentation

Mettre en commun, faire des liens / des ponts

Avec Sarah Garcin, Louise Drulhe et Jules Vaulont

Le projet h.ref est une plateforme web contributive dont le but est de mettre en commun les champs de recherche dans la sphère du design. Elle propose de faire des liens, de créer des ponts entre les différents acteurs de la recherche dans le design, tant étudiants que professionnels.

Pour ce faire, et pour prendre le contre-pied d’une tendance à l’image décontextualisée proliférant sur le web, h.ref sera uniquement basé sur une base de donnée de mots-clefs (champs, supports, références, lieux, etc) qui, une fois croisés et filtrés par l’utilisateurs conduiront à une liste de projets en relation avec sa recherche, à la manière d’un entonnoir. h.ref n’hébergera donc aucun contenu mais proposera des redirections vers du contenu externe.

Le pad de notes sur le projet: https://titanpad.com/carnetSEAJL

Le Git: https://github.com/EtienneOz/href

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Manifart Présentation le 03-11-2014

Présentation

Il s’agit ici de fabriquer, dessiner la signature du collectif Manifart.

Manifart est un collectif de designers, architectes, vidéastes et performeurs travaillant autour de l’événementiel et de la mise en place de dispositifs où le spectateur devient contributeur de l’œuvre.

Nous souhaitons pratiquer un design qui travaille avec plutôt que pour. Ainsi, il sera question d’établir une relation de collaboration entre nos deux entités, de construire avec eux leur signature en mettant en commun nos pratiques pour générer les codes visuels pertinents vis à vis de leur démarche et de la notre.

Ce travail est aussi l’occasion de questionner nos outils. Il s’agira de penser des outils de conception en adéquation directe avec les principes et la multidiscplinarité des acteurs du collectif. Générer une signature cohérente dans son processus de fabrication viendra rejoindre l’idée même qui fonde le collectif au travers de ses événements: résidences publics ou le spectateur devient autant générateur de situation que les organisateurs, collaborateurs, bénévoles..

Manifart est un collectif de jeunes artistes, architectes, designers, vidéastes, musiciens, performeurs et plasticiens, travaillant ensemble à l’élaboration de pièces collaboratives où l’oeuvre est un événement.

Depuis sa création en 2009, le collectif a été imprégné par l’organisation d’évènements musicaux et la réalisation de scénographies pour ces événements. Aujourd’hui ses membres tentent de concevoir leurs pièces comme des événements intégrant les tensions, les interrogations, les ambiguïtés, propres aux oeuvres d’art. Des installation à l’échelle architecturale au sein desquels ces derniers expérimentent de nouvelles formes spacialisées de langages sonores et visuels. Espace de diffusion et contenu y sont finalement intriqués, ils sont pensés l’un pour l’autre et conditionnés l’un par l’autre.

Le “Do it Yourself ” est une manière de travailler très récurrente au sein de Manifart. Ainsi ses pièces sont elles pleines d’ambivalences, mêlant matériaux de récupération et nouveaux médias, artisanat et hacking, bricolage et nouvelles technologies.

Capacité d’improvisation, prise en compte du contexte et du lieu, travail in-situ et dans le temps, sont des données d’importance. La possibilité de laisser les choses ouvertes et pénétrables par le public, ainsi qu’une volonté sincère de dialoguer avec ce dernier sont palpables dans chacune des réalisations. Le travail se fait avant et pendant l’oeuvre-évènement sans jamais cesser d’être une invitation pour les spectateurs à s’approprier l’espace et le contenu. Ce dernier a pour vocation de se déployer sur plusieurs jours, d’être ouvert et habité, de prendre le temps de se construire en même temps qu’il se donne à voir.

Tout ce qui se développe alors découle de la confrontation des sensibilités qui composent Manifart. D’une manière étonnante, ce qui se dégage de ses pièces correspond à la manière de travailler ensemble de ses membres ainsi qu’à leur capacité de rassembler les énergies et les êtres autour d’eux pour les entraîner dans cette ébullition. Comme si l’instant ainsi généré, tentait d’intégrer en son sein tout ce qui se trouve à sa portée dans l’environnement où il naît.

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Problématiques soulevées

Interstices Alexandre Liziard & Étienne Ozeray Note d'intention v2 le 22-05-2015

Note d'intention v2 Alexandre Liziard & Étienne Ozeray

Étudiant en dernière année en design graphique, nous nous attachons à construire une manière de concilier convictions et production. Ces convictions ont jalonnées l’histoire au travers de nombreux mouvements de contestations, de dissidences, de contre-modèles au système traditionnel dominant. Là où certains de ces mouvements se sont voués à lutter contre ce système et dénoncer l’imposition d’un modèle de vie détaché de nécessités réelles, d’autres ont choisi d’y résister par la voie de la dissidence et de la séparation en s’attelant à expérimenter des alternatives. Les principes d’autogestion se dessinent dans l’idée de ne plus travailler pour un autre mais d’être acteur, de s’investir pour soi-même à travers la communauté. L’émancipation prend forme dans la création, dans le Do it yourself. Les contres-culture, au travers de la mobilisation humaine tentent de définir de nouvelles façons de vivre, explorer des voies inconnues basées sur la libre circulation des savoirs, le partage et la mise en communs des connaissances, non plus pour contrer un monde hermétique et détaché du réel mais pour mobiliser les acteurs nécessaires à l’édification d’une société idéale. C’est sur ce terreau que les bases de l’outil informatique se sont construites. Les premiers hackers l’ont détourné de son usage militaire et scientifique initial dans l’objectif d’en faire un outil d’émancipation, construit par tous et pour tous, mettant en réseau le monde dans le but de favoriser et promouvoir l’accès à l’information, le savoir et la culture tout en facilitant l’expression individuelle. C’est en partie par cet outil que la culture libre milite pour une libération des œuvres de l’esprit, encourageant la libre circulation et la libre modification de celles-ci. Elle propose de considérer la valeur éthique de son travail, de ses enjeux et de son impact social tout en appliquant une méthodologie de travail basée sur la contribution, la réappropriation, le partage des outils, des connaissances et des compétences.

Comment, en considérant les paradigmes soulevés préalablement dans les interstices de la société comme préambules à notre pratique de futurs designers, poser les bases d’une démarche engagée dans la voie de l’émancipation individuelle et sociale? ➞ 1 «L’interstice est un espace de relations humaines qui, tout en s’insérant plus ou moins harmonieusement et ouvertement dans le système global, suggère d’autres possibilités d’échanges que celles qui sont en vigueur dans ce système.» Nicolas Bourriaud, Esthétique relationnelle, Les presses du Réel, 2001

Au travers de notre cursus, force nous a été de constater qu’une part du design est à l’image d’un monde dominé par un libéralisme économique aliénant, poussant à l’exclusivité, au profit et à l’individualisme. Les modes de productions actuels ont pour conséquence de pousser le design dans une idéologie de la mode et de la marchandisation de la culture. C’est sur ce postulat que nous nous sommes déterminés à prendre la voie de l’interstice au sein de ce domaine. Nous sommes convaincus que le design graphique n’existe que par et pour l’environnement culturel et social où il évolue, il ne peut se complaire dans un élitisme détaché du réel.

« On pourrait croire que je suis persuadé que le design peut résoudre tous les problèmes du monde. En fait, je dis simplement que dans beaucoup de problèmes on pourrait utiliser les talents des designers, qui cesseraient alors d’être des outils aux mains de l’industrie pour devenir les avocats des utilisateurs. »  ➞2Victor Papanek, Design pour un monde réel: Écologie humaine et changement social, éditions Mercure de France, 1974

Nos convictions se sont forgés dans le terreau de ces idées pour faire un pas de côté face aux aspects mercantiles et élitistes du design graphique. Participer au développement d’un design responsable, basé sur la contribution, l’échange et l’ouverture, qui milite pour une libération des savoirs, des outils et du travail sont les mots d’ordre qui constituent les bases de notre "grand projet". Notre collaboration s’est basée sur ces principes tout en conciliant nos approches respectives du design. «En tant que designers socialement et moralement engagés, nous devons répondre aux besoins d’un monde qui est au pied du mur.» ➞3Victor Papanek; Helsinki — Singaradja (Bali) — Stockholm, 1963-1971

Le projet interstices n’a pas pour but de présenter un objet achevé. Nous perçevons ce diplôme non comme une finalité mais comme une étape, une manière de poser les bases de ce que constitueront nos recherches en tant que designers. Ce diplôme représente les bases d’un processus de travail en mutation constante que nous voulons partager. Il nous faut donc définir ce qu’est faire du design aujourd’hui, ré-interroger nos façons de faire, re-penser nos outils, concevoir ces outils, interroger les processus, interroger les utilisateurs, interroger les financements, prendre garde à ne pas du design un cosmétique douteux et futile. Apprenons à faire plus avec moins, à ne plus faire seul mais à plusieurs. C’est dans cette optique que nous nous sommes attachés à mener un ensemble de chantiers, convoquant pour ce faire divers individus aux problématiques similaires, permettant de mettre à l’épreuve nos hypothèses à travers diverses expérimentations.

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Interstices Antoine Gelgon et Étienne Ozeray Culture libre et typographie le 10-01-2015

Culture libre et typographie Antoine Gelgon et Étienne Ozeray

S’il est un domaine du design où la culture libre est déjà relativement répandue, c’est celui de la typographie. Néanmoins, il existe un certain nombre de confusions liées à une méconnaissance des principes du libre et une incompréhension de ses applications à la typographie, poussant généralement à confondre libre et gratuit et à considérer le site Dafont comme représentatif de cette culture naissante.

La culture libre milite pour une libération des œuvres de l’esprit, encourageant la libre circulation et la libre modification de celles-ci. Elle propose de considérer la valeur éthique de son travail, de ses enjeux et de son impact social tout en appliquant une méthodologie de travail basée sur la contribution, la réappropriation, le partage des connaissances et des compétences.
La cohérence et le potentiel de ce modèle a particulièrement fait ses preuves dans le domaine de l’informatique, d’où il tire ses origines. on parle donc de logiciel libre pour un logiciel qui respecte ces quatre libertés  ➞11: Telles que décrites par la Free Software Foundation. Pour plus de détails, voir http://www.gnu.org/philosophy/free-sw.fr.html:

• la liberté d’exécuter le programme, pour tous les usages (liberté 0) ;

• la liberté d’étudier le fonctionnement du programme, et de le modifier pour qu’il effectue vos tâches informatiques comme vous le souhaitez (liberté 1) ; l’accès au code source est une condition nécessaire ;

• la liberté de redistribuer des copies, donc d’aider votre voisin (liberté 2) ;

• la liberté de distribuer aux autres des copies de vos versions modifiées (liberté 3) ; en faisant cela, vous donnez à toute la communauté une possibilité de profiter de vos changements ; l’accès au code source est une condition nécessaire.

Ces conditions (liberté d’usage, de modification et de (re)distribution) ont largement contribuées à ce que constitue le monde numérique contemporain. L’informatique s’est construit sur ces bases, notamment grâce au travail effectué par les hackers du MIT tels que Richard Stallman  ➞22: Richard Stallman est un militant du logiciel libre, fondateur de la Free Software Foundation et du projet GNU, inventeur du copyleft... Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Stallman dans les années soixante-dix. Ainsi, même si les principes économiques qui régissent notre société ont aujourd’hui pris le dessus sur ces fondements et qu’une part de cette culture a fait l’objet d’une récupération mercantile jusqu’à être exploitées par de grandes entreprises de l’industrie informatique comme Google, profitant ainsi à la fois d’une image positive et progressiste et d’une main d’œuvre à moindre coût, il reste néanmoins une active communauté du logiciel libre. Celle-ci permet d’offrir une alternative libre à la plupart des logiciels propriétaires, dont beaucoup n’ont rien à envier à ces derniers. Dans le domaine du design graphique des alternatives à l’hégémonique Adobe existent et certaines sont parfaitement utilisables pour une application professionnelle, citons par exemple Inkscape, alternative à Illustrator, ou FontForge, alternative à FontLab  ➞33: Pour n’en citer que deux. On peut aussi évoquer Scribus pour la mise en page, alternative à Indesign, Gimp pour la retouche d’image, alternative à Photoshop.... D’une manière générale, il est important de favoriser leur utilisation pour les valeurs qu’ils véhiculent et pour le potentiel technique de modification et d’appropriation dont ils font l’objet. De plus, c’est par l’augmentation du nombre d’utilisateurs et leur implication dans le processus d’amélioration — pas uniquement technique, mais aussi par les rapports de bug et les suggestions de fonctionnalités — qu’ils pourront constituer de véritables alternatives. Ces logiciels, de par leur méthode de développement et d’utilisation, peuvent donc potentiellement dépasser les capacités techniques et créatives de la suite Adobe.

Enfin, la culture libre propose aussi de reconsidérer notre rapport à l’outil technique. D’usager passif et guidé, contraint par des scénarios d’usages et des intérêts vénaux, l’utilisateur de logiciel libre devient actif dans le processus de développement du logiciel et dans son usage même. Il a ainsi la possibilité de faciliter l’intégration de l’outil technique dans son processus de création, de ne pas opposer création et technique. Au contraire, il devient plus intéressant de prendre en compte leur association en considérant l’outil comme un facteur de créativité. Pour que cette créativité soit complètement émancipée, il convient donc de choisir un outil ouvert, avec lequel la forme sera produite avec le minimum de contraintes.

La culture libre ne se consacre pas seulement à la pratique et la conception de l’informatique, elle est aussi une idéologie politique et philosophique, lui permettant de s’étendre et de s’appliquer à des champs bien plus larges, de l’art aux sciences en passant par le design et l’éducation.

Dans tout ces domaines, on peut considérer que la recherche, tant théorique que pratique, est extrêmement restreinte par les limites du modèle propriétaire. Pour une recherche débridée, il est indispensables que les outils de recherche soient librement réutiliables et réexploitables. De cette manière, il est possible d’éviter la perte d’energie que représente le besoin de devoir sans cesse réinventer la roue et ainsi pouvoir se consacrer à l’inconnu.

La typographie nous concerne tous, elle n’est plus aujourd’hui uniquement une affaire de designers graphique. Quiconque rédige un e-mail, un article sur un blog, un commentaire ou un sms en devient utilisateur. Généralement au format True Type File ou Open type File, ne dépassant rarement 500ko, une police de caractères est aujourd’hui un fichier numérique, multipliable à l’infini, sans coût, et son utilisation ne nécéssite rien de plus qu’un ordinateur. Une typographie n’est plus constituée de plomb mais bien de données numérique, elle est un outil informatique considérée comme un logiciel. Même si la plupart des dessinateurs de caractères reconnus brevètent leurs créations, son lien avec la culture du logiciel libre en devient évident, elle est aisément libérable. En effet, parce qu’elle tient généralement plus de l’outil, que de la création graphique appliquée à un contexte, les quatre libertés d’usage, de modification et de (re)distribution y sont directement applicables. Étant conçue non pas pour un seul usage, à l’inverse du livre ou de l’affiche, mais pour de multiples applications, la typographie n’a pas une durée de vie limitée. Même si à l’origine elle a pu être dessinée dans le cadre d’un projet précis, elle reste facilement réutilisable dans un contexte différent.

Au principe de libre usage s’ajoute celui de la libre modification. Un caractère typographique propriétaire peut, en étant distribué gratuitement, remplir la condition de liberté d’utilisation. Mais qu’en est-il du cas où le designer a besoin d’adapter un caractère à un usage particulier, améliorer un défaut de crénage, compléter la table de caractère ou tout simplement ajouter une graisse? C’est ici qu’il se trouve restreint par les principes du droit d’auteur, c’est ici que l’on trouve une des limites de la typographie propriétaire.

L’exemple de la super-famille de caractère libre DejaVu est éloquent. Celle-ci est un «fork» (embranchement, reprise d’un projet existant) de la famille Bitstream Vera et a été initiée dans le but de couvrir le maximum de caractères Unicode, que ce soit les alphabets, symboles, accents, braille... et ainsi réduire au maximum le manque de caractères numériques, notamment dans les domaines scientifiques (fig.1).

Plus de cinquante contributeurs réguliers, designers typographiques et développeurs se retrouvent autour qu’un wiki consacré à ce projet. On peut voir sur ce site l’évolution du projet par le biais d’un ChangeLog (journal de modifications) ainsi que les discussions entre les contributeurs. L’immensité de cette entreprise ne peut exister que grâce a sa dimension contributive et à sa licence libre qui en fait un projet ouvert à tous, qui échappe à tout réappropriation personnelle (fig.2).

Un autre cas illustrant cette question est celui de la suite de réappropriation dont le caractère Courier a fait l’objet. D’abord cloné par URW Studio en 1984 sous le nom de Nimbus Mono L puis libérée en 1996 sous licence GNU/GPL. Elle a ensuite été forkée par Open Source Publishing pour donner naissance à la NotCourierSans en 2008. Par la suite, Manufactura Independente en a dessiné une interprétation proportionnelle, nommée PropCourierSans, utilisant les espacements de la DejaVu Sans, version étendu de la Bitstream Vera Sans comme expliqué ci-dessus (fig.3).

Il n’est pas incompatible de dessiner un caractère typographique libre en utilisant un logiciel propriétaire. Cependant, il semble logique que la communauté de designers typographiques libres désire des outils de création de caractère respectants les même principes que leurs productions. Le logiciel FontForge a été abordé plus tôt, mais l’on peut aussi mentionner des outils tels que Prototypo ou Metapolator qui, en plus d’être développés et publiés selon les principes du libre, remettent en question l’approche même du dessin de caractère, proposant ainsi de véritables alternatives plutôt que des équivalences. Au delà du dessin "traditionnel" vectoriel, ces outils proposent de considérer son aspect paramétrique. Au lieu de dessiner la forme par ses contours, on en dessine le squelette pour y appliquer différents paramètres venant agir sur le contour. Ce principe découle de MetaFont, langage de programmation libre permettant de programmer des caractères sur ce mode de fonctionnement. Ces logiciels libres auraient donc difficilement pu voir le jour si leurs bases étaient propriétaires. On est donc encore ici sur un exemple représentatif de la capacité de reprise et d’amélioration du libre et de son formidable potentiel de recherche et d’innovation (fig.4 & 5).

Enfin, les libertés d’usage et de modification décrites ci-dessus n’ont aucun fondement si l’on n’ajoute pas la liberté de (re)distribution. En effet, l’intérêt de jouir de ces libertés se trouve annihilé s’il n’est pas permis d’en faire ensuite profiter le reste du monde. C’est ainsi que l’on peut boucler la boucle, partager les sources de son travail et de ses outils pour de nouveau offir la possibilité de l’exécuter, l’étudier, le modifier et de le redistribuer et ainsi permettre son appropriation, sa critique et son évolution. Le travail n’est donc plus figé, il acquière sans cesse un nouveau potentiel de recherche et de transformation.

Ainsi, les réseaux de distribution de caractères typographiques libres prennent ici toute leur importance. Pourquoi dessiner et rendre disponible une typographie si personne ne peut y avoir accès? Les fonderies libres que sont OSP-Foundry, Velvetyne ou The League of Moveable Type ou les distributeur tels qu’Open Font Library donnent de la visibilité tant aux fontes qu’ils proposent qu’aux principes auxquels elles sont associées.

Ainsi se pose la question de «quelle forme dois-je donner à ces projets pour que ceux qui viendront après moi puissent les utiliser aux fins de leur propre progression et soient aussi peu gênés que possible dans celle-ci?» ➞44: Vilém Flusser, Petite philosophie du design, Circé, 2002, p.34. Cette interrogation se pose sur deux stades du projet, dans l’élaboration de celui-ci et dans la documentation de sa forme finie, le designer ne produisant plus uniquement pour lui-même mais aussi dans le but de rendre disponible son travail. Des modèles existants peuvent d’ores et déjà être appropriés par le design typographique. C’est le cas du programme Git, initié par Linus Torvalds et incarné par exemple par la plateforme http://github.com/. Initialement imaginé pour les développeurs, Git permet d’héberger et de mettre à disposition un projet dans le but de faciliter la contribution et le travail collectif ainsi que d’en archiver chaque version. Ce service n’étant pas optimal pour un projet de design, des designers se réapproprient le principe de Git en l’adaptant à ce domaine. C’est le cas d’Open Source Publishing avec leur projet Visual Culture, logiciel permettant de profiter du potentiel de Git de manière visuelle.  ➞55: Pour plus d’informations, voir l’article d’Anthony Masure, Visual Culture, Open Source Publishing, Git et le design graphique (http://strabic.fr/OSP-Visual-Culture)

Cultiver et maintenir les principes du logiciel libre dans le domaine de la typographie nécessite une conditions indispensable: la licence. La plus fréquente pour un fichier fonte est la Sil Open Font License, qui est spécifique à ce domaine. Elle protège un projet typographique d’un devenir propriétaire et fermé et garanti les quatres libertés, notamment l’obligation de la redistribuer sous la même license avec les même permissions et conditions.  ➞66: Les autres licences libres sont aussi applicables à la typographie. C’est le cas par exemple de la GNU/GPL, l’Apache License, la Licence Art Libre, etc

Ce qu’offre la typographie libre va bien plus loin qu’une simple liberté de réappropriation par des professionnels ou des amateurs de la typographie. Elle est d’ordre social, elle nous donne le pouvoir d’agir sur les formes de nos pensées. Elle refuse la limitation et l’uniformisation des systèmes d’écriture, elle réduit le hiatus entre concepteurs et utilisateurs et laisse chacun libre de concevoir et faire évoluer ses formes selon ses propres besoins, au même titre que nous pouvons le faire avec notre diction ou écriture manuscrite.

Et si la qualité objective d’une typographie se trouvait finalement dans son processus et son ouverture?

Ressources complémentaires:

Floss Manual, Fontes Libres

Use & modify, bibliothèque de fontes libre par Raphaël Bastide

ofont, gestionnaire libre de fontes dans le navigateur

Specimen, Blog sur les fontes libres par Loraine Furter

L’Ève Future, Greyscale press, specimen de fontes libres

Free Font Manifesto

Typographie libre, de l’écran à l’imprimé, conférence de Manuel Schmalstieg

Moral rights and the SIL Open Font License, Dave Crossland, Libre Graphics Magazine 1.4, p.12

No-one Starts From Scratch: Type Design and the Logic of the Fork, habitus, 2013,

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Interstices Alexandre Liziard et Étienne Ozeray Note d'intention le 06-01-2015

Note d'intention Alexandre Liziard et Étienne Ozeray

Comment, en tant que designers graphique, intégrer les paradigmes ayant été mis en œuvre dans les interstices* du libéralisme économique régissant notre société, à savoir la libération des outils matériels et intellectuels par la contribution, l’échange et l’ouverture, pour contribuer au développement d’un design non plus constitué d’un corps de spécialistes détachés du réel mais d’individus intégrés à la collectivité, dans le but de favoriser l’autonomie et l’émancipation individuelle et sociale?

Ce terme d’interstice fut utilisé par Karl Marx pour qualifier des communautés d’échanges échappant au cadre de l’économie capitaliste, car soustraite à la loi du profit: troc, ventes à perte, productions autarcique, etc. L’interstice est un espace de relations humaines qui, tout en s’insérant plus ou moins harmonieusement et ouvertement dans le système global, suggère d’autres possibilités d’échanges que celles qui sont en vigueur dans ce système. »  ➞1Esthétique relationnelle, Nicolas Bourriaud, Les presses du Réel, 2001

Les communautés d’échange décrites par Karl Marx ne se sont pas confortées dans l’attente d’un «grand soir» pour ancrer leurs désirs dans le réel. L’Histoire est jalonnées de nombreux mouvements de contestations, de dissidences, de contre-modèles au système traditionnel dominant. Là où certains de ces mouvements se sont voués à lutter contre ce système, d’autres ont choisi d’y résister par la voie de la dissidence et de la séparation. Il ne s’agit plus de se borner à l’opposition ou à la réforme mais de dépasser la complaisance dans la critique afin d’entrer dans le champs de la création d’alternatives aux normes imposées.

Il ne s’agit dès lors plus d’imposer un idéal mais de faire un pas de côté. Si cette attitude a pour but de dénoncer l’imposition d’un modèle de vie détaché de nécessités «humaines», il va de soi de ne pas reproduire un schéma similaire à une logique propagandaire. Elle implique une marginalisation consciente de l’individu. La radicalité d’un tel positionnement suppose d’ancrer sa pratique à une façon de vivre, en phase avec la quête de liberté et d’épanouissement nécessaire à l’individu. Dès lors, l’alternative est envisageable.

Les principes d’autogestion se dessinent dans l’idée de ne plus travailler pour un autre mais de s’investir pour soi-même à travers la communauté. L’émancipation prend forme dans la création, dans le Do it yourself, fais le toi-même. L’acte de création dans un contexte contestataire peut-être alors interprété comme une forme de résistance au modèle dominant. Il s’agit de se détacher de la course à une croissance démesurée pour s’inscrire dans une collectivité soucieuse d’accroître sa capacité à vivre de manière autonome sans dépendre d’une poignée d’élite se complaisant dans un modèle hiérarchique les détachant de la nécessité de participer de manière active au façonnement d’un idéal social.

Nous associons ce type d’alternatives à ce que Theodore Roszak a nommé «Contre-culture».  ➞2Vers une contre-culture (The making of Counter Culture), 1970, Stock, 2001 Inventé en 1970 pour désigner les multiples courants contestataires à la société traditionnelle de la fin des années soixante avec des mouvements comme les hippies, les beatniks, les pacifistes, les étudiants, les écologistes, les activistes noirs et plus tard, dans une certaine continuité les lettristes, les situationnistes, les dadas, les hackers, les punks, les teuffeurs ainsi que les luttes contemporaine que sont les ZAD, TAZ  ➞3Zone d’autonomie temporaire, TAZ, Hakim Bey Éditions de l’Éclat, 1997, etc.

Tout ces mouvements forment ce que l’on désigne contre-culture dont le but commun est de remettre en cause la poignée de dirigeants se complaisants dans un modèle technocratique détaché des nécessités réelles de l’être humain. La contre-culture, au travers de la mobilisation humaine tente de définir de nouvelles façons de vivre, explorer des voies inconnues basées sur la libre circulation des savoirs, le partage et la mise en communs des connaissances non plus pour contrer un monde hermétique et détaché du réel mais pour mobiliser les acteurs réellement nécessaires à l’édification d’une société idéale.

Le Whole Earth Catalog est un témoin confirmé de la libre circulation des savoirs dans la contre-culture américaine. Ce catalogue était dans les années soixante-dix un recueil d’outillages, tant matériels qu’intellectuels, permettant à chaque individu en sa possession de construire une société idéale, loin de la course éffrénée d’un capitalisme alliénant. Le contenu était généré par les utilisateurs même, accordant à l’ensemble de la communauté l’augmentation de ses savoirs. Dès lors, nous pouvons y déceler une forme d’éducation alternative loin des programmes institutionnels traditionnels. Il est aujourd’hui considéré comme une forme papier de ce qui peut correspondre à internet dans ce qu’il représente d’objet indépendant circulant de manière libre et accessible à tous par son prix dérisoire. Le Whole Earth Catalog sera paru sous sa dernière forme dans un CD-ROM regroupant l’ensemble des contenus générés lors de ses parutions. Nous pourrions dire que ce catalogue est mort au moment même ou internet est né.

L’outil informatique tient aujourd’hui une place prépondérante dans notre société. Tout le monde ou presque possède un terminal numérique et nombreux sont ceux ayant accès à une connexion à internet. D’abord déployé pour un usage militaire et scientifique, internet a rapidement été détourné de son usage initial par les premiers hackers, désireux de s’approprier cet instrument. L’objectif était d’en faire un outil d’émancipation, construit par tous et pour tous, mettant en réseau le monde dans le but de favoriser et promouvoir l’accès à l’information, le savoir et la culture tout en facilitant l’expression individuelle. La culture hacker a construit dans les années soixante-dix ce qui constitue le monde numérique contemporain et a contribué au développement d’une culture pronant la libération des savoirs, des outils et du travail: la culture libre.

La culture libre milite pour une libération des œuvres de l’esprit, encourageant la libre circulation et la libre modification de celles-ci. Elle propose de considérer la valeur éthique de son travail, de ses enjeux et de son impact social tout en appliquant une méthodologie de travail basée sur la contribution, la réappropriation, le partage des connaissances et des compétences. La cohérence et le potentiel de ce modèle a particulièrement fait ses preuves dans le domaine de l’informatique. On parle donc de logiciel libre pour un logiciel qui respecte ces quatre libertés  ➞4Telles que décrites par la Free Software Foundation:

• la liberté d’exécuter le programme, pour tous les usages (liberté 0) ;

• la liberté d’étudier le fonctionnement du programme, et de le modifier pour qu’il effectue vos tâches informatiques comme vous le souhaitez (liberté 1) ; l’accès au code source est une condition nécessaire ;

• la liberté de redistribuer des copies, donc d’aider votre voisin (liberté 2) ;

• la liberté de distribuer aux autres des copies de vos versions modifiées (liberté 3) ; en faisant cela, vous donnez à toute la communauté une possibilité de profiter de vos changements ; l’accès au code source est une condition nécessaire.

La libre circulation de l’information et des connaissances est au cœur des revendications des militants de la culture libre. De l’encyclopédie contributive Wikipedia au partage des codes sources de programmes informatiques, elle propose un accès au savoir débridé, libéré de toutes contraintes vénales ou égotiques, en faisant une condition indispensable à l’émancipation individuelle et sociale.

La culture libre propose aussi de reconsidérer notre rapport à l’outil technique. D’usager passif et guidé, contraint par des scénarios d’usages et des intérêts vénaux, l’utilisateur d’outils libre devient actif dans son processus d’élaboration et dans son usage même. Il a ainsi la possibilité de faciliter l’intégration de l’outil technique dans sa pratique, de ne pas opposer création et technique. Au contraire, il devient plus intéressant de prendre en compte leur association en considérant l’outil comme un facteur de créativité. Pour que celle-ci soit complètement débridée, il convient donc de choisir un outil ouvert, avec lequel la forme sera produite avec le minimum de contraintes.

Enfin, la posture que la culture libre entretient avec le travail est celle d’une volonté d’autonomie et de déprolétarisation de l’individu. Désirer se réapproprier les moyens de production, avoir une attitude créative et active par l’outil technique, profitent à l’accomplissement personnel en ce sens que cette attitude induit un état de création plutôt que de consommation. «Ne travaillez jamais», nous disait Guy Debord en 1953. Il entendait par là considérer le travail comme un accomplissement de soi plutôt qu’un devoir. Ainsi, les motivations viendrait d’avantage de la passion et de l’implication personnelle que de la nécessité alimentaire. C’est de cette manière que l’aliénation liée au travail peut faire place à l’émancipation.

C’est ce terreau qui a permis à internet de devenir le théâtre de nouvelles luttes, un espace d’échange où les contre-cultures et les alternatives peuvent librement se construire et se mettre en relation. Cette mise en réseau du monde permet de créer des ponts entre les individus dans le cyber-espace mais aussi dans le monde physique. Il constitue l’espace global liant les différentes luttes locales.

Au travers de notre cursus, force nous a été de constater qu’une part du design est aujourd’hui à l’image de ce monde dominé par un libéralisme économique aliénant, poussant à l’exclusivité, au profit et à l’individualisme. Cette tendance a pour conséquence de pousser le design vers une idéologie de la mode et de la performance. Nous ne pouvons envisager de nous affilier à un un modèle hiérarchique se complaisant dans la supériorité vis-à-vis de la collectivité et entretenant un élitisme détaché du réel. Nous sommes convaincus que le design graphique n’existe que par et pour l’environnement culturel et social où il évolue.

Ce diplôme naît de convictions communes, d’une complémentarité dans nos pratiques du design graphique. Nous cherchons à alimenter notre démarche par des inspirations et aspirations alternatives à cette tendance dominante. Si « le grand problème qui se pose au design est qu’il doit servir la vie »   ➞5László Moholy-Nagy, Peinture photographie film, Éditions Jacqueline Chambon, 1993, p.251, alors il relève de l’évidence que le design graphique doit contribuer à rendre ce monde vivable. Il faut prendre garde à ne pas faire du design un outil superficiel, un cosmétique douteux et futile. Nous nous attachons à mettre notre pratique au service de nécessités plutôt que d’en créer, de favoriser le durable au périssable. Il ne s’agira plus uniquement de penser « contre » en se complaisant dans la seule critique mais aussi d’agir « pour » des alternatives. Il nous faut rassembler plutôt que diviser, mettre en commun nos outils et nos idées. Nous croyons et voulons participer au développement d’un design responsable, basé sur la contribution, l’échange et l’ouverture et militer pour une libération des savoirs, des outils et du travail.

