interstices.io « L’interstice est un espace de relations humaines qui, tout en s’insérant plus ou moins harmonieusement et ouvertement dans le système global, suggère d’autres possibilités d’échanges que celles qui sont en vigueur dans ce système. » Esthétique relationnelle, Nicolas Bourriaud, Les presses du Réel, 2001 Bonjour ! Nous sommes Alexandre Liziard et Étienne Ozeray, étudiants en fin de cycle de design graphique. Nous consacrons cette année à mener à bien notre projet de diplôme. Ce site est notre carnet de bord. En savoir plus

Comment, en tant que designers graphique, intégrer les paradigmes ayant été mis en œuvre dans les interstices  ➞* * «Ce terme d’interstice fut utilisé par Karl Marx pour qualifier des communautés d’échanges échappant au cadre de l’économie capitaliste, car soustraite à la loi du profit: troc, ventes à perte, productions autarcique, etc. L’interstice est un espace de relations humaines qui, tout en s’insérant plus ou moins harmonieusement et ouvertement dans le système global, suggère d’autres possibilités d’échanges que celles qui sont en vigueur dans ce système.» Nicolas Bourriaud, Esthétique relationnelle, Les presses du Réel, 2001, p16 du libéralisme économique régissant notre société, à savoir la libération des outils matériels et intellectuels par la contribution, l’échange et l’ouverture, pour contribuer au développement d’un design non plus constitué d’un corps de spécialistes détachés du réel mais d’individus intégrés à la collectivité, dans le but de favoriser l’autonomie et l’émancipation individuelle et sociale?

Ce «Grand projet» naît d’une volonté commune de contribuer activement – dans la lignée des contre-cultures passées – aux alternatives qui ont fait ce qu’est la culture libre aujourd’hui ; il nous faut donc définir ce qu’est faire du design aujourd’hui, ré-interrogeons nos façons de faire, re-pensons nos outils, concevons ces outils, interrogeons les processus, interrogeons les utilisateurs, interrogeons les financements, prenons garde à ne pas se faire aspirer dans une sphère mercantile, apprennons à faire plus avec moins, à ne plus faire seul mais à plusieurs.

Nous sommes convaincus que le design graphique n’existe que par et pour l’environnement culturel et social où il évolue, il faut prendre garde à ne pas en faire un outil superficiel, un simple cosmétique. Nous nous attachons à mettre notre pratique au service de nécessités plutôt que d’en créer. Nous croyons et voulons participer au développement d’un design responsable, basé sur la contribution, l’échange et l’ouverture et militer pour une libération des savoirs, des outils et du travail. Il nous faut sortir de la passivité technique, ne plus se laisser guider par nos outil mais en être acteur. Nous devons donc sans cesse ré-interroger leur place, ne pas se contenter d’outils préétablis et limités mais de les adapter aux nécessités. Nous devons placer l’outil au cœur de notre processus de travail et le considérer comme vecteur de sens plutôt qu’instrument d’exécution. Le designer graphique, en tant qu’expert en mise en forme, contribue à la circulation du savoir en la rendant lisible et compréhensible. Il est donc un des enjeux majeurs de nos recherches de développer des outils favorisant la mise en commun des savoirs et de contribuer à leur mise en forme.
L‘outil tenant une place majeure dans le processus de création, il est nécessaire que celui-ci soit «convivial»  ➞**** Ivan Illich, La Convivialité, Seuil, 1973 c’est à dire qu’il doit être ouvert dans son utilisation, ceci permettant l’expression libre de celui qui l’utilise. La libre circulation du savoir, détachée de considérations mercantiles ou égotiques, contribue au développement et à l’épanouissement individuel et social. L’autonomie dans le travail entend minimiser les contraintes hiérarchiques traditionnelles pour le considérer comme un accomplissement de soi plutôt qu’un devoir. Cette posture tend à se défaire de l’homme machine au profit de l’homme créateur.

Contact Nous voulons que cette initiative naisse de plusieurs voix, de réflexions et de dialogues multiples entre camarades, amis, professeurs, designers, architectes, vidéastes, musiciens, danseurs, peintres, chômeurs, millitants, etc. Elle doit être l'addition d'une bande de je où chacun mène ses affaires et amène ses savoirs. Contactez, contribuez, proposez, critiquez, commentez, réfutez, saluez, etc, à l'adresse bonjour [at] interstices [point] io. Colophon Ce site est propulsé par le CMF libre ProcessWire et composé grâce au caractère typographique libre Gap Sans. L'ensemble du contenu disponible sur ce site est placé sous licence libre Creative Common Attribution - Non Commercial - Share Alike (CC BY-NC-SA) à l'exception des contenus extérieurs conservant leurs propres licences.

Manifart

le 20-06-2015Nous : Constellation système global/affichette

Constellation système global/affichette

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le 20-06-2015Nous : Constellation système global/Tests projection/pochoir/motif

Constellation système global/Tests projection/pochoir/motif

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le 11-06-2015Nous : Subjectivité Collectif, 13x20 cm, 472 pages

Subjectivité Collectif, 13x20 cm, 472 pages

Quelques photos de la première maquette de Subjectivité Collectif réalisé dans le cadre du diplôme de Lucas Bonnel aux Arts Déco de Strasbourg. C’est un premier jet, une relecture en est en cours pour pouvoir rebosser dessus à la rentrée prochaine et pouvoir finir ce riche ouvrage qui raconte l’histoire d’un collectif sur six ans. C’est beau, c’est riche, c’est généreux, du rire, des larmes, tout ce qu’on aime avec cette belle équipe de petits agités.

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le 09-06-2015Nous : Subjectivité Collectif, version béta

Subjectivité Collectif, version béta

Avec Lucas Bonnel de Manifart, on a fait une édition pour son diplôme retraçant le parcours de Manifart depuis sa création en 2009 à travers son regard. Ça a été un sacré marathon, on a dû faire ça en cinq jours, du coup il y a pas mal de détails qui clochent mais ça fait une bonne base de travail pour une version future plus poussée!

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le 31-05-2015Nous : Téléchargez, utiliser, modifier, redistribuez la Manifont

Téléchargez, utiliser, modifier, redistribuez la Manifont

La Manifont Grotesk est maintenant sur Github, nous vous encourageons à la télécharger, l’utiliser, la modifier, la redistribuer de la manière dont vous le souhaitez!

https://github.com/Interstices-/Manifont-Grotesk

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le 30-05-2015Nous : Manifont Grotesk Book, Bold, Book Italique, Bold Italique.

Manifont Grotesk Book, Bold, Book Italique, Bold Italique.

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le 29-05-2015Nous : Tests Constellations

Tests Constellations

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le 26-05-2015Nous : Tests gravures diapositives

Tests gravures diapositives

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le 22-05-2015Nous : Tests / Diapositives / Rhodoid / Planche contact

Tests / Diapositives / Rhodoid / Planche contact

Par ici, nous continuons sur le chantier typo Manifont pour expérimenter la projection à grande échelle par le biais du projecteur de diapositive que l’on a récupéré. On bricole des planches contact avec les points d’ancrage du caractère comme guide, un passage en négatif pour une projection allant à l’échelle d’un immeuble (cf photo. C’est pas hyper claire mais si si ça marche), le tout imprimé avec une jet d’encre des plus douteuse. Bon c’est pas encore au point, y a quelques détails à peaufiner et bientôt quelques images des possibilités d’usages.