L‘outil tenant une place majeure dans le processus de création, il est nécessaire que celui-ci soit « convivial » — ainsi que le décrit Ivan Illich   ➞6Ivan Illich, La Convivialité, Seuil, 1973 — c’est à dire qu’il doit être ouvert dans son utilisation, ceci permettant l’expression libre de celui qui l’utilise. Les outils conviviaux sont alors « les outils maniés et non manipulés »   ➞7Ivan Illich, La Convivialité, Seuil, 1973. Ainsi, le designer doit sortir de la passivité technique, ne plus se laisser guider par son outil mais en être acteur. Nous devons donc, dans l’élaboration de nos chantiers, sans cesse ré-interroger la place de ceux-ci, de ne pas se contenter d’outils préétablis et limités mais de les remanier ou en concevoir de nouveaux, de les adapter aux nécessités. Nous devons placer l’outil au cœur de notre processus de travail et le considérer comme vecteur de sens plutôt qu’instrument d’execution.

La libre circulation du savoir, détachée de considérations mercantiles ou égotiques, contribue au développement social et donc à l’épanouissement de la société. Le designer graphique, en tant qu’expert en mise en forme, contribue à la circulation de l’information en la rendant lisible et compréhensible. Il est donc un des enjeux de nos recherches de participer à cette mise en commun du savoir, de développer des outils favorisant sa circulation et de contribuer à sa mise en forme.

La question de l’autonomie dans le travail entend minimiser les contraintes hiérarchiques traditionnelles pour considérer le travail comme un accomplissement de soi plutôt qu’un devoir. Cette posture, inspirée de la pensée anarchiste, tend à se détacher de l’homme machine au profit de l’homme créateur. Appliquée au design graphique, cette idée ne pourrait-elle pas engendrer une créativité débridée et une posture de recherche plutôt que d’exécution?

Il nous faut donc définir ce qu’est faire du design aujourd’hui, ré-interrogeons nos façons de faire, re-pensons nos outils, concevons ces outils, interrogeons les processus, interrogeons les utilisateurs, interrogeons les financements, prenons garde à ne pas se faire aspirer dans une sphère mercantile, apprennons à faire plus avec moins, à ne plus faire seul mais à plusieurs.

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Mémoires Alexandre Liziard Annexe « Un pas de côté » le 17-11-2014

Annexe «Un pas de côté» Alexandre Liziard

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Interstices Alexandre Liziard et Étienne Ozeray P L A N le 16-11-2014

P L A N Alexandre Liziard et Étienne Ozeray

Introduction

(Notre volonté éthique, sans rentrer dans les détails )

→ design de nécessité

→ S’extraire de la logique consumériste qui tend à produire des objets pré-obsolète.

→ Faire du design qui réponde à des nécessités pour l’homme et non qui en crée.

→ sortir de la passivité technique

→ S’éduquer par la fabrication

→ Ne pas déléguer nos savoirs à nos outils.

→ Autonomie et DIY

→ Partage des connaissances

→ Partage des savoir-faire

→ Mise à disposition gratuite des moyens de productions

→ Autonomisation de l’individu

→ Responsabilisation de l’individu

Un héritage

(Revenir sur les fondements des contre-cultures et avant-gardes et leur intérêt)

→ Le cycle des contestations, le chevauchement des mouvements à vouloir échapper au courant dominant. Le cycle des contestations qui fait parti du cycle de l’humanité. Ce n’est pas une idée contemporaine. L’idée de changer le monde, contrairement à l’homme et les mouvements n’est pas une idée qui meure.

→ Faire le choix de vivre l’expérience utopique plutôt que de l’espérer. utopie concrète d’Ernst Bloch "réduire le hiatus entre le possible et le réel", à la fois contestation et prolongation contestation car elle rompt avec les aspects du monde social, prolongation car elle s’appuie pour se faire sur des tendances déjà à l’œuvre dans le présent (utopie du logiciel libre, Sébastien Broca, Le Passager Clandestin, p18)

→ Intérêt à donner forme à l’utopie

→ TAZ: insurrection sans engagement direct contre l’État, une opération de guérilla qui libère une zone (de terrain, de temps, d’imagination) puis se dissout avec que l’État ne l’écrase, pour se reformer ailleurs dans le temps ou l’espace.

→ L’intérêt de la contre-culture à mobiliser l’art comme media.

→ Whole earth Catalog- Internet comme concrétisation de l’ensemble des mouvements dissidents et contestataires qui ont traversés les siècles. Internet ne doit plus être au service primaire des millitaires et de la science mais doit devenir un outil démocratique à la portée de tous (hacking)

Un contexte

Le contexte actuel

→ Démocratisation de l’outil informatique

→ Mise en réseau du monde: World Wild Web

→ Internet comme outil

→ Théâtre et outil de nouvelles résistances/dissidences

→ Culture libre

→ Libérer l’information, la rendre fluide

→ autonomie de l’individu

→ la technique comme moyen d’émancipation plutôt que d’aliénation

→ Hacktivisme

→ Moyen d’éducation et d’émancipation intellectuelle

→ Luttes globalisées

→ Cette mise en réseau du monde permet de créer des ponts entre les gens dans le monde physique

→ Internet tend à déteindre vers des actions physique

Des chantiers

(Que fait-on de tout ça? Et comment fait-on tout ça?)

→ Fablab et hackerspace

→ L’addiction à la technologie

→ Outillage de la paresse

→ Pour s’émanciper complètement

→ Généraliser la liberté originelle d’internet, elle porte un idéal et des valeurs transposables dans le "réel".

→ Adopter une pratique complète qui ne se restreint pas à l’abstraction de l’outil informatique mais prend place dans le monde physique.

"Libertaire, solidaire et sans frontières, l’utopie du Contre-Net n’en reste pas moins virtuelle. Comme l’indique Hakim Bey, elle "est plus une abstraction qu’une réalité. [...] Nous ne vivons pas dans le cyber-espace; en rêver serait tomber dans la Cyber-Gnose; dans la fausse transcendance du corps. La TAZ est un espace physique: nous y sommes ou nous n’y sommes pas. Tous les sens doivent être impliqués." ➞1 (Contre-culture(s) des Anonymous à Prométhée, Steven Jezo-Vannier, Éditions Le mot et le reste, p38)

→ L’ensemble de notre travail de cette année devra tendre vers ces notions.

→ Mettre nos compétences de designer au service de ces idées

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Mémoires Alexandre Liziard Un pas de côté le 03-11-2014

Un pas de côté Alexandre Liziard

Format: 148mm x 210 mm

Reliure: Élastique
Pages: 120

«On nous dit le bonheur c’est le progrès, faites un pas en avant. Et c’est le progrès, mais ce n’est jamais le bonheur. Alors si on faisait un pas de côté? Si on essayait autre chose?»  ➞x L’An 01, film de Gébé et Jacques Doillon, 1972.

À télécharger ici.

Table de désorientation

Avant-propos → 11

Percevoir dans le présent les possibles ignorés → 19
Dialogue → 33

I.

Les héritiers
Documentation → 42
La crise au sein de la classe étudiante → 45
Héritage → 48
Méditation → 55
Analogies anarchistes → 58
Tout est question de design → 61
S’émanciper
de la notion de travail → 62

II .

Avant-garde, contre-culture, un temps d’essai

Qu’est-ce que la culture? → 69
Contre-culture → 70
Avant-garde → 76
Positionnement → 77
Déracinement → 78
Outils du déracinement → 80
Les situationnistes aux prémices de la contre-culture → 83
Dépassement du réel existant → 83
L’œuvre du temps → 86

III .

Tout le monde est alternatif → 93
Les interstices → 94
Récupération/
Détournement → 96

Choisir un chemin → 105

Annexe → 108

Avant-propos

L’enjeu de ce mémoire n’est pas de démontrer une vérité. Il soulève l’idée que l’histoire dominante n’est pas satisfaisante, qu’il existe une histoire parallèle qu’il faut faire vivre ; le but n’est pas de se l’approprier, cette histoire existe et il y aura toujours des individus pour la faire passer. C’est cette histoire qui fonctionne en marge de celle que nous connaissons, celle qui n’est pas dans le programme. Ce mémoire naît de la crainte de n’être qu’un rouage d’un monde homogène qui tourne le dos aux valeurs que ce corpus soulève. Il est une émanation des désirs que nous voyons au travers de cette histoire dissidente. Il nécessite une lecture critique du monde, auquel tout designer en devenir, toute institution se doit de considérer pour se construire. Cela passe par les livres, les regards, les intuitions. Tout cela nous apprend à faire un pas de côté, on réapprend à marcher, à voir, à voir en biais de l’histoire. On essaie de comprendre, on établit des liens avec ce que nous créons au-delà du programme. On prend ce qui nous intéresse, ce qui nous montre la réalité, notre réalité. Il nous montre un chemin, un horizon que nos intuitions et nos convictions dessinent à mesure qu’on les dompte. La réunion de ces volontés nous montre que le pouvoir de tous est détenu par quelques-uns, mais que ce système actuel n’est pas une fin en soi, qu’il nous montre ses limites. Le monde est plongé depuis une quarantaine d’années dans une crise généralisée et les alternatives proposées sont nombreuses. Les champs de production que regroupent le design ne peuvent pas faire l’économie de les considérer. Nos prédécesseurs nous ont légué un héritage auquel, en tant qu’héritiers, nous nous devons de rendre hommage.
Ce texte naît de plusieurs voix, de réflexions et de dialogues multiples entre camarades, amis, professeurs. Il arrive donc que j’emploie le nous qui n’est rien d’autre qu’une bande de je. Il ne sert à pas à t’enrôler toi lecteur, ni à te convaincre, il fait seulement l’écho du produit de multiples influences, il nous fait réfléchir. Il s’associe à une bande, une bande où chacun y mène ses affaires et où chacun ramène son savoir. Avec ces multiples influences, puisées tant dans l’histoire des luttes, que celle de la science, des arts ou d’expériences personnelles, il nous apprend à faire un pas de côté. Il est bien évident que le corpus n’est pas exhaustif. Il sert de base à dessiner le paysage qui parsème un autre chemin, celui que nos espoirs portent au-delà de ce que l’on nous donne à voir. Le bonheur, c’est ce paysage inconnu mais pourtant familier qui nous aura fait converger ici, sur le côté. Il s’agit d’ouvrir des portes, de voir ce qu’il s’y passe derrière.

 ➞Mémoire écrit et mis en page par Alexandre Liziard, École nationale supérieur des Arts Décoratifs de Paris, 2014. Rédigé au cours de la quatrième année du cursus en design graphique. Mémoire dirigé par Philippe Millot.

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Mémoires Étienne Ozeray Pour un design graphique libre le 03-11-2014

Pour un design graphique libre Étienne Ozeray

Ce livre est mon mémoire de quatrième année. Il traite de la culture libre et de ses potentiels d’application et d’implication au design graphique. Il est entièrement consultable à l’adresse http://etienneozeray.fr/libre-blog et le pdf est disponible ici pour la version écran et pour l’imprimer.

Note d’introduction (v1.1)

La culture libre propose de repenser notre rapport à la création par la libération du travail, des outils et du savoir. Elle milite pour une liberté de distribution et de modification des œuvres de l’esprit et possède un véritable potentiel de transformation sociale et économique. D’autre part, Le design graphique est une discipline dont le but principal est de mettre en forme l’information pour la rendre accessible et compréhensible. Les objectifs esthétiques, promotionnels et mercantiles, quoi qu’ayant leur importance, peuvent être secondaires. Ces considérations n’ont-elle pas été inventées par et pour le capitalisme? Sans les rejeter, ne devrions-nous pas les reconsidérer afin de sortir de cette logique? Ces interrogation sur le design graphique s’inscrivent dans une volonté de lier ce domaine à des questionnement éthiques, sociaux et politique.
Ainsi, il s’agira d’analyser et de spéculer sur la manière dont le design graphique pourrait et devrait s’impliquer et s’appliquer à la culture libre. Autrement dit, peut-on envisager un design graphique libre? Pour ce faire, trois valeurs fondamentales de l’ethos du libre  ➞II — Telles que décrites par Sébastien Broca dans Utopie du logiciel libre, Le Passager Clandestin, 2013 seront analysées et nous verrons s’il est possible de les appliquer au design graphique: la créativité technique, l’autonomie dans le travail et la libre circulation de l’information.
L‘outil technique tient une place majeure dans le processus de création du design graphique. Il a un impact direct sur la forme finale. De par cette importance, nous verrons il semble nécessaire que celui-ci soit convivial — ainsi que le décrit Ivan Illich  ➞IIII — Ivan Illich, La Convivialité, Seuil, 1973 — c’est à dire qu’il doit être ouvert dans son utilisation, ceci permettant l’expression libre de celui qui l’utilise. Les outils conviviaux sont alors «les outils maniés et non manipulés». Ainsi, le designer ne devrait-il pas sortir de la passivité technique et appréhender son ordinateur à la manière d’un atelier en chantier perpétuel? Vu sous cet angle, la pratique du design graphique serait donc incompatible avec un outil (dé)limité et privateur  ➞IIIIII — Expression de Richard Stallman, expliquée dans Richard M. Stallman, Sam Williams & Christophe Masutti, Richard Stallman et la révolution du logiciel libre, Editions Eyrolles, 2010, p.13. Peut-être doit-il pour faire adopter une posture de hacker en considérant le bidouillage et la programmation comme des sources de créativité.
La question de l’autonomie dans le travail entend minimiser les contraintes hiérarchiques traditionnelles pour considérer le travail comme un accomplissement de soi plutôt qu’un devoir. Cette posture, inspirée de la pensée anarchiste  ➞IVIV — Voir par exemple l’œuvre de Michel Bakounine ou Pierre-Joseph Proudhon, tend à se détacher de l’homme machine au profit de l’homme créateur. Appliquée au design graphique, cette idée ne pourrait-elle pas engendrer une créativité débridée et une relation de recherche plutôt que d’exécution?
La libre circulation du savoir, détachée de considérations mercantiles ou égotiques, contribue au développement social et donc à l’épanouissement de la société. Le designer graphique, en tant qu’expert en mise en forme, contribue à la circulation de l’information en la rendant lisible et compréhensible. De ce point de vue, ne serait-il pas logique qu’il participe aussi à la libre diffusion de celle-ci? Il s’agira aussi de faire un état des lieux de la pratique graphique engagée, de notre héritage, et de définir les nouveaux paradigmes de l’engagement.

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Interstices Alexandre Liziard et Étienne Ozeray Émancipation, autonomie, bricolage le 03-11-2014

Émancipation, autonomie, bricolage Alexandre Liziard et Étienne Ozeray

Émancipation

L’acte de création est une prise de position dans un contexte donné, assouvi par des instincts qui, pour donner forme à ses revendications, font appel à une palette d’outils. Cette palette d’outils tend aujourd’hui à se restreindre dans le sens où des organisations technocratiques se les accaparent afin d’amener l’acte créatif non plus vers un engagement vecteur de sens, mais vers une finalité séduisante. Là où l’homme a toujours pris soin d’innover en terme d’outils, la responsabilié d’innovation est maintenant laissée aux mains d’une poignée de spécialistes qui sont à même de penser à notre place.

«Tant que le designer s’occupera de confectionner de futiles «jouets pour adultes», des machines à tuer avec des ailerons brillants et des enjolivements «sexy» pour les machines à écrire, les grille-pain, les téléphones et les ordinateurs, il n’aura pas de raison d’être.»  ➞I I — Victor Papanek, Design pour un monde réel, Azimut n°36, p35

Il n’appartient qu’à nous de nous réapproprier nos professions en cessant d’alimenter les futilités que génère cette poignée de spécialistes. Il nous faut nous réapproprier nos outils afin d’adopter une attitude réfléchie quant aux enjeux de nos pratiques, quelle qu’en soit la teneur. Si les outils contemporains de création se tournent majoritairement vers l’instrument numérique, il est indispensable de tourner le dos à une posture passive pour se pencher vers une pratique responsable et maîtrisée, questionnant sans cesse les enjeux et la teneur de celui-ci.

L’outil technique est au cœur de tout processus de création. Si l’on part du postulat que «Tout est technique» alors «Il ne s’agit plus d’opposer homme et technique».  ➞IIII — Université de Liège, Département de Philosophie, Bernard Stiegler: lieu, mémoire et technique, 2008 Il ne s’agit donc non plus de différencier la création et la technique mais au contraire, de conjuguer leur association en considérant l’outil comme un facteur de créativité. Pour que cette créativité soit complètement émancipée, il convient donc de choisir un outil ouvert, un outil qui répond à une nécessité, où les formes seront générées avec un minimum de contraintes. L’homme doit redevenir acteur dans le processus de création et ne pas se laisser porter par ses médiums. Le choix de l’outil a un impact sur la forme produite et la forme a un impacte sur le contexte donné. Dessiner un cercle au compas ou à main levée au pinceau épais produira deux formes distinctes qui fourniront des univers sémantiques singuliers, au même titre que produire une image composée par un logiciel comme Illustrator ne produira pas le même sens ni la même forme qu’une image générée par la programmation. L’intention est une chose, les moyens mis en œuvre pour son exécution conditionneront sa reception. Pour un designer se questionnant sur ces notions, l’hégémonie de la suite Adobe dans ce domaine est en ce sens un problème. Elle provoque une tendance à l’uniformisation de par son caractère standardisé et généraliste de ses outils. À chaque problème sa solution et la suite ne peut avoir le monopole des réponses. En effet, la suite Adobe est pensée dans le but de pouvoir produire aisément des formes et ceci avec le moins d’effort possible. L’attitude qu’adopte cette multi-nationnale en facilitant l’accès aux étudiants en design à cette palette, renforcée par une présence exclusive jamais remise en question dans les écoles et un monopole incontesté dans le milieu professionnel, leur permet de s’accaparer les nouvelles générations de designers et de les détourner d’autres médiums possibles. Ils en font une boîte à solution par défaut, qui formate la démarche des étudiants en les concentrant sur ce processus de création, les encourageant à se complaire dans le confort que celui-ci peut procurer. Le designer en devenir se soumet donc afin de satisfaire tout type de demande de manière efficace et sans accroc, déterminé à l’avance. De plus, il se trouve dépossédé d’un réel savoir-faire de par le caractère fermé et délimité de l’outil qui rend impossible sa réappropriation, son adaptation. L’utilisateur de ces outils tend donc à devenir un usager prolétarisé, un ouvrier du design. Anthony Masure, dans son article Adobe, le créatif au pouvoir en fait une analyse Marxiste. Il avance que dépossédé de son savoir-faire, le designer est aliéné et soumis à la machine, enfermé dans une logique «de dépendance et de pensée dans un système prédéfini et difficile à déplacer».  ➞III III — Anthony Masure, Adobe, le créatif au pouvoir, Strabic, 2011

À ce type d’outil s’oppose les outils conviviaux décrits par Ivan Illich. Par outil convivial, il entend un outil «juste, [...] générateur d’efficience sans dégrader l’autonomie personnelle, il ne suscite ni esclave ni maître, il élargie le rayon d’action personnel. L’homme a besoin d’un outil avec lequel travailler, non d’un outillage qui travaille à sa place» ➞IVIV — Ivan Illich, La convivialité, Points, 2003, p27. En effet, Ivan Illich considère que les outils contemporains ont opérés une emprise sur l’homme plutôt que l’inverse, qu’ils sont despotes plutôt que serviteurs. Ainsi, Il s’agit d’adapter son outil à son usage, à son contexte plutôt que de subir son aveugement.

Autonomie

Il s’agira donc de faire un pas de côté face à un flux dominant proclamant la passivité technique au profit d’un usage actif et créatif qui implique directement nos outils dans le processus de fabrication.

«Placé au contact de milliers de systèmes, placé à leurs terminaisons, l’homme des villes sait se servir du téléphone et de la télévision mais ne sait pas comment ça marche. L’acquisition spontanée du savoir est confinée aux mécanismes d’ajustement à un confort massifié. L’homme des villes est de moins en moins à l’aise pour faire sa chose à lui. [...] Les gens savent ce qu’on leur a appris, mais ils n’apprennent plus par eux-même.»  ➞V V — Ivan Illich, La convivialité, Points, 2003, p90

C’est précisément la question du confort qui pose ici problème. En effet, le confort est un facteur d’annihilation du désir. Il tend à provoquer l’oisiveté, ceci engendrant la passivité et évacuant toute prise de risque pourtant nécessaire à une pratique complète, enrichissante et épanouie. Si nous voulons pratiquer un design responsable, un design qui cherche à répondre à une nécessité, alors il nous faudra penser des outils qui répondent expressément aux besoins d’un contexte donné, ne se contentant pas se conforter dans un processus erroné. Bien que certains outils peuvent sembler de prime abord suffisament complets pour répondre à des équations complexes. Il n’appartient qu’à nous d’examiner tout les facteurs de cette équation et de considérer les outils comme une variable non négligeable de sa résolution.

La nécessité de comprendre son outil participe de la réappropriation créative de celui-ci dont découlera une autonomie de l’individu. Un tel positionement face au processus de création fait aussi appel à des vertus éducatives de par son approche. Il oblige le designer à s’intérroger non plus exclusivement sur la forme mais sur les moyens mis en œuvre pour générer cete dernière. Dans une société où la technique est au cœur de nos vies, la consommer passivement comme nous propose de faire Adobe mène à la dépossession de l’outillage. Adobe constitue une véritable cage dorée dont l’hégémonie dans le milieu du design pose problème car cette entreprise se situe à l’exacte opposé d’un outil libérateur, en favorisant «l’uniformisation, la dépendance, l’exploitation et l’impuissance». Ivan Illich parle de monopole radical pour décrire ces outils qui demande aux utilisateurs d’abandonner «leur capacité innée de faire ce qu’ils peuvent pour eux-même ou pour les autres, en échange de quelque chose de «mieux» que peut seulement produire pour eux un outil dominant. Le monopole radical reflète l’industrialisation des valeurs. À la réponse personnelle, il substitue l’objet standardisé».  ➞VI VI — Ivan Illich, La convivialité, Points, 2003, p84

Bricolage

Cette position demande donc d’adopter une posture impliquant bricole et bidouille. C’est à nous de nous redéfinir notre langage, il semblerait impensable d’utiliser une seule et même forme d’expression dans des environnements eclectiques et spécifiques. Nous nous rapprochons ici d’une attitude pouvant être associée à celle du hacker. Bien loin du cliché médiatique du méchant nerd s’introduisant malicieusement dans les systèmes informatiques, le hacker entretient un rapport créatif à la technique. Le verbe hacker peut se traduire par bidouiller ou fouiner, cela sous-entend donc de chercher à comprendre comment fonctionne un système pour ensuite en faire un usage créatif plutôt que consumériste, quitte à ce que celui-ci s’écarte de sa fonction première. En pratiquant cette posture de hacker, il s’agit aussi de reconsidérer la place de l’erreur dans le processus de création. En effet, l’erreur fait partie intégrante de ce processus de par sa nature empirique. Rencontrer des erreurs permet finalement de tirer partis de l’imprévu et peut mener à des formes inattendues et convaincantes.

C’est par cette approche que les contre-cultures et les avant-gardes ont éprouvé la nécessité de se réapproprier les formes, de donner naissance à de nouveaux courants artistiques en s’extirpant de la norme, en se penchant vers des instruments peu exploités pour produire des œuvres en phase avec leur conscience et leur individualité. De cette manière, les expérimentations que Jimi Hendrix a pu faire avec sa guitare témoignent d’une attitude désirant repousser les limites de son instrument, se l’approprier, le posséder au point d’en dégager des formes nouvelles et inconnues, en phase avec un mouvement, jusqu’à contribuer à en définir son identité. C’est aussi ce souci de réappropriation que les communautés des nouveaux travellers, à la manière d’un Jack London ou d’un Henry D.Thoreau, parcourent le monde en quête de milieux reculés, s’emparent du réel pour en modifier les contours dans un souci de créer des cultures musicales à contre-courant des normes de diffusion. L’image la plus revendicative de leur volonté de détournement d’outils destinés à l’asservissement se situe dans l’aménagement de véhicules utilitaires ayant pour origine fonctionnelle d’être des outils de transports de marchandise, pour en créer des engins d’émancipation, des maisons, des ateliers, des sound-system mobiles. Leur démarche tend à une reconquête de leur propre conscience et de leur individualité, une bande de je qui forme un nous à part entière.

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Références

Livres & textes Sous la direction de Benjamin Coriat Le retour des communs le 17-06-2015

Le retour des communs Sous la direction de Benjamin Coriat

Michel BAUWENS - Florence BELLIVIER - Françoise BENHAMOU - Marie CORNU - Séverine DUSOLLIER - Charlotte HESS - Isabelle LIOTARD - Pierre-Andre MANGOLTE - Christine NOIVILLE - Fabienne ORSI - Valerie REVEST -Judith ROCHFELD - Sarah VANUXEM - Olivier WEINSTEIN -Jean-Benoît ZIMMERMANN

Alors même que la notion de droits «exclusifs» reconnus au propriétaire individuel connait depuis quelques trois décennies une phase de durcissement et d’extension continue à de nouveaux objets (vivant, logiciels, semences, médicaments, savoirs traditionnels,....) on assiste, comme s’il s’agissait d’une «contre-tendance» à la montée de revendications et de pratiques pour mieux garantir différents types de «communs» conçus et administrés par des collectifs d’acteurs aux configurations multiples.

C’est ainsi que les «communs», qui consistent non en une négation des droits de propriété mais en des formes nouvelles de partage et de distribution des attributs de ce droit (sous la forme de droits d’accès, d’usage, de prélèvement ...) entre différentes parties prenantes, connaissent aujourd’hui un formidable regain. Les nouveaux communs qui tirent leur origine de formes très anciennes de droits «communaux» (garantissant l’accès à l’eau, aux pâturages, aux moulins à grains pour les communautés villageoises…), ouvrent ainsi des espaces neufs et permettent de repenser radicalement le droit de propriété tel qu’il était conçu et prévalait jusqu’ici. Des logiciels libres aux licences creative commons permettant l’accès et le partage des créations artistiques ou scientifiques au plus grand nombre, des plateformes ouvertes permettant l’autopartage des biens les plus variés aux garderies auto-gérées… Les communs se présentent aujourd’hui comme autant de solutions à la crise de l’idéologie propriétaire et à l’exclusivisme qui lui sert de fondement.

Cet ouvrage, basé sur des recherches et des enquêtes qui se sont étendues sur plus de trois années ans et qui ont mobilisé près de vingt chercheurs en France comme à l’étranger, présente et explore à partir d’études de cas, d’investigations historiques ou de réflexions menées auprès des acteurs, la multiplicité des alternatives que proposent aujourd’hui les communs et l’économie du partage face aux impasses et apories de l’économie financiarisée dans laquelle nous sommes englués.

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Livres & textes Aaron Swartz Manifeste de guerilla pour le libre accès le 20-05-2015

Manifeste de guerilla pour le libre accès Aaron Swartz

Aaron Swartz – juillet 2008 – Internet Archive
(Traduction: Gatitac, albahtaar, Wikinade, M0tty, aKa, Jean-Fred, Goofy, Léna, greygjhart + anonymous)

L’information, c’est le pouvoir. Mais comme pour tout pouvoir, il y a ceux qui veulent le garder pour eux. Le patrimoine culturel et scientifique mondial, publié depuis plusieurs siècles dans les livres et les revues, est de plus en plus souvent numérisé puis verrouillé par une poignée d’entreprises privées. Vous voulez lire les articles présentant les plus célèbres résultats scientifiques? Il vous faudra payer de grosses sommes à des éditeurs comme Reed Elsevier.

Et il y a ceux qui luttent pour que cela change. Le mouvement pour le libre accès s’est vaillamment battu pour s’assurer que les scientifiques ne mettent pas toutes leurs publications sous copyright et s’assurer plutôt que leurs travaux seront publiés sur Internet sous des conditions qui en permettent l’accès à tous. Mais, même dans le scénario le plus optimiste, la politique de libre accès ne concerne que les publications futures. Tout ce qui a été fait jusqu’à présent est perdu.

C’est trop cher payé. Contraindre les universitaires à débourser de l’argent pour lire le travail de leurs collègues? Numériser des bibliothèques entières mais ne permettre qu’aux gens de chez Google de les lire? Fournir des articles scientifiques aux chercheurs des plus grandes universités des pays riches, mais pas aux enfants des pays du Sud? C’est scandaleux et inacceptable.

Nombreux sont ceux qui disent: «Je suis d’accord mais que peut-on y faire? Les entreprises possèdent les droits de reproduction de ces documents, elles gagnent énormément d’argent en faisant payer l’accès, et c’est parfaitement légal, il n’y a rien que l’on puisse faire pour les en empêcher.» Mais si, on peut faire quelque chose, ce qu’on est déjà en train de faire: riposter.

Vous qui avez accès à ces ressources, étudiants, bibliothécaires, scientifiques, on vous a donné un privilège. Vous pouvez vous nourrir au banquet de la connaissance pendant que le reste du monde en est exclu. Mais vous n’êtes pas obligés — moralement, vous n’en avez même pas le droit — de conserver ce privilège pour vous seuls. Il est de votre devoir de le partager avec le monde. Et c’est ce que vous avez fait: en échangeant vos mots de passe avec vos collègues, en remplissant des formulaires de téléchargement pour vos amis.

Pendant ce temps, ceux qui ont été écartés de ce festin n’attendent pas sans rien faire. Vous vous êtes faufilés dans les brèches et avez escaladé les barrières, libérant l’information verrouillée par les éditeurs pour la partager avec vos amis.

Mais toutes ces actions se déroulent dans l’ombre, de façon souterraine. On les qualifie de «vol» ou bien de «piratage», comme si partager une abondance de connaissances était moralement équivalent à l’abordage d’un vaisseau et au meurtre de son équipage. Mais le partage n’est pas immoral, c’est un impératif moral. Seuls ceux qu’aveugle la cupidité refusent une copie à leurs amis.

Les grandes multinationales, bien sûr, sont aveuglées par la cupidité. Les lois qui les gouvernent l’exigent, leurs actionnaires se révolteraient à la moindre occasion. Et les politiciens qu’elles ont achetés les soutiennent en votant des lois qui leur donnent le pouvoir exclusif de décider qui est en droit de faire des copies.

La justice ne consiste pas à se soumettre à des lois injustes. Il est temps de sortir de l’ombre et, dans la grande tradition de la désobéissance civile, d’affirmer notre opposition à la confiscation criminelle de la culture publique.

Nous avons besoin de récolter l’information où qu’elle soit stockée, d’en faire des copies et de la partager avec le monde. Nous devons nous emparer du domaine public et l’ajouter aux archives. Nous devons acheter des bases de données secrètes et les mettre sur le Web. Nous devons télécharger des revues scientifiques et les poster sur des réseaux de partage de fichiers. Nous devons mener le combat de la guérilla pour le libre accès.

Lorsque nous serons assez nombreux de par le monde, nous n’enverrons pas seulement un puissant message d’opposition à la privatisation de la connaissance: nous ferons en sorte que cette privatisation appartienne au passé. Serez-vous des nôtres?

Aaron Swartz

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Livres & textes Alain Damasio Les Furtifs — Phonophore le 12-05-2015

Les Furtifs — Phonophore Alain Damasio

Une exploration multimédia d’un univers en train de s’écrire. Une fronde sonore pour libérer l’imaginaire…


Source: http://mushin.fr/phonophore/

«Phonophore est un projet de création sonore et multimedia fondé sur les mots, la voix et le son. Il est la mise en ondes d’un monde, celui des Furtifs: des animaux faits de chair et de sons, qui naissent d’une vibration fondamentale de l’air et vivent parmi nous, sans qu’on les voit, cachés par leur vitesse et leur science de l’angle mort. Né d’un livre-univers d’Alain Damasio, en cours d’écriture, les furtifs sont appelés à être lus, vus mais surtout écoutés… puisque telle est leur nature!

Phonophore propose donc une quarantaine de sculptures soniques en écoute libre et gratuite, sur le web et en appli mobile, en radio et loin du clavier: carnets acoustiques, portraits et paysages sonores, jeux pour l’oreille, paroles d’experts et cris furtifs…

Autant de formes pour donner à entendre un univers poétique et politique qui n’a qu’une ambition: libérer les forces de vie partout où on les assourdit, les “gère” et les emprisonne.