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le 18-05-2015Nous : Acquisition d'un projecteur de diapositive

Acquisition d'un projecteur de diapositive

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le 18-05-2015Nous : Manifont en espace, premiers essais

Manifont en espace, premiers essais

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le 18-05-2015Nous : Manifont, mise en espace

Manifont, mise en espace

Il s’agit de proposer au collectif un outil lui permettant de s’approprier le système d’identification graphique que nous leur dessinons.

Nous envisageons donc de mettre en place un système de mise en espace du caractère Manifont leur permettant d’inscrire directement dans l’espace architectural les différents besoins typographiques qui peuvent intervenir durant la préparation d’un événement, d’une exposition, d’une résidence, d’une installation... L’identification graphique, la signalétique, le contenue textuel sont ainsi produits in-situ, directement intégrés à la surface du lieu. L’utilisation d’un système de projection permet de s’adapter aux différentes échelles et surfaces.

Le caractère Manifont, dénué des ses courbes et réduit à ses points d’ancrage, offre la possibilité d’en interpréter son dessin en fonction de son environnement géographique et/ou conceptuel. La constellation que constitue les points d’ancrage vient donner au dessin typographique un aspect ouvert et évolutif, s’adaptant aux nécessités architecturales, contextuelles, matérielles, budgétaires, de lisibilité, de surface, d’humeur...

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le 12-05-2015Nous : Manifont Matrice III

Manifont Matrice III

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le 12-05-2015Nous : Manifont Matrice II

Manifont Matrice II

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le 10-05-2015Nous : Manifont Matrice

Manifont Matrice

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le 04-05-2015Nous : Manifont V.1

Manifont V.1

Une première version de la Manifont a vu le jour.

À partir des quelques principes dégagés du texte de présentation de Manifart — récupération, bricolage, appropriation, tension, langage — ainsi que les quelques héritages étudiés précédemment, nous devons nous atteler à traduire ces principes au travers d’un caractère typographique qui sera la colonne vertébrale de ce projet.

Le dessin de ce caractère est basé sur le principe du fork qui consiste en un embranchement, une reprise d’un projet existant. En l’occurrence, nous nous sommes arrêté sur la Vremena — caractère typographique libre dessiné par Abstrkt — dans ses version Grotesk Book et Bold, italiques incluses. La Vremena est elle même une ré-interprêtation de deux caractères particulièrement répandus, l’Arial pour sa version Grotesk et la Times pour sa variante Sérif.

Si les principes dégagés sont une manière récurrente de travailler pour Manifart, la traduction graphique se doit de rester tout aussi fidèle à ces principes. Ainsi, si le dessin de la Manifont se base sur le squelette de la Vremena, c’est dans cet esprit de récupération et de réappropriation évoqué ci-dessus. Mais il a été nécessaire de recontextualiser le caractère d’origine pour lui attribuer un langage faisant écho au travail de Manifart. Celle-ci a donc été épurée à ses points d’ancrages, dépourvue de toute courbe, ramenée à son dessin brut, laissant alors apparaître ce qui s’apparente à une constellation, un réseau de point qui va nous permettre de faire naître les relations, tant d’associations que de ruptures, qu’ils peuvent entretenir.

C’est donc une tension palpable qui se dégage de cette ré-interprétation, un système de langage réduit à l’essentiel restant ouvert à toutes sortes de bricolages supplémentaires qui constitueront l’ensemble du système graphique qui accompagnera Manifart.

Afin de ne pas limiter le dessin et l’usage de ce caractère à ce que nous en avons fait et de prolonger la logique de récupération et de détournement qui nous anime tout autant que Manifart, nous diffusons ce caractère sous la licence libre SIL OFL, encourageant ainsi son libre usage, sa libre modification et sa libre (re)distribution. Celle-ci sera donc bientôt disponible sur Github.

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le 23-04-2015Nous : Référence typographique : Le normographe (0102 Minerva n°10 1.0 NF E04-505 ISO_309)

Référence typographique: Le normographe (0102 Minerva n°10 1.0 NF E04-505 ISO_309)

Travail typographique autour du normographe réalisé en 2013 par Alexandre Liziard. Il fait ici figure d’exemple de détournement/récupération d’outils pré-existant pour lui donner une "nouvelle" dimension. L’ensemble des recherches est disponible est disponible dans la section travaux antérieurs/typographie/Bizarre d’interstices.io.

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le 23-04-2015Nous : Référence typographique : alphabet cherokee

Référence typographique: alphabet cherokee

L’alphabet cherokee a été dessiné par Sequoyah en 1825 après douze années de labeur. L’intérêt de ce caractère réside dans la nécessité de s’approprier l’hégémonie des colonnies anglaises pour redevenir maîtres de leur existence. Il est donc basé sur une partie des caractères latin augmenté par quelques dessins cherokees. Il s’est avéré après nombreuses études être un des langages les plus simples d’apprentissage et de mise en application. Il ne sera toutefois pas suffisant pour contrer la supprématie colonniales qui se joue des subtilités d’application de la "loi". Il reste néanmoins un pertinent témoignage de la récupération et du détournement du système "traditionnel" dominant.

Dans le cadre du projet de traduction visuelle du collectif Manifart, il sera pour nous une référence du détournement et de la récupération pour raconter une autre histoire. Ces principes étant les mots d’ordre du collectif «Le “Do it Yourself ” est une manière de travailler très récurrente au sein de Manifart. Ainsi ses pièces sont elles pleines d’ambivalences, mêlant matériaux de récupération et nouveaux médias, artisanat et hacking, bricolage et nouvelles technologies.» Nous envisageons donc un chantier "Manifont" qui se basera sur les principes évoqués ici et qui sera à l’image des paradigmes soulevés par nos acolytes afin de construire un univers visuel faisant echo à l’ensemble de leur œuvre.

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le 23-04-2015Nous : Référence typographique : les symboles hobo

Référence typographique: les symboles hobo

«Quand ils ne se parlent pas de vive voix, les hobos laissent des symboles dessinés à la craie ou au charbon. Ce système de symboles a pour but d’informer ou d’avertir les autres (endroits pour attraper un train pour dormir, présence fréquente de la police, repas chauds, chiens dangereux, etc.). Cette langue, appelée en France "langue des trimardeurs", est un ensemble de signes qu’ on trouve parfois gravés dans la pierre des immeubles des villes et qui indique que la maison est accueillante ou qu’ au contraire on y lâche les chiens.

Le hobo est par la suite devenu une figure mythique de l’imaginaire américain. C’est un personnage teinté de romantisme, épris de liberté, développant la faculté de survivre en dehors d’une société aliénante dont il n’a pas à subir les contraintes. Ceci amène certains sociologues à les rattacher à une sous-culture libertaire.»

«Il y en a qui parlent d’une cueilleuse automatique. Si on en vient à utiliser une machine comme ça, j’aurai quand même besoin d’ouvriers, mais je peux te dire que je ne prendrai pas des vagabonds, ceux qu’ils appellent les "apple knockers". Comprends-moi bien, j’aimerais bien prendre des vagabonds parce que c’est des gars bosseurs. Mais si j’avais une machine pour cueillir des fruits, il faudrait qu’il y ait une organisation, des heures régulières, des équipes de travail et tout le monde qui bosse au rythme de la cueilleuse. Les vagabonds ne feraient jamais ça, même pas dans un million d’années. Ils sont trop indépendants et ils vivent selon leurs caprices. Il faut qu’ils sachent qu’ils peuvent aller et venir comme ils veulent, et travailler sans personne pour les surveiller.»

— Douglas Harper, Les Vagabonds du nord-ouest américain

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le 22-04-2015Nous : Mots-clefs, contours

Mots-clefs, contours

Collaboratif

Qui associe de nombreuses personnes en vue de réaliser des projets, des recherches […] qui ont une finalité commune.