Cet ensemble de contenus organise un parcours non linéaire dans un monde en déploiement. La rencontre de deux écritures prospectives, l’une purement littéraire, l’autre sonore et multimédia, permet de faire l’expérience directe de valeurs cruciales: liberté, mouvement, partage, imagination et puissance de transformation.

Ces pièces en stéréo et en 5.1 sont autant de clés sonores dans un puzzle digital. Chacune d’elles ouvre une porte d’entrée vers le roman, mais surtout une porte de sortie vers un univers plus vaste, un horizon qu’on espère riche et joyeux, qui s’étendra aussi loin que porte votre imaginaire…

Fictions, entretiens, paysages sonores, études furtives, documentaires, carnets parlés… En stéréo et en 5.1, pour une immersion au coeur de la création…

En écoute libre, à découvrir et partager tout au long de l’année…»

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Livres & textes Lire et Relire Ivan Illich le 03-05-2015

Lire et Relire Ivan Illich

Auteurs: Olivier Assouly, Humberto Beck, Jean-Pierre Dupuy, Martin Fortier, Renaud Garcia, Richard Kahn, Thierry Paquot, Simon Ravenscroft, Olivier Rey, Jean Robert, Philippe Van Parijs et Etienne Verne

Titre: Lire et Relire Ivan Illich

Sous titre: De la critique du développement à l’archéologie de la modernité

Rayon: sciences humaines, philosophie, écologie

ISBN: 979-10-93250-05-2

Parution: Novembre 2015

L’ouvrage: Tout à la fois historien et critique social, polyglotte et voyageur itinérant, Ivan Illich (1926-2002) connut un grand succès dans les années 1970, à travers sa critique de la société industrielle, de la société de consommation et de l’idéologie du développement. À partir des années 1980, il dépassa progressivement sa dénonciation frontale de la société industrielle et lui préféra une sorte d’enquête archéologique visant à exhumer les certitudes fondatrices de la modernité. Ce volume se propose tout à la fois d’introduire, d’interpréter, de discuter et de pratiquer les idées d’Illich.

Introduire tout d’abord à une pensée foisonnante et parfois déconcertante, capable de forger et de retravailler des concepts («contre-productivité», «professions mutilantes», «convivialité», «travail fantôme», «vernaculaire», etc.) qui sont autant d’indispensables armes pour déstabiliser nos certitudes et voir le monde dans lequel nous vivons avec un regard critique renouvelé. Contrairement à une idée reçue, l’apport d’Ivan Illich ne se borne pas à la dénonciation d’«institutions» (église, école, hôpital, transport, etc.) jugées dangereuses pour l’autonomie de chacun ; au-delà de cette critique, Illich nous parle de l’invention médiévale de l’art de la lecture silencieuse, il nous parle aussi de la culture du regard, du couplage du corps et de l’esprit humains avec les systèmes techniques, il nous parle des technologies numériques, de l’art d’habiter et de vivre, il nous parle de métaphysique de la contingence et de l’apparition de l’image moderne du monde...

Interpréter et discuter ensuite une oeuvre qui invite à de nombreuses lectures et dont les audacieuses propositions méritent d’être questionnées. Les contributeurs de ce volume explorent une riche pensée, qui mobilise tout à la fois la sociologie, l’anthropologie, l’économie, l’histoire, l’écologie, la théologie et la philosophie, qui prend une forme doublement critique et archéologique, et qui appelle variablement à l’action politique et à la culture de la sagesse. L’originalité de cette pensée inclassable est particulièrement manifeste à travers la discussion comparée de son œuvre avec celles d’autres grandes figures intellectuelles du XXe siècle et même des siècles passés.

Appliquer Illich, enfin, car cet auteur et ses idées connaissent un regain d’intérêt qui prend le plus souvent la forme d’un dialogue entre la théorie et la pratique et qui invite à expérimenter des manières inédites de vivre et de ménager le commun. Se dessinent ainsi autant de précieuses alternatives porteuses d’espoir.

L’auteur: un penseur exceptionnel, Ivan Illich (1926-2002), historien, philosophe et théologien. Prêtre d’une paroisse portoricaine à New York, il devient vice-recteur de l’université catholique de Porto-Rico, où il engage une réflexion critique sur l’Église («entreprise» de plus d’un million de salariés...) et sur l’école. Ses premiers articles ne plaisent guère au Vatican qui l’invite à se faire discret. Il part un an en Amérique du Sud qu’il traverse à pied et en bus, avant de s’installer à Cuernavaca (Mexique) en 1961. Là il fonde le Centre de formation interculturelle quideviendra en 1966 le CIDOC (Centre interculturel de documentation) qui accueille des jeunes étatsuniens (religieux ou non) partant «évangéliser» l’Amérique du sud au développement pour leur apprendre l’espagnol, mais aussi la richesse culturelle des peuples qu’ils vont ren- contrer. L’activité du CIDOC est telle qu’il devient un haut lieu de la pensée critique, des militants du monde entier s’y rendent. C’est là qu’Ivan Illich conçoit et rédigeses «pamphlets» contre les institutions (l’Église, l’école, les transports, la santé...) qui passées un certain seuil deviennent contre-productives, c’est-à-dire rompent avec leurs finalités... En 1976, il décide avec les travailleurs du Centre, de le fermer et devient un professeur itinérant (principalement aux États-Unis et en Allemagne). Son œuvre alors s’ouvre à d’autres thèmes (la culture du regard, le corps, la technique, la langue, l’écologie, le numérique....), devient exploratoire et résolument anti-capitaliste. Il meurt durant sa sieste à Brême.

Le public: Pour tous ceux qui sont intéréssés aux thèmatiques écologiques, sociales et à la critique de la modernité.

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Films / Vidéos Tracks Le travail, c'est la santé ! le 03-05-2015

Le travail, c'est la santé! Tracks

Une bien belle émission que Tracks a concocté autour des notions de travail. La vidéo en replay ici.

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Revues / Journaux Stéphane Degoutin et Olivier Peyricot Design poverty le 20-04-2015

Design poverty Stéphane Degoutin et Olivier Peyricot

L’ensemble des textes est disponible à l’adresse suivante: http://designpovertyfiction.free.fr/CONTENT/

«Le journal du festival DESIGN POVERTY FICTION, organisé en 2013 par Stéphane Degoutin et Olivier Peyricot, est enfin paru. Le graphisme est de Robin Bantigny.

"En mars 2013, Design, Poverty, Fiction célèbre le 40e anniversaire du premier choc pétrolier (mars 1973), qui marque l’entrée des pays occidentaux en crise permanente. Design, Poverty, Fiction expose des expériences de modes de vie, des hypothèses politiques et des dispositifs artistiques qui utilisent la pauvreté comme un matériau de projet: Mechanical Turk, néo-primitivisme, culture punk, hard discount, vie dans le désert, potlatch, discours contradictoires de l’aide humanitaire, salariat vs. aides sociales…"

Ensad + Sandberg Institute (Amsterdam) + Grand Hornu (Hornu, Belgique) + ESBA (Angers)»

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Livres & textes Guy Debord Panégyrique (tome I & II) le 16-04-2015

Panégyrique (tome I & II) Guy Debord


Guy Debord

Panégyrique, tome I
Collection Blanche, Gallimard
Parution: 04-05-1993
«Toute ma vie, je n’ai vu que des temps troublés, d’extrêmes déchirements dans la société, et d’immenses destructions; j’ai pris part à ces troubles. De telles circonstances suffiraient sans doute à empêcher le plus transparent de mes actes ou de mes raisonnements d’être jamais approuvé universellement. Mais en outre plusieurs d’entre eux, je le crois bien, peuvent avoir été mal compris.
[...]
Personne, mieux que Shakespeare, n’a su comment se passe la vie. Il estime que "nous sommes tissés de l’étoffe dont sont faits les rêves". Calderón concluait de même. Je suis au moins assuré d’avoir réussi, par ce qui précède, à transmettre des éléments qui suffiront à faire très justement comprendre, sans que puisse demeurer aucune sorte de mystère ou d’illusion, tout ce que je suis.
Ici l’auteur arrête son histoire véritable: pardonnez-lui ses fautes.»

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Films / Vidéos La petite collection Maspero le 15-04-2015

La petite collection Maspero

Vidéo >> François Maspero filmé par Chris Marker en 1970.

«C’est un métier où tout est imparfait, et où tout pousse à la perfection. Il existe une technique qui est devenue un véritable art, qui s’appelle la typographie, qui mûrit depuis 600 ans ; et en fait on n’arrive jamais à la perfection typographique, on n’arrive jamais à la perfection éditoriale, on n’arrive jamais à faire le livre parfait sur le sujet qu’on voudrait traiter, on n’arrive jamais à faire ce livre parfaitement, un livre sort toujours avec ses imperfections et ses scories ; le contentement dure quelquefois une demi-minute quand le livre sort des presses, et ensuite on s’aperçoit déjà des coquilles…»

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Art & design Toestand le 15-04-2015

Toestand

«La Réactivation (par l’usage) de bâtiments abandonnés ou oubliés, de terrains et d’espaces (public) à l’aide de l’organisation de centres cosio-culturels temporaires et autonomes. Le dialogue, la création, l’autonomie et l’action, c’est notre devise.»

http://toestand.be/

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Vidéos Podcast #13 - Liberté (avec Alain Damasio et Benjamin Mayet) le 30-03-2015

Podcast #13 - Liberté (avec Alain Damasio et Benjamin Mayet)

Lien du podcast ici

De retour sur SyFantasy.fr douze mois après son premier passage le temps d’un Podcast sur le Transhumanisme qui reste encore un moment important pour nous, Alain Damasio fait son retour chez nous en 2014, toujours dans le cadre des Utopiales de Nantes.

L’occasion pour nous de vous proposer deux podcasts avec l’auteur de la Zone du Dehors, consacrés à des thèmes qui nous sont chers: la Liberté et les révolutions.

Pour ce premier épisode, le romancier est venu accompagné de Benjamin Mayet, acteur/réalisateur et auteur d’une adaptation d’Alain Damasio avec le Dehors de toute chose, une pièce que nous avons eu la chance de voir samedi dernier et qui nous a donné furieusement envie de vous en parler.

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Livres & textes Christoph Haag, Xavier Klein, Femke Snelting I think that conversations are the best, biggest thing that free software has to offer its user le 27-03-2015

I think that conversations are the best, biggest thing that free software has to offer its user Christoph Haag, Xavier Klein, Femke Snelting

An extensive collection of conversations between developers and designers involved in the wider ecosystem of Libre Graphics. Speaking to each other about tools for typography, lay-out and image processing they render a portrait of a community gradually understanding the interdependencies between Free Software and design. Conversations is edited by Femke Snelting in collaboration with Christoph Haag.

A user should not be able to shoot himself in the foot

I think the ideas behind it are beautiful in my mind.

We will get to know the machine and we will understand

ConTeXt

Meaningful transformations

Tools for a read write world

Constant Variable: Etat des lieux

Distributed Versioning Control

Even when you are done, you are not done

Data analysis as a discourse

Why you should own the beercompany you design for

Just Ask and That Will Be That

Tying the story to data

Unicodes

Collision

If the design thinking is correct, the tools should be irrelevant

You need to copy to understand

What’s the thinking here

The construction of a book (Aether9)

Performing Libre Graphics

The Making of Conversations

The collection is edited collaboratively online as functional markup and prepared for print via a f/l/os pipeline.

Download .pdf

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Vidéos Franck Lepage Inculture(s) le 15-03-2015

Inculture(s) Franck Lepage

Franck Lepage est l’un des fondateurs de la coopérative d’éducation populaire Le Pavé. Militant de l’éducation populaire, il a été jusqu’en 2000 directeur des programmes à la Fédération française des Maisons des jeunes et de la culture et chargé de recherche associé à l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire.

En évoquant la mémoire de Christiane Faure, il aborde de façon critique le rôle de la culture dans la société avec un spectacle intitulé Inculture(s) - L’éducation populaire, monsieur, ils n’en ont pas voulu…, qu’il a joué plus de quatre cents fois lors de « conférences gesticulées» entre 2006 et 2014.

En 2010, Franck Lepage crée, sur le même dispositif mêlant conférence et one-man-show, Inculture(s) 2 dans lequel il traite du rôle de l’enseignement. Puis Inculture(s) 5 avec Gaël Tanguy, sur la protection sociale à partir du travail théorique de Bernard Friot.

Voir les conférences

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Livres & textes Aaron Swartz Manifeste de guerilla pour le libre accès le 12-03-2015

Manifeste de guerilla pour le libre accès Aaron Swartz

Aaron Swartz – juillet 2008 – Internet Archive
(Traduction: Gatitac, albahtaar, Wikinade, M0tty, aKa, Jean-Fred, Goofy, Léna, greygjhart + anonymous)

L’information, c’est le pouvoir. Mais comme pour tout pouvoir, il y a ceux qui veulent le garder pour eux. Le patrimoine culturel et scientifique mondial, publié depuis plusieurs siècles dans les livres et les revues, est de plus en plus souvent numérisé puis verrouillé par une poignée d’entreprises privées. Vous voulez lire les articles présentant les plus célèbres résultats scientifiques? Il vous faudra payer de grosses sommes à des éditeurs comme Reed Elsevier.

Et il y a ceux qui luttent pour que cela change. Le mouvement pour le libre accès s’est vaillamment battu pour s’assurer que les scientifiques ne mettent pas toutes leurs publications sous copyright et s’assurer plutôt que leurs travaux seront publiés sur Internet sous des conditions qui en permettent l’accès à tous. Mais, même dans le scénario le plus optimiste, la politique de libre accès ne concerne que les publications futures. Tout ce qui a été fait jusqu’à présent est perdu.

C’est trop cher payé. Contraindre les universitaires à débourser de l’argent pour lire le travail de leurs collègues? Numériser des bibliothèques entières mais ne permettre qu’aux gens de chez Google de les lire? Fournir des articles scientifiques aux chercheurs des plus grandes universités des pays riches, mais pas aux enfants des pays du Sud? C’est scandaleux et inacceptable.

Nombreux sont ceux qui disent: «Je suis d’accord mais que peut-on y faire? Les entreprises possèdent les droits de reproduction de ces documents, elles gagnent énormément d’argent en faisant payer l’accès, et c’est parfaitement légal, il n’y a rien que l’on puisse faire pour les en empêcher.» Mais si, on peut faire quelque chose, ce qu’on est déjà en train de faire: riposter.

Vous qui avez accès à ces ressources, étudiants, bibliothécaires, scientifiques, on vous a donné un privilège. Vous pouvez vous nourrir au banquet de la connaissance pendant que le reste du monde en est exclu. Mais vous n’êtes pas obligés — moralement, vous n’en avez même pas le droit — de conserver ce privilège pour vous seuls. Il est de votre devoir de le partager avec le monde. Et c’est ce que vous avez fait: en échangeant vos mots de passe avec vos collègues, en remplissant des formulaires de téléchargement pour vos amis.

Pendant ce temps, ceux qui ont été écartés de ce festin n’attendent pas sans rien faire. Vous vous êtes faufilés dans les brèches et avez escaladé les barrières, libérant l’information verrouillée par les éditeurs pour la partager avec vos amis.

Mais toutes ces actions se déroulent dans l’ombre, de façon souterraine. On les qualifie de «vol» ou bien de «piratage», comme si partager une abondance de connaissances était moralement équivalent à l’abordage d’un vaisseau et au meurtre de son équipage. Mais le partage n’est pas immoral, c’est un impératif moral. Seuls ceux qu’aveugle la cupidité refusent une copie à leurs amis.

Les grandes multinationales, bien sûr, sont aveuglées par la cupidité. Les lois qui les gouvernent l’exigent, leurs actionnaires se révolteraient à la moindre occasion. Et les politiciens qu’elles ont achetés les soutiennent en votant des lois qui leur donnent le pouvoir exclusif de décider qui est en droit de faire des copies.

La justice ne consiste pas à se soumettre à des lois injustes. Il est temps de sortir de l’ombre et, dans la grande tradition de la désobéissance civile, d’affirmer notre opposition à la confiscation criminelle de la culture publique.

Nous avons besoin de récolter l’information où qu’elle soit stockée, d’en faire des copies et de la partager avec le monde. Nous devons nous emparer du domaine public et l’ajouter aux archives. Nous devons acheter des bases de données secrètes et les mettre sur le Web. Nous devons télécharger des revues scientifiques et les poster sur des réseaux de partage de fichiers. Nous devons mener le combat de la guérilla pour le libre accès.

Lorsque nous serons assez nombreux de par le monde, nous n’enverrons pas seulement un puissant message d’opposition à la privatisation de la connaissance: nous ferons en sorte que cette privatisation appartienne au passé. Serez-vous des nôtres?

Aaron Swartz

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Livres & textes Simone & Lucien Kroll Une architecture habitée le 04-03-2015

Une architecture habitée Simone & Lucien Kroll

Le dossier de presse pour l’événement au Lieu Unique avec Patrick Bouchain à Nantes ici.

Lucien Kroll, né en 1927, formé à l’École Nationale Supérieure de La Cambre, vit et travaille à Bruxelles, au sein de l’Atelier d’Urbanisme, d’Architecture et d’Informatique Lucien Kroll, et avec sa femme Simone, jardinière, coloriste, potière. S’il se définit autant comme architecte ou urbaniste que simple citoyen, c’est que l’architecture pour lui est une affaire de relations, liant les individus entre eux et à leur environnement. L’Atelier Lucien Kroll travaille depuis le années 1960 avec la participation des habitants, et dans le plus grand respect du contexte: la recherche du "sentiment d’habiter" étant tout simplement impossible sans la contribution de coopératives d’habitants.

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Art & design Collectif ne Rougissez pas le 02-03-2015

Collectif ne Rougissez pas

«Le collectif NRP rassemble graphiste, plasticien, cinéaste, sérigraphe, illustrateur autour du rêve comme moteur de fabrication collective.»
Retrouvez les copains par ici. Un poil de générosité dans ce monde de brut ne fait de mal à personne, ça nous fait même du bien. Longue vie à eux.

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Livres & textes Florent Latrive et Olivier Blondeau Libres enfants du savoir numérique, une anthologie du libre le 02-03-2015

Libres enfants du savoir numérique, une anthologie du libre Florent Latrive et Olivier Blondeau

Avec l’apparition du numérique, les ‘créations’ se détachent lentement de leurs supports matériels. Images, musique, mots et algorithmes sillonnent la planète jour et nuit, devant les yeux écarquillés des marchands. L’exode du savoir conduit à une terre promise à bien des bouleversements. Tandis que des armées de juristes s’interrogent sur la manière de pouvoir ‘vendre des idées’, une rumeur s’élève laissant entendre qu’elles doivent être «libres comme l’eau, libres comme l’air, libre comme la connaissance». Du logiciel libre au MP3, du droit de citation au plagiat considéré comme un des beaux arts, Richard Stallman, Bruce Sterling, John P. Barlow, Richard Barbrook, Philippe Quéau, Florent Latrive, Olivier Blondeau, Bernard Lang, Ram Samudrala, Negativland, Benjamin Drieu, Michael Stutz, Eric S. Raymond, Critical Art Ensemble, Jean-Michel Cornu, Michel Valensi et Antoine Moreau dessinent les contours d’une communauté hétérodoxe du «Libre».

Téléchargez le livre

petit traité plié en dix sur le lyber de Michel Valensi

Qu’est-ce qu’un Lyber? Vous êtes en train d’en lire un. Mais voir le point II. 6 et la note 4. Ce texte est extrait de Libres enfants du Savoir numérique

Ecrit en mars 2000, ce petit traité gagnerait à être précisé, mais nous avions alors annoncé: "il n’y aura pas de grand traité." En effet, le lyber appelait une pratique, à laquelle nous nous sommes employés depuis 7 ans, et non à une théorisation à l’infini. C’est pourquoi, en dépit de son caractère un peu "dépassé", le texte est maintenu sur le site comme témoignage.

I. Quelques idées évidentes

1. L’apparition du numérique nous oblige à reconsidérer la question des supports.

2. Un support peut en cacher un autre, ou nous en faire découvrir les meilleurs aspects. Un logiciel téléchargé librement nous confirme instantanément que les bénéfices tirés du seul commerce des logiciels sont disproportionnés par rapport à la facilité avec laquelle il est possible de reproduire ce logiciel (Pourquoi Bill Gates est-il l’homme le plus riche du monde et pas Richard Stallman?). Mais une cassette audio renvoie à la plus grande qualité sonore d’un CD. Une vidéo nous donne quelquefois envie d’aller au cinéma. Un ’livre’ téléchargé confirme que le Livre est sans équivalent. D’autant que: «Même si deux choses servent à la même chose, ce n’est pas la même chose.»

3. Parenthèse (que l’on retrouvera au point II. 8): La question n’est plus de permettre aux pays pauvres de devenir riches, mais de suggérer aux pays riches de s’appauvrir. «L’argent rend pauvre», dit Yona Friedman.

4. Pouvoir essayer à sa guise un produit avant de l’acheter est une bonne chose.  ➞11. Corollaires: 1. Pouvoir ne pas acheter un produit qui ne nous satisfait pas est la moindre des choses. 2. Acheter un produit qui nous satisfait est une double satisfaction pour l’utilisateur et pour le concepteur.

4.1. Pourquoi achète-t-on un CD? Parce que la plupart du temps il nous a été possible d’en entendre des extraits à la radio, ou chez des amis, ou à la télévision (si on appartient à la catégorie «personne possédant une ou plusieurs télévisions»). Quelquefois même parce qu’il nous a été donné de l’entendre intégralement à plusieurs reprises, et donc qu’un certain plaisir (lié à une accoutumance, sans doute) nous décide à dépenser 120 f en musique plutôt qu’en produits de première nécessité (si tant est que la nécessité soit nécessaire). Quelquefois parce que nous connaissons déjà cette musique par coeur et qu’elle fait partie pour nous des produits de première nécessité: les quatre dernières symphonies de Mozart par Bruno Walter, ou Aoxomoxoa du Grateful Dead.

4.2. Pourquoi ne pourrait-on pas lire les livres intégralement avant de les acheter? Parce qu’un livre, une fois lu, perd tout intérêt? - Qui dit cela? Parce que les éditeurs ont intérêt à ce qu’on ne sache pas à l’avance à quel point ce livre est sans intérêt? - Ce doit être le cas quelquefois. Stallman («Copyright: Le public doit avoir le dernier mot») a raison de dire que le fait de lire un livre en bibliothèque n’est pas une vente perdue pour l’éditeur. Ce n’est que la perte de quelque chose qui aurait pu ne jamais se produire, la seule perte d’une vente en puissance. À ce titre, toute vente non réalisée est une vente perdue pour l’éditeur:-((.Par ailleurs, ne vous est-il jamais arrivé d’acheter un livre que vous avez déjà lu, ou même d’acheter un livre dont vous savez pertinement que vous n’en commencerez pas la lecture avant plusieurs années, vous contentant - avec délice - de la simple présence silencieuse de son dos dans votre bibliothèque?

4.3. Permettre aux lecteurs de lire intégralement un livre avant de l’acheter présente finalement quelques avantages: 1. Les livres d’un jour, qui empoisonnent le marché, encombrent les librairies, monopolisent les médias, s’accompagnent de gros à valoir versés à des pseudo-auteurs, etc., n’auraient plus de raison d’être ni sur les tables des librairies, ni dans les bibliothèques. On les consulterait sur le Net et, avant même d’en avoir fini la lecture, l’actualité - qui focalise l’attention des lecteurs - serait déjà passée à autre chose (et nous avec) . 2. Les faux-livres seraient plus facilement démasqués. Les livres qui pullulent de nos jours et qui tiennent sur 3 pages format A4, gonflées pour faire 70 pages vendues 10, 20, 30 ou 40 francs tourneraient sept fois leur encre sous leur jaquette avant de passer au brochage . 3. Le malentendu propre à toute vente dépassant - pour être optimiste - 5000 exemplaires, aurait tendance à s’atténuer.

5. Le principe de la forme la plus communautaire du shareware (envoyer 10, 20, 50, 100 F au concepteur d’un logiciel disponible librement sur le Net, parce qu’à l’usage il vous semble de bonne facture et mérite une rétribution) a bien du mal à s’imposer.  ➞22. Selon la définition du «Jargon français», le shareware est un logiciel que l’on est tenu d’acheter au bout d’un certain temps d’utilisation. Mais c’est à une autre définition que nous nous rapportons ici, qui laisse à l’utilisateur entière liberté de faire un don ou de ne pas le faire. Sans doute à cause d’un problème de mentalité, mais également, comme le souligne Barlow («Vendre du vin sans les bouteilles»), parce que le système de paiement reste encore peu sûr et peu commode. (On hésite toujours à envoyer son numéro de Carte bleue, et quelquefois on n’a pas de Carte bleue, même si cette éventualité sera bientôt passible d’une amende [payable par Carte bleue].)

D’autre part, le logiciel, une fois téléchargé, se suffit à lui-même. Sa ’forme’ virtuelle est satisfaisante. Dans le cas du livre (mais également de la musique [voir Samudrala]), la question se pose différemment. Une fois téléchargé, le livre est tributaire de votre écran, de votre imprimante (si vous voulez le lire sur papier), tributaire de votre habileté à agraffer les pages, à les relier, tributaire de votre capacité à classer, répertorier, ranger, ordonner les liasses,  ➞33. Il faudra reposer la question avec la commercialisation du e-book et de ses équivalents. Mais les résultats ne sont pas encore probants (Cytale, Rocket, etc.), et même drôlement décevants par rapport au battage. De plus la plupart des magazines qui montrent le e-book le plus souvent opèrent un photo-montage en plaçant une page papier sur un écran e-book. Ils appellent ça l’«information» etc. À y regarder de près, tous ces efforts (en temps et en matériel) vous coûtent un tout petit peu moins cher que ce que vous aurait coûté l’achat d’un livre dans une librairie - avec en moins, toutefois, un certain plaisir - qui le niera? - du papier, de l’objet, de la manipulation en toutes circonstances (chaise, lit, métro, téléphérique, avion, diligence, sous-marin...) et d’un petit tour dehors pour se rafraîchir les idées. (Ça fait combien d’heures que vous êtes devant cet écran?)

6. Le livre shareware, que nous nommerons dorénavant «Lyber»,  ➞44. LYBER: n.m. XXIe, construit à partir du mot latin liber qui signifie à la fois: libre, livre, enfant, vin. [C’est également le nom d’une divinité assimilée à Dionysos, dont la fête (Liberalia) est fixée au 17 mars (date de parution en librairie du livre Libres enfants du savoir numérique) et qui a la particularité de ne pas avoir de temple propre!]. Le y signale l’appartenance du concept à l’univers Cyberal. L’anglais, toutefois, préférera le mot «Frook», contraction de «Free-book»: livre libre. Un synonyme de LYBER, «Liberivre», est apparu simultanément dans quelques documents virtuels au début de l’année 2000 et insistait sur l’ivresse que provoqua un tel concept sur ses concepteurs mêmes, mais il fut vite abandonné. (méfiez-vous des contrefaçons!) se présente sous cette forme.

6.1. Disponibilité gratuite sur le Net du texte dans son intégralité.

6.2. Invitation à celui qui le lit, ou le télécharge, à en acheter un exemplaire pour lui ou pour ses ami(e)s, si le livre lui a plu. (On n’achèterait plus seulement pour soi, mais le plus souvent pour un(e) ’autre’; non plus seulement pour ’savoir’, mais pour faire partager son savoir...)

6.3. Possibilité de signaler l’adresse du libraire le plus proche du domicile du lecteur où ce lyber risque d’être disponible. (C’est déjà le principe de la bibliothèque, avec, en plus, un effet de retour vers l’auteur, l’éditeur, le libraire [n’est-ce pas aussi une solution à proposer aux belligérents du conflit sur le prêt payant en bibliothèque? N’est-il pas temps de considérer le lecteur non plus comme un simple consommateur de produits culturels nous permettant de faire marcher nos petites boutiques bancales, mais de lui proposer un pacte en vue de la constitution d’une «communauté de bienveillants»? Un peu tôt — me souffle-t-on. Soit. Nous patienterons dans la salle d’attente de tous nos désespoirs!])

6.4. Possibilité laissée aux lecteurs d’intervenir en commentaires sur le texte en ligne, avec la création de fichiers complémentaires consultables.L’auteur pourrait également tenir compte de ces remarques pour d’éventuelles mises à jour de son texte.  ➞ 55. La disponibilité du code-source pour un livre est de peu d’intérêt, sauf dans le cas des plagiats où il serait bon que les auteurs joignent un fichier LISEZMOI à leur texte en disant: «J’ai piqué intégralement cette phrase à Marcel Proust, cette autre à Thucydide, cette autre encore à Alain Minc qui la tenait de Patrick Rödel, ou à Sylvie Germain qui la tenait de Patricia Farazzi - c’est vrai que c’est dur d’être célèbre et en plus de devoir écrire un livre tout seul dans le noir tous les ans -, etc. (Il est à craindre que certains fichiers LISEZMOI soient quelquefois trop lourds à ouvrir avec Teachtext, ou même à télécharger sur un disque dur de 4 Go, mais on peut prévoir des Zips de 25 Go pour les fichiers LISEZMOI de Jacques Attali). De la même manière, un lyber de tel universitaire spécialiste d’Habermas pourrait faire l’objet d’un commentaire d’Habermas lui-même, du genre: «Je crains, cher collègue, que vous n’ayez absolument rien compris à ce que j’ai écrit.» (On regrettera simplement de ne pas pouvoir encore communiquer par e-mail avec l’au-delà.)

7. Conditions de réalisation: 1. Un public responsabilisé. 2. Des éditeurs sûrs de leur production (et de leur public). 3. Un réseau Internet résolument non commercial. 4. Un réseau libraire ouvert à l’Internet (des possibilités de lire les lybers sur des bornes dans les librairies quand ils ne sont pas en stock - et une possibilité de commander le lyber consulté par l’intermédiaire de ces bornes - c’est déjà le principe du rayon, n’est-ce pas?) (1, 2, 3 et 4 ne constituent pas un axe chronologique horizontal. Ces «événements» peuvent intervenir dans le désordre, ou selon l’axe vertical du temps - comme une impression simultanée de ’déjà vu’. Bien entendu, leur liste n’est pas exhaustive.)

8. Quelques conséquences immédiates, moins immédiates ou improbables: 1. Liens reserrés entre les lecteurs et les auteurs et/ou les éditeurs. 2. Faillite à plus ou moins long terme de tous les éditeurs de faux livres (chic!). 3. Rationalisation de la diffusion et de la distribution du lyber. 4. Diminution du rôle des médias littéraires, qui pourraient alors retrouver un statut à part entière (les articles qui consistent à recopier des quatrièmes de couverture et à raconter l’histoire d’un bout à l’autre n’auraient plus lieu d’être). 5. Enrichissement (en fait: non-appauvrissement) du public et des éditeurs de qualité (les éditeurs eux-mêmes appartenant au public [ou alors c’est encore plus grave que ce que je croyais]), et: 6. Appauvrissement (en fait: non-enrichissement) des éditeurs de non-qualité (dans la perspective que le public serait attiré irrésistiblement par la qualité). Puis dans un deuxième temps: 7. Réduction des échanges monétaires et donc de la masse monétaire nécessaire à l’équilibre d’une communauté - ce qui nous renvoie au point I.3 supra: «Appauvrissement des pays riches», provoquant, par effet de vases communicants, un enrichissement relatif des pays pauvres. Enfin et bien plus tard: 8. Révolution économique sur l’ensemble de la planète aboutissant à la disparition de l’argent (passage de l’économie de marché à l’économie du don). «Quand nous aurons remporté la victoire à l’échelle mondiale - disait Lénine -, je pense que nous édifierons dans les rues des principales villes du monde des pissotières en or.» ➞66. En attendant nous payons deux francs à Jean-Claude Decaux, en risquant notre vie!

9. Le calendrier sera établi en fonction des modes corrélatif ou impératif, tels qu’ils sont définis par le philosophe italien Carlo Michelstaedter dans ses Appendices critiques à la persuasion et la rhétorique (tr. fr. l’éclat, 1994, pp. 11-12). - Il est recommandé ici de ralentir considérablement le rythme de lecture silencieuse ou de passer en lecture à haute voix -.

Soit:

«I. Mode corrélatif. Deux réalités conjointes sont actuelles réciproquement l’une dans l’autre:

1° "Il le fera lorsque tu le feras": ... Les deux réalités prennent appui l’une sur l’autre, telle une poutre portant sur une autre poutre, laquelle lui sert d’appui dans leur chute commune, de sorte que l’une et l’autre se soutiennent à mesure qu’elles tombent.

2° "Si tu le faisais, il le ferait." ... chacune dépend de l’impuissance de l’autre.

3° "Si tu l’avais fait, il l’aurait fait." Il s’agit du même cas, à nouveau au passé, si bien qu’en résulte l’irréalité réciproquement déterminée.»

Ce qui revient à poser la question: «Qui commence?»

Soit:

«II. Mode impératif: (qui n’est pas un mode).

Il ne s’agit pas d’une réalité intentionnelle, mais de la vie. C’est l’intention qui vit elle-même actuellement [...] elle est réelle autant qu’est réel le Sujet, car comme lui, précisément, elle n’est pas finie dans le présent, mais elle est actuelle en tant que volonté d’une chose. C’est alors le Sujet qui envahit avec sa propre vie le royaume de ses propres phrases: il ne fait pas de phrases, mais il vit.»

Laissant le corrélatif aux indécis, nous optons résolument, avec Michelstaedter, pour le second mode. «Et vive l’impératif!»

C’est pourquoi à compter du 17 mars 2000 (fête des Liberalia, où les libres enfants du savoir numérique revêtiront pour la première fois la toga virilis  ➞77. Voir Ovide, Fastes, 3, 771.), ce lyber sera intégralement et gratuitement disponible sur le site http://www.freescape.eu.org/,  ➞88. En fait il ne l’est plus, pour des raisons que nous n’arrivons pas trop à expliquer... on mène l’enquête (février 2015) et l’éditeur s’engage à mettre, dans un délai raisonnable et aux conditions énoncées ci-dessus, la quasi totalité de son catalogue sur le site (voir liste auteurs et titres).

10. «Liberté, allant chercher au loin, qui est si précieuse, comme le sait celui qui, pour elle, renonce à sa propre vie.» Dante, Divine Comédie, II 1 71-72.

Source

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Livres & textes Collectif Mauvaise troupe Constellations, Trajectoires révolutionnaires du jeune 21e siècle le 02-03-2015

Constellations, Trajectoires révolutionnaires du jeune 21e siècle Collectif Mauvaise troupe

Source: constellations.boum.org
Disponible ici

Constellations, c’est d’abord un livre publié aux éditions de l’éclat, qui raconte par petites touches une quinzaine d’années de vie et de lutte, ce qu’on a appelé des trajectoires révolutionnaires. C’est aussi ce site, qui publie en version lyber les textes du livre. Nous souhaitons prolonger l’aventure en l’ouvrant à d’autres récits et documents, et le site accueillera bientôt une rubrique "l’histoire continue".

 ➞Un compte rendu de Frédéric Thomas

Cet ouvrage porte bien son nom. Constellations d’expériences, de parcours, de récits, qui forment – des manifestations anti-CPE à celles de Notre-Dame-des-Landes, en passant par le Sabot (p. 85 et suivantes), les Tanneries à Dijon (p. 534 et suivantes), le plateau de Millevaches (p. 658 et suivantes), etc. – comme un premier état des lieux des luttes en France en ce nouveau millénaire. Tout autant que la richesse des expériences, ces récits se démarquent par leur lucidité, l’honnêteté et la pertinence d’une parole à même de revenir sur l’action, d’avoir prise – ne fut-ce que partiellement – sur elle. Sans pour autant perdre la naïveté à la base, cet «appel d’air» (p. 36), qui est moins limite qu’élan.

Si ces pages se concentrent sur le territoire français, elles débordent cependant les frontières de l’Hexagone ; invitation aux récits de voyages, de la Palestine (p. 63-68) à l’Argentine, du Mexique à l’Espagne – avec un entretien passionnant avec deux militants catalans sur l’occupation massive par le mouvement du 15 M de la Plaça Catalunya à Barcelone (p. 566 et suivantes, p. 668 et suivantes) –, de la Grande-Bretagne (dont l’expérience de Reclaim the streets!, citée dans de nombreux témoignages, aurait mérité une analyse spécifique, tant son mode d’intervention était original et a influencé certaines manifestations en France) à l’Italie – où résonne encore l’écho des mouvements autonomes des années 1970 –, en passant par la Belgique (où le texte à propos de la revue L’Homme au foyer, pour intéressant et autocritique qu’il soit, n’est guère représentatif, et passe à côté d’une série de mouvements belges autrement attrayants). Dommage – dommage et étonnant – cependant qu’il n’y ait rien sur la Grèce… Mais le voyage peut se montrer plus circonscrit ou intimiste, comme le donne à lire le récit très vivant et également riche du Collectif femmes à Grenoble (p. 626-642), ou prendre l’allure des premières pages d’un bon polar (p. 655-656).

De manière générale, ce «livre d’histoires» (p. 11), écrit à plusieurs mains, s’organise autour d’une série de dispositifs d’écriture: chœur, dessins, photos, cartes, reproduction d’affiches et de tracts… Soit une mise en récit, qui est également et tout à la fois une critique, une interrogation et une expérimentation de la narration (p. 253). L’enjeu étant que celle-ci ne consacre pas la dépolitisation ; attentive qu’elle doit être non seulement à extirper une mémoire, mais aussi à dire les possibles que ces histoires recèlent (p. 13). D’autres expériences de récits sont d’ailleurs explicitement explorées – notamment le récit des luttes de l’autonomie italienne des années 1970, les revues CQFD, Z, les sites internet Article 11 et Rebellyon (p. 502 et suivantes) – et un site internet reprend les textes de cet ouvrage, appelant à ce que d’autres contributions viennent prolonger la réflexion: www.lyber-eclat.net/lyber/lybertxt.html.

Le livre questionne aussi bien certaines figures de ces mouvements – celles de l’altermondialiste (dont les auteurs situent le mouvement comme un point de départ (p. 50), indépendamment de ses limites et faiblesses, bien repérées ici), du casseur, du hacker (p. 475) ou du sans-papier (p. 592), pour ne prendre que ces exemples –, que des pratiques – la violence et la non-violence, le blocage, le sabotage, l’occupation prolongée de l’espace, «l’après» (p. 672)… – et, enfin, ce qu’Erri de Luca nomme «un communisme du quotidien» (p. 265). Soit des questions effectives, qui sont au cœur d’une micropolitique des groupes (David Vercauteren, Micropolitiques des groupes. Pour une écologie des pratiques collectives, Lonrai, 2011, Les prairies ordinaires – chroniqué sur notre site) et qui, trop longtemps, ont été dédaignées au profit d’interrogations plus «stratégiques», alors même qu’elles représentent largement ce qui fait vivre – ou mourir – un groupe: «la question de mise en commun de l’argent» (p. 37) ; le fonctionnement «à l’affectif» (p. 31) ; les espaces non-mixtes (p. 524) ; le rapport à la légalité ; le savoir-faire ; la transmission des savoirs et les médias ; la caisse de solidarité ; la question de l’égalité ; le prix libre et la gratuité ; les «dispositions éthiques» (p. 493)…

Si le collectif à l’origine de cet essai ne prétend pas à l’exhaustivité et affirme ses choix, certaines zones d’ombre ou absences méritent cependant d’être interrogées pour ce qu’elles donnent à entendre. Les luttes ouvrières sont brièvement évoquées, au regard d’un rendez-vous manqué ou de deux mondes qui se croisent, au regard également d’un texte dense et pertinent, extrait du journal Rebetiko, reproduit ici (p. 548 et suivantes). Elles semblent dans le même temps lointaines et maintenues à distance (j’y reviendrai). La coopérative de Longo Maï est à peine évoquée, mais, surtout, rien sur l’explosion des banlieues en 2005, ni sur le Mouvement de l’immigration et des banlieues (MIB). Quand on sait l’impact – réel et symbolique, positif ou négatif – que les manifestations des banlieues revêtent pour les mouvements sociaux en France, les fantasmes et divisions qu’elles suscitent, ce n’est guère compréhensible.

Si l’approche par constellations s’avère opérante, elle devrait s’accompagner d’une réflexion sur les cristallisations. Cristallisations de moments, de luttes, de mémoire, dans la mesure où la fluidité des passages des luttes dans l’espace, sur une quinzaine d’années, se double de blocages, d’oublis et de fixations dans la transmission de ces luttes dans le temps. Ainsi, le découpage chronologique, abstrait, accentue la coupure avec les mouvements précédant l’entrée dans le XXIe siècle, alors même qu’une partie de ceux-ci y ont laissé des traces ou l’ont débordé. Mais plus largement, c’est la question même de la transmission, de la mémoire qui pose problème – d’ailleurs abordé à travers les luttes en Italie dans les années 1970: «cet état d’orphelins d’un passé de conflits, de ruptures» (p. 201). Cristallisations donc d’une mémoire rompue, d’un passé dont on rend compte surtout, sinon uniquement, en négatif (p. 665), et qui, en retour, cloisonne le présent, le sature. D’où parfois la difficulté de penser la situation présente, dans sa nouveauté, mais aussi son héritage. Ainsi, à l’affirmation «le pouvoir n’est pas concentré mais diffus» (p. 385), peut être rétorqué qu’aujourd’hui, le pouvoir est dans le même temps concentré et diffus. De même, la réflexion sur la mise en récit (p. 305) gagnerait à mieux situer celle – épique – dans laquelle s’étaient largement coulées les luttes du court XXe siècle. La nouveauté et la rupture avec le passé ne cessent d’être affirmés, risquant de décourager un questionnement sur ce qui s’est perdu, et sur la part de ce qui s’est perdu et devrait être sauvé, pour reprendre la formulation de Walter Benjamin.

Les traditions et l’histoire paraissent trop souvent comme des affaires réglées. Elles risquent de plus de prendre la forme de fétiches, d’épouvantails, qui justifient qu’on s’en détourne, pour confirmer la nouveauté des pratiques actuelles. L’impression qui ressort alors de plusieurs récits est un décalage dans la justification de modes d’organisation et de manifestations, en fonction de la volonté de ne pas céder à ce qui est perçu comme les erreurs et errements des luttes communistes du passé: ouvriérisme, autoritarisme, cloisonnement nette entre vie privée et vie publique, croyance à un Sens de l’histoire, etc. Décalage, car nous ne sommes pas en 1971, mais en 2014, que les luttes d’aujourd’hui ne sont pas sous l’hégémonie d’une lecture orthodoxe de Marx et de Lénine, et, enfin, que l’hypothèse d’un bâton, d’une tendance tordue démesurément dans l’autre sens, mérite d’être posée – d’autant plus, que cette insistance sur les dangers du centralisme, du militantisme, etc. occulte ce risque. Ainsi, actuellement, le risque majeur ne serait-il pas plutôt de rejeter en bloc, au lieu de se réapproprier (et de les détourner), les questions d’organisation, d’institutionnalisation, de pouvoir…, telles qu’elles ont été mises en œuvre et expérimentées dans le passé, par les mouvements ouvriers, de femmes, anticolonialistes, etc.? Et, en contrepoint, d’exagérer tout ce qui fait rupture, en sous-estimant ce qui fait lien? Le pari peut être fait que nous gagnerions à dessiner également les constellations d’une époque à l’autre.

Constellations approche cette «part d’informulable» des mouvements (p. 606) dont parle l’un des récits. Il ouvre des voies, dessine des cartes, explore des chemins et, surtout, donne envie de poursuivre et la réflexion et la lutte.

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Art & design Aram Bartholl Dead Drop le 26-02-2015

Dead Drop Aram Bartholl

‘Dead Drops’ is an anonymous, offline, peer to peer file-sharing network in public space. USB flash drives are embedded into walls, buildings and curbs accessible to anybody in public space. Everyone is invited to drop or find files on a dead drop. Plug your laptop to a wall, house or pole to share your favorite files and data. Each dead drop is installed empty except a readme.txt file explaining the project. ‘Dead Drops’ is open to participation.

https://deaddrops.com/

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Art & design Le bord des mondes le 23-02-2015

Le bord des mondes

Le Bord des Mondes
Exposition 18/02/2015 - 17/05/2015
Palais de Tokyo – Paris

Peut-on faire des oeuvres qui ne soient pas «d’art»? C’est en s’interrogeant avec Duchamp sur l’essence de la création et ses territoires que le Palais de Tokyo explore les mondes interstitiels, à la lisière de l’art, de la création et de l’invention. L’exposition Le Bord des mondes invite à un voyage aux confins de la création, en révélant les prodigieuses recherches et inventions de visionnaires au-delà du territoire traditionnel de l’art. Des créatures de plage géantes de Theo Jansen aux étonnants chindogu de Kawakami Kenji en passant par les poétiques attrape-nuages de Carlos Espinosa, l’exposition invite à emprunter des sentiers interdits et à chevaucher sur la faille qui habituellement sépare la création artistique et l’invention créative. A la lisière de l’art et de l’invention, l’exposition fait voler en éclats les frontières entre les mondes, entre territoire artistique identifié et mondes parallèles absents du système de l’art, en explorant le fécond précipice qui peut les unir.

Commissaire: Rebecca Lamarche Vadel

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Art & design Cyril makhoul & Theo Revelen Bernard Extraits de l'arène le 03-02-2015

Extraits de l'arène Cyril makhoul & Theo Revelen Bernard

«Le scandale, il y a un siècle, résidait dans toute négation un peu tapageuse, elle réside aujourd’hui dans toute affirmation qui ne tremble pas.»

MONTER DANS LA RUE

Comment réaliser un projet sur la place publique qui mette en relation les personnes présentes sans tomber dans une forme populiste et consensuelle ou à contrario, en se situant dans un champs spécialisé trop difficilement atteignable, créant un écart autoritaire et élitiste? Dans les multiples tentatives que les artistes expérimentent pour créer des lieux et des moments de relation avec le public ces deux travers sont les plus courants. Soit l’intervention nous laisse une aigre impression démagogique, soit un sentiment d’exclusion s’empare de nous et l’on se sent mis à l’écart voire méprisé par un art dont la ou les formes, bien que s’inscrivant dans un espace commun, ne semble pas désirer l’apport et le contact avec et de ceux qui l’habitent. Excluant tout rapport, toute interaction, tout échange. Nous avons mis en place un outil autonome qui est là où il est. Qui n’avance ni ne recule. Qui se tient là mais avec lequel on peut entrer en action, en dialogue, qui est littéralement une source potentielle de paroles et de pensées. Un objet qui préexiste à la situation, non généré par elle mais qui modifie la conjoncture dans laquelle il arrive. L’échange sous-entend changement d’état. Dans un sens comme dans l’autre.

Il n’y à qu’à interroger les gens! La quasi totalité des personnes étrangères au monde de l’art n’y comprennent rien et se sentent démunies par l’élitisme artistique. Pourtant l’on sait que des tentatives comme celle du Xerox Book de Seth Siegelaub ou encore la liste de chiffres de Dan Graham publiée dans les colonnes du Harper’s Bazaar ont étés ‘néanmoins perçus comme le mode artistique le plus ésotérique et élitiste et ce malgré leur volonté réelle de ne faire qu’un avec les modes de diffusion classiques et prétendument accessibles que sont le journal, le magazine et la photocopie. Pourtant nous ne voulons pas nous résigner à choisir entre un art sur-référencé s’adressant à des spécialistes et un art populiste aux formes agissantes comme d’énièmes indices à une trace qu’en nous on ne connaît que trop bien et dont la reconnaissance, éminemment rassurante, s’opérerait par un bref coup d’oeil.

Il nous semble qu’avec cette proposition nous avons réussi à déborder, de manière toute relative, cette dichotomie embarrassante.

Il nous a donc fallu prendre position sur la place publique tout en gardant une distance. Nous ne voulons pas fusionner. La confrontation enrichit. Pour nous même et puis, peut-être mais nous ne le saurons jamais vraiment, pour les autres.

QUANT À LA MISE EN PLACE INÉVITABLE D’UNE ÉCONOMIE

Nous n’avons pas employé de chemins de traverse dans l’élaboration du projet.

Thomas Hirschhorn dans l’entretien réalisé à la suite de son obtention du prix Marcel Duchamp, affirme que tout projet artistique requiert inévitablement la mise en place d’une économie. Cette économie doit être spécifique au projet. Il s’agit donc bien de définir en amont celle-ci, de la choisir et non de la subir. Nos coulisses ici sont saines de tout paradoxe. L’ensemble des constituants physiques du projet, en passant par les modules de bois de ce que l’on appellera ‘l’arène’, du papier sur lequel les fac-similés sont imprimés, ainsi que l’ensemble des matériaux annexes utilisés sont issus d’un processus de vol, de détournement ou de récupération.
Nous plaçons l’ingéniosité et la débrouille comme étant les deux forces sur lesquelles nous comptons pour mener à bien nos réalisations.

Cela est essentiel pour nous, d’avoir pu prouver, dans ce projet qui constitue une plate-forme au sein de laquelle la diffusion libre s’opère, qu’on n’est jamais réellement forcé de recourir aux méthodes de la société marchande. Nous dépendons de l’espace public réel. Non pas des espaces marchands que l’on confond trop souvent avec l’endroit de la rue. Nous nous sommes appuyés sur cet espace. La ville est notre grenier, notre atelier, notre galerie, nous nous y servons, nous nous en servons, nous la transformons.

Ainsi nous avons fait le choix de ne pas renoncer à ce projet pour cause de manque. Nous avons réussi à obtenir ce dont nous avions besoin pour fonctionner. Les moyens sont illégaux mais nous avons jugés les buts suffisamment légitimes. Comment aurions nous pu réaliser la même opération en passant par des moyens légaux et une économie conventionnelle? Obtenir les autorisations ainsi que les fonds nécessaires pour l’ensemble de l’opération aurait pris plusieurs mois et se serait soldé, tout simplement, par un échec. Afin d’éviter le non-lieu nous avons décidé de prendre le chemin le plus court, le plus efficace, le plus économe.

Les outils et matières premières, disponibles en grande quantités dans nos métropoles, utilisés à des fins qui ne nous satisfont pas et payés en grande partie par l’argent public sont des outils qui, techniquement, nous appartiennent. Nous sommes allés la nuit sur de nombreux chantiers, nous y avons pris ce dont nous avions besoin pour réaliser ces modules. Le jour nous avons rassemblé nos ouvrages, ceux de nos amis. Ceux que nous avions lu mais qui n’étaient pas en notre possession ont étés empruntés en bibliothèque. Dans un souci d’efficacité nous avons réduit les opérations plastiques à leur minimum. Les textes ont étés scannés puis imprimés en quinze exemplaires. Les planches, en bois de coffrage, ont étés carottées afin que des tasseaux puissent s’y enfiler et créer rapidement une structure aisément transportable, montable, montrable, et dont le minimalisme structurel propose une forme lisible quant à sa fonction. Claire, impactante visuellement et spatialement. La formule est simple et peut être par tous et partout reproduite.

L’ensemble est une prise de position franche et sans détour. Il ne s’agit pas d’une énième opération communicante en faveur de la culture, du livre ou du ‘savoir’ sur la place publique. Il s’agit de constituer une bibliothèque de fac-similés disponibles ici et maintenant, immédiatement.

«On s’installe partout!» était le mot d’ordre du festival des éditions libertaires que nous clôturions par cet événement. Partout? En tout cas là, sur la place sans tenter de séduire le passant.

«Nous admettons la nécessité de trouver de l’argent, qu’importent les moyens, parce qu’il est présentement impossible de s’en passer (…)»

Cet état d’esprit nous l’avons rencontré au coeur du squat avec lequel nous avons collaboré, disqualifiant le caractère impossible de l’utopie pour proposer une T.A.Z effective.

AU SUJET D`UN OUTIL DISPONIBLE

Ainsi ce que nous avons crée et pensé est un outil. Un outil qui s’ancre dans le physique du monde. Une base open-source concrète et sculpturale.

Un outil disponible dont nous invitons ceux qui le souhaitent à se saisir.

S’en saisir dans la forme et la méthode. Il n’y a pas de brevet, pas d’appartenance. Nous ne sommes pas particulièrement attachés à la forme mise en place. Cette forme à été permise par une situation spécifique, certains instruments disponibles, certaines proximités. Plus que cette forme, ce sont les attitudes, les méthodes et les expériences que nous souhaitons partager. Nous pensons que l’outil doit etre construit et développé en cohérence avec le but qu’il sert. Ainsi cet outil spécifique devrait, selon nous, être mis en place selon des modalités économiques sinon similaires tout du moins cohérentes avec l’utilisation et le but que ses auteurs lui prévoient. Les situations sont multiples et si d’autres structures apparaissent ailleurs nous ne les maîtriserons pas.

À l’époque où même le Do It Yourself se retrouve transformé en pure esthétique. Où l’on trouve chez le libraire branché du coin de petits modes d’emplois dessinés à la ligne claire nous apprenant à transformer une bouteille de coca-cola en piège à guêpe ou à créer un abat-jour à l’aide de dessous de cup-cakes home-made, nous voulons réaffirmer la nécessité d’une simplicité franche dans la relation à l’autre via le co-développement et la concrétisation d’un projet, d’une idée, d’une vue.

Il nous semble juste aujourd’hui, au vu de la manière dont la première expérience en situation publique s’est déroulée que nous avons donné naissance à un outil valable.
Cet outil sert à circonscrire un espace, permet le conciliabule et la diffusion de l’écrit.

Nous avons travaillé de manière contextuelle. C’est à dire que nous avons pris en compte les particularités du lieu dans lequel nous savions que nous allions intervenir. Mais le projet n’est pas une simple sculpture. Tout est à prendre en compte: le transport, le public, la circulation de celui-ci, l’économie, la météo...

Adapter les formes et la fabrication de ces dernières en définissant au préalable et selon la situation des objectifs réalisables mais ambitieux.

Plus encore que la forme présente ce jour là, nous nous intéressons aux multiples flux et points de contacts qui constituèrent l’élaboration de la situation et qui la perpétueront, L’avant et l’après.

Le but pourtant n’est pas l’adaptation parfaite mais plutôt de réussir à créer le juste trouble: une manoeuvre de capoeira.

Quoi qu’on trouve à en dire notre posture est artistique mais si elle ne l’était pas nous n’en aurions pas grand chose à faire.

Car son but n’est pas d’être une oeuvre d’art. Nous voulions créer une chose oeuvrant à la propagation d’un corpus théorique écrit liant essais politiques, romans, philosophie, esthétique, poésie… en un lieu et un moment donné et ce gratuitement.

Une plate-forme de dispersion.

Imaginer cet outil et lui faire prendre forme est un geste artistique mais peu nous importe de garder jalousement le privilège de cette création dans le champ corporatiste de l’art contemporain.

Nous l’offrons à qui veut bien s’en saisir, comme nous mettons en transport certaines des idées qui nous sont chères via ces quelques lignes.

Visons haut!

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Films / Vidéos Pierre Carles le 27-01-2015

Pierre Carles

1995: Juppé, forcément, diffusé sur Arte.
1998: Pas vu pas pris, 90 minutes
2001: La sociologie est un sport de combat, 146 minutes
2002: Enfin pris?, 93 minutes
2003: Attention danger travail, réalisé avec Christophe Coello et Stéphane Goxe
2006: Ni vieux, ni traîtres, réalisé avec Georges Minangoy, consacré à Action directe
2007: Volem rien foutre al païs, réalisé avec Christophe Coello et Stéphane Goxe
2008: Qui dit mieux?, réalisé avec Christophe Coello et Stéphane Goxe
2008: Val est vénere, réalisé avec Éric Martin
2009: Choron, dernière: Vie et mort du professeur Choron et de Charlie Hebdo, réalisé avec Éric Martin, 104 minutes
2010: Fin de concession, 128 minutes
2012: Hollande, DSK, etc (qui devait au départnote 1 s’intituler DSK, Hollande, etc26) réalisé avec Julien Brygo et Aurore Van Opstal, 76 minutes
2012: Tant pis / tant mieux, réalisé avec Philippe Lespinasse et composé de deux épisodes: Bages-Sigean à la voile (2007) et Gruissan à la voile (2009)
2014: Opération Correa - Première partie: les ânes ont soif. Interviews: Aurore Van Opstal, Nina Faure, Brice Gravelle, Julien Brygo

Commentaires

  • Posté par Buguet le 02/26/15 11:57pm :

    «Il existe un tableau de Klee qui s'intitule Angelus novus. Il représente un ange qui semble avoir dessein de s'éloigner de ce à quoi son regard semble rivé. Ses yeux sont écarquillés, sa bouche ouverte, ses ailes déployées. Tel est l'aspect que doit avoir nécessairement l'ange de l'histoire. Il a le visage tourné vers le passé. Où paraît devant nous une suite d'événements, il ne voit qu'une seule et unique catastrophe, qui ne cesse d'amonceler ruines sur ruines et les jette à ses pieds. Il voudrait bien s'attarder, réveiller les morts et rassembler les vaincus. Mais du paradis souffle une tempête qui s'est prise dans ses ailes, si forte que l'ange ne peut plus les refermer. Cette tempête le pousse incessamment vers l'avenir auquel il tourne le dos, cependant que jusqu'au ciel devant lui s'accumulent les ruines. Cette tempête est ce que nous appelons le progrès1. »
    Walter Benjamin, Thèses sur la philosophie de l'histoire

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Livres & textes Steven Jezo-Vannier Contre-culture(s), des Anonymous à Prométhée le 27-01-2015

Contre-culture(s), des Anonymous à Prométhée Steven Jezo-Vannier

Qu’y a-t-il de commun entre les Amish, les Ranters et Barbe Noire? Entre les hippies, les beatniks et les communards du XIXe? Entre les indignés, les hackers, ces nouveaux pirates de la cyberculture, et Prométhée? C’est ce que cet ouvrage se propose de vous expliquer.
Contre-culture(s) dépeint une histoire originale des dissidences à partir des années deux mille et en remontant jusqu’à l’antiquité grecque, au seuil de notre civilisation judéo-chrétienne. Si le terme de «contre-culture» a été théorisé dans un cadre très précis, la contestation tous azimuts des turbulentes années soixante, l’auteur a voulu remonter le temps pour écouter les voix dissidentes qui se sont fait entendre, fouiller les microsociétés qui ont tenté de se pérenniser en marge de l’ordre établi.
Vaste panorama historique des tentatives de rébellion et de réalisation d’utopies, Contre-culture(s), des Anonymous à Prométhée permet de remonter la riche lignée de la logique contestataire, d’en dresser une sorte de généalogie, de rétablir la voix des vaincus.
C’est un peu une histoire populaire de la contestation, à rebours de l’ordre chronologique et des canons établis.

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Livres & textes Christophe Bourseiller & Olivier Penot-Lacassagne Contre-culture le 27-01-2015

Contre-culture Christophe Bourseiller & Olivier Penot-Lacassagne

Qu’est-ce qu’une contre-culture? Comment interpréter le sens général des contestations et des ruptures culturelles de la seconde moitié du XXe siècle? Comment reconstituer ces tendances et ces styles d’expression qui, dès les années 1950, ont bouleversé les mentalités?

Les discours sur la notion de culture, sur les altérations qu’elle subit, sur la diversité des influences qui la transforment, abondent ; mais ces discours font peu de place à la notion de contre-culture.

Il est pourtant impossible d’en ignorer les innombrables expressions: Beat Generation, pop philosophie, rock culture, révolution psychédélique, mouvement punk, new wave, black metal…

En insistant sur la richesse et l’éclectisme de ces manifestations, cet ouvrage montre que les contre-cultures entendent porter la révolution dans la vie quotidienne.

Une réflexion novatrice sur un phénomène pluriel, porté par le désir d’une transformation radicale de la société.

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Livres & textes Ernesto Oroza Rikimbili, une étude sur la désobéissance technologique le 27-01-2015

Rikimbili, une étude sur la désobéissance technologique Ernesto Oroza

«Quand nous acceptons le critère bourgeois qui sanctionne la nécessité comme indigne et celui qui exprime ses besoins comme faible et vulgaire, nous participons à la réduction systématique de la créativité et de la liberté qui pourrait se traduire dans la culture contemporaine.» Ernesto Oroza

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Livres & textes Bernard Stiegler Du design comme sculpture sociale le 20-01-2015

Du design comme sculpture sociale Bernard Stiegler

Nouvelle association dans les desseins du design

Je crois qu’il faut faire de la question du design une affaire d’économie politique, et que celle-ci doit être pensée comme «sculpture sociale» – au sens que Joseph Beuys donnait à cette expression. La question du design, ainsi interrogé comme organisation de l’économie politique, c’est la question de ce que, reprenant et transformant un concept de Gilbert Simondon, j’appellerai les milieux as-sociés.

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Art & design Open Source Publishing le 06-01-2015

Open Source Publishing

«OSP makes graphic design using only free and open source software—pieces of software that invite their users to take part in their elaboration. Founded in 2006 in the context of Brussels art organisation Constant, the OSP caravan now comprises a group of individuals from different background and practices: typography, graphic design, cartography, programming, mathematics, writing, performance. Through a collaborative practice, they work on workshops, commissioned or self-commissioned projects, searching to redefine their playground, digging towards a more intimate relation with the tools.

OSP has worked with organisations both large and small, and collaborated with individual artists. They have organised workshops at many art schools (Royal College of Art, Merz Akademie, Piet Zwart Instituut) and festivals (Vietnam Open Design Week, Festival de Chaumont). Finally, in divided Belgium, they have won both the most beatiful book of Flanders and the most beatiful book of Brussels/Wallonia. For a complete list, see the Curriculum.
True to their name, OSP publishes all the the source files to their projects through their website http://osp.constantvzw.org.

How do we work?

OSP is a collective—or more specifically, a caravan. When a new collaboration comes in (contact), we create in-between us a team to take it on: usually 2 to 4 designers. Two of the designers become “la conscience”, which means that they are responsible for communication with the client/collaborator.

During the job, we work together using a versioning system that houses all the files for the project. This system is accessible for the client, and also for the outside public. We are Open Source publishing, after all!»
Source
Site

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Initiatives Antoine Gelgon Archi-trace le 04-01-2015

Archi-trace Antoine Gelgon

Archi-trace est le cahier ouvert des recherches du mémoire d’Antoine Gelgon Documenter les productions en design graphique.

«La plus forte cause d’aliénation dans le monde contemporain réside dans cette méconnaissance de la machine, qui n’est pas une aliénation causée par la machine, mais par la non-connaissance de sa nature et son essence, par son absence du monde des significations, et par son omission dans la table des valeurs et des concepts faisant partie de la culture.»  ➞xGilbert Simondon - Du mode d’existence des objets techniques

Voir le site

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Initiatives Arytmetek Tribe Free Party 2014-2015 le 30-12-2014

Free Party 2014-2015 Arytmetek Tribe

MuscanoiZ Sound System

Message des orgas pour demain soir (soirée du nouvel 2014-2015)
À lire jusqu’au bout ....

Nous tenons à faire un petit point sur ces deux mots que vous avez vu apparaître en grand au bas de notre flyer et qui, pour nous, veulent dire beaucoup.

L’autogestion.
Littéralement, se gérer soi même.
C’est l’un des principes fondamentaux en free party. Le mouvement free party (comme nous l’entendons) revendique sa capacité à se gérer lui même, sans l’intervention de la société, de l’Etat ou de dirigeants extérieurs.

Nous réquisitionnons un lieu, l’espace d’un moment et nous en faisons un endroit affranchi de toutes les lois en vigueur. Nous agissons selon nos principes, selon nos codes, selon notre façon de voir les choses.

Bien plus que de la simple rébellion ou un acte de délinquance , comme le montre notre société, la free party c’est la mise en place d’un groupe auto-géré, libre de penser et d’agir le temps d’une fête.

Cette auto-gestion, VOUS en faites partie.Vous la construisez.
Ayez en conscience, ne reproduisez pas les mêmes schémas que ceux imposés par notre société. Sur-consommation (y compris de drogue!), dominance, individualisme, intolérance, ...

Si vous ne connaissez pas encore les valeurs de ce mouvement, soyez curieux, et sachez vous entourer des bonnes personnes.

L’autogestion est étroitement liée au RESPECT.