Qui est en rapport avec une mise en commun, d’une entraide. Il peut s’agir d’un partage des tâches, des connaissances, d’outils ou de risques par exemple.

«accompli en collaboration», «de façon collective»

Mode de travail non hiérarchisé dans lequel des personnes mettent en commun leur créativité et leurs compétences afin d’atteindre un objectif commun

synonymes: contributif, participatif

Évènements

Du latin evenire, «advenir»

Fait qui survient à un moment donné.

Ce qui se produit.

Péripétie, fait raconté ou mis en action au théâtre, dans un roman, etc.

Issue de quelque chose que ce soit un succès ou un échec.

(Probabilités) Ensemble de résultats d’une épreuve aléatoire, partie de l’univers associé à cette dite épreuve.

Synonymes: accident, coup de théâtre, hasard, éventualité, circonstances

Tension

État de ce qui est tendu.

(Figuré) Grande application, effort continu.

(Par extension) État mental ou émotionnel intense.

(Figuré) Dissentiment entre deux états, voire deux personnes, pouvant amener des menaces d’hostilité.

synonymes: allongement, concentration, contraction, divergence, friction, potentiel, zizanie

Interrogations

Question, action d’interroger.

→ (Figuré) Consulter, examiner, en parlant des choses.

point d’interrogation: Signe (?) dont on se sert dans l’écriture pour marquer l’interrogation.

Synonymes: controverse, interpellation, question

Langage sonore et visuel

→ Langage

Le langage est la capacité d’exprimer une pensée et de communiquer au moyen d’un système de signes (vocaux, gestuel, graphiques, tactiles, olfactifs, etc.) doté d’une sémantique, et le plus souvent d’une syntaxe (mais ce n’est pas systématique). Plus couramment, le langage est un moyen de communication.

système de signes phoniques ou graphiques, destiné à l’expression de la pensée et à la communication entre les hommes

par extension système secondaire de signes créé à partir d’une langue (langage sténographique)

Emploi que l’homme fait des sons et des articulations de la voix pour exprimer ses pensées et ses sentiments.

(En particulier) Manière de s’exprimer, soit par rapport aux mots qu’on emploie, soit par rapport au sens.

(Linguistique) Faculté de mettre en œuvre un système de signes linguistiques, qui constituent la langue, permettant la communication et l’expression de la pensée.

(Par extension) Cris, chant, etc., dont les animaux se servent pour se faire entendre.

(Figuré) Tout ce qui sert à exprimer des idées et des sensations.

Manière de s’exprimer, de communiquer, propre à un groupe

Synonymes: exprimer, jargon, dialecte, bafouillis, baragouin, style

L’un pour l’autre / L’un par l’autre

DIY

Toute activité où l’on n’est pas seulement spectateur ou consommateur.

Participer, et échanger ses connaissances, sa culture, son information, débattre et décider par exemple sur une encyclopédie libre, telle Wikipédia.

Tout recyclage, consumériste, technologique ou culturel.

L’autorégulation, l’auto-organisation, la démocratie directe.

synonymes: Bricolage, do it yourself, fais-le toi-même, autonomie

Récupération

fait d’être récupéré ou de récupérer, de détourner ou d’être détourné de son but

Collecte d’objets et matières considérés comme des déchets par leurs propriétaires, afin de les revaloriser par le recyclage, le compostage ou tout autre type de transformation.

Synonymes: recouvrement, reconquête, exfiltration, recyclage, ressaisissement, rapatriement, rattrapage, détournement

Bricolage

(Vieilli) (Désuet) Biaiser, tergiverser.

Réparer, fabriquer, arranger quelque chose avec des moyens limités.

Travail amateur.

synonymes: fabriquer, rafistolage, raccommodage, reprise, trafiquer

Improvisation

processus de création sans objectif formel.

(Par extension) Organiser sans préparation antérieure.

Synonymes: imprévu, complication, hasard, empêchement, accroc, contretemps, destin, accident, impromptu

Contexte

(xvi e siècle) Du latin contextus («assemblage, réunion, enchainement»)

(Linguistique) Ensemble que forment, par leur liaison naturelle, les différentes parties d’un texte ou d’un discours.

Circonstances qui entourent un fait.

Le contexte d’un événement inclut les circonstances et conditions qui l’entourent ; le contexte d’un mot, d’une phrase ou d’un texte inclut les mots qui l’entourent.

Synonymes: circonstances, environnement, situation

Environnement

Conditions sous lesquelles on évolue, on interagit.

Ce qui est aux environs, ce qui entoure.

Ce qui entoure.

Synonymes: alentour, cadre, contexte, décor, entourage, milieu

Dialogue

Conversation, entre deux ou plusieurs personnes.

Discussion ou négociation, souvent dans un contexte social ou politique.

(Musique) Deux parties qui se répondent l’une à l’autre et qui souvent se réunissent.

Synonymes: conversation, débat, discours, discussion, échange, entretien

Palpable

qui se fait sentir au toucher.

(Figuré) Qui est clair, dont on peut se rendre compte, dont on touche du doigt la réalité.

synonymes: Vérifiable, tangible, concret, évident

Appropriation

Rendre propre à un usage, adapter.

synonymes: détournement, adapter, arranger, déplacement

Évolutif

Qui peut évoluer ou qui produit l’évolution.

Se transformer progressivement.

Se mouvoir, passer d’un lieu à un autre de façon réfléchie.

(Par extension) Se déplacer, se mouvoir, changer, progresser, varier

Ouvert

qui permet de passer ou d’entrer.

accessible librement.

disposé de manière à laisser communiquer avec l’extérieur.

(Sciences) Qualifie un problème ou une question qui n’est pas résolue.

(Psychologie) Trait de caractère d’un individu correspondant à la curiosité vis-à-vie de lui-même et du monde qui l’entoure, à l’envie d’expérimenter de nouvelles choses, à l’acceptation des idées originales, à la créativité…

synonymes: Accueillant, franc, sincère, communicatif, accessible, communicatif, libre

Habité

Faire sa demeure, son séjour en quelque lieu ; y vivre d’habitude.

synonymes: demeurer, vivre, occuper

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le 20-04-2015Nous : Poster img_ref

Poster img_ref

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le 15-04-2015Nous : Les attentes

Les attentes

Après l’exposition à La Générale, nous pouvons nous atteler à la mise en place d’un système d’identification du collectif. Il s’agira ici de dégager les principes que nous avons pu percevoir en travaillant dans le laboratoire du projet Interstices. L’intérêt de ce travail réside dans l’accomplissement d’un système d’identification qui n’aura pour finalité non pas de reflèter une image de marque mais plutôt de construire un univers visuel cohérent avec les problématiques que le collectif soulève. Si ce dernier est en constante évolution d’un projet à l’autre — augmentation des savoirs croissant — et qu’il ne se contente pas de se reposer sur ses lauriers, il doit en être de même de l’image qu’ils renvoient ultérieurement pour documenter ces espaces-temps.

Pour ce faire les attentes se porterons dans un premier temps sur un système d’identification faisant écho à la multiplicité des facteurs/médiums qui entre en jeu lors d’un espace-temps. Dans un second temps, il nous faudra décliner ce système à l’ensemble des supports possibles.

«Manifart est un collectif de jeunes artistes, architectes, designers, vidéastes, musiciens, performeurs et plasticiens, travaillant ensemble à l’élaboration de pièces collaboratives où l’oeuvre est un événement.

Depuis sa création en 2009, le collectif a été imprégné par l’organisation d’évènements musicaux et la réalisation de scénographies pour ces événements. Aujourd’hui ses membres tentent de concevoir leurs pièces comme des événements intégrant les tensions, les interrogations, les ambiguïtés, propres aux oeuvres d’art. Des installation à l’échelle architecturale au sein desquels ces derniers expérimentent de nouvelles formes spacialisées de langages sonores et visuels. Espace de diffusion et contenu y sont finalement intriqués, ils sont pensés l’un pour l’autre et conditionnés l’un par l’autre.

Le “Do it Yourself ” est une manière de travailler très récurrente au sein de Manifart. Ainsi ses pièces sont elles pleines d’ambivalences, mêlant matériaux de récupération et nouveaux médias, artisanat et hacking, bricolage et nouvelles technologies.

Capacité d’improvisation, prise en compte du contexte et du lieu, travail in-situ et dans le temps, sont des données d’importance. La possibilité de laisser les choses ouvertes et pénétrables par le public, ainsi qu’une volonté sincère de dialoguer avec ce dernier sont palpables dans chacune des réalisations. Le travail se fait avant et pendant l’oeuvre-évènement sans jamais cesser d’être une invitation pour les spectateurs à s’approprier l’espace et le contenu. Ce dernier a pour vocation de se déployer sur plusieurs jours, d’être ouvert et habité, de prendre le temps de se construire en même temps qu’il se donne à voir.

Tout ce qui se développe alors découle de la confrontation des sensibilités qui composent Manifart. D’une manière étonnante, ce qui se dégage de ses pièces correspond à la manière de travailler ensemble de ses membres ainsi qu’à leur capacité de rassembler les énergies et les êtres autour d’eux pour les entraîner dans cette ébullition. Comme si l’instant ainsi généré, tentait d’intégrer en son sein tout ce qui se trouve à sa portée dans l’environnement où il naît.»

source

«À sa création en 2009, le collectif Manifart se forme autour de la volonté d’organiser et produire des évènements artistiques. Progressivement, ses membres focalisent leur attention sur la mise en place et la construction des espaces qui accueillent ces moments d’expérimentations artistiques. La volonté de travailler à l’échelle architecturale amène le collectif à réaliser des installations pérennes dans des contextes instables où il est explicite que le travail n’existera que pour un temps réduit ; une mutation s’opère alors, de l’organisation d’événements vers la conception d’architectures expérimentales.
En vue de les réinventer, ils leur attribuent de nouvelles formes et de nouvelles règles du jeu. Les modifications opérées sur les dispositifs de présentation des œuvres apparaissent rapidement comme aptes à modifier tout autant les relations des spectateurs entre eux. Ces liens existants entre architecture, présentation de l’art et relation à l’autre feront naître un intérêt qui ne cessera par la suite de grandir.»

source

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le 20-02-2015Manifart : Nouvelle acquisition de Manifart

Nouvelle acquisition de Manifart

Voila les dernières acquisitions de l’association.

27 moniteurs de régie identiques, dont 3 ou 4 ne doivent pas fonctionner.

2 petits moniteurs et un double.

Je vous rajoute aussi le stock de bois que l’on possède.

C’est une matière que l’on peut utiliser pour les prochains évènements.

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le 15-02-2015Nous : Partitions Systems II

Partitions Systems II

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le 15-02-2015Manifart : Exposition // Le Bord des Mondes -- Palais de Tokyo

Exposition // Le Bord des Mondes -- Palais de Tokyo

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Le Bord des Mondes

PALAIS DE TOCKYO // Exposition 18/02/2015 - 17/05/2015

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Peut-on faire des oeuvres qui ne soient pas «d’art»? C’est en s’interrogeant avec Duchamp sur l’essence de la création et ses territoires que le Palais de Tokyo explore les mondes interstitiels, à la lisière de l’art, de la création et de l’invention. L’exposition Le Bord des mondes invite à un voyage aux confins de la création, en révélant les prodigieuses recherches et inventions de visionnaires au-delà du territoire traditionnel de l’art. Des créatures de plage géantes de Theo Jansen aux étonnants chindogu de Kawakami Kenji en passant par les poétiques attrape-nuages de Carlos Espinosa, l’exposition invite à emprunter des sentiers interdits et à chevaucher sur la faille qui habituellement sépare la création artistique et l’invention créative. A la lisière de l’art et de l’invention, l’exposition fait voler en éclats les frontières entre les mondes, entre territoire artistique identifié et mondes parallèles absents du système de l’art, en explorant le fécond précipice qui peut les unir.

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Commissaire: Rebecca Lamarche Vadel

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avec entre autre: Theo Jansen et la S.A.P.E ...

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le 14-02-2015Manifart : Yves Michaud : “La véritable audace, dans l’art aujourd’hui ...

Yves Michaud : “La véritable audace, dans l’art aujourd’hui ...

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Propos recueillis par Erwan Desplanques et Jacques Morice

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Entre ce qui a déjà été fait et ce qui est interdit, les artistes n’osent plus grand-chose, estime Yves Michaud, penseur singulier passé de la philosophie à l’art. Désormais, dit-il, les plus audacieux sont ceux qui croisent les disciplines.

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Voilà un penseur iconoclaste et offensif, qui ne craint pas de secouer tous les landerneaux. En 2003, dans L’Art à l’état gazeux, il enterrait la notion d’œuvre d’art mais voyait de la beauté partout, dans la rue, au supermarché ou chez soi. Depuis, ce philosophe issu d’un milieu modeste se considère volontiers comme un «pestiféré» dans l’Hexagone, quand il est célébré et sollicité à l’étranger - il a enseigné à Berkeley comme à São Paulo. Reçu premier à l’agrégation de philosophie en 1968, Yves Michaud a toujours fui les chapelles en passant pour un libéral-libertaire. Il a pourtant dirigé l’Ecole nationale des beaux-arts (de 1989 à 1997), puis lancé l’Université de tous les savoirs et ses conférences très courues. Sceptique mais curieux de tout, jonglant avec les disciplines, il s’est distingué par ses réflexions inattendues sur la culture, la violence ou la politique. Solide d’esprit comme de corps (il est sportif), à la fois terrien et technophile, c’est un partisan du gai savoir. Un esprit libre, en somme.

En 2003, dans L’Art à l’état gazeux, vous diagnostiquiez un art désacralisé et volatil, qui infuse tout notre quotidien. Dans ce contexte, l’audace a-t-elle encore un sens?
Nous continuons à croire que l’art doit viser la transgression, mais en réalité, aujourd’hui, celle-ci ne va pas très loin: il s’agit d’une audace ritualisée et encadrée. Pour deux raisons: la première tient au fait que toutes les voies ont été explorées, et qu’il est difficile d’aller plus loin. C’était différent au XIXe siècle, lorsque Manet peignait l’Olympia: représenter une prolétaire nue était un vrai scandale, une forme de pornographie, maintenant omniprésente sur Internet. La deuxième tient aux cadres légaux, qui sont largement reconnus et acceptés. Il est désormais totalement interdit de montrer des enfants nus - gare à la pédophilie! - ou des animaux maltraités - cruauté bannie! Des artistes comme Lewis Carroll ou Pierre Louÿs, avec leurs photos de petites filles, seraient aujourd’hui en prison. Comparés à eux, nos artistes vivants sont des saints, respectueux de la justice, de l’opinion publique, de la correction morale et des groupes de pression.