Le respect de soi même tout d’abord. Que ce soit dans tes consommations ou dans ta façon d’agir et de parler, en te respectant, tu te sentira mieux dans tes pompes et surtout, tu pourra commencer à respecter autrui!
Chacun doit pouvoir trouver sa place sans se sentir mal à l’aise, oppressé ou énervé par l’autre.

Et là encore, tu as ton rôle. En faisant preuve de respect bien sûr mais aussi en étant acteur autour de la soirée. calmer une baston, aider une nana qui se sent emmerdée, empêcher un relou de monter sur un toit, .... Pas besoin d’aller chercher les orgas pour ça, prenez vous en main, agissez et faites passer le message.

Et en parlant d’orgas ... si il y a bien quelqu’un à qui vous devez du respect au cours d’une soirée, c’est bien à eux!

On prends des risques, on vous fait danser, on y mets tout notre coeur et notre temps. La plus belle des récompenses que vous puissiez nous offrir, c’est le respect de ce travail.

Alors si passer derrière le mur, refuser de descendre des enceintes quand on te le demande, ou devenir insupportable au bar te semble normal, pas grave et fait partis de ta soirée, un conseil, ne perds pas ton temps à venir chez nous.

La free party, au delà de son aspect festif est un véritable acte politique.
C’est prendre la responsabilité de participer à la mise en place d’un mouvement alternatif, d’un système libertaire auto-géré.

Et même si en se démocratisant, le mouvement perds de son essence politique, de sa subversivité pour ne laisser place plus qu’au plaisir, nous sommes heureux de pouvoir écrire ces pages à vos côtés.

En espérant en remplir une belle le 31.

Arytmetek Tribe.

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Vidéos Bernard Stiegler Socrate et les hackers le 22-12-2014

Socrate et les hackers Bernard Stiegler

Cette conférence s’est tenue le 13 avril 2010 à la Maison de la Culture de Malakof.

Voir la conférence.

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Initiatives Collectif http ://madchat.fr/ le 22-12-2014

http://madchat.fr/ Collectif

repositorium.txt(8) [----] 0: 1+ 7= 8/ 64 - *312 /3581b= 10

|--|_|--| ____|-|_| |_____west dungeon tower cross-section__________________________

SYNOPSIS

http://madchat.fr/ - bibliothèque de données libres

DESCRIPTION

Agrégation/sédimentation de volumes de connaissances

OVERVIEW

[DIR] -< bricolo >/ - lockpicking, urbex, ...

[DIR] -< coding >/ - prog docs sources c/c++ rezo perl sh

[DIR] -< crypto >/ - cyphers stegano vpn hash/lib/algo

[DIR] -< esprit >/ - le maitre des ames

[DIR] -< e-zines >/ - vieux et moins vieux emags

[DIR] -< reseau >/ - sekurite, monitor et defense reseau

[DIR] -< search >/ - saint-bernard des textes enneiges

[DIR] -< sysadm >/ - unix guides admin seku kernel

[DIR] -< vxdevl >/ - naissance intelligence cybernetique

FILES

~4 Go | Creations de la scene open-source libre et parfois souterraine

SYNTAX

http://madchat.fr/coding/c/sources/

http://madchat.fr/esprit/texture/vitaminK.jpg

ARCHIVES

Contient les fichiers du dossier courant tels qu’ils étaient dans le précédent m4dch4t, si ils ont été modifiés.

ENVIRONMENT

C’est la zone

Attention aux champignons

FORMAT

Automatic directory listing en l’absence d’index: Apache mod_autoindex Ce n’est pas ’le site d’un groupe’ et il n’y a pas de ’pages web’ (x100)

POLICY

Espace gratuit et libre

La base de fichiers ne revendique rien

«The reason we are staying anonymous is to ensure that people know that we are working on phrack for all the right reasons. and also of course because privacy is valuable.»

--phrack57, introduction

RELATED DOCUMENTATION

rfc793, TCP specification.

rfc1122, TCP requirements and a description of the Nagle algorithm.

rfc2581, TCP algorithms.

rfc819, Domain naming convention for internet applications

rfc883, Domain names - implementation and specification rfc920, Domain requirements

rfc952, DOD Internet host table specification

rfc974, Mail routing and the domain system

rfc1032, Domain administrators guide

rfc1033, Domain administrators operations guide

rfc1034, Domain names - concepts and facilities rfc1035, Domain names - implementation and specification

rfc1101, DNS encoding of network names and other types

rfc1122, Requirements for Internet hosts - comm. layers

rfc1123, Requirements for Internet hosts - application

rfc1183, New DNS RR definitions

rfc1348, DNS NSAP RRs

rfc1535, A security problem and proposed correction

rfc1536, Common DNS implementation errors

rfc1537, Common DNS data file configuration errors

rfc1591, Domain Name System structure and delegation

rfc1597, Address allocation for private internets

rfc1627, Network 10 considered harmful

rfc1637, DNS NSAP resource records

rfc1664, Using DNS to distribute X.400 address mappings

rfc1700, Assigned numbers

rfc1706, DNS NSAP resource records

rfc1712, DNS encoding of geographical location (GPOS)

rfc1713, Tools for DNS debugging

rfc1794, DNS support for load balancing

rfc1876, Expressing location information in the DNS (LOC)

rfc1884, IP v6 addressing architecture

rfc1886, DNS extensions to support IP v6 (AAAA)

rfc1912, Common DNS operational and configuration errors

rfc1982, Serial number arithmetic

rfc1995, Incremental zone transfer in DNS (IXFR) rfc1996, Prompt notification of zone changes

rfc2010, Operational criteria for root nameservers

rfc2052, Specification of location of services (SRV)

rfc2065, DNS security extensions (KEY/SIG/NXT)

rfc2136, Dynamic updates in the DNS

rfc2137, Secure DNS dynamic update

rfc2163, Using DNS to distribute global address mapping (PX)

rfc2168, Resolution of Uniform Resource Identifiers (NAPTR)

rfc2181, Clarifications to the DNS specification

rfc2230, Key exchange delegation record for the DNS (KX)

rfc2308, Negative cacheing of DNS queries

rfc2317, Classless in-addr.arpa delegation

rfc2535, DNS security extensions (KEY/SIG/NXT)

rfc2538, Storing certificates in the DNS (CERT)

rfc2541, DNS security operational considerations

rfc2671, Extension mechanisms for DNS (OPT)

rfc2782, Specifying the location of services (SRV)

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Livres & textes Stdin Écrire le design. Vers une culture du code le 20-12-2014

Écrire le design. Vers une culture du code Stdin

Créées, manipulées et stockées informatiquement, les productions imprimées sont avant tout numériques. Les logiciels dominants dissimulent aujourd’hui encore cette nature par l’émulation des méthodes traditionnelles de création. L’utilisation de la programmation, méthode privilégiée de création et de manipulation d’objets numériques, semble toutefois gagner l’intérêt des designers graphiques. Les projets présentés ici, dessinant différentes tendances, questionnent l’articulation entre le design graphique et la programmation. Le code sert-il uniquement à supprimer les redondances? Comment dépasser l’attrait purement esthétique de la machine pour se forger un regard critique sur le code et ses effets?

Lire le texte (pdf).

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Vidéos Richard Stallman Copyright vs. Community le 19-12-2014

Copyright vs. Community Richard Stallman

On the 7th of November 2012, Richard Stallman held a lecture at Reykjavik University, entitled "Copyright vs. Community".

The following is the abstract of the lecture:

«Copyright developed in the age of the printing press, and was designed to fit with the system of centralized copying imposed by the printing press. But the copyright system does not fit well with computer networks, and only draconian punishments can enforce it.

The global corporations that profit from copyright are lobbying for draconian punishments, and to increase their copyright powers, while suppressing public access to technology. But if we seriously hope to serve the only legitimate purpose of copyright--to promote progress, for the benefit of the public--then we must make changes in the other direction.»

The above work is licensed under a Creative Commons Attribution-NoDerivs 3.0 Unported License (http://creativecommons.org/licenses/b...).

This lecture is also available here: http://upptokur.ru.is/stallman2012/ - encoded using formats approved by Stallman.

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Vidéos Brett Gaylor R.I.P : remix manifesto le 19-12-2014

R.I.P: remix manifesto Brett Gaylor

Ce long métrage documentaire fouille les complexités de la notion de propriété intellectuelle à l’ère du partage de fichiers pair-à-pair. Le cinéaste militant du Web Brett Gaylor interroge des acteurs importants du débat, dont le roi des collages musicaux de Pittsburgh, Girl Talk. Création de «remixage» en soi, RiP fracasse les barrières entre utilisateurs et producteurs et conteste les limites de «l’utilisation équitable».

Visionner le documentaire.

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Livres & textes Vincent Perrottet Partager le regard le 17-12-2014

Partager le regard Vincent Perrottet

Ce texte a été initialemment posté sur www.partager-le-regard.info.

Plus que jamais et de façon croissante, nous évoluons dans des sociétés qui façonnent nos consciences par les images.

Chaque personne vivant dans l’espace urbain est confrontée quotidiennement à des centaines de messages visuels, informations commerciales ou de services publics qui communiquent sur leurs actes.

Ces images graphiques imprimées ou projetées occupent les trottoirs des villes, les quais et les couloirs des transports collectifs, les emballages, les pages des journaux, des magazines et des sites web. Les vêtements et les bâtiments s’en couvrent ainsi que bon nombre de véhicules.

L’espace public, et avec lui l’espace intime de chacun qui ne peut ignorer cette propagation, n’appartient plus à ceux et à celles qui l’habitent mais à ceux qui l’exploitent sans vergogne. Pire encore, le pouvoir sanctionne les détournements, graffitis, et autres formes inoffensives de résistance aux injonctions qui nous sont imposées par ceux qui se sont arrogé le droit de vendre l’espace commun.

Il est stupéfiant que ces millions de messages visuels imposés à nos yeux et à notre intelligence ne suscitent aucun commentaire, aucune critique cultivée, comme s’ils n’existaient pas, comme si cela ne nous concernait en rien. Le regard que nous portons individuellement et collectivement sur cette production visuelle colossale n’intéresserait-il personne?

Pourtant les enjeux liés à la production de sens par l’image sont gigantesques et concernent le monde dans son ensemble.

La représentation des personnes, des objets, des espaces et de la relation des uns entre les autres, l’expression des sentiments humains, du plaisir, de la souffrance et de l’indifférence, de l’organisation politique et économique des sociétés, donnent normalement à ceux qui en ont la charge, une responsabilité qui ne peut pas se situer hors des débats, ni fonctionner dans une opacité rendant possibles tous les abus.

Dans un monde se donnant à comprendre en grande partie par l’exercice du regard, ceux qui décident des images prennent un pouvoir qui devient totalitaire s’il n’est pas questionné démocratiquement.

Mais comment cultiver le regard de façon à le rendre ouvert, critique et citoyen plutôt que soumis et condamné à ce flot incessant d’ordres, d’injonctions et de messages infantilisants destinés «à faire rêver» comme le vend le monde publicitaire, premier producteur d’images?

Les journalistes de la presse imprimée ou audiovisuelle se sont résignés depuis longtemps à accepter que leur outil d’expression soit soumis à la publicité et au chantage économique qu’elle exerce dès qu’on en vient à critiquer ses chefs, leurs clients ou leurs méthodes. Ils ont ce faisant perdu le crédit démocratique dont ils jouissaient, et n’ont pas à aller chercher bien loin les explications de la défiance que leur portent aujourd’hui ceux qu’ils prétendent informer. Ils se doivent de faire une belle révolution intellectuelle et essayer de comprendre le rôle de toutes les images dans les lieux où ils agissent.

L’état, son administration et les représentants élus du peuple ne se sont jamais engagés dans une véritable politique d’éducation du regard, aussi bien à l’école de la République que dans l’élaboration d’outils culturels qui proposeraient à tous une connaissance de l’histoire, des pratiques et des formes graphiques. Dans ce domaine, les quelques personnes qui y réfléchissent et travaillent à partager leurs connaissances et savoirs-faire ne trouvent aucun espace où s’exprimer, ni les moyens de la mise en œuvre de cette culture démocratique pourtant si cruciale.

L’absence sur le territoire français de lieux dédiés à l’activité graphique rend impossible une véritable connaissance de ses formes, de son patrimoine et de son histoire.

Les grandes institutions nationales que sont le Centre Georges Pompidou et le Musée des arts décoratifs ont pratiquement failli à leur mission de culture du design qui leur était pourtant dévolue à l’origine. La Bibliothèque nationale de France qui fait un travail de collecte grâce à quelques personnes passionnées, conserve, sans pouvoir les montrer, des chefs d’œuvre de l’art graphique. Celles et ceux qui connaissent le champ de l’expression du graphisme savent que de grands créateurs construisent des formes exceptionnelles. Ils essaient d’en faire profiter le plus grand nombre sans presque jamais y parvenir.

Les rares manifestations qui s’emploient à faire émerger une culture du design des images ( le Festival de Chaumont, le Mois du graphisme d’échirolles, Une Saison Graphique au Havre, Graphisme dans la rue à Fontenay-sous-Bois, Les Rencontres de Lure... ) manquent cruellement de moyens, même si les municipalités qui les ont vues naître les subventionnent à la hauteur de ce qu’elles estiment pouvoir faire, mais que l’état néglige si l’on considère ce qu’il donne avec une grande parcimonie.

Il existe en France un nombre important d’espaces d’exposition, de conservation et de recherche pour les arts plastiques et l’art contemporain, mais ceux-ci n’ouvrent pas leurs yeux et encore moins leurs portes à une expression qu’ils semblent considérer comme mineure. S’ils ont compris qu’il existe chez les cinéastes, les photographes, les architectes et les designers d’objets de grands créateurs dont le travail est montré en exemple de ce que doit être la qualité proposée aux citoyens, ils peinent à accepter cela du design graphique.

Que pensent-ils de nos prédécesseurs ( Lautrec, Cassandre, Rodtchenko, Heartfield, Müller-Brockmann, Savignac, Rand, Tomaszewski et tant d’autres ) dont les travaux occupent pourtant les cimaises de grands musées dans le monde?

Le fait que ces institutions culturelles soient elles-mêmes dans la position de commanditaire pour la mise en forme de la communication de leurs informations, associé à la manière qu’elles ont le plus souvent de traiter les graphistes en prestataires de services, ne facilitent pas la reconnaissance de cet art.

Alors comment considérer la faiblesse formelle et la vacuité intellectuelle de l’immense majorité des images imposées à notre regard dans les espaces publics et privés?

Faute de lieux cultivant le goût des français, seules s’inscrivent dans la mémoire collective les images exposées dans l’espace public, presque jamais regardées et encore moins lues et décodées, mais qui, par la puissance de leur nombre, remplissent parfaitement leur mission de normalisation du regard par le bas : la transformation du citoyen en consommateur. Ces messages visuels condescendants et sexistes, qui n’informent jamais sur la réalité des produits ou des services qu’ils proposent, sont conçus par des agences de publicité et de communication dont le principal objectif n’est pas de réaliser des formes qui intéresseraient, en les éclairant, celles et ceux qui les regardent, mais de faire un chiffre d’affaires à la hauteur de ceux qui les emploient. En manipulant les affects et en simplifiant les messages, pour une supposée lisibilité ou clarté de la communication, ils deviennent un outil de propagande très efficace pour une société qui joue les individus les uns contre les autres dans l’obsession consumériste depuis les années 80. Le personnel politique et l’administration française pilotés par des conseils en communication en ont adopté les formes visuelles et la terminologie. La médiocrité du débat démocratique que politiciens et chroniqueurs déplorent ces temps-ci n’est que le miroir des formules simplistes et des recettes caricaturales de leurs conseillers.

Concurrence, compétition et compétitivité se substituent aux valeurs de la République que la publicité raille sans jamais n’être contredite.

Un système délétère s’est insinué dans la commande publique nationale, régionale et institutionnelle et rend presque impossible la production de signes ou de messages visuels de qualité, alors qu’elle devrait être exemplaire et que beaucoup de créateurs ont le désir de l’accompagner de leurs connaissances et de leur talent.

Depuis quelques années, sont apparus dans l’organigramme de ces institutions des responsables de la communication qui ont la charge de penser et d’organiser les informations de leur structure en direction des publics. Ils doivent gérer la relation avec les créateurs de formes, décider de l’économie des projets et de leur diffusion.

Ces personnes sont la plupart du temps incompétentes à remplir valablement leur mission. Elles sont sans formation liée au design en général et encore moins aux formes graphiques. Elles n’ont aucune connaissance quant à l’économie sociale des ateliers de création et peu de maîtrise des sciences humaines et sociales (sociologie, sémantique, sémiologie...) qui sont les sources avérées du design, indispensables pour penser et construire les formes.

Cette incompétence a pour effet de produire des consultations surréalistes où l’on demande aux studios de graphisme, systématiquement mis en compétition, de travailler des jours durant pour concevoir et réaliser des visuels sans être rémunérés ou ridiculement. De demander plusieurs solutions au créateur, alors que ce qui fonde la capacité de créer, c’est la capacité de faire des choix conceptuels et formels originaux, pas de faire semblant de donner le choix à des personnes qui sont rarement qualifiées pour juger de la qualité d’une œuvre graphique.

Alors qu’ils ont la charge de guider leurs institutions par leur expertise (quand ils en ont une) et d’expliquer à leurs supérieurs les choix qu’ils font, ces responsables de la communication se soumettent presque toujours à l’avis non cultivé de leurs chefs. Responsabilité et communication se conjuguent mal à l’endroit du pouvoir.

La servilité convoquant l’arrogance, il faut les écouter nous dire les goûts des publics dont ils ne savent souvent rien faire d’autre que de les compter.

Comment dire l’immense circonspection des graphistes face à un responsable de la communication qui tient leur sort entre son infinie servitude et la puissance que lui confère sa place.

Les directions des institutions devraient se défier de celui qui donne toujours raison à ses supérieurs. En démocratie, la hiérarchie n’implique pas la soumission. Un responsable ne l’est que si on lui en confie le pouvoir, sinon il ne vaut rien.

Ici, nous tenons immédiatement à remercier celles et ceux qui, dignes de leur poste de responsabilité, permettent à la création graphique de proposer des informations claires dans des images remarquables. Ils se reconnaîtront et leurs structures avec.

À l’endroit de la création, ce ne sont pas les compétiteurs qui font avancer la relation entre les formes visuelles et le regard, mais ceux qui connaissent, pensent et pratiquent les formes. Les compétiteurs «gagnent» des marchés et des budgets mais perdent, dans l’énergie qu’ils y mettent, l’essentiel de leur disposition à créer, à toucher et réfléchir l’autre.

Pour une bonne relation entre la création et ceux qu’elle accompagne, il faut que chacun s’y retrouve. Le créateur doit faire son travail du mieux possible et le commanditaire, dont l’information apparaît publiquement, être fier de l’image qu’il donne aux autres.

Les affiches et publications exemplaires, que seuls les bons musées commencent à collectionner et à placer dans la perspective de tous les arts, le sont grâce à l’institution qui les a commanditées et à ceux qui les ont portées.

Réconcilier les citoyens avec les institutions peut se faire en repensant la façon dont les pouvoirs publics communiquent visuellement envers ceux qui les ont élus et les financent.

Prendre – par les images qu’on lui adresse – le peuple français pour un marché de consommateurs, c’est le réduire à la longue au grégarisme. Ne plus nous penser en citoyens responsables et solidaires les uns des autres, c’est générer les rivalités mortifères qui nous déshumanisent.

 ➞Le graphiste ( ou designer graphique ) est un généraliste de la mise en forme visuelle, il dessine «à dessein» - souvent dans le cadre d’une commande - les différents éléments graphiques d’un processus de communication.*

 ➞Aujourd’hui la plupart des créateurs graphiques ont étudié cinq années après le baccalauréat dans des écoles supérieures d’art et de design, certaines sous tutelle du Ministère de la culture, et ont le plus souvent perfectionné leur formation dans des stages en ateliers ou agences de design en France et à l’étranger.

 ➞Le temps qu’il faut ensuite pour que la production de ces créateurs se singularise, que leur écriture soit reconnaissable parce qu’incarnée, est un temps long. Ce sont dix années (exceptionnellement moins) de travail passionné, formel et intellectuel qui forgent l’indépendance d’esprit et la liberté nécessaire à toute création.

 ➞* définition donnée par une assemblée de graphistes en juin 1987 lors des États généraux de la Culture

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Livres & textes Anthony Masure Adobe, le créatif au pouvoir le 16-12-2014

Adobe, le créatif au pouvoir Anthony Masure

Cet article a initialement été publié sur Strabic.

Jean utilise les «solutions» Adobe pour concevoir des présentations où il associe textes et images. Depuis qu’il se sert de ces outils, cela n’a jamais été aussi simple. La pieuvre Adobe Systems (qui a avalé en 2005 son concurrent Macromedia) déploie à intervalles réguliers ses suites créatives qui font d’un simple employé du secteur tertiaire un créatif en puissance.

A l’issue de sa présentation, Jean a été félicité par ses collègues. Ils ont même applaudi!  ➞1Publicité sur Adobe.com, consultée le 7 avril 2011.

Lev Manovich, dans l’ouvrage récemment traduit Le Langage des Nouveaux Médias ➞1Lev Manovich, Le langage des nouveaux médias, Les Presses du Réel, 2010., analyse le mode d’existence contemporain des logiciels sous l’angle d’une «logique de la sélection». Il constate que notre approche des outils de création (et des softwares en général) se fait essentiellement par la «sélection» d’actions à partir de menus prédéfinis.

Adobe a précisément bâti son empire sur cette idée, en ajoutant à chaque itération de ses logiciels des lignes supplémentaires dans les menus. La richesse supposée du programme tient à l’accumulation de choix à sélectionner: toujours plus de lignes et de curseurs déplaçables. Les publicités ciblant les habitués de la marque sont orientées dans ce sens, elles ne font la plupart du temps que lister les nouveaux ajouts de menus. La création serait donc fonction d’une suite de choix à régler dans des listes prédéfinies. Ces présaisies ont pour but d’organiser et de simplifier le cheminement de l’utilisateur, dans un souci d’efficacité.

La création est vue ici comme un processus sans effort et sans résistance.

Adobe entend proposer des «outils familiers» pour les créatifs, destinés à exprimer sans heurts les «idées les plus folles». Le logiciel de création est conçu pour servir de façon satisfaisante le créatif, que l’on pourrait alors considérer comme un usager, c’est-à-dire quelqu’un qui se sert de quelque chose en vue d’obtenir un résultat déterminé. Il attend que son objet puisse réponde de façon précise à ses attentes  ➞2Pierre-Damien Huyghe, conférence Définir l’utile, donnée à l’IFM le 6 avril 2011. Le logiciel lui en donnerait le pouvoir, c’est-à-dire la condition matérielle d’accomplir une action.

Les programmes tels que ceux d’Adobe rendent service quand ils ne s’écartent pas de ce qui était prévu. Ils organisent une «mise à disposition» de la créativité (Pierre-Damien Huyghe). Ils indiquent une disponibilité servile qui font de ces objets nos serviteurs impassibles. L’ordinateur ne se plaint jamais et ne peut pas ne pas servir, sauf dans le cas du bug. Il enclot notre réflexion dans des choix donnés. La dimension de souffrance du travail est évacuée, au profit d’une fluidité «sans écrire de code» (Adobe). Aucune résistance, aucun imprévu ne doit interrompre le flow des créatifs.

Pendant naturel des fonctions automatisées, les sources d’inspirations sont aussi organisées en sélections. Ces aides à la création sont facilement disponibles via des sites accumulatifs (smashing magazine, daily dose of inspiration, designer daily…) Ceux-ci fonctionnent par billets thématiques et rassemblent sur le mode du catalogage une collection de liens sur un même sujet, sans chercher à l’épuiser ou à le problématiser. Les bases (ou images-source) sont indexées de plus en plus finement pour faciliter la recherche via des moteurs généralistes. S’opère ici une économie de la radicalité ou de l’imprévu par la recherche d’un consensus sur un même mot-clé (keyword). Il s’agit de donner l’idée au grand public que la création est quelque chose de facile, par la navigation sans effort parmi des galeries d’images lissées.

Dans ce pouvoir nouveau donné aux créatifs se dessine en creux une démocratisation voulue et provoquée par les décideurs. Si le prix du logiciel reste prohibitif pour le grand public, Adobe segmente sa gamme en produits moins chers dit «essentials», tout en laissant faire (voire en favorisant?) le piratage des versions professionnelles pour habituer à s’en servir ceux qui de toute façon ne les auraient jamais achetées. Il en va souvent de même dans les écoles d’art et de design, où aucune alternative n’est envisagée. Cette hégémonie finement contrôlée déplace le pouvoir de l’usager vers l’entreprise de services, qui dicte tous les ans un rythme de renouvellement de son système. Suite à l’émergence de professions identifiées comme le chef de projet, des programmes dédiés (Adobe Version Cue) se chargent désormais d’organiser le savoir-faire organisationnel. Il devient lui-aussi affaire de systèmes parfaitement réglés.

Automatisation des fonctions, travail organisé en «chaîne de production» (Adobe), capitalisation de «l’imagination au pouvoir» de quelques grands groupes… autant de notions qui articulent l’idée d’une production sans accrocs et sans fin, c’est-à-dire une production industrielle. L’organisation croissante au tournant du siècle des systèmes de fabrication a pour but d’achever l’idée d’une réalisation qui irait droit du concept à l’objet. Cette absence de divergence est encouragée et guidée par des méthodes qui deviennent systèmes: taylorisme, fordisme… Ils visent à donner place à chaque outil, étape, personnel de production.

Dans cette prise de pouvoir concentrée autour de la production sans accident, le prolétaire perd l’usage de ses savoir-faire, dont il est dépossédé. L’ouvrier devient usager de son outil de production, parfaitement conçu pour effectuer une action précise. Les gestes et temps de travail ne doivent pas diverger de l’organisation mécanisée des structures productives. Dès 1844, dans les Manuscrits Économiques, puis dans le chapitre 14 du Capital, Marx pose la question de l’aliénation et de la soumission à la machine. S’il n’insiste pas spécifiquement sur le terme de pouvoir, il nous alerte sur l’ordre nécessairement autoritaire de l’industrie pour contenir les risques d’indiscipline des ouvriers.

Le prolétaire est une machine dans son travail, et aucun accomplissement social n’y est possible. Son salaire doit juste lui permettre de subsister dans sa condition ouvrière. Le pouvoir de la manufacture soumet l’ouvrier à un ordre dont il ne peut pas se détourner ou diverger.

Si les «créatifs» sont généralement bien lotis financièrement, une analyse marxiste plus poussée pourrait nous permettre d’envisager des recoupements entre le prolétaire ouvrier et l’assistant de création. Il faudrait alors déplacer les notions d’aliénation et de subsistance vers celles de dépendance et de pensée dans un système prédéfini et difficile à déplacer.

S’il serait abusif de faire des logiciels Adobe des outils purement limitatifs, rien n’indique en eux une volonté d’ouverture vers l’imprévu.

Concurrence inexistante et faiblesse des solutions libres (The Gimp) contribuent à ce monopole problématique, qui fait encourir un danger de formatage des productions (même constat avec l’éditeur 3D Autodesk, avec l’éloignement de la matière en sus). En faisant l’économie de modèles divergents, Adobe organise les modes de travail en réduisant les possibilités à des dispositifs constitués dans des choix de sélections (Lev Manovich).

Le passage du réglage à la sélection (il faudrait développer ce point) est celui de l’ouverture des possibles vers un mode de réflexion borné, automatisé comme les modes scènes des appareils numériques contemporains. Il nous enjoint à appliquer des méthodes créatives réalisables sans effort grâce à des outils dédiés (automatisations, filtres), utilisables servilement via des sélections organisées discrètement.

En faisant du designer un créatif se servant sans effort d’une suite d’outils, Adobe rabat la dimension d’usage sur l’activité artistique. L’iconographie marketing de ses publicités montre des designers et décideurs envisagés sous l’angle de la rentabilité et de l’efficacité. La pensée doit tracer sa route sans écart pour répondre efficacement aux sollicitations de l’économie de la créativité. Mais qu’économisons-nous quand nous raisonnons ainsi?

Est-il pertinent d’envisager l’activité de création comme une économie d’efforts et de modalités?

Il est d’autres voies possibles, qui feraient place au hasard, à la divergence, aux imprévus, et c’est même ce que nous pourrions nommer «design». Les objets serviles nous desservent de nos pratiques. Là où Adobe pense en termes de solutions, le designer créé de la divergence dans des systèmes techniques ou réflexifs. C’est paradoxalement en ouvrant et en se jouant de la résistance de l’idée à la forme que le designer peut construire son autonomie. C’est dans cette nécessaire liberté qu’un pouvoir pourrait s’exercer.

L’outil numérique serait à envisager comme un champ de possibles qui ne serait pas autoritaire et normé (deux notions habituellement liées au pouvoir). Le dispositif, dont Giorgio Agamben (via Foucault) montre «qu’il s’inscrit toujours dans une relation de pouvoir» manifeste sa volonté de clôture dans une utilisation dictée (voire ordonnée) par des modes d’emploi et habitudes culturelles. L’idée d’un «usage correct» du dispositif est caduque car il n’existe pas de bon usage, ou plutôt que faire usage d’un objet n’a à voir qu’avec des conduites qui n’en n’épuisent pas les possibles (Pierre-Damien Huyghe). Il s’agirait donc de faire varier les attendus serviles des objets, qui s’épuisent dans leur fonction. Ce jeu (liberté de mouvement) serait alors une zone de pouvoir possible, qui ne serait plus orientée en vue d’obtenir un effet déterminé.

L’open source (code source libre), sans en faire une lecture naïve de remède anti-autoritaire, serait du côté d’un pouvoir rendu en amont et en aval à l’usager. La conception nécessairement ouverte et partagée du programme implique un pouvoir non concentré, qui met de fait «au pouvoir» les membres de la communauté. Ce pouvoir partagé ne serait pas celui d’une volonté de contrôle mais plutôt un pouvoir décentralisé et diffus. Il existe des degrés d’implication divers dans la conception du programme, qui ne sont pas ceux d’un projet normé et balisé. Même si des roadmaps (feuilles de route) sont nécessaires, des retards et fonctions de dernière minute peuvent apparaître, de même que des forks (fourches) qui sont une bifurcation du programme, redéveloppée par une partie de la communauté des développeurs.

Il y a ici une forme de valorisation qui ne passe pas par des logiques de profit, une économie de la connaissance qui fait de l’usager un contributeur (Bernard Stiegler).

Alors que les logiciels utilitaires épuisent l’attention dans une simple tâche à effectuer, il y a dans les codes sources ouverts l’idée d’une amélioration possible depuis la base. N’importe qui peut faire remonter des idées ou améliorations (il faudrait détailler ces différents degrés possibles d’interventions). Le programme est aisément reconfigurable pour répondre à des localisations (terme qui désigne à la base la traduction) ou contextes précis, qui ne sont pas forcément ceux qui sont le plus économiquement viables. Le pouvoir de changer librement éloigne ce type de programme des notions de système (pas de ligne figée, ni de concepts inamovibles) et de dispositif (pas d’idée de manipulation ou de rapport de force).

Ce passage du logiciel-outil à un champ de possible, cela serait l’appareil. Un appareil s’envisage par sa capacité à ouvrir une disponibilité à partir de réglages (voir l’ouvrage collectif L’art au temps des appareils, sous la direction de Pierre-Damien Huyghe  ➞3Pierre-Damien Huyghe (dir.), L’art au temps des appareils, Éditions l’Harmattan, collection Esthétiques, 2005). Appareiller un dispositif serait donc œuvrer à sa mise en jeu, ce qui dépasse la logique de fonctions sélectionnables pour réactiver une liberté permettant de nous subjectiver. Reste à envisager ce modèle en action, répondre à ces questions en designer. Le «créatif» devra pour un temps encore se satisfaire d’utilitaires. Des productions intéressantes peuvent bien sûr émerger, à condition de prendre ses distances avec le conditionnement technique et marketing. Question d’attitude et de regard, qui passe aussi par un véritable enseignement de ces domaines afin de dépasser les usages pour en faire des pratiques.

À l’issue de sa contribution, Jean a été félicité par ses collègues. Ils ont même amélioré son code source!