L’audace ne devrait-elle pas résister à cette normalisation?
Sauf que c’est impossible, à moins de s’exposer à des sanctions. L’artiste chinois Huang Yong Ping n’a pas pu montrer, au centre Georges-Pompidou, son installation Le Théâtre du monde, où il voulait faire cohabiter et s’entre-tuer toutes sortes de bestioles et d’insectes (serpents, scorpions, araignées...): les associations protectrices des animaux sont intervenues avant. Le plus frappant est que l’interdit n’est pas contesté: les artistes acceptent que la société se «judiciarise» et font eux-mêmes valoir à répétition leurs droits. Regardez Buren: il n’arrête pas d’engager des poursuites pour défendre son œuvre! Comment ne pas respecter le droit dès lors qu’on le sollicite?

Historiquement, de quand date la fin de la transgression?
A mon sens, elle s’achève à la fin des années 1970, avec les derniers mouvements d’avant-garde, comme le body art (performance ou happening centré sur le corps) ou l’art conceptuel (il n’y a plus d’objets d’artistiques finis mais plutôt des idées d’oeuvres). Après, on entre dans le postmoderne, le monde du «tout est permis» – y compris le retour à des formes académiques. Les seules transgressions qui persistent sont clandestines, ignorées même du milieu de l’art. Il y a un exemple terrible, ce que je connais de plus fort, c’est la performance de l’artiste chinois Zhu Yu, qui a mangé en 2000 des foetus d’enfants rôtis. Il y a aussi David Nebreda, cet artiste espagnol anorexique, squelettique, qui vit seul, se mutile, s’enduit d’excréments et s’expose depuis les années 1990 en photographies belles et fortes. Au fond, les seules transgressions tolérées viennent des artistes qui tentent des expériences radicales sur leur corps. Dans la performance, le body art, la scarification. L’art biotech est lui aussi intéressant ; lié à la spectacularisation de la science et à son esthétisation, on y retrouve la fonction prophétique et utopique de l’art, le rôle traditionnel de l’artiste comme anticipateur du changement humain et sociétal. Mais là encore la loi veille. Ceux qui montrent l’homme «prothésé», comme Stelarc (un artiste qui, en 2007, s’est greffé une oreille sur le bras!), ou qui font des recherches sur la manipulation d’ADN ou la culture des tissus sont encadrés, sinon poursuivis, comme Steve Kurtz et son Critical Art Ensemble, en 2004, après les attaques à l’anthrax aux Etats-Unis. De même, la lapine vert fluo d’Eduardo Kac, à mon avis, n’a jamais existé: lorsque l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) a découvert la nature du projet, celui-ci a été stoppé

Le triomphe de l’esthétique – «l’art partout» – met à mal la fonction de la critique. Celle-ci semble réduite à valider des produits. Doit-elle se résigner à cette impuissance?
Avec la mondialisation et l’explosion démographique des artistes, les données ont changé du tout au tout. Cent mille artistes recensés dans la seule ville de New York, vous vous rendez compte? Le critique ne peut plus prétendre être un découvreur, ni décréter ce qui est absolument supérieur. Il devient au mieux un médiateur, au pis un communicant. Mais inutile de s’arracher les cheveux: jusqu’au XVIIIe siècle, il n’y avait pas de critiques. L’art était jugé par les pairs et par les commanditaires. Aujourd’hui, le jugement de valeur se fait très brutalement aux enchères. On a vu ces dernières années des gens acheter littéralement n’importe quoi à n’importe quel prix, mais, depuis le krach, les acheteurs y regardent à deux fois et le jugement de qualité reprend ses droits. En temps de crise, les enchères sont un bon baromètre du goût des collectionneurs et de la qualité des oeuvres. Il serait simpliste de le déplorer: l’art a toujours été lié à l’argent. S’agissant de valeur, il est assez naturel qu’elle soit traduite en argent. A la Renaissance, il y avait une très forte concurrence entre les artistes, qui vivaient des commandes des paroisses, des communautés, des municipalités, des princes. Le Tintoret et Titien étaient fabuleusement riches.

Vous refusez toute déploration. N’est-ce pas démoralisant, tout de même, ce caractère inoffensif de l’art contemporain?
L’art visuel est devenu relativement pasteurisé, mais on peut toujours changer de voie. Certains artistes pourraient très bien décider demain de faire un art authentiquement politique ou un art de pure recherche formelle, dans la tradition minimaliste ou zen, puisque cela a été abandonné au profit de transgressions indolores. Pour moi, l’histoire de l’art n’est absolument pas linéaire. A un moment donné, il y a un éventail de possibilités, et les artistes peuvent changer de registre au lieu de s’entêter dans un cul-de-sac. Voyez ce qui s’est passé avec Rauschenberg ou Warhol, quand ils rompent avec l’expressionnisme abstrait pour faire un art froid et détaché. Même chose avec les néodada des années 1950, Cage ou Cunningham, qui rompent avec la peinture et explorent le multimédia, la chorégraphie, la musique. La véritable audace, aujourd’hui, c’est de se déplacer, de passer à d’autres formes. Passer des arts plastiques à la techno, comme la DJ Miss Kittin, qui sort des beaux-arts de Grenoble. Ou la plasticienne Valérie Mréjen, qui passe à l’écriture, mais reste sous-estimée par le milieu littéraire, très corporatiste.

Changer de discipline... C’est aussi un peu votre portrait que vous dessinez là.
Echapper aux carcans, au politiquement et professionnellement correct, a toujours été naturel pour moi. Quand j’étais à Normale sup, le cadre était très dogmatique et étouffant. On ne devait jurer que par Marx, Lacan, le structuralisme, puis la déconstruction de Derrida. Moi, je préférais jouer au foot et faire de la logique! Cela dit, je dois être honnête, c’est l’un des plus dogmatiques, Louis Althusser, qui m’a orienté vers les cours du sociologue Alain Touraine, du psychologue Ignace Meyerson et de l’ethnologue Georges Balandier. De cette époque, j’ai conservé une sorte d’anarchisme épistémologique. J’ai vite compris que les choses intéressantes ne se passaient jamais où on les attendait. Les vraies recherches scientifiques, par exemple, se font aux interfaces, au croisement des disciplines. Mais dans les sciences humaines, c’est très mal vu. Il faut respecter les saints découpages disciplinaires. Un exemple: le meilleur spécialiste du tourisme en France, Jean-Didier Urbain, est très bien reconnu à l’étranger. En France, il a été massacré par ses collègues, jamais promu. Pourquoi? On ne tolère pas qu’un universitaire passe de la sémiologie au tourisme...

Ou de la philo à l’art, comme vous...
Le passage m’a paru naturel à partir du moment où j’ai acquis une bonne connaissance de l’art contemporain. Bizarrement, j’ai connu une semi-censure dans le milieu de l’art contemporain français depuis L’Artiste et les commissaires, publié en 1989, où je montrais que le monde de l’art était désormais aux mains des opérateurs culturels. Depuis, je suis quasi interdit de parole dans les écoles d’art en France, alors qu’il n’en est rien à l’étranger, en Italie, en Espagne, en Amérique latine, où je suis reçu aussi bien par les partisans de l’art contemporain que par ses détracteurs. Le petit milieu n’aime pas qu’on décrive son fonctionnement.

A la tête de l’Ecole des beaux-arts, êtes-vous parvenu à changer les règles?
Aux Beaux-Arts, j’étais effaré que le règlement n’ait pas été mis à jour depuis le XIXe siècle: on fonctionnait comme s’il y avait toujours des prix de Rome, supprimés après... 1968. C’était à l’image de la France, un pays pathologiquement bureaucratique. Il y avait à mon arrivée mille cent élèves inscrits, car beaucoup ne quittaient pas l’école après leur diplôme, juste pour stocker leurs oeuvres. J’ai donc commencé par vider le trop-plein et mettre en place des procédures de sélection à peu près honnêtes. On a rétabli l’enseignement du dessin et décloisonné, en favorisant le croisement des disciplines. Mon principe était assez simple: du bon sens et des perturbations osées. C’est ainsi qu’on a eu comme professeurs invités Marina Abramovic, Peter Halley, Joel Fisher, Chen Zhen, Alice Aycock... Nombre d’artistes étrangers qui apportaient un regard neuf, des expériences différentes. Il aurait fallu pousser plus loin ensuite avec des jeunes artistes déjantés et prolos, comme les Anglais des années 1990.

Lorsque vous revenez à la philosophie, c’est pour l’enseigner aux adolescents. Pourquoi?
A la suite de mon expérience heureuse avec des collégiens pour le magazine Okapi, j’ai conclu qu’il faudrait mettre en place un enseignement de la philosophie dès le collège. Ce serait un bienfait pour la citoyenneté, ne serait-ce qu’en rappelant par exemple en détail la signification du mot «respect». Le souci, c’est évidemment le manque de profs: ceux de philo sont tellement persuadés qu’ils ne doivent pas déchoir en quittant leur classe de terminale qu’on ne trouverait pas beaucoup de volontaires... Au contact de ces ados, j’ai été frappé par leur vivacité d’intelligence, à un âge où ils ne sont pas trop bloqués par les idées toutes faites ou la pression du groupe. J’ai aussi constaté qu’un langage sommaire n’empêche pas de penser. En cela, je m’oppose à Bourdieu: c’est le langage trop codé qui pose problème. De 7 à 13 ans, les enfants ont des ressources d’apprentissage exceptionnelles. Avec eux, mon optimisme renaît.

En 1999, vous proposiez d’abaisser la majorité civique à 15 ans.
Je maintiens. Pourquoi des adolescents ne pourraient pas voter alors que des vieux gâteux le peuvent? Il faut s’inspirer des sociétés antiques, où l’«éphébie» vous rendait mature dès 15 ans. Laisser la jeunesse en friche, protéger la nature vierge de l’enfant... ce rousseauisme de pacotille a fait beaucoup de dégâts. Les enfants très jeunes ne font pas la différence entre jouer et apprendre.

On perçoit chez vous un mélange d’optimisme et de scepticisme...
J’aime semer à tout vent, être comme le pissenlit sur la couverture du vieux Larousse. Je voudrais être fidèle à l’esprit des Lumières sans tomber dans ses illusions de réforme despotique. De ce point de vue, j’ai toujours considéré l’Université de tous les savoirs comme un prolongement de l’Encyclopédie, avec la même insistance sur les sciences et les techniques. Je fais confiance à l’intelligence collective tout en étant lucide sur les limites de chacun. J’ai beaucoup étudié la philosophie sceptique, de Pyrrhon à Hume, y compris le jubilatoire Cioran. Le scepticisme n’est pas une doctrine déprimante, encore moins cynique: il conduit simplement à ne pas avoir de désirs disproportionnés. En ce moment, je termine un livre sur le mérite, où je remets en cause le principe de l’égalité à tout prix. Tout le monde sur les plages vierges, tout le monde people, c’est devenu une norme, une obsession égalitariste, qui sacrifie des valeurs, comme la liberté, la dignité. Tout le monde ne naît pas avec le même QI et nul n’est propriétaire de sa valeur: Zidane n’est pas responsable de son extraordinaire coordination des membres. Il y a une loterie de la vie et on ne doit pas la corriger à n’importe quel prix. Parfois on gagne, parfois on perd. Quand nous organisons les conférences de l’Université de tous les savoirs au lycée, je pense souvent: si jamais ça déclenche une vocation chez un enfant, on a gagné.

Comble de l’audace: l’encyclopédiste que vous êtes prépare un livre sur les fêtards d’Ibiza...
Ibiza est un laboratoire des changements contemporains. Cette société hyper traditionnelle - il y a cinquante ans, Ibiza, c’était le XVIIIe siècle - a été transformée par le tourisme, l’hédonisme, les drogues, l’industrie du divertissement. J’ai constitué une documentation importante puis écumé tous les clubs d’Ibiza, comme un vieil ethnologue, pour étudier les rites de la vie nocturne. Ibiza est une bulle de culture hédoniste et d’excès au milieu d’une nature parfois encore virgilienne. Cette contre-culture peut valoir la culture savante. La techno signe précisément le passage dans une nouvelle configuration des arts, où les sons, les parfums, les rythmes prennent le pas sur le visuel. Un peu comme chez Baudelaire ou Théophile Gautier... Je ne cherche pas à être le grand-père indigne. Je suis juste curieux de ces mutations, sans peur de donner mon avis et d’aller contre le conformisme affligeant. A la manière de l’artiste américaine Agnès Martin, du musicien Pierre Henry (le chaînon manquant entre Messiaen et la techno) ou du philosophe anglais Austin, qui n’ont pas visé de transgression spectaculaire: ils se sont juste engagés sur un chemin bizarre, mineur, sans honte et avec plaisir. L’hédonisme a aussi une valeur dans la vie intellectuelle. Est-ce de l’audace? Disons de l’audace tranquille.

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IBIZA MON AMOUR -- Enquête sur l’industrialisation du plaisir -- Yves Michaud

edition du Nil - 2012 - 354 pages

Ibiza a toujours été montrée de façon superficielle. Certes, Ibiza est l’île de la fête, de la nuit et des excès. Mais cette île est plus fondamentalement un laboratoire exceptionnel pour analyser ce qui fait marcher nos sociétés libérales: l’hédonisme. Cette extraordinaire machine à produire des plaisirs qui attire aujourd’hui plus de 3 millions de touristes venus de toute l’Europe mais aussi du Japon, d’Australie ou d’Amérique. Ibiza est devenue la capitale mondiale de la fête et des plaisirs et mérite à ce titre d’être prise au sérieux. Comment cette île, hier dans la misère la plus noire, est devenue une marque connue dans le monde entier? Pourquoi attire-t-elle autant les VIP que les touristes low-cost, les clubbers que les familles? Et comment, concrètement, assouvit-on les désirs de millions d’individus chaque jour? Le philosophe Yves Michaud a enquêté trois ans au coeur de cette île qu’il connaît bien pour y vivre à mi-temps depuis les années 80. Enquête journalistique impressionnante mais également travail sociologique et philosophique car le regard de l’intellectuel curieux et malicieux est toujours là. Son propos n’est pas de condamner ni de faire l’apologie d’Ibiza mais de regarder les choses telles qu’elles sont. Car ne nous y trompons pas: Ibiza n’est pas un ailleurs exotique, c’est un miroir tendu sur nos sociétés occidentales. Voici le vrai visage de l’hédonisme contemporain.

www.soundcloud.com/psychemagik/gagarin

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le 14-02-2015Manifart : Erwan Soumhi - bio

Erwan Soumhi - bio

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Erwan Soumhi / Né en 1986 au Maroc
Vit et travaille à Paris / Médium mixte
www.erwansoumhi.com

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Après un passage à L’Atelier de Sèvres à Paris, je rentre à l’ESAD ( Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg) pour y suivre un cursus au bout duquel j’obtiens mon DNAP. Durant ces années, je développe une pratique de la vidéo et de l’installation et commence à exposer mon travail.