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Livres & textes R. M. Stallman, S. Williams, C. Masutti RIchard Stallman et la révolution du logiciel libre le 16-12-2014

RIchard Stallman et la révolution du logiciel libre R. M. Stallman, S. Williams, C. Masutti

«Chaque génération a son philosophe, écrivain ou artiste qui saisit et incarne l’imaginaire du moment. Il arrive que ces philosophes soient reconnus de leur vivant, mais le plus souvent il faut attendre que la patine du temps fasse son effet. Que cette reconnaissance soit immédiate ou différée, une époque est marquée par ces hommes qui expriment leurs idéaux, dans les murmures d’un poème ou dans le grondement d’un mouvement politique. Notre génération a un philosophe. Ce n’est ni un artiste ni un écrivain. C’est un informaticien.»

L’informaticien en question s’appelle Richard Stallman. Et c’est parce que sa vie se confond avec celle du logiciel libre, que Lawrence Lessig n’hésite pas à voir en lui l’une des personnalités les plus importantes de notre époque.

Né en 1953, Richard Stallman est un programmeur américain hors pair considéré comme le «père» du logiciel libre. Son héritage est unanimement reconnu et son influence toujours plus grande sur nos sociétés actuelles de l’information et de la communication. Ses conférences en français débutent invariablement ainsi: «Je puis résumer le logiciel libre en trois mots: liberté, égalité, fraternité…».

Le site personnel de Richard Stallman
L’article Wikipédia sur Richard Stallman
Les sites de la Free Software Foundation
Le site GNU.org

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Livres & textes Collectif First things first le 04-12-2014

First things first Collectif

Ce manifeste a été publié dans les magazines Adbusters, AIGA Journal, Blueprint, Emigre, Eye, Form, Items, entre l’automne 1999 et le printemps 2000. Source

Manifeste pour le design graphique de l’an 2000

Nous, soussignés, concepteurs graphiques, directeurs artistiques et plasticiens, avons grandi dans un monde où les techniques et les instruments de la publicité nous ont constamment été présentés comme le moyen le plus lucratif, le plus efficace et le plus séduisant d’exercer nos talents. Nombre d’enseignants et de mentors encouragent cette croyance ; le marché lui apporte son suffrage ; un flot de livres et de publications l’alimentent

Encouragés dans cette voie, les concepteurs appliquent alors leurs compétences et leur imagination à vendre des biscuits pour chiens, du café, des diamants, des détergents, du gel pour cheveux, des cigarettes, des cartes de crédits, des chaussures de tennis, des produits contre la cellulite, de la bière light et des camping-cars résistants.

L’activité commerciale a toujours payé les factures, mais maintenant beaucoup de designers, dans une large mesure, en font l’essentiel de leur travail quotidien. C’est de cette façon que le monde, à son tour, perçoit la conception. La profession épuise son temps et son énergie à créer une demande pour des choses qui sont au mieux superflues.

Beaucoup d’entre nous sont de plus en plus mal à l’aise avec cette vision de la conception. Les designers qui se consacrent pour l’essentiel à la publicité, au marketing et au développement des marques soutiennent et approuvent implicitement un environnement mental tellement saturé de messages commerciaux qu’il change la façon même dont les consommateurs-citoyens parlent, pensent, sentent, réagissent et communiquent entre eux. Dans une certaine mesure nous contribuons tous à codifier un discours officiel réducteur et infiniment nuisible.

Nos compétences seraient mieux utilisées à défendre des causes et à résoudre des problèmes plus importants. Des crises environnementales, sociales et culturelles sans précédent requièrent notre attention. Beaucoup d’interventions culturelles, de campagnes de marketing, de livres, de magazines, d’expositions, d’outils éducatifs, de programmes de télévision, de films, de causes charitables et d’autres projets de conception de l’information exigent instamment notre expertise et notre aide.

Nous proposons un renversement des priorités en faveur de formes de communication plus utiles, plus durables et plus démocratiques – une prise de conscience éloignée du marketing de produit et tournée vers l’exploration et la production d’une nouvelle forme d’expression. Le champ du débat se resserre ; il doit s’étendre. La défense du consommateur demeure incontestée ; elle doit être mise à l’épreuve par d’autres perspectives exprimées, en partie, par les langages visuels et les ressources de conception.

En 1964, vingt-deux professionnels de la communication visuelle ont signé un premier appel  ➞1Egalement intitulé First Things First, il avait été publié dans Design, The Architects’Journal, SIA Journal, Ark, Modern Publicity et The Guardian, en avril 1964. pour que nos talents soient mis au service de vraies valeurs. Avec la croissance explosive de la culture commerciale globale, leur message est devenu plus urgent. Aujourd’hui, nous renouvelons leur manifeste dans l’espoir qu’il soit entendu dans les années qui viennent.

Signataires

Jonathan Barnbrook, Nick Bell, Andrew Blauvelt, Hans Bockting, Irma Boom, Sheila Levrant de Bretteville, Max Bruinsma, Siân Cook, Linda van Deursen, Chris Dixon, William Drenttel, Gert Dumbar, Simon Esterson, Vince Frost, Ken Garland, Milton Glaser, Jessica Helfand, Steven Heller, Andrew Howard, Tibor Kalman, Jeffery Keedy, Zuzana Licko, Ellen Lupton, Katherine McCoy, Armand Mevis, J. Abbot Miller, Rick Poynor, Lucienne Roberts, Erik Spiekermann, Jan van Toorn, Teal Triggs, Rudy Vanderlans, Bob Wilkinson, etc

Traduction française

in Art grandeur nature.
Signes extérieurs, éditions Synesthésie. 2004.

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Livres & textes Eblen Moglen L'anarchisme triomphant : Le logiciel libre et la mort du copyright le 27-11-2014

L'anarchisme triomphant: Le logiciel libre et la mort du copyright Eblen Moglen

Article préparé pour la publication à la conférence internationale Buchmann sur le droit, la technologie et l’information, à l’université de Tel Aviv en mai 1999. Traduction française par Jérôme Dominguez. Source

La propriété logicielle: le paradoxe théorique

LOGICIEL: aucun autre mot ne transporte plus profondément les effets pratiques et sociaux de la révolution numérique. Originalement, le terme était purement technique et servait à définir les parties d’un système d’ordinateur qui, contrairement au «matériel» (hardware) lequel consistait invariablement en un système électronique, pouvait être librement modifié. Les premiers logiciels se réduisaient à la configuration du branchement des câbles ou des interrupteurs sur les panneaux extérieurs d’un appareil électronique, mais à partir du moment où des moyens linguistiques d’altérer le comportement de l’ordinateur ont été développés, le «logiciel» a surtout signifié l’expression d’un langage plus ou moins humainement lisible qui décrivait et contrôlait à la fois le comportement de la machine.  ➞1La distinction était seulement approximative dans son contexte original. À la fin des années 1960, certaines portions des opérations de base du matériel étaient contrôlées par des programmes codés numériquement dans l’électronique de l’équipement informatique, figés après que les éléments quittent la fabrique. De tels composants utilisant un symbolisme, mais non modifiables, étaient connus dans le commerce comme des «microcodes», mais il est devenu courant de s’y référer comme le «microprogramme» (firmware). Le logiciel, comme le terme «microprogramme» le démontrait, faisait primairement référence à la possibilité pour les utilisateurs de modifier les symboles déterminant le comportement de la machine. Comme la révolution numérique fût le résultat de l’utilisation massive d’ordinateurs par des incompétents techniques, la plupart des logiciels traditionnels (des applications, des systèmes d’exploitation, des instructions de contrôle numérique etc.) est, pour la plupart de ses utilisateurs, du microprogramme. Ces logiciels peuvent être symboliques plutôt qu’électroniques dans leur construction, mais les utilisateurs ne peuvent pas les modifier même s’ils le voulaient, ce qu’ils souhaitent souvent, impuissants et amers. Cette «microprogrammisation du logiciel» est une condition primordiale de l’approche propriétarienne de l’organisation légale de la société numérique, qui est le sujet de cet article.

C’était alors le cas et ça l’est toujours. La technologie basée sur la manipulation d’informations numériquement encodées est maintenant socialement dominante dans la plupart des aspects de la culture humaine des sociétés «développées» ➞2Au sein de la génération actuelle, la conception même d’un «développement» social est en train de glisser de la possession d’une industrie lourde basée sur le moteur à explosion à une industrie «post-industrielle» basée sur les communications numériques et sur les formes de l’activité économique «basées sur la connaissance». . Le mouvement de la représentation analogique vers la représentation numérique (dans la vidéo, la musique, l’imprimerie, les télécommunications et même la chorégraphie, le culte religieux et le plaisir sexuel) transforme potentiellement toutes les formes de la créativité symbolique humaine en logiciels, qui sont des instructions modifiables décrivant et contrôlant le comportement de machines. La division entre le matériel et le logiciel est maintenant observée dans le monde réel ou social par une forme de dérivation régressive caractéristique de la pensée scientifique occidentale. Cette division est devenue une nouvelle manière d’exprimer le conflit entre les idées du déterminisme et de la libre pensée, de la nature et de l’éducation, des gènes et de la culture. Notre «matériel», câblé génétiquement, est notre nature et nous détermine. Notre éducation est le «logiciel», qui établit notre programmation culturelle et qui constitue notre liberté relative. Et ainsi de suite pour ceux qui n’ont pas peur du verbiage  ➞3En fait, un moment de réflexion révélera que nos gènes sont des microprogrammes. L’évolution a fait la transition entre l’analogique et le numérique avant les premiers fossiles recensés. Mais nous n’avons jamais possédé le pouvoir d’exercer des modifications directes contrôlées. Jusqu’à hier. Dans le prochain siècle, les gènes aussi deviendront des logiciels et, bien que je ne parle pas du problème plus loin dans cet article, les conséquences politiques de la libération du logiciel, dans ce contexte, sont encore plus dérangeantes qu’elles ne le sont en comparaison avec les aspects culturels.. Ainsi, le «logiciel» devient une métaphore viable pour toute l’activité symbolique, apparemment séparée du contexte technique de l’origine du mot, en dépit du malaise soulevé chez les personnes qualifiées lorsque le terme circule ainsi en supprimant la signification conceptuelle de sa dérivation  ➞4Voir, par exemple, J. M. Balkin, Cultural Software: a Theory of Ideology, New Haven: Yale University Press, 1998..

Mais si l’adoption massive de la technologie numérique, pour une utilisation par ceux qui ne comprennent pas les principes de son fonctionnement, permet l’emploi massif de la métaphore du «logiciel», elle ne nous permet pas en fait d’ignorer que les ordinateurs sont maintenant partout dans notre tissu social. Le mouvement de l’analogique vers le numérique est plus important pour la structure de nos relations sociales et légales que les mouvement du statut au contrat plus célèbres bien que moins certains  ➞5Voir Henry Sumner Maine, Ancient Law: Its Connection with the Early History of Society, and its Relation to Modern Idea, 1st edn., London: J. Murray, 1861. C’est une mauvaise nouvelle pour des intellectuels en droit qui ne le comprennent pas, c’est pourquoi le nombre de ceux qui font maintenant semblant de comprendre progresse. Potentiellement, cependant, cette grande transition est aussi une bonne nouvelle pour ceux qui peuvent s’approprier ce terrain nouvellement découvert. C’est pourquoi les actuels «propriétaires» de logiciels soutiennent et encouragent si fortement l’ignorance de tous les autres. Malheureusement pour eux, pour des raisons familières aux théoriciens en droit, qui n’ont pas encore compris la manière d’appliquer leur logique traditionnelle sur ce terrain, l’astuce ne marchera pas. Ce texte explique pourquoi  ➞6En général, je déteste l’intrusion de l’autobiographie dans une publication universitaire. Mais comme il est de mon triste devoir et mon grand plaisir de mettre en doute la qualification ou la bonne foi, tout simplement, de pratiquement tout le monde, je dois permettre ma propre évaluation. J’ai été confronté, pour la première fois, à l’art de la programmation informatique en 1971. J’ai commencé à gagner ma vie en tant que programmeur commercial en 1973 (à l’âge de treize ans) et continué ainsi jusqu’en 1985, dans différents services informatiques, d’ingénierie, et des entreprises de technologie multinationales. En 1975, j’ai aidé à écrire un des premiers systèmes de courrier électronique en réseau des États-Unis ; à partir de 1979, j’ai été engagé dans les services de recherche et de développement de langages informatiques avancés chez IBM. Ces activités ont rendu économiquement possible, pour moi, l’étude des arts, de l’érudition historique et de l’ingéniosité légale. Mon salaire était suffisant pour payer mes cours, non pas (pour anticiper un argument qui sera énoncé plus loin par les «écononains» parce que mes programmes étaient la propriété intellectuelle de mon employeur, mais plutôt parce qu’ils faisaient mieux fonctionner le matériel que mon employeur vendait. La plupart des logiciels que j’ai écrits étaient effectivement des logiciels libres, comme nous le verront. Bien que j’ai ultérieurement apporté quelques contributions techniques insignifiantes au vrai mouvement du logiciel libre, que cet article décrit, mes activités principales en sa faveur ont été légales: j’ai servi, ces cinq dernières années (bénévolement, naturellement), d’avocat général à la Free Software Foundation..

Nous devons commencer par réfléchir à l’essence technique des périphériques familiers qui nous entourent dans l’ère du «logiciel culturel». Un lecteur de CD est un bon exemple. Son entrée principale est une séquence de bits lue à partir d’un disque optique. La séquence de bits décrit la musique en termes de mesures de fréquence et d’amplitude, prises 44 000 fois par seconde, sur chacun des deux canaux sonores. La sortie primaire du lecteur est un signal sonore analogique  ➞7Le lecteur, bien sûr, a des entrées et des sorties secondaires: les boutons et les télécommandes infrarouges sont des entrées, et l’affichage du temps et du morceau sont des sorties.. Comme dans tout le reste du monde numérique, la musique est vue par le lecteur de CD comme de la pure information numérique ; un enregistrement particulier de la neuvième symphonie de Beethoven, interprétée par Arturo Toscanini, l’orchestre symphonique et la chorale de la NBC est (en omettant quelques chiffres insignifiants) 1276749873424, alors que le dernier enregistrement particulièrement pervers des variations de Goldberg par Glenn Gould est (de la même manière, particulièrement tronqué) 767459083268.

Assez bizarrement, ces deux nombres sont «copyrightés». Cela signifie, je suppose, que vous ne pouvez pas posséder une autre copie de ces nombres, une fois figés sur une forme physique, à moins que vous n’ayez un permis pour les utiliser. Et vous ne pouvez pas transformer 767459083268 en 2347895697 pour vos amis (corrigeant ainsi l’opinion ridicule de Gould sur le tempo) sans créer un «travail dérivé», pour lequel une licence est nécessaire.

En même temps, un même support optique contient un autre nombre, appelons le 7537489532. Celui-ci est un algorithme pour la programmation linéaire de grands systèmes avec de multiples contraintes, ce qui est utile, par exemple, si vous désirez une utilisation optimale de votre matériel roulant dans la gestion d’une voie ferrée de marchandises. Ce nombre est «breveté» (aux États-Unis), ce qui signifie que vous ne pouvez pas puiser dans 7537489532 pour vous-même, ou pour «pratiquer l’art» du brevet d’une autre manière en ce qui concerne la résolution de problèmes de programmation linéaire, quelque soit la manière dont vous arriviez à l’idée (ce qui inclut de la trouver vous même), à moins que nous n’ayez une licence du propriétaire du nombre.

Et puis il y a 9892454959483. Celui-ci est le code source de MS-Word. En plus d’être «copyrighté», celui-ci est un secret industriel. Ce qui signifie que si vous obtenez ce nombre de Microsoft, et que vous le donnez à quelqu’un d’autre, vous pouvez être puni.

Enfin, il y a 588832161316. Il ne fait rien, c’est juste la racine carrée de 767354. Autant que je sache, il n’est pas possédé par quelqu’un sous le coup d’une de ces catégories. Pas encore.

À ce point, nous devons nous occuper de la première objection d’érudits. Elle vient d’une créature connue sous le nom de l’IPdroïde. Le droïde a une pensée sophistiquée et une vie culturelle. Il aime beaucoup les dîners élégants et les conférences ministérielles sur les accords TRIPS (ou ADPIC), sans oublier ses apparitions fréquentes sur MSNBC. Il veut que vous sachiez que je commets l’erreur de confondre l’incarnation avec la propriété intellectuelle. Ce n’est pas le nombre qui est breveté, idiot, c’est l’algorithme de Kamarkar. Le nombre peut être copyrighté, car le copyright couvre les qualités significatives d’une incarnation tangible particulière d’une idée (dans lequel quelques propriétés fonctionnelles peuvent mystérieusement se mêler, à condition qu’elles ne soient pas emmêlées), mais pas l’algorithme. Même si le nombre n’est pas brevetable, l’«enseignement» même du nombre en rapport à la construction de voies ferrées tombe juste sous le coup du brevet. Et le nombre représentant le code source de MS-Word peut être un secret industriel, mais si vous le trouvez vous-même (en effectuant des manipulations arithmétiques sur d’autres nombres fournis par Microsoft, par exemple, ce qui est connu comme l’«ingénierie inverse» (reverse engineering), vous ne serez pas puni, du moins si vous vivez dans certaines parties des États-Unis  ➞8NdT: l’ingénierie inverse est légale en Europe pour des besoins d’interopérabilité et de compatibilité, en cas de mauvaise volonté ou d’impuissance de l’éditeur ou du constructeur..

Ce droïde, comme les autres droïdes, a souvent raison. La condition pour être un droïde est de tout savoir sur quelque chose et rien sur tout le reste. Le droïde a établi, par son intervention opportune et empressée, que le système actuel de la propriété intellectuelle contienne de nombreuses caractéristiques imbriquées et ingénieuses. Ces complexités se combinent pour permettre aux professeurs d’être érudits, aux députés d’obtenir des contributions à leur campagne, aux avocats de porter de beaux costumes et des mocassins à pompon, et à Murdoch  ➞9NdT: Ruppert Murdoch, magnat de la presse et de la finance. de s’enrichir. Ces complexités se sont principalement développées à une époque de distribution industrielle de l’information, quand celle-ci était inscrite dans des formes analogiques sur des objets physiques qui coûtaient significativement cher et à la construction, au déplacement, à la vente. Appliquée à de l’information numérique, qui se déplace sans friction à travers le réseau, et qui a un coût marginal par copie nul, tout cela fonctionne toujours, plus ou moins, tant que vous continuez à loucher.

Mais ce n’était pas ce sur quoi je discourais. Je voulais faire remarquer autre chose: que notre monde consiste de manière grandissante en de grands nombres (ou encore de séquences de bits) et que (pour des raisons qui n’ont rien à voir avec les propriétés émergeantes des nombres eux-mêmes) le système légal s’est actuellement engagé à traiter des nombres similaires de manière radicalement différente. Personne ne peut dire, simplement en regardant un nombre qui est long de 100 millions de chiffres, s’il est sous le coup d’un brevet, du copyright, sous la protection d’un secret industriel ou s’il est vraiment «possédé» par quelqu’un. Alors le système légal que nous avons (bienheureux, comme nous le sommes par ses conséquences, si nous sommes des enseignants sur le copyright, des députés, des lobbyistes de Gucci-gulch  ➞10NdT: Gucci-gulch est le surnom donné à la chambre des finances du gouvernement américain et aux couloirs alentours, où se rencontrent les lobbyistes porteurs de chaussures Gucci et prompts aux affaires. ou Grand Ruppert lui-même) est contraint à traiter des choses non distinguables de manière différente.

Maintenant, en tant qu’historien du droit concerné par le développement séculaire (c’est à dire, sur le très long terme) de la pensée légale, j’affirme que les régimes légaux basés sur des distinctions fines mais non déterministes entre des sujets similaires, sont radicalement instables. Ils tombent à l’eau avec le temps, car chaque occasion d’application de leurs règles est une invitation pour au moins une des parties, à revendiquer qu’au lieu de faire partie de la catégorie A, le sujet particulier du litige devrait être jugé comme faisant partie de la catégorie B, là où les règles leur seront plus favorables. Ce jeu (celui où une machine à écrire devrait être jugée comme étant un instrument de musique pour des besoins de régulation de vitesse sur voie ferrée et où une pelleteuse à vapeur est un véhicule à moteur) est le B.A.-ba de l’ingéniosité légale. Mais quand les catégories légales, approuvées conventionnellement, ont besoin de juges pour distinguer celles qui sont identiques, le jeu est infiniment long, infiniment coûteux et infiniment déplaisant pour le spectateur impartial  ➞11Ce n’est pas une idée unique à notre entreprise actuelle. Une idée proche forme un des plus importants principes de l’histoire de la loi anglo-américaine, parfaitement décrite par Toby Milsom en ces termes:
The life of the common law has been in the abuse of its elementary ideas. If the rules of property give what now seems an unjust answer, try obligation; and equity has proved that from the materials of obligation you can counterfeit the phenomena of property. If the rules of contract give what now seems an unjust answer, try tort. ... If the rules of one tort, say deceit, give what now seems an unjust answer, try another, try negligence. And so the legal world goes round.
(La vie du droit coutumier est constituée de l’abus de ses idées élémentaires. Si les règles de la propriété donnent ce qui semble maintenant une réponse injuste, essayez l’obligation ; l’équité a prouvé qu’à partir de la substance de l’obligation, vous pouvez contrefaire le phénomène de la propriété. Si les lois du contrat donnent ce qui semble à présent une réponse injuste, essayez le délit...Si les lois d’un délit, disons la tromperie, donnent ce qui semble une réponse injuste, essayez autre chose, essayez la négligence. Et ainsi le monde du droit tourne rond.)
S. F. C. Milsom, Historical Foundations of the Common Law, 2nd edn. (London: Butterworths, 1981), 6.
.

Ces parties peuvent dépenser tout l’argent qu’elles veulent en autant d’avocats et de juges qu’elles peuvent se permettre (ce qui, pour les nouveaux «propriétaires» du monde digital, est assez peu), mais les lois qu’elles achètent ne fonctionneront pas en fin de compte. Tôt ou tard, les paradigmes s’effondreront. Bien sûr, si tard signifie d’ici deux générations, la distribution de la richesse et du pouvoir, sanctifiée entre temps, pourrait ne pas être réversible par un procédé moins radical qu’une bellum servile des esclaves de la télévision contre les magnats des médias. Alors savoir que l’histoire n’est pas du côté de Bill Gates n’est pas suffisant. Nous prédisons le futur d’une perception très limitée: nous savons que les règles existantes, qui ont jusqu’à présent la ferveur de la pensée conventionnelle solidement engagée derrière elle, ne signifient plus rien. Les parties dont nous parlons les utiliseront et en abuseront librement, jusqu’à ce que le courant dominant de l’opinion conservatrice «respectable» reconnaisse leur mort, avec des résultats incertains. Mais les universitaires réalistes devraient déjà être en train de porter leur attention vers le besoin évident de nouvelles réflexions.

Lorsque nous atteignons ce point de la discussion, nous en arrivons à nous battre avec un autre protagoniste principal de l’imbécilité éduquée: l’écononain. Comme l’IPdroïde, l’écononain est une espèce de hérisson  ➞12Voir Isaiah Berlin, The Hedgehog and the Fox; an Essay on Tolstoy’s View of History (New York: Simon and Schuster, 1953).. Mais là où le droïde soutient la logique par dessus l’expérience, l’écononain se spécialise dans une vision, énergétique et très orientée, mais complètement fausse, de la nature humaine. D’après la vision de l’écononain, chaque être humain est un individu possédant des «motivations», qui peuvent être rétrospectivement exhumées, en imaginant l’état de son compte en banque à des moments différents. Ainsi, de cette manière, l’écononain est obligé d’objecter que sans les règles que je tourne en dérision, il n’y aurait pas de motivation pour créer ce que ces règles traitent comme de la propriété: sans la possibilité de priver les gens de la musique, il n’y aurait pas de musique, car personne ne serait sûr d’être payé pour la créer.

La musique n’est pas vraiment notre sujet ; le logiciel dont je parle en ce moment est de la vieille école: les programmes d’ordinateurs. Mais comme l’écononain est déterminé à s’occuper du sujet à la hâte, et parce que, comme nous l’avons vu, il n’est plus vraiment possible de distinguer les programmes d’ordinateurs des morceaux de musique, nous devons en dire un mot ou deux. Au moins nous pouvons avoir la satisfaction de nous livrer à un argument ad pygmeam. Quand l’écononain devient riche, d’après mon expérience, il va à l’opéra. Mais peu importe le nombre de fois où il écoute Don Giovanni, il ne lui vient jamais à l’esprit que le destin de Mozart aurait dû, dans cette logique, avoir entièrement découragé Beethoven ou que nous pouvons écouter la Flûte Enchantée, même si Mozart savait très bien qu’il ne serait pas payé. En fait, la Flûte Enchantée, la Passion selon Saint Mathieu et les motets de Carlo Gesualdo, dont la femme a été assassinée, sont tous des parts de la tradition, vieille de plusieurs siècles, du logiciel libre, au sens le plus large. Ce que l’écononain n’accepte jamais vraiment.

Le problème basique du nain est que les «motivations» sont purement et simplement une métaphore. Et, en tant que métaphore pour décrire l’activité créatrice humaine, elle est plutôt minable. Je l’ai déjà dit auparavant  ➞13Voir «The Virtual Scholar and Network Liberation.» mais la meilleure métaphore s’est présentée le jour où Michael Faraday a découvert le premier ce qui arrivait quand on enroule un rouleau de câble autour d’un aimant et qu’on fait tourner l’aimant. Du courant circule dans un tel câble, mais nous ne nous demandons pas quelle est la motivation des électrons à quitter leur position initiale. Nous affirmons que le courant résulte d’une propriété émergente du système, que nous appelons l’induction. La question que nous nous posons est: «quelle est la résistance du câble?». Alors, la métaphore de Moglen, corollaire à la loi de Faraday, dit que si vous enroulez l’Internet autour de chaque personne de la planète, et que vous faites tourner la planète, le logiciel parcourt le réseau. C’est une propriété émergente des esprits humains connectés. Ils créent des choses pour le plaisir de l’autre, et pour surmonter la sensation désagréable d’être trop seul. La seule question à poser est: quelle est la résistance du réseau? La métaphore de Moglen, corollaire à la loi de Ohm, dit que la résistance du réseau est directement proportionnelle à la force du champ du système de la «propriété intellectuelle». Alors la réponse correcte à l’écononain est: résistez à la résistance.

Bien sûr, c’est très joli dans la théorie. «Résistez à la résistance» sonne bien, mais nous aurions un problème sérieux, en dépit de la théorie, si le nain avait raison, et nous nous retrouverions sous-produisant de bons logiciels car nous ne permettrions pas de les posséder. Mais les nains et les droïdes sont des formalistes de différentes sortes, et l’avantage du réalisme est que si vous commencez par les faits, les faits sont toujours de votre côté. Il s’avère que traiter le logiciel comme une propriété produit de mauvais logiciels.

La propriété logicielle: le problème pratique

Pour comprendre pourquoi la transformation des logiciels en propriétés produit de mauvais logiciels, nous avons besoin d’une introduction à l’histoire de l’art. En fait, nous ferions mieux de commencer par le mot «art» lui-même. En effet, la programmation des ordinateurs combine le raisonnement déterministe et l’invention littéraire.

Au premier coup d’oeil, bien sûr, le code source apparaît comment une forme non littéraire de composition  ➞14Un peu de vocabulaire de base est essentiel. Les ordinateurs numériques exécutent réellement des instructions numériques: des chaînes de bits qui contiennent de l’information dans le langage «natif» créé par les concepteurs de la machine. On y fait habituellement référence en tant que «langage machine». Les langages machine du matériel sont conçus pour une haute vitesse d’exécution au niveau matériel, et ne sont pas appropriés à une utilisation directe par les êtres humains. C’est pourquoi, parmi les composants centraux d’un système informatique, il y a les «langages de programmation» qui traduisent des expressions adaptées aux humains en langage machine. La forme la plus commode et la plus appropriée (mais ce n’est pas la seule) de langage informatique est le «compilateur». Le compilateur effectue une translation statique, afin qu’un fichier contenant des instructions lisibles par les humains, appelé «code source», résulte en la génération d’un fichier (ou plus) de langage machine exécutable, appelé «code objet».. Le principal but d’un programme d’ordinateur est qu’il fonctionne, c’est-à-dire qu’il s’accomplisse en suivant des spécifications décrivant formellement ses résultats, en fonction de ses entrées. À ce niveau de généralité, le contenu fonctionnel du programme est tout ce qu’il y a d’apparent.

Mais les programmes d’ordinateurs existent en tant que parties de systèmes informatiques, qui sont des ensembles intéragissants de matériels, de logiciels et d’êtres humains. Les composants humains d’un système informatique incluent non seulement les utilisateurs, mais aussi (ce qui est potentiellement différent) les personnes qui maintiennent et améliorent le système. Le code source communique non seulement avec l’ordinateur qui exécute le programme, à travers l’intermédiaire du compilateur qui produit le code objet (en langage machine), mais aussi avec les autres programmeurs.

La fonction du code source, lorsqu’on le met en relation avec d’autres êtres humains, n’est pas largement comprise par les non-programmeurs, qui ont tendance à penser que les programmes informatiques sont incompréhensibles. Ils seraient surpris d’apprendre que la majorité de l’information contenue dans la plupart des programmes est, du point de vue du compilateur ou des autres processeurs de langage, du «commentaire», une substance non fonctionnelle. Les commentaires, bien sûr, sont adressés à ceux qui peuvent avoir besoin de résoudre un problème, de modifier ou d’améliorer les fonctions du programme. Dans la plupart des langages informatiques, bien plus d’espace est consacré à expliquer aux autres ce que le programme fait, que de dire à l’ordinateur comment l’exécuter.

La conception des langages informatiques a toujours été effectuée selon le double besoin d’une spécification complète de l’exécution par la machine et d’une description informative pour les lecteurs humains. On pourrait identifier trois stratégies basiques dans la conception de langages informatiques pour atteindre ce double but. La première, suivie initialement pour la conception des langages spécifiques à des produits matériels et collectivement connus sous le nom d’«assembleurs», distinguait essentiellement les portions du programme communicant avec la machine ou avec l’humain. Les instructions de l’assembleur sont très proches des instructions en langage machine: en général, une ligne d’un programme en assembleur correspond à une instruction dans le langage natif de la machine. Le programmeur contrôle l’opération de la machine au niveau le plus spécifique et (s’il est bien discipliné) s’engage à disposer des commentaires tout au long des instructions en langage machine, créant toutes les quelques centaines d’instructions des «blocs de commentaires», qui fournissent un résumé de la stratégie du programme ou qui documentent les structures de données majeures que le programme manipule.

Une seconde approche, illustrée de manière caractéristique par le langage COBOL (qui signifie «COmmon Business-Oriented Language» ou «Langage Commun Orienté Industrie»), était de faire ressembler le programme lui-même à un ensemble de directives en langage naturel, d’un style déplorable mais théoriquement lisible par un humain. Une ligne de code COBOL pourrait dire, par exemple, «MULTIPLY PRICE TIMES QUANTITY GIVING EXPANSION» ➞15NdT: COBOL a été bien entendu écrit dans une langue proche de l’anglais. La phrase précédente pourrait se traduire par: «MULTIPLIER PRIX PAR QUANTITÉ DONNANT EXPANSION».. A l’origine, quand le Pentagone et les experts de l’industrie ont commencé à concevoir COBOL en commun, au début des années 60, cela semblait une approche prometteuse. Les programmes COBOL apparaissaient largement auto-documentés, autorisant à la fois le développement d’équipes de travail capables de collaborer à la création de gros programmes et la formation de programmeurs qui, bien qu’étant des travailleurs spécialisés, n’avaient pas besoin de connaître la machine aussi intimement qu’ils en auraient eu besoin pour des programmes en assembleur. Mais le niveau de généralité auquel de tels programmes s’auto-documentaient était mal choisi. Une expression plus formelle et compressée des détails opérationnels «expansion = prix [IMAGE png] quantité», par exemple, était mieux appropriée, même pour les applications industrielles ou financières où les lecteurs et concepteurs de programmes sont habitués aux expressions mathématiques. Et, cependant, la procédure de description des structures de données, tout comme du contexte opérationnel plus large du programme, n’étaient pas rendues obsolètes par la verbosité du langage dans lequel les détails de l’exécution était spécifiés.

En conséquence, les concepteurs de langages de la fin des années 60 ont commencé à expérimenter des formes d’expression dans lesquelles le mélange de détails opérationnels et d’informations non fonctionnelles nécessaires à la modification ou à la correction était plus subtil. Quelques concepteurs choisirent la voie de langages hautement symboliques et compressés, dans lesquels le programmeur manipulait des données abstraites, afin que «A [IMAGE png] B» puisse signifier la multiplication de deux entiers, deux nombres complexes, deux gros tableaux ou d’un tout autre type de données capable d’une opération appelée «multiplication», et que cela soit géré par l’ordinateur sur les bases du contexte des variables «A» et «B» au moment de l’exécution  ➞16C’était, je devrais dire, le chemin que la plupart de mes recherches et de mon développement ont suivi, grandement en rapport avec un langage appelé APL («A Programming Language») et ses successeurs. Ce n’était pas, cependant, l’approche finalement dominante, pour des raisons qui seront suggérées plus bas.. Comme on pensait que cette approche résultait en des programmes extrêmement concis, le problème de rendre le code compréhensible par ceux qui chercheraient plus tard à le modifier ou le corriger était simplifié. En cachant les détails techniques des opérations informatiques, et en mettant l’accent sur l’algorithme, les langages pouvaient être conçus pour être meilleurs que le français ou tout autre langage naturel pour l’expression des procédés séquentiels. Les commentaires ne seraient plus non seulement inutiles mais gênants, tout comme les métaphores utilisées pour faire comprendre les concepts mathématiques en français embrouillent plus qu’elles n’éclaircissent.

Comment nous avons créé la pagaille Microbrain

Ainsi, l’histoire des langages de programmation reflète directement le besoin de trouver des formes de communication de l’humain à la machine aussi efficaces dans la transmission d’idées complexes aux lecteurs humains. «L’expressivité» est devenue une propriété des langages de programmation, non pas parce qu’elle facilite l’intégration, mais parce qu’elle facilite la création collaborative et la maintenance de systèmes logiciels de complexité croissante.

À première vue, cela semble justifier l’application de la pensée traditionnelle du copyright aux travaux résultant. Bien que faisant entrer en jeu des éléments «fonctionnels», les programmes d’ordinateur contenaient des fonctions «expressives» d’une suprême importance. La doctrine du copyright reconnaît la fusion de la fonction et de l’expression comme une caractéristique de bien des formes de travaux copyrightés. Le «code source» contient à la fois les instructions machine nécessaires à l’opération fonctionnelle et les «commentaires» expressifs à l’attention des lecteurs humains. En tant que tel, il était un bon candidat, pour être traité par le copyright.

C’est vrai, à partir du moment où l’on comprend que la composante expressive du logiciel est présente seulement dans le but de faciliter la création de «travaux dérivés». Si elle n’était pas là dans le but de faciliter la modification, les éléments expressifs des programmes seraient entièrement surérogatifs et le code source ne pourrait pas plus être copyrighté que le code objet (la sortie du processeur du langage), épuré de tout sauf les caractéristiques fonctionnelles du programme.

L’état de l’industrie de l’informatique à travers les années 1960 et 1970, quand les lois implicites de la programmation informatique sophistiquée ont été établies, dissimulait la tension implicite à la situation. Lors de cette période, le matériel coûtait cher. Les ordinateurs étaient des ensembles de plus en plus grands et complexes de machines, et l’industrie de la conception et de la construction d’un tel étalage de machines pour un usage général était dominé (pour ne pas dire monopolisé) par une seule entreprise. Or IBM donnait ses logiciels. Pour sûr, cette entreprise possédait les programmes que ses employés écrivaient et elle plaçait sous copyright ses codes sources. Mais elle distribuait aussi les programmes (ce qui inclut le code source) à ses clients sans coût supplémentaire, et les encourageait à écrire et à partager des améliorations et des adaptations aux programmes ainsi distribués. Pour un constructeur de matériel dominant, cette stratégie était sensée: de meilleurs programmes faisaient vendre plus de matériel et c’était là que la rentabilité du marché demeurait.

Les ordinateurs, à cette période, ont eu tendance à s’agglomérer à l’intérieur d’organisations particulières, mais pas à communiquer largement avec d’autres. Les logiciels dont on avait besoin pour fonctionner n’étaient pas distribués à travers un réseau, mais sur des bobines de bande magnétique. Le système de distribution avait tendance à centraliser le développement de logiciels, afin que les clients d’IBM soient libres d’apporter des modifications et des améliorations aux programmes. Ces modifications étant partagées tout d’abord avec IBM, qui décidait alors d’incorporer ces modifications dans les versions distribuées du logiciel sur un modèle de développement centralisé. Ainsi, pour deux raisons importantes, les meilleurs logiciels du monde étaient libres: ils ne coûtaient rien à acquérir et les termes dans lesquels ils étaient fournis autorisaient et encourageaient tout à la fois l’expérimentation, la modification et l’amélioration  ➞17Cette description élude quelques détails. Dans le milieu des années 1970, IBM a fait face à une compétition sérieuse dans le domaine des supercalculateurs, pendant que des actions anti-monopolistiques de grande envergure menées contre la société par le gouvernement américain ont incité la décision de «séparer» (ou vendre séparément) les logiciels. Ou dans un sens moins important, les logiciels ont cessé d’être libres. Mais (sans entrer dans la controverse dorénavant éteinte mais autrefois brûlante sur la politique tarifaire d’IBM), la révolution de cette séparation a eu moins d’effets sur les pratiques sociales de la fabrication de logiciels qu’on pourrait le supposer. En tant que co-responsable des améliorations techniques d’un langage informatique produit chez IBM entre 1979 et 1984, par exemple, j’étais capable de considérer le produit comme «presque libre», c’est-à-dire de discuter avec les utilisateurs des modifications qu’ils avaient proposé ou effectué dans les programmes, et de m’engager avec eux dans le développement coopératif du produit pour tous les utilisateurs.. Que le logiciel en question soit la propriété d’IBM sous la loi actuelle du copyright a certainement établi quelques limites théoriques sur la possibilité des utilisateurs à distribuer leurs modifications ou adaptations aux autres, mais dans la pratique, les logiciels pour supercalculateurs étaient développés de manière coopérative par le constructeur de matériel dominant et par ses utilisateurs techniquement compétents, employant les ressources de distribution vers la communauté des utilisateurs. Le droit d’exclure les autres, un des plus importants «bâtons dans le paquet» des droits de la propriété (pour reprendre une image que la Cour Suprême des États-Unis affectionne), était pratiquement négligeable ou même indésirable, au coeur de l’industrie du logiciel  ➞18Cette description est très succinte et semblera à la fois très simplifiée et excessivement «rose» pour ceux qui ont travaillé dans l’industrie pendant cette période de son développement. La protection par le copyright des logiciels a été un sujet controversé dans les années 1970, menant à la célèbre commission CONTU et à ses recommandations de 1979, aboutissant à un consensus mou pour le copyright. Et IBM semblait bien moins coopérative avec ses utilisateurs à l’époque que ce portrait ne le fait paraître. Mais l’élément le plus important est le contraste avec le monde créé par le PC, l’Internet et la domination de Microsoft, et l’impulsion résultante pour le mouvement du logiciel libre. Et je me concentre ici sur les caractéristiques qui expriment ce contraste..

Après 1980, tout était différent. Le monde des supercalculateurs a laissé la place, en dix ans, au monde de l’ordinateur personnel. Et, en parallèle au développement de l’industrie, l’élément unique le plus important des logiciels fonctionnant sur cet ordinateur personnel de base, le système d’exploitation, est devenu le seul produit significatif d’une entreprise qui ne faisait pas de matériel. Des logiciels de grande qualité ont cessé de faire partie de la stratégie de différenciation des produits des producteurs de matériel. À la place, une entreprise avec une part prédominante du marché, et avec l’absence d’intérêt ordinaire pour l’adoption de la diversité des quasi-monopolistes, dictait les pratiques de l’industrie du logiciel. Dans un tel contexte, le droit d’exclure les autres de la participation à la formation du produit est devenu d’une importance capitale. La puissance de Microsoft dans le marché est constituée entièrement par la propriété du code source de Windows.

Pour Microsoft, la création par d’autres de «travaux dérivés», qu’on connaît ailleurs sous le nom de corrections et d’améliorations, a menacé le capital central de leurs affaires. En effet, comme des procédures judiciaires ultérieures ont eu tendance à s’établir, la chestratégie commerciale de Microsoft a été de trouver des idées innovantes ailleurs dans le marché du logiciel, de les acheter, et soit de les supprimer, soit de les incorporer dans leur propre produit propriétaire. Le maintien du contrôle sur la manipulation basique des ordinateurs construits, vendus, possédés et utilisés par d’autres représentait un levier essentiel et profitable sur le développement de la culture  ➞19Je parle de l’importance du logiciel pour ordinateurs personnels dans ce contexte, de l’évolution du «marché des globes oculaires» et de la «vie sponsorisée» dans d’autres chapitres de mon livre en cours d’écriture, le Barbecue invisible, dont cet essai est une partie; le droit d’exclure est revenu au centre du concept de la propriété logicielle.

Le résultat, d’aussi loin que la qualité du logiciel soit concernée, était désastreux. Le monopole était détenu par une entreprise riche et puissante qui employait un grand nombre de programmeurs, mais qui ne pouvait effectivement pas se permettre le nombre de testeurs, de concepteurs et de développeurs requis pour produire des logiciels flexibles, robustes et techniquement innovants, appropriés au vaste ensemble des conditions sous lesquelles les ordinateurs personnels, de plus en plus omniprésents, fonctionnaient. Sa stratégie marketing fondamentale impliquait la conception de son produit pour les utilisateurs les moins avancés techniquement et l’utilisation de la «peur, de l’incertitude et du doute» (connu au sein de Microsoft comme le «FUD») pour tenir les utilisateurs compétents à l’écart des concurrents potentiels, dont la survie à long terme en face de la puissance de marché de Microsoft a toujours été en question.

Sans la constante interaction entre les utilisateurs capables de corriger des problèmes et d’améliorer des fonctionnalités et le constructeur de système d’exploitation, l’inévitable détérioration de la qualité est inéluctable. Mais comme la révolution de l’ordinateur personnel a étendu le nombre d’utilisateurs de manière exponentielle, pratiquement tous ceux qui sont entrés en contact avec le système résultant n’ont pu poser d’élément de comparaison face au système qu’ils avaient l’habitude d’utiliser. Ignorants des standards de stabilité, de robustesse, de maintenance et d’efficacité précédemment établis dans le monde des supercalculateurs, on pouvait difficilement attendre de la part des utilisateurs d’ordinateurs personnels qu’ils comprennent à quel point, en termes relatifs, les logiciels du monopole fonctionnaient mal. Comme la puissance et la capacité des ordinateurs personnels se sont étendues rapidement, les défauts des logiciels étaient moins évidents, au sein de l’augmentation générale de la productivité. Les utilisateurs ordinaires, pour plus de la moitié effrayés par une technologie qu’ils ne comprenaient pratiquement pas, ont réellement fait bon accueil à la défectuosité des logiciels. Dans une économie subissant des transformations mystérieuses, avec la déstabilisation concomitante de millions de carrières, il était tranquillisant, d’une manière perverse, qu’aucun ordinateur personnel ne semble capable de fonctionner plus de quelques heures consécutives sans se planter. Bien qu’il soit frustrant de perdre du travail en cours chaque fois qu’une erreur imprévue arrive, l’évidente faillibilité des ordinateurs était intrinsèquement rassurante  ➞20Cette même forme de dualité, dans laquelle la mauvaise programmation menant à une instabilité largement distribuée de la nouvelle technologie, est à la fois effrayante et rassurante pour les incompétents techniques, peut aussi être vue dans le phénomène initié par les américains de l’hystérie du bug de l’an 2000..

Rien de tout cela n’était nécessaire. La faible qualité des logiciels pour ordinateurs personnels aurait pu être évitée en faisant intervenir les utilisateurs dans le processus fondamentalement évolutionnaire de la conception et de l’implémentation de logiciels. Un mode Lamarckien, dans lequel les améliorations peuvent être effectuées partout, par tout le monde et héritées par tous les autres, aurait effacé le déficit, restaurant dans le monde de l’ordinateur personnel la stabilité et la robustesse des logiciels écrits dans un environnement quasi-propriétaire de l’ère des supercalculateurs. Mais le business model de Microsoft écartait l’héritage Lamarckien des améliorations de logiciels. La doctrine du copyright, en général, et comme elle s’applique au logiciel en particulier, dénature le monde vers le créationisme ; dans ce cas, le problème était que BillG le Créateur était loin d’être infaillible et, en fait, il n’avait même pas essayé.

Comble d’ironie, la croissance du réseau a rendu l’alternative non-propriétarienne encore plus censée. Ce que les écrits scolaires et populaires dénomment comme une chose («l’Internet») est en fait le nom d’une condition sociale: le fait que tout le monde dans la société du réseau soit connecté directement, sans intermédiaire, à tous les autres  ➞21Les implications critiques de cette simple observation à propos de nos métaphores sont dissertées dans «Comment ne pas penser à l’Internet», dans Le barbecue invisible, en cours.. L’interconnexion globale des réseaux a éliminé le goulet d’étranglement qui a requis un éditeur centralisé de logiciels pour rationaliser et distribuer les résultats de l’innovation individuelle dans l’ère des supercalculateurs.

Et ainsi, par une des petites ironies de l’histoire, le triomphe global des mauvais logiciels à l’âge de l’ordinateur personnel a été renversé par une combinaison surprenante de forces: la transformation sociale initiée par le réseau, une théorie européenne de l’économie politique longtemps mise de côté, et une petite bande de programmeurs à travers le monde mobilisés par une simple idée.

Les logiciels veulent être libres, ou comment nous avons appris à ne plus nous stresser et à aimer la bombe

Bien avant que le réseau des réseaux ne soit une réalité pratique, même avant qu’il ne soit une idée, il y avait un certain désir de faire fonctionner les ordinateurs sur la base de logiciels librement disponibles pour tout le monde. Ce désir avait emergé en tant que réaction contre les logiciels propriétariens de l’ère du supercalculateur, et demande une autre brève digression historique.

Bien qu’IBM soit le plus grand vendeur d’ordinateurs généralistes de l’ère du supercalculateur, il n’était pas le plus grand concepteur et constructeur d’un type de matériel donné. Le monopole du téléphone, détenu par l’American Telephone & Telegraph (AT&T), était en fait plus important que celui d’IBM, mais il utilisait ses produits en interne. Et c’est aux célèbres Bell Labs, départements de la recherche de la compagnie détenant le monopole du téléphone, à la fin des années 60, que les développements de langages décrits précédemment ont donné naissance à un système d’exploitation appelé Unix.

L’idée d’Unix était de créer un système d’exploitation simple, s’adaptant à toutes les échelles, pour tous les ordinateurs, des petits aux grands, que la compagnie du téléphone construisait pour elle-même. Atteindre ce but impliquait d’écrire un système d’exploitation, ni dans un langage machine ni dans un assembleur dont la forme linguistique était intégrante à une conception particulière du matériel, mais dans un langage plus expressif et généraliste. Celui choisi était aussi une invention des Bell Labs, appelé «C» ➞22Les lecteurs ayant un bagage technique observeront encore que cela compresse les développements de 1969 à 1973.. Le langage C est devenu commun et même dominant, pour de nombreuses tâches de programmation, et à la fin des années 1970, le système d’exploitation Unix écrit dans ce langage a été transféré (ou «porté», dans le jargon professionnel) sur des ordinateurs de nombreux constructeurs et de nombreuses conceptions différentes.

AT&T a largement distribué Unix, et en raison de la conception même du système d’exploitation, la compagnie devait effectuer cette distribution sous forme de code source C. Mais AT&T a conservé la propriété du code source et a contraint les utilisateurs à acheter des licences qui ont interdit la redistribution et la création de travaux dérivés. Les gros centres informatiques, industriels ou académiques, pouvaient se permettre d’acheter de telles licences, mais pas les individus. En même temps, les restrictions des licences interdisaient à la communauté des utilisateurs qui utilisaient Unix de l’améliorer d’une manière évolutionnaire plutôt qu’épisodique. Et comme les programmeurs à travers le monde commençaient à aspirer à une révolution de l’ordinateur personnel (et même à l’attendre), le statut «non libre» d’Unix a commencé à devenir une source de problèmes.

Entre 1981 et 1984, un homme a imaginé une croisade pour changer la situation. Richard M. Stallman, alors employé au laboratoire d’intelligence du MIT, a conçu le projet d’une reconception et d’une implémentation indépendantes et coopératives d’un système d’exploitation qui serait constitué de vrais logiciels libres. De la bouche de Stallman, le logiciel libre serait une question de liberté, pas de prix. Tout le monde pourrait librement modifier et redistribuer de tels logiciels ou même les vendre, avec juste la restriction de ne pas essayer de réduire les droits de ceux à qui ils sont redistribués. De cette manière, le logiciel libre pourrait devenir un projet auto-organisé, dans lequel aucune innovation ne serait perdue à travers l’exercice des droits de la propriété. Le système, tel que Stallman l’a décidé, serait appelé GNU, qui signifie (c’est un des exemples initiaux des acronymes récursifs qui ont caractérisé le logiciel libre depuis) «GNU N’est pas Unix». Malgré des doutes sur la conception fondamentale d’Unix aussi bien que sur ses termes de distribution, GNU était conçu pour bénéficier de la large (bien que non libre) distribution de sources d’Unix. Stallman a commencé le projet GNU en écrivant des composants du système final qui étaient aussi conçus pour fonctionner sans modification sur les systèmes Unix existants. Le développement des outils GNU pouvait ainsi se faire directement dans l’environnement des universités et des autres centres de calcul avancé à travers le monde.

L’échelle d’un tel projet était immense. D’une manière ou d’une autre, des programmeurs volontaires devaient être recrutés, organisés et incités à construire tous les outils nécessaires à la construction ultime. Stallman lui-même était l’auteur initial de plusieurs outils fondamentaux. De petites ou grandes équipes de programmeurs contribuaient ailleurs aux autres outils et les attribuaient au projet de Stallman ou les distribuaient directement. Quelques endroits à travers le réseau du développement sont devenus des archives pour le code source de ces composants de GNU, et au long des années 80, les outils GNU ont gagné la reconnaissance et l’acceptation par les utilisateurs d’Unix à travers le monde. Les outils GNU sont devenus synonymes de stabilité, de fiabilité et de bonne maintenance, tandis que les capacités profondes de Stallman à concevoir ont continué à devancer et à fournir des buts au processus. La récompense d’un prix de la fondation MacArthur, accordée en 1990 à Stallman, était une reconnaissance appropriée pour ses innovations conceptuelles et techniques et leurs conséquences sociales.

Le projet GNU et la Free Software Foundation, à qui il a donné vie en 1985, n’étaient pas les seules sources d’idées sur le logiciel libre. Plusieurs formes de copyright ont commencé à se développer dans la communauté universitaire, pour la plupart autour de l’environnement Unix. L’université Berkeley de Californie a entamé la conception et l’implémentation d’une autre version d’Unix pour une libre distribution dans la communauté universitaire. L’Unix BSD, tel que nous le connaissons maintenant, a aussi considéré l’Unix d’AT&T comme un standard conceptuel. Le code était largement distribué et constituait un réservoir d’outils et de techniques, mais les termes de sa licence limitaient la portée de son utilisation, alors que l’élimination de code propriétaire spécifique au matériel de la distribution signifiait que personne ne pouvait vraiment construire un système d’exploitation fonctionnel pour un ordinateur particulier à partir de BSD. D’autres travaux universitaires se sont aussi terminés par des logiciels presque libres ; par exemple, l’interface graphique (ou GUI, pour Graphical User Interface) des systèmes Unix, appelée X Window System, a été créée au MIT et distribuée avec le code source sur des termes permettant la libre modification. Et en 1989-1990, un étudiant en informatique de l’université d’Helsinki, Linus Torvalds, a commencé le projet qui a complété le circuit et a vraiment impulsé de l’énergie à la vision du logiciel libre.

Ce que Torvalds a fait était de commencer à adapter un outil informatique pédagogique pour un usage réel. Le noyau MINIX d’Andrew Tannenbaum  ➞23Les systèmes d’exploitation, même Windows (qui cache le fait aux utilisateurs le plus minutieusement possible), sont vraiment des ensembles de composants plutôt que des touts indivisibles. La plupart de ce qu’un système d’exploitation fait (gérer les systèmes de fichiers, contrôler l’exécution des processus, etc.) peut être abstrait des détails matériels réels de l’ordinateur sur lequel le système fonctionne. Seul un petit ensemble au cur du système doit réellement gérer les particularités excentriques d’un matériel particulier. Une fois que le système d’exploitation est écrit dans un langage générique comme le C, seul ce cur, connu dans le milieu comme le noyau, sera hautement spécifique à une architecture particulière. était une base des cours de systèmes d’exploitation, fournissant un exemple de solutions de base à des problèmes de base. Lentement, et d’abord sans en reconnaître l’intention, Linus a commencé à transformer le noyau MINIX en un vrai noyau Unix pour les processeurs Intel x86, qui fonctionnaient sur les ordinateurs personnels de base du monde entier. Au fur et à mesure que Linus commençait à développer son noyau, qu’il appela Linux, il réalisa que la meilleure manière de faire fonctionner le projet était d’ajuster ses décisions conceptuelles, afin que les composants GNU soient compatibles avec son noyau.

Le résultat du travail de Torvalds aboutit, en 1991, à la distribution sur le réseau d’une esquisse de modèle fonctionnel d’un noyau libre pour un système d’exploitation sur PC semblable à Unix, entièrement compatible, et même conçu de manière convergente pour l’énorme ensemble de composants systèmes de haute qualité créés par le projet GNU de Stallman et distribués par la Free Software Foundation. Puisque Torvalds a décidé de distribuer le noyau Linux sous la Licence Générale Publique de la Free Software Foundation (sur laquelle je m’étendrai plus bas), les centaines et finalement milliers de programmeurs à travers le monde qui ont décidé de contribuer par leurs efforts au développement futur du noyau pouvaient être sûrs que leurs efforts auraient pour résultat un logiciel perpétuellement libre, que personne ne pourrait transformer en produit propriétaire. Tout le monde savait que d’autres personnes seraient capables de tester, d’améliorer et de redistribuer leurs modifications. Torvalds acceptait les contributions volontiers, et avec un style génialement efficace a maintenu la direction globale sans refroidir l’enthousiasme. Le développement du noyau Linux a prouvé que l’Internet a rendu possible l’agrégation d’ensembles de programmeurs bien plus grands que n’importe quel éditeur commercial ne pourrait se le permettre, rassemblés de manière pratiquement non hiérarchique dans un projet de développement faisant finalement intervenir plus d’un million de lignes de code source (une échelle de collaboration entre des volontaires non payés et dispersés géographiquement, auparavant inimaginable dans l’histoire humaine  ➞24Une analyse prudente et imaginative de la manière dont Torvalds a fait fonctionner ce processus et ce qu’il implique dans les processus sociaux de création de logiciels a été fournie par Eric S. Raymond dans son article très original «La cathédrale et le bazar», qui a lui-même joué un rôle significatif dans l’expansion de l’idée du logiciel libre.).

En 1994, Linux a atteint la version 1.0, représentant un noyau utilisable en production. Le niveau 2.0 a été atteint en 1996. En 1998, avec le noyau à la version 2.2.0 et disponible non seulement pour les machines à base de x86 mais pour toute une variété d’autres architectures de machines, GNU/Linux (la combinaison du noyau Linux et le bien plus grand corps des composants du projet GNU) et Windows NT étaient les deux seuls systèmes d’exploitation du monde à gagner des parts de marché. Une évaluation interne à Microsoft de la situation a filtré en octobre 1998 (et ultérieurement reconnue comme authentique par la compagnie) concluait que «Linux représente un UNIX qui sort du rang, en qui on fait confiance pour des missions d’applications critiques et (ce qui est en partie dû au code source [sic] ouvert) et qui a une crédibilité sur le long terme qui excède celle de nombreux systèmes d’exploitation compétitifs.» ➞25C’est une citation de ce qui est connu dans le milieu comme la «note de service Halloween» qui peut être trouvée, annotée par Eric Raymond, à qui elle a filtré, à l’URL http://www.opensource.org/halloween1.html. Les systèmes GNU/Linux sont maintenant utilisés à travers le monde, fonctionnant partout, faisant office de serveurs web dans des sites de commerce électronique majeurs ou en tant que clusters dédiés à l’infrastructure réseau de centres de paiement de banques. On trouve GNU/Linux dans la navette de l’espace ou même fonctionnant côté jardin chez (eh oui) Microsoft. Les évaluations de l’industrie sur la fiabilité des systèmes Unix ont montré de manière répétée que Linux est de loin le noyau Unix le plus stable et le plus fiable, dont la fiabilité est seulement dépassée par les outils GNU eux-mêmes. GNU/Linux ne dépasse pas seulement les versions propriétaires d’Unix pour les PC dans les tests de performances, mais est renommé pour sa capacité à fonctionner, sans perturbation et sans plainte, pendant des mois sur des environnements de haut volume et de haute sollicitation sans se planter.

D’autres composants du mouvement du logiciel libre ont également été couronnés de succès. Apache, de loin le serveur web dominant, est un logiciel libre, de même que Perl, le langage de programmation qui est la langue véhiculaire des programmeurs qui construisent des sites web sophistiqués. Netscape Communications distribue désormais son navigateur Netscape Communicator 5.0 en tant que logiciel libre, sous une licence proche de la Licence Générale Publique de la Free Software Foundation. Des constructeurs de PC majeurs, ce qui inclut IBM, ont annoncé des projets de distribution de GNU/Linux ou sont déjà en train en train de le distribuer en tant qu’option pour le client sur leurs PC de haut de gamme destinés à une utilisation en tant que serveurs web ou de partage de fichiers. Samba, un programme qui permet aux ordinateurs GNU/Linux de se comporter en tant que serveurs de fichiers Windows NT, est mondialement utilisé comme une alternative à Windows NT Server, et lui assène une compétition efficace à court terme dans son propre marché réservé. Grâce aux standards de la qualité des logiciels qui ont été reconnus par l’industrie depuis des décennies (et dont la pertinence ininterrompue sera claire pour vous la prochaine fois que votre PC sous Windows se plantera), les nouvelles à la fin de ce siècle ne sont pas ambiguës. La corporation accumulant le plus de profits et la plus puissante au monde arrive de loin seconde, ayant tout exclut sauf le vrai vainqueur de la course. Le propriétarianisme joint à la vigueur du capitalisme a détruit toute compétition commerciale digne de ce nom, mais lorsqu’il est question de faire de bons logiciels, l’anarchisme gagne.

L’anarchisme comme mode de production

C’est une jolie histoire, et si seulement l’IPdroïde et l’écononain n’avaient pas été aveuglés par la théorie, ils l’auraient vu venir. Mais comme certains d’entre nous y travaillaient et l’avaient prédite depuis des années, les conséquences théoriques sont si subversives pour les cheminements de la pensée qu’ils maintiennent nos nains et nos droïdes dans la situation confortable où l’on pourrait difficilement les blâmer d’avoir refusé de voir. Les faits prouvent qu’il y avait une erreur dans la métaphore de «l’incitation» qui étaye les raisonnement classiques sur la propriété intellectuelle.  ➞26Ce n’est pas plus anciennement qu’en 1994 qu’un universitaire en droit et économie, talentueux et compétent techniquement (bien qu’utilisateur de Windows) dans une école de droit majeure aux États-Unis m’informait confidentiellement que le logiciel libre ne pouvait possiblement pas exister, car personne n’aurait de motivation pour créer des programmes vraiment sophistiqués nécessitant un investissement d’efforts substantiel seulement pour les donner. Mais ils ont fait plus. Ils ont fourni un aperçu initial du futur de la créativité humaine dans un monde d’interconnexion globale. Et ce n’est pas un monde fait pour les nains et les droïdes.

Mon argumentation, avant que nous ayons fait une pause pour nous rafraîchir dans le monde réel, peut se résumer de cette manière: le logiciel (qu’il s’agisse de programmes exécutables, de musique, d’art visuel, de liturgie, d’armement etc.) consiste en des flux de bits, qui bien qu’essentiellement indistinguables sont traités par une multiplicité déroutante de catégories légales. Cette multiplicité est instable sur le long terme pour des raisons intégrées au processus légal. La diversité instable des règles est causée par le besoin d’effectuer des distinctions entre les différentes sortes d’intérêts sur les flux de bits. Ce besoin est principalement ressenti par ceux qui essayent d’obtenir du profit des formes socialement acceptables de monopole créées en traitant les idées comme de la propriété. Ceux d’entre nous qui se soucient de l’inégalité sociale et de l’hégémonie culturelle créées par ce régime intellectuellement insatisfaisant et moralement répugnant sont hués. Ceux qui nous huent, les nains et les droïdes, croient que ces lois sur la propriété sont nécessaires, non pas pour aspirer ouvertement à vivre dans le monde de Murdoch (bien qu’un petit peu de cooptation luxueuse soit toujours la bienvenue) mais parce que la métaphore de la motivation, qu’ils ne prennent pas juste pour une image mais pour un argument, prouve que ces règles (en dehors de leurs conséquences lamentables) sont nécessaires si nous voulons écrire de bons logiciels. La seule façon de continuer à le croire est d’ignorer les faits. Au centre de la révolution numérique, avec des flux de bits qui rendent tout possible, les régimes propriétaristes ne rendent non seulement pas les choses meilleures, mais ils peuvent en plus rendre les choses radicalement pires. Les concepts de la propriété, quoi qu’on puisse leur reprocher, ne permettent pas (et en fait retardent) le progrès.

Mais quelle est cette mystérieuse alternative? Le logiciel libre existe, mais quels sont ses mécanismes et comment se généralise-t-ils à travers une théorie non propriétariste de la société numérique?

La théorie légale du logiciel libre

Un mythe, qui comme la plupart des mythes est partiellement fondé sur la réalité, dit que les programmeurs de logiciels sont tous des libertaires. Ceux de droite sont des capitalistes, agrippés à leurs stock-options et dédaignant les lois sur les impôts, les syndicats et les droits civils ; ceux de gauche haïssent le marché et les gouvernements, croient à l’encryption forte quel que soit le terrorisme nucléaire que cela puisse causer  ➞27Cette question mérite aussi un examen minutieux, incrustée comme elle est dans un plaidoyer particulier du côté de l’appareil d’État. Voir mon bref essai So Much for Savages: Navajo 1, Government 0 in Final Moments of Play et n’aiment pas Bill Gates parce qu’il est riche. Cette croyance est sans doute fondée. Mais la différence la plus importante entre les courants politiques au sein de la cyberélite et les courants politiques extérieurs est que dans la société du réseau, l’anarchisme (ou plus correctement, l’individualisme anti-possessif) est une philosophie politique viable.

Le coeur du succès du mouvement du logiciel libre et la grande réalisation de Richard Stallman n’est pas un logiciel. Le succès du logiciel libre, ce qui inclut l’écrasant succès de GNU/Linux, est le résultat de la possibilité d’exploiter d’extraordinaires quantités d’efforts de grande qualité pour des projets de taille immense et d’une complexité profonde. Et cette possibilité est à son tour le résultat du contexte légal dans lequel la main-d’oeuvre est mobilisée. En tant qu’architecte visionnaire, Richard Stallman a créé plus qu’Emacs, GDB ou GNU. Il a créé la Licence Publique Générale  ➞28NdT: General Public License, abrégée par GPL..