Au courant de l’année 2010-2011, Je réalise un échange international à la SMFA de Boston (School of Museum of Fine Arts). À travers l’ enseignement et différentes collaborations artistiques, j’y continue à approfondir mon travail tout en découvrant de nouvelles formes et façons de considérer l’acte créatif. En revenant de cet échange, j’intègre Pez corp , une organisation composée de 14 autres artistes de générations différentes, mais venant en quasi-totalité du même groupe de recherche (Hors Format) au sein de l’ESAD. Il s’y développe entre autres une réflexion sur la création artistique en commun et les formes qu’elle peut prendre dans le contexte actuel de l’art contemporain.

En 2012, j’obtiens son DNSEP après avoir écrit un mémoire portant sur l’image anonyme. En 2013, j’intègre le collectif Manifart. Puis en 2014, le collectif Bingo Cosmos et Hic Est Sanguis Meus. Le travail en collectif a pris une place important dans mon processus de travail et de réflexion.

En parallèle, J’expose et confronte mon travail à travers des résidences artistiques, des workshops, des expositions et des festivals.

Territoires de recherches et réflexions actuelles:

Ø.

1. Prendre le sens comme un médium.

2. Penser et approfondir le concept de matière sens-temps.

3. Construire des dispositifs qui donnent un corps à des concepts mentaux abstraits.

4. Imaginer des connections sémantiques improbables et problématiser ce qui s’en dégage.

5. Retrouver ce qui manque dans la phrase «l’art pour tous».

6. Expérimenter des connections entre arts, alchimie, hermétisme et symbolisme.

7. Inventer des hybrides temporelles pour désaxer notre regard vers de nouvelles. Perspectives d’appréhension de notre propre contemporanéité.

8. Se nourrir d’une histoire de l’art revue sous des principes de non-linéarité.

9. Chercher, parfois, à blesser pour comprendre comment le sens s’écoule.

10. Placer l’intrigue au cœur de la relation aux spectateurs.

11. Éveiller non pas un jugement, mais une attitude.

12. Donner corps aux inspirations vécues et en faire des sens-objets , matière à penser.

13. Ne jamais faire le deuil de l’absolu, ne jamais oublier qu’il est dangereux de ne pas le faire.

14. Questionner le concept «d’environnement».

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le 12-02-2015Manifart : Acousmonium

Acousmonium

Je vous parle aujourd’hui de l’acousmonium, comme un échos à certaines volontés amorcée pour le salle expérimentale de archimade.

Ou en échos avec le projet manifart "chalet society" (dispositif/installation en enceinte), ou encore radio club sound système.

L’acousmonium est un orchestre de Haut Parleur, destiné à l’interprétation de musiques composées dans un studio électroacoustique. Il se compose au minimum d’une quinzaine de HP aux caratéristiques différentes.

Il met ainsi en son des "oeuvres acousmatiques" issue de la musique concrète. Nous pouvons ainsi citer:

Pierre Schaeffer dans les années 40, avec: "synphonie pour un homme seul" (composé avec Pierre Henri) (http://vimeo.com/34209212). A cette l’occasion Schaeffer crée un "pupitre d’espace" ou autrement appellé "potentiomètre d’espace". Tenant dans la main une bobine, l’opérateur ou chef d’orchestre, effectue des gestes dans un espace matérialisé par de larges cercles croisés. Ces gestes, agissant sur la balance des HP, produisaient un mouvement analogique du son dans l’espace de la salle. Cf photos. (principe similaire: térémine).

Plus tard c’est avec François Bayle dans les années 70 que les expériences continuent (https://www.youtube.com/watch?v=BvsinZVtNr8)

Le premier Acousmonium en 1972, église Saint Séverin à Paris. en pièce jointe en photo. photo 2

Acousmonium années 1980, Salle Olivier Messiaen à Radio France en pièce jointe en photo. photo 3

D’outil d’équilibrage, l’Acousmonium est passé à un outil d’expression, étant donné qu’à partir du moment où il était possible de modifier le positionnement des sons dans l’espace, l’intensité générale, la couleur des sons, une nouvelle possibilité s’ouvrait aux compositeurs et «interprètes» pour faire du concert un moment unique pour l’écoute et la découverte de l’espace.

L’on peut parler de spatialisation sonore. (https://www.youtube.com/watch?v=ZsRt5xlGCGo)

L’Acousmonium d’aujourd’hui est donc fait de nombreux haut-parleurs (entre 40 et 60) distribués dans la salle sur la scène, autour du public et même dans le public, et organisé en fonction des musiques à jouer (un concert stéréophonique aura une distribution différente d’un concert multiphonique), qui favorisera une distribution par rapport à une autre.

Le dispositif crée lors de La dame de marrakech, reprend ses principes de spatialisation, d’interférence et d’interaction sur un travail de diffusion par haut parleur spécifique, dirigé et spatialisé.

Lors de la performance de joachim montesui, les sons volaient dans l’espace, tournoyaient et se réverbéraient au sein de la cour du riad. De même lors de la première partie, les voies des interview des personnes rencontrées tanto diffusées ensemble, tanto seule, chacune à travers son propre HP, permettait d’avoir soit une écoutes d’un protagoniste, soit de plusieurs à la fois. Cela dépendait à la fois du positionnement du spectateur, mais aussi du choix de diffussion du monteur sonore.

A lire:

L’article Du GRM (groupe en recherche musicale) de l’INA (http://www.ina-expert.com/e-dossier-de-l-audiovisuel-le-son-dans-tous-ses-etats/le-grm-de-l-invention-du-son-a-la-musique.html)

• Spatialisation et image : la mise en espace des sons concrets et électroniques

http://sonhors.free.fr/panorama/sonhors13.htm

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le 09-02-2015Nous : Partitions Systems

Partitions Systems

xenakis

sheets_stockhausen

Sylvano Bussotti

scans_john_cage

cage_complementary

cornelius cardew

george crumb

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le 07-02-2015Manifart : Ré-investir la ville

Ré-investir la ville

Ces quelques lignes concernent la nécessité de ré-investir l’espace publique (à chaud, donc pardonnez les divers égarements)

On voit depuis de nombreuses années déjà des mouvements opposés concernant l’utilisation de ce qui fût jadis dans la ville, l’espace publique.

De nombreux espaces de la ville tendent à se privatiser, pour survivre économiquement, plus que les espaces d’ailleurs, ce sont des pans entiers de l’organisation sociale que l’on met au service des entreprises privées, l’éducation en est un exemple frappant, mais c’est un autre sujet. On voit une réduction toujours plus grande des espaces sans volonté de profit, d’espaces à prendre, à investir avec des idées non commercialisables. L’espace est contrôllé, et même plus, il nous contrôlle dans une certaine mesure, du moins, nous oriente en tant que flux d’humains propulsés d’un point A vers un point B. On peut déjà jetter un oeil au petit livre "Des souris dans un labytinthe" qui se propose d’étudier quelques situations quotidiennes de manipulation par les dispositifs de la ville, publiques ou privés. Evidemment, mais je ne m’attarderai pas sur ce point, la science du marketing ne cesse de s’améliorer concernant la conception de l’espace comme mode de contrôlle des comportements. Cette privatisation généralisée des espaces communs de la ville, trouve deux light-motiv principaux, consommation et sécurité/surveillance. Les centres commericaux qui tendent à devenir de véritables petites villes (quoi qu’on emploi plus volontier le terme de "village") avec leurs bancs, leurs fontaines, leur micro-jardins, sont le modèle idéal du circuit maîtrisé de surveillance-consommation en espace privé. Les centres commerciaux intègrent dans cette logique, des zones à habiter ou investir, qui par leur nature artificielle, leur valeur de décors, ne peuvent produire aucune relation humaine vivante, mais retenir un peu plus longtemps les consommateurs dans la zone d’achat.