La GPL  ➞29Voir GNU General Public License, Version 2, June 1991,, aussi connue sous le nom de copyleft, utilise le copyright (pour paraphraser Toby Milsom) pour contrefaire le phénomène de l’anarchisme. Comme le préambule de la licence l’exprime  ➞30NdT: les paragraphes tirés de la GPL sont issus de la traduction non officielle située à l’URL http://www.linux-france.org/article/these/licence/gpl/gpl.html.:

Lorsque nous parlons de free software, nous entendons free dans le sens de liberté, et non pas de gratuité. Notre licence est conçue pour s’assurer que vous avez la liberté de distribuer des copies des programmes, gratuitement ou non, et que vous recevez ou pouvez obtenir le code source, que vous pouvez modifier les programmes ou en utiliser des parties dans d’autres programmes libres, en sachant que vous pouvez le faire.
Afin de protéger vos droits, nous devons faire des restrictions qui interdisent à quiconque de vous refuser ces droits ou de vous demander d’y renoncer. Ces restrictions vous imposent par conséquent certaines responsabilités si vous distribuez des copies des programmes protégés par la Licence Publique Générale ou si vous les modifiez.
Par exemple, si vous distribuez des copies d’un tel programme, gratuitement ou non, vous devez transmettre aux utilisateurs tous les droits que vous possédez. Vous devez vous assurer qu’ils reçoivent ou qu’il peuvent se procurer le code source. Vous devez leur montrer cette licence afin qu’ils soient eux aussi au courant de leurs droits.
Plusieurs variantes de cette idée de base du logiciel libre ont été exprimées dans plusieurs licences de différents types, comme je l’ai déjà indiqué. La GPL est différente des autres manières d’exprimer ces valeurs sur un plan crucial. La section 2 de la licence en fournit un extrait pertinent:
Vous pouvez modifier votre copie ou vos copies du programme ou toute partie de celui-ci, ou travail basé sur ce programme, et copier et distribuer ces modifications ou ce travail ..., à condition que vous vous conformiez également aux conditions suivantes:
...
b) C’est sous les termes de la Licence Publique Générale que vous devez distribuer l’ensemble de toute réalisation contenant tout ou partie du programme, avec ou sans modifications.

La section 2(b) de la GPL est parfois appelée «restrictive», mais son intention est de libérer. Elle crée un pot commun auquel chacun peut ajouter quelque chose mais duquel personne ne peut rien retirer. À cause du paragraphe 2(b), chaque contributeur d’un projet sous GPL est assuré qu’il poura, ainsi que tous les autres utilisateurs, exécuter, modifier et redistribuer le programme indéfiniment, que le code source sera toujours disponible et (contrairement aux logiciels commerciaux) que sa longévité ne pourra pas être limitée par les contingences du marché ou les décisions des développeurs futurs. L’«hérédité» de la GPL a parfois été critiquée comme un exemple du parti-pris anti-commercial du mouvement du logiciel libre. Rien ne peut être plus éloigné de la vérité. L’effet du paragraphe 2(b) est de rendre les distributeurs de logiciels libres meilleurs que les commerces du logiciel propriétaire. Pour confirmer ce point, on ne peut pas faire mieux que de le demander aux concurrents propriétaires. Comme l’auteur de la «note de service Halloween», Vinod Vallopillil l’exprime:

La GPL et son aversion pour la séparation divergente du code rassurent les clients sur le fait qu’ils ne s’engagent pas dans une impasse technologique en souscrivant à une distribution commerciale particulière de Linux.
L’«impasse technologique» est le coeur de l’argument du FUD logiciel  ➞31 V. Vallopillil, Open Source Software: A (New?) Development Methodology,.

Traduit en Microlangue, cela signifie que la stratégie par laquelle l’éditeur propriétaire dominant éloigne les clients des concurrents (en semant le doute, la peur et l’incertitude à propos de la viabilité sur le long terme de leurs logiciels) n’est pas efficace sur les logiciels sous GPL. Les utilisateurs de code sous GPL, ce qui inclut ceux qui achètent des logiciels et des systèmes à un distributeur commercial, savent que les améliorations futures et les corrections seront accessibles par les pots communs et n’ont pas besoin d’avoir peur de la disparition de leur fournisseur ou que quelqu’un utilisera une amélioration attractive ou une réparation désespérément nécessaire comme un moyen de «s’approprier le programme».

Cette utilisation des règles de la propriété intellectuelle pour créer un pot-commun dans le cyber-espace est la structure institutionnelle permettant le triomphe anarchiste. Garantir l’accès libre et permettre la modification à chaque étape du processus signifie que l’évolution du logiciel s’effectue selon le mode rapide Lamarckien: chaque caractéristique favorable acquise du travail des autres peut être directement héritée. D’où la vitesse avec laquelle le noyau Linux, par exemple, dépassa tous ces prédécesseurs propriétaires. Comme la défection est impossible, les cavaliers seuls sont les bienvenus, ce qui résout un des casse-tête centraux des actions collectives dans un système social propriétarien.

La production non-propriétarienne est aussi directement responsable de la fameuse stabilité et de la robustesse du logiciel libre, qui émerge de ce qu’Éric Raymond appelle «la loi de Linux»: avec suffisamment d’yeux, tous les bugs disparaissent. D’un point de vue pratique, l’accès au code source signifie que si j’ai un problème, je peux le résoudre. Comme je peux le résoudre, je n’ai pratiquement jamais à le faire car quelqu’un d’autre l’a pratiquement toujours vu et résolu avant.

Pour la communauté du logiciel libre, l’engagement à la production anarchiste peut être un impératif moral ; comme Richard Stallman l’a écrit, il s’agit de liberté, pas de prix. Ou il pourrait s’agir d’utilité, de chercher à produire de meilleurs logiciels que les modes de travail propriétariens n’autoriseront jamais. Du point de vue du droïde, le copyleft représente la perversion de la théorie, mais il résout les problèmes de l’application du copyright aux caractéristiques fonctionnelles et expressives inextricablement mêlées des programmes d’ordinateur mieux que tous les autres propositions à travers les décennies passées. Qu’il produise des logiciels meilleurs que son opposé n’implique pas que les règles traditionnelles du copyright devraient être désormais interdites à ceux qui veulent posséder et commercialiser des produits logiciels inférieurs ou (plus charitablement) ceux dont les produits sont trop limités en attrait pour la production commune. Mais notre histoire devrait servir d’avertissement pour les droïdes: le monde du futur aura peu de relation avec le monde du passé. Les lois se penchent aujourd’hui dans les deux directions. Les entreprises propriétaires d’«icônes culturelles» et d’autres capitaux qui cherchent des termes encore plus longs pour les auteurs de l’entreprise, en convertissant le «temps limité» de l’article I, §8 en une propriété foncière disponible ont naturellement siffloté de la musique à l’oreille de l’androïde  ➞32L’imminente expiration de la propriété sur Mickey Mouse par Disney requiert par exemple, du point de vue de ce riche «contributeur à la campagne», une modification de la loi générale sur le copyright aux États-Unis. Voir «Not Making it Any More? Vaporizing the Public Domain» dans The Invisible Barbecue, bientôt disponible.. Après tout, qui achète aux droïdes leurs places de concert? Mais comme la conception propriétarienne cherche à s’inclure encore plus fort dans une conception du copyright libérée des problèmes mineurs tels que les clauses de terminaison et d’usage loyal, au centre même de notre système du «logiciel culturel», la contre-attaque anarchiste a commencé. Le pire est encore d’arriver aux droïdes, comme nous le verrons. Mais d’abord, nous devons nous acquitter de nos devoirs finaux envers les nains.

Car c’est là: l’aimant de Faraday et la créativité humaine

Après tout, ils méritent une réponse. Pourquoi des personnes font des logiciels libres s’ils n’en tirent pas de profit? On a habituellement donné deux réponses. Une est à moitié vraie et la deuxième est fausse, mais les deux sont insuffisamment simples.

La réponse fausse est inscrite dans de nombreuses références à la «culture hacker du partage». Cette utilisation du jargon ethnographique commençait à être commune dans le domaine, il y a quelques années, et est devenue rapidement, si ce n’est trompeuse, du moins omniprésente. Cela nous rappelle seulement que les économéretriciens  ➞33NdT: jeu de mot intraduisible sur le mot «économétriciens», adeptes de l’économétrie statistique. ont tellement corrompu notre processus de réflexion que toute forme de comportement économique non marchand semble égal à tout autre sorte. Mais l’échange de dons, comme l’échange réciproque du marché est une institution propriétarienne. La réciprocité est centrale à ces règlements symboliques de dépendance mutuelle et si les ignames ou le poisson ne font pas le même poids, il y a un problème. Le logiciel libre, au risque de le répéter, est un pot commun: aucune réciprocité rituelle n’est réglementée ici. Quelques personnes donnent du code que d’autres vendent, utilisent, modifient ou y en empruntent le principal afin d’en tirer des parties pour quelque chose d’autre. Malgré le très grand nombre de contributeurs à GNU/Linux (des dizaines de milliers tout au plus), c’est un ordre de grandeur inférieur au nombre d’utilisateurs qui ne contribuent pas de toute façon  ➞34Une récente estimation industrielle place le nombre mondial de systèmes Linux à 7,5 millions. Voir «Josh McHugh, Linux: The Making of a Global Hack», Forbes, 10 août 1998. Comme les logiciels libres sont librement accessibles à travers le Net, il n’y a aucune manière simple de chiffrer l’utilisation réelle..

Une partie de la vraie réponse est suggérée par l’hypothèse que le logiciel libre est fait par ceux qui cherchent en compensation une réputation pour leur activité. La théorie est que les développeurs noyau célèbres sont connus à travers la planète comme des dieux de la programmation. Ils en tirent soit une estime personnelle plus haute, soit des avantages matériels indirects  ➞35Éric Raymond est un partisan de la théorie du «boost de l’ego» à laquelle il ajoute une autre comparaison pseudo-ethnographique de la composition du logiciel libre et du potlatch chez les indiens Kwakiutl. Voir Eric S. Raymond, «Homesteading the Noosphere». Mais le potlatch, certainement une forme de compétition pour le statut, est différent du logiciel libre pour au moins deux raisons fondamentales: il est essentiellement hiérarchique, ce que n’est pas le logiciel libre et, comme nous le savons depuis que Thorstein Veblen a le premier porté attention à cette particularité, c’est une forme de remarquable gâchis. Voir Thorstein Veblen, The Theory of the Leisure Class (New York: Viking, 1967), (1st ed. 1899), 75. Ce sont précisément les bases qui distinguent les cultures anti-hiérarchiques et utilitaires du logiciel libre de ses équivalents propriétariens.. Mais les dieux de la programmation, tout autant qu’ils aient contribué au logiciel libre, n’ont pas réalisé la totalité du travail. Les réputations, comme Linus Torvalds l’a lui-même souvent fait remarquer, sont faites en reconnaissant volontairement que tout a été fait par quelqu’un d’autre. Et comme beaucoup d’observateurs l’ont remarqué, le mouvement du logiciel libre a aussi produit de la documentation échappant aux superlatifs. L’écriture de documentation n’est pas ce que les hackers font pour s’amuser, et la plupart de la documentation a été écrite par des personnes qui n’ont pas écrit le code. Nous ne devons pas non plus limiter les avantages matériels indirects de la paternité à l’augmentation du capital réputation. La plupart des auteurs de logiciels libres que je connais ont des emplois dans les industries technologiques, et les qualifications qu’ils acquièrent dans travail plus créatif qu’ils font, en dehors du marché, améliorent sans doute souvent considérablement leur valeur à l’intérieur du marché. Et comme les produits du logiciel libre ont gagné une masse critique, et sont devenus la base de tous nouveaux ensembles de business models construits autour de la distribution commerciale de ce que les gens peuvent aussi obtenir pour rien, un nombre croissant de personnes sont employées spécifiquement pour écrire du logiciel libre. Mais pour pouvoir être employés dans le secteur, ils doivent déjà y être établis par eux-mêmes. De manière ordinaire, alors cette motivation est présente, mais ce n’est pas l’explication entière.

En fait, le reste de la réponse est trop simple pour avoir reçu l’écho qui lui revient. La meilleure manière de comprendre ce qui suit est de suivre la carrière brève et inédite d’un auteur de logiciel libre initialement désavantagé. Vinod Vallopillil de Microsoft, en train d’écrire l’analyse compétitive de Linux qui filtrera comme étant la deuxième des fameuses «notes de service Halloween», acheta et installa un système Linux sur un des ordinateurs qu’il utilisait au travail. Il eut des problèmes car la distribution (commerciale) de Linux qu’il a installée ne contenait pas de daemon pour gérer le protocole DHCP qui assigne une adresse IP dynamiquement. Le résultat était suffisamment important pour que nous risquions un autre examen au style d’écriture Microsoft:

Un petit nombre de sites web et de FAQs plus tard, j’ai trouvé un site FTP avec un client DHCP Linux. Le client DHCP était développé par un ingénieur employé par Fore Systems (comme le montre son adresse email ; je suppose, cependant, qu’il l’a développé dans son propre temps libre). Un autre jeu de documentations et de manuels a été écrit pour le client DHCP par un hacker de Hongrie qui fournit des instructions relativement simples pour installer/charger le client.

J’ai téléchargé et décompressé le client et tapé les deux commandes simples:
Make - qui compile les binaires du client.
Make install - qui installe les binaires en tant que daemon Linux.
En tapant «DHCPD» (pour DHCP Client Daemon) sur la ligne de commande, j’ai déclenché le processus de découverte de DHCP et voilà, j’ai obtenu un réseau IP qui fonctionne.
Comme j’avais juste téléchargé le code du client DHCP, j’ai un peu joué avec sur un coup de tête. Bien que le client n’était pas aussi extensible que le client que nous distribuons avec NT5 (par exemple, il n’effectuera pas de requêtes sur des options arbitraires pour stocker les résultats), il était évident de comprendre comment je pourrais écrire du code additionnel pour implémenter cette fonctionnalité. Le client complet consistait en 2600 lignes de code.
Un exemple de fonctionnalité ésotérique et étendue qui était clairement patchée par un ensemble de routines pouvait ajouter aux requêtes DHCP des chaînes de caractères spécifiques à l’hôte requises par les sites Modem Câble et ADSL.
Quelques autres étapes étaient requises pour configurer le client DHCP pour auto-démarrer et auto-configurer mon interface Ethernet au démarrage du système, mais elles étaient documentées dans le code du client et dans la documentation DHCP écrite par le développeur Hongrois.
Je suis un mauvais programmeur UNIX, mais il m’a semblé immédiatement évident d’améliorer le code du client DHCP (le sentiment était grisant et «accoutumant»).
De plus, directement en raison de la GPL et de la disponibilité de l’environnement de travail complet en face de moi, j’étais dans une position où je pouvais écrire mes modifications et les envoyer par email en quelques heures (par rapport à la manière dont de telles choses auraient été faites sous NT). M’engager dans ce processus m’aurait préparé pour un projet Linux plus grand, plus ambitieux dans le futur  ➞36Vinod Vallopillil, «Linux OS Competitive Analysis» (Halloween II). Notez la surprise de Vallopillil qu’un programme écrit en Californie puisse être ultérieurement documenté par un programmeur de Hongrie..

«Le sentiment était grisant et accoutumant». Arrêtez les presses: Microsoft vérifie expérimentalement la métaphore de Moglen, corollaire à la loi de Faraday. Enroulez l’Internet autour de chaque cerveau de la planète et faites tourner la planète. Le logiciel parcourt les câbles. La création est une propriété émergente de l’esprit humain. «Directement en raison de la GPL», comme Vallopillil le remarque justement, le logiciel libre lui a fourni une augmentation grisante de sa propre créativité, d’une manière qui n’est pas possible dans son travail coutumier dans la Plus Grande Entreprise de Programmation sur Terre. Si seulement il avait envoyé par mail cette première amélioration «accoutumante», qui sait où il serait maintenant?

Ainsi, mes amis nains, c’est juste une question humaine. Semblable à la raison pour laquelle Figaro chante, pour laquelle Mozart a écrit pour lui la musique qu’il chante, et pour laquelle nous construisons tous de nouveaux mots: parce que nous pouvons. L’Homo ludens rencontre l’Homo faber. La condition sociale de l’interconnexion globale que nous appelons l’Internet rend possible la créativité pour chacun d’entre nous dans des voies nouvelles, et que nous n’apercevions même pas en rêve. À moins que nous n’autorisions la «propriété» à interférer. Répétez après moi, vous les nains et les hommes: résistez à la résistance!

Nos seigneurs meurent dans le noir?

Pour l’IPdroïde, tout droit sorti de l’avion au retour d’une semaine à Bellagio  ➞37NdT: Bellagio: centre des recherches et conférences en Italie. payée par Dreamworks SKG, c’est assez pour causer une indigestion.

Libérer les possibilités de la créativité humaine en connectant tout le monde à tous les autres? Mettre le système de la propriété à l’écart afin que nous puissions tous ajouter nos voix au choeur même, si cela signifie coller notre chant par dessus le tabernacle Mormon et envoyer le résultat à un ami? Plus personne assis, la mâchoire pendante, devant une mixture télévisée de violence et de copulation imminente, conçue attentivement pour attirer l’intérêt de l’oeil du jeune mâle sur une publicité pour une bière? Que va devenir notre civilisation? Ou du moins nos enseignants sur le copyright?

Mais peut-être est-ce prématuré. J’ai seulement parlé de logiciel. De vrai logiciel, l’ancien, celui qui fonctionne sur des ordinateurs. Pas celui qui tourne sur les lecteurs de DVD ou celui fait par Grateful Dead (ah oui, Grateful Dead, il y avait quelque chose de bizarre avec eux, n’est ce pas? Il n’interdisaient pas les enregistrements à leurs concerts. Ils se moquaient que leurs fans agacent l’industrie du disque. Il semble qu’ils aient bien fait, en fait, vous devez l’admettre. Le sénateur Patrick Leahy n’est il pas un ancien Deadhead? Je me demande s’il votera pour étendre la propriété de l’entreprise à 125 ans afin que Disney ne perde pas Mickey Mouse en 2004). Et ces lecteurs de DVD, ce sont des ordinateurs, n’est-ce pas?

Dans la société numérique, tout est connecté. Nous ne devons pas dépendre sur le long terme de la distinction d’un flux de bits d’un autre afin de savoir quelles règles s’appliquent. Ce qui est arrivé au logiciel est déjà arrivé à la musique. Nos seigneurs de l’industrie de la copie sont désormais en train de remuer férocement afin de conserver le contrôle sur la distribution, quand à la fois les musiciens et les auditeurs réalisent que les intermédiaires ne sont plus nécessaires. Le «grand village Potemkine» de 1999, la bien nommée «initiative de musique numérique sécurisée» ( Secure Digital Music Initiative  ➞38NdT: secure signifie en anglais à la fois sécurisée et bloquée.) aura disparu bien avant que le premier président de l’Internet soit inauguré, pour de simples raisons techniques aussi évidentes à ceux qui savent qu’à ceux qui ont dicté le triomphe du logiciel libre  ➞39Voir «They’re Playing Our Song: The Day the Music Industry Died,» dans The Invisible Barbecue, à venir.. La révolution anarchiste dans la musique est différente de celle du logiciel tout court  ➞40NdT: en français dans le texte., mais ici aussi (comme tout adolescent avec une collection de MP3 de musique auto-produite d’artistes indépendants vous le dira) la théorie a été tuée par les faits. Que vous soyez Mick Jagger, un grand artiste national du tiers monde cherchant un public global ou un artiste réinventant la musique dans votre coin, l’industrie du disque n’aura bientôt plus rien à vous offrir que vous n’auriez mieux et gratuitement. Et la musique ne sonne pas moins bien quand elle est distribuée gratuitement, payez ce que vous voulez directement à l’artiste et ne payez plus rien si vous ne le voulez pas. Donnez votre argent à vos amis, ils l’apprécieront peut-être.

Ce qui est arrivé à la musique est aussi en train d’arriver aux informations. Les services par câblés, comme chaque étudiant en droit américain l’apprend avant même de prendre le quasi-obligatoire cours sur le copyright pour droïdes, ont un intérêt protectible de propriété dans leur expression des informations, même si ce n’est pas le cas dans les faits, sur les rapports d’informations  ➞41International News Service v. Associated Press, 248 U.S. 215 (1918). En regard des expressions vraiment brèves, purement fonctionnelles des dépêches réellement en jeu dans la bousculade des services câblés, ça a toujours été une distinction que seul un droïde pouvait aimer.. Alors pourquoi est-ce qu’ils font maintenant cadeau de toute leur production? Parce que dans le monde du réseau, la plupart des informations sont des informations de commodité. Et l’avantage original des collecteurs d’informations (c’est-à-dire qu’ils étaient très fortement inter-connectés, ce qui n’était pas le cas des autres quand les communications étaient coûteuses) n’est plus. Maintenant, ce qui compte c’est de collecter de l’attention des globes oculaires pour la livrer aux publicitaires. Ce ne sont pas les services câblés qui ont avantage à couvrir le Kosovo, c’est sûr. Encore moins les parangons de la propriété «intellectuelle», nos seigneurs de la télévision. Ils, avec leur gentil personnel surpayé et leur massive infrastructure technique, sont à peu près les seules organisations au monde qui ne peuvent se permettre d’être partout à la fois. Et alors ils doivent se limiter eux-mêmes à quatre-vingt-dix secondes par sujet, ou les chasseurs d’yeux iront voir ailleurs. Alors qui fait la meilleure information, les propriétariens ou les anarchistes? On verra bientôt.

Oscar Wilde dit quelque part que le problème avec le socialisme est qu’il prend trop de lendemains à venir. Les problèmes de l’anarchisme comme système social sont aussi les coûts de transaction. Mais la révolution numérique modifie deux aspects de l’économie politique qui ont étés par ailleurs invariants dans le reste de l’histoire humaine. Tous les logiciels ont un coût marginal nul dans le cas du monde du réseau, alors que les coûts de coordination sociale ont étés réduits suffisament pour permettre la rapide formation et dissolution de groupes sociaux de grande échelle et très divers sans aucune limitation géographique  ➞42Voir «No Prodigal Son: The Political Theory of Universal Interconnection,» dans The Invisible Barbecue, en cours. De tels changements fondamentaux dans les circonstances matérielles de la vie produisent nécessairement des changements également fondamentaux dans la culture. Vous pensez que non? Dites-le aux Iroquois. Et, bien sûr, de tels changements dans la culture sont des menaces pour les relations de pouvoir existantes. Vous pensez que non? Demandez au Parti communiste chinois. Ou alors attendez vingt-cinq ans et voyez si vous pouvez le trouver pour leur poser la question.

Dans ce contexte, l’obsolescence de l’IPdroïde n’est pas inoubliable ni tragique. En fait, il pourrait se trouver lui-même cliquetant dans le désert, expliquant toujours lucidement à une audience imaginaire les règles profitablement compliquées d’un monde qui n’existe plus. Mais, au moins, il aura une compagnie familière, reconnaissable, de toutes ces fêtes scintillantes à Davos, Hollywood et Bruxelles. Nos seigneurs des Médias sont maintenant en prise avec le destin, bien que la plupart d’entre eux doivent sentir que la Force est avec eux. Les règles sur les flux de bits sont maintenant d’une utilité incertaine pour maintenir le pouvoir en cooptant la créativité humaine. Vus clairement à la lumière du jour, ces empereurs ont encore moins de vêtements que les modèles qu’ils utilisent pour attirer nos regards. À moins d’être soutenus par des technologies d’immobilisation de l’utilisateur, par une culture de surveillance totalitaire permettant de noter et de facturer chaque lecteur de chaque «propriété» et un écran de fumée d’haleine de droïde assurant chaque jeune personne que la créativité humaine aurait disparu sans l’aristocratie bienveillante de BillG le Créateur, de Lord Murdoch de Partout, le Spielmeister et de Lord High Mouse, leur règne est pratiquement fini. Mais ce qui est en jeu est le contrôle de la ressource la plus rare de toutes: notre attention. L’occuper est ce qui produit tout l’argent du monde de l’économie digitale, et les seigneurs actuels de la terre se battront pour ça. Seuls les anarchistes sont ligués contre eux: ceux qui ne sont personne, les hippies, les amateurs, les amoureux et les artistes. L’inégale compétition qui en résulte est le grand enjeu politique et légal de notre temps. L’aristocratie semble difficile à battre, mais c’est aussi comme cela qu’elle semblait en 1788 et en 1913. Il est, comme Chou En-Lai l’a dit à propos du sens de la Révolution française, trop tôt pour le dire.

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Revues / Journaux Lémi & JBB La Brique : « Le journal est l’un des aspects de la lutte - parmi d’autres » le 27-11-2014

La Brique: «Le journal est l’un des aspects de la lutte - parmi d’autres» Lémi & JBB

Ce texte a été initialement publié sur le blog d’Article 11, le samedi 22 janvier 2011, dans la rubrique, Vers le papier?, posté à 14h21, par Lémi & JBB.

Cela fait quatre ans qu’ils tiennent bon la barre, sans se laisser démonter par les menaces de procès ou les opérations d’intimidation policière (la dernière, particulièrement violente, a vu l’interpellation de 53 personnes). Ceux de La Brique, journal de contre-information régionale et relais des luttes de la gauche radicale, sortent un excellent canard. Ils en parlent ici.

C’était en juin dernier. Un week-end de fête, pour les trois ans du journal La Brique. Une maison de quartier, non loin du centre-ville de Lille. Des lecteurs et sympathisants venus nombreux pour discuter, trinquer et dire leur soutien. Et aussi… un digne représentant des ex-RG, présent deux heures avant le déclenchement des festivités, costard rigide et allure hautaine de celui qui n’est pas là pour rigoler. Rien d’étonnant, en fait: le canard est – comme on dit – défavorablement connu de ces autorités locales qu’il n’hésite jamais à aligner, dénoncer, attaquer. Pour ne rien gâcher, l’affiche annonçant l’événement ne faisait pas dans la dentelle, qui montrait un casque de CRS transpercé d’un tonfa, avec une légende – «un flic, un bal» –, jolie façon d’évoquer les concerts prévus en soirée. Quant aux intervenants invités – Mathieu Rigouste, Jean-Pierre Garnier et des rédacteurs de Mauvaises Intentions –, ils n’avaient rien pour rassurer les petits pouvoirs en place. Bref: l’envoyé de la préfecture était là pour mettre la pression. Et montrer que la surveillance policière jamais ne se relâche.

D’assaut, il n’y a pas eu, sinon intellectuel ou alcoolique. Avant que les hostilités festives ne commencent, on est parvenu à coincer trois des organisateurs de la soirée, rédacteurs de La Brique – Simon, Antonio et Thomas –, afin de parler de leur journal, poil à gratter de la métropole lilloise. Un entretien collectif à lire ci-dessous, très bonne manière de découvrir le boulot impressionnant mené par des acharnés de la contre-information, bien décidés à gratter là où les canards laquais jamais ne se risqueront.

Depuis, deux coups de semonce à l’encontre des impudents: en juillet, ils ont reçus la visite d’un huissier mandaté par La Voix du Nord et les menaçant d’un procès pour quelques articles bien sentis (et argumentés) sur la pitoyable qualité de l’info proposée par La Voix. Bon signe: si le mastodonte médiatique du coin envoie ses chiens de garde, c’est la preuve que ceux de La Brique sont sur la bonne voie. La manœuvre n’a d’ailleurs nullement découragé les manieurs de truelles, pour preuve le dernier numéro, sorti en janvier dernier.

Mais c’est lors d’une très récente soirée de soutien au canard organisée peu après la sortie de ce numéro, le 14 janvier, que les opérations d’intimidation ont atteint leur point culminant. Cette fois, plus d’huissiers aux ordres de La Voix, mais des policiers en furie, matraquant et gazant comme à la parade ces gens qui avaient eu le tort de se rendre à une soirée «d’extrême-gauche». Le prétexte? Une banale altercation entre deux jeunes en face du Centre culturel libertaire. Ensuite, tout a été très vite, assaut a été rondement (et violemment) mené, en plein concert. 53 personnes ont été interpellées et traitées de manière effarante en garde-à-vue (lire le compte rendu du – très bon – blog Lille 43000, «Bal tragique à Lille: un policier égratigné, 53 interpellés», ou bien le communiqué de La Brique). Une rafle anti-gauchistes en bonne et due forme. Et une raison de plus de soutenir La Brique.

Aux origines

«Le nom du journal vient évidemment de la brique du Nord - avec l’idée de construire ; ou de la jeter dans la mare, cette brique... Mais le canard n’est pas monolithique, nous n’avons pas tous la même vision politique. Nous nous retrouvons sur nombre de points, mais nous ne serions pas tous d’accord sur la stratégie politique à mener à court terme pour faire la révolution.
Nous avons publié un petit texte sur notre site internet pour présenter notre démarche. Nous y expliquons que notre but n’est pas d’être le groupe d’anars ou de totos type, mais de proposer un outil de presse pour la gauche radicale. En respectant les affinités, les discours et les façons de faire de chacun.

Tout a en fait commencé en 2006, quand deux amis se sont dit qu’ils lanceraient bien un petit canard et que cela avait un sens de le faire à Lille - notamment parce qu’il y a largement de quoi attaquer la presse locale et aligner toute la pseudo-gauche du coin, qui se gargarise de développement durable et de justice sociale en faisant tout le contraire.
L’idée était évidemment de relayer les initiatives et les luttes sociales. Mais nous avions aussi envie de faire quelque chose qui sorte du milieu militant. Nous nous y attachons sans doute moins maintenant mais, dans les premiers numéros, il y avait des articles où nous expliquions beaucoup, où nous faisions très attention à être pédagogiques – sans doute trop, même… Il y avait donc cette idée de s’adresser à tout le monde, sans langage militant ni violence verbale.

Au début, nous paraissions tous les deux mois. Aujourd’hui, on est censé paraître plus souvent, toutes les six semaines, mais… ce n’est pas vraiment respecté. Tout l’enjeu, en réalité, est de trouver un rythme de parution qui permette de faire des choses à côté, de militer aussi. Le canard est l’un des aspects de la lutte, mais il faut faire attention à ne pas se couper des autres ; si tu sors en mensuel, il n’y a plus que le journal dans ta vie, tu ne fais plus que ça2.
D’autant que le boulot de diffusion et de paperasse - tout ce qu’il y a à faire hors investigation et écriture - prend beaucoup de place et devient vite frustrant. L’idéal est de toucher à tout, de ne pas se contenter d’écrire - le journaleux qui ne fait qu’écrire ne saisit pas réellement l’enjeu de la diffusion, n’a pas ce contact avec les gens –, mais ça prend parfois beaucoup de temps.»

Diffusion et (menue) monnaie

«Nous nous sommes lancés avec 1 200 euros - des fonds personnels. Et avons sorti le premier numéro de La Brique à 2 000 exemplaires, distribués sur Lille et sa région, via les kiosques et la vente directe. Aujourd’hui, ça a largement augmenté: nous imprimons 5 000 exemplaires de chaque numéro, pour un total de 1 000 ventes en moyenne - soit 500-600 dans les kiosques, 300 grâce à ceux qu’on appelle nos dealers (la vente directe), nos ventes à la criée et 150 abonnés.
Aujourd’hui, nous avons parfois un peu l’impression de plafonner, nos ventes stagnent. D’où cette question, qui revient souvent: «Merde, pourquoi n’est-on pas plus lu? Pourquoi n’a-t-on pas plus de soutien des associations, des syndicats ou des groupes actifs dans le coin?» Nous tenons parfois des ventes à la criée où personne ne s’arrête, ni n’achète. Ça peut être un peu démoralisant.
À l’inverse, ça peut nous embêter que La Brique s’écoule bien, voire très bien, là où nous préférerions ne pas nous vendre (et que le journal se vend mal là où nous voudrions faire des ventes). En clair: ça marche beaucoup moins bien dans les quartiers populaires. À Fives, nos numéros ne partent pas, alors qu’ils s’écoulent facilement à Wazemmes ou à Sébasto – soit des coins beaucoup plus «bobos»…

Quant aux membres de l’équipe - disons qu’il y a une dizaine de personnes dans le noyau dur, et que la moitié est disponible par numéro -, ils doivent aussi jongler entre les périodes où ils peuvent s’investir bénévolement et celles où ils doivent absolument gagner de l’argent, ailleurs. Si tu es dedans, il faut donner beaucoup de ton temps ; et certains finissent par se retrouver en surchauffe parce que ça peut être très prenant. Il y a donc régulièrement des retraits volontaires, plus ou moins temporaires, liés à des moments où il s’agit de replonger un peu dans le travail salarié ou dans l’intime.
La Brique a compté un emploi aidé - mais c’était le seul. En fait, nous faisons tout notre possible pour ne pas gagner d’argent. Nous pourrions être un peu plus cher ou rogner sur certains postes de dépenses, mais ça ne correspond pas du tout à ce que nous voulons. Nous pouvons nous le permettre parce que nous sommes jeunes – le plus vieux de l’équipe a 36 ans – , que peu d’entre nous ont des enfants et que le RMI ou un emploi aidé nous conviennent très bien. Même si des amis retraités nous aident à chaque numéro, et si certains d’entre nous sont salariés par ailleurs.

Au final, La Brique s’écoule dans toute la région - pas seulement à Lille, Valenciennes ou Dunkerque. Mais le journal ne s’y vend pas en masse