En terme de flux et de relation au déplacement dans l’espace ainsi qu’à la vitesse, Paris est frappante. N’importe quelle personne ayant vécu dans le sud de la France en ressent immédiatement les effets, sentiment de stress et d’annonymat. Les visages s’enchaînent et ne se ressemblent pas, le moment du déplacement, surtout dans un cadre comme celui du métro, ne semble pas pouvoir présenter de qualité autre que de se rendre d’un point à un autre. Contemplation, rencontre, flânerie, semblent réservées aux touristes. Dans certains cas de figure, on se rend bien compte que le simple fait de s’arrêter produit une situation étrange. Il m’est arrivé d’en faire l’expérience de nombreuses fois, par pure curiosité. Je me souviens d’une fois, dans le métro, à un embranchement particulièrement tendu en période de pointe, lorsque je revenais de Fontenay Sous Bois. Un puissant courant d’êtres humains se scindait en deux pour être aspiré par deux tunnels acollés. Il me semblait qu’une seconde d’innatention pouvait nous entraîner du mauvais côté sans chance de pouvoir jamais revenir en arrière. A l’embranchement, je posais mon sac au sol et restais debout, immobile. J’avais le sentiment d’être un caillot sanguin dans une artère, je sentais très nettement la pression de la foule humaine tout autour de moi et la disparition totale des consciences individuelles dans ce magma. Mais cet anonymat et ce rythme effrainé finissant par rendre la ville invivable, entraînent désormais des initiatives de ré-apropriation de l’espace et du temps. (récement par exemple, Thierry nous postait ceci: http://co-city.strikingly.com/) Il me semble que ses dernières tendent à se multiplier avec un désir de réunion et d’échanges qui vient à l’encontre d’une société conçu autour de l’individu et de l’assouvissement de ses désirs. Je tire les quelques lignes suivantes d’un texte de Stéphane Degoutin que l’on retrouvera sur son site Nogoland. Il parle ici de l’extention de la sphere du privée à une échelle nouvelle par le biais des réseaux sociaux sur internet. Ce qu’il note ici m’amène à me demander ce qui articule le développement du privé dans le publique avec l’incapacité ou l’impossibilité d’utilisation des espaces publiques comme espaces de recontre dans le réel. (l’article complet: http://www.nogoland.com/wordpress/2013/09/74-2/)

"Le domaine privé n’est plus alors ce qui est retranché au regard, protégé du domaine public. Il est, tout au contraire, ce qui en constitue le point de départ: l’élément de construction de base du social.

Cela signifie que la structure même du social, de la vie publique, se construit à partir du privé, plutôt qu’à partir de la sphère publique."

J’ajouterai aussi ces quelques lignes de S Degoutin issues d’un autre texte de son blog, toujours en lien avec les quesiton ssoulevées ici. (article complet: http://www.nogoland.com/wordpress/2010/01/ville-potentielle/)

"Pour mettre plus d’humains en relation les uns avec les autres, les villes grossissent en taille (horizontalement ou verticalement), construisent des réseaux de transport, sortent de leurs limites anciennes: c’est la mégapole. Puis les réseaux de communication augmentent à nouveau la possibilité de mise en contact. Si le but de la ville est de multiplier les rencontres, les réseaux relationnels comme Meetic, Facebook ou Orkut y parviennent mieux encore. La ville a trouvé un concurrent plus efficace. Elle déborde de sa dimension spatiale et devient hyperville."

La ville en tant que réseau de relations, déborderait sur le net, mais l’utilisation des espaces réels s’en voit lourdement affecté. En réalité, ce n’est pas que l’existence d’une plateforme comme facebook rend obsolète la rencontre au café, mais c’est plutôt qu’elle conïncide mieux avec une certain économie des relations humaines, des "relations potentielles" (S. Degoutin) que l’on active pour une fin particulière, un hébergement, un contact professionnel, etc. Tout ceci est intrinsèquement lié à notre rythme de vie ainsi qu’a notre relation au savoir et au travail. C’est pourquoi, si ce genre de relations "potentielles" ne sont pas satisfaisantes ou épanouissantes, il devient nécessaire d’être capables d’imaginer d’autres modes de fonctionnements, une autre relation à la connaissance et son utilisation, un autre aménagement du temps social partagé et du temps de production. En rapprochant ces observations et les besoins qui en découlent, nous tendons, avec le collectif Manifart et la forme hybride de l’oeuvre-évènement, à proposer des moments de rassemblements dans des espaces publiques ou ouverts au publique, où la relation de ce dernier à l’oeuvre est actif, comme une incitation à investir le temps et l’espace par sa présence. Ce moment de rassemblement hors du temps de production, dans un espace transformé, devient aussi un temps possible de réflexion sur le visage de la ville, son organisation et nos manières de l’habiter.

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le 06-02-2015Manifart : NOUVELLE ACQUISITION MANIFART !

NOUVELLE ACQUISITION MANIFART !

Nouvel achat! Un lot de 7 hauts-parleurs type stade achettés lors de la vente aux enchères chez le célèbre et historique Régifilm. Tous les hauts-parleurs ne sont pas équipés de moteurs mais ils ont tous des formes acoustiques vraiment intéressantes. Ils ont vraiment grave de la gueule.

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le 06-02-2015Manifart : Déflecteur sonore / Alexandre Echasseriau

Déflecteur sonore / Alexandre Echasseriau

Un déflecteur est une surface solide qui oriente un flux d’air. Ce déflecteur à usage domestique a pour fonction de disperser les sons hautes fréquences, par essence très directionnels, émis par une enceinte de salon. Cet objet aura pour fonction de concentrer ou diffuser le son selon que l’on exploite sa face convexe ou concave.

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le 04-02-2015Manifart : Pier Luigi Nervi Architecte

Pier Luigi Nervi Architecte

Pier Luigi Nervi est né à Sondrio (Lombardie) le 21 juin 1891 et décédé à Rome le 9 janvier 1979.

Ingénieur et architecte, diplômé de génie civil à l’université de Bologne en 1913, il travaille 10 ans au bureau technique de la Société de constructions en béton de Bologne.

En 1920, il fonde à Rome la société Nervi et Nebbiosi ingénieurs. Il créé en 1927 un nouveau type de béton, le ’ferro-cemento’, et construit le cinéma-théâtre Augusteo à Naples.
Il réalise ensuite sa première œuvre importante, le stade Giovanni Berta à Florence, entre 1930 et 1932. Il crée l’entreprise de construction Nervi et Bartoli ingénieurs en 1932.

À partir de 1939, il met au point une série de couvertures. En 1939, il dépose le brevet pour la construction de hangars aéronautique avec modules en béton armé préfabriqués puis, en 1943, le brevet pour voûtes en béton armé de 300 mètres par sections préfabriquées.
En 1948, il construit la spectaculaire voûte du Palais des Expositions de Turin (couverture de 75 m de portée, réalisée à l’aide d’éléments préfabriqués), puis ne cesse de perfectionner son système de voûtes à nervures

Commentaires

  • Posté par Alex le 02/04/15 4:53pm :

    Ok très bien merci mec. Limite pour les autres, il faudrait mettre toutes les "identités/profils" de chacun sur cet article en commentaire.

    Bise.

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le 04-02-2015Manifart : Xenakis et Le Corbusier

Xenakis et Le Corbusier

Le Pavillon Philips de l’Exposition universelle 58 à Bruxelles a été construit dans un style architectural , inhabituelle et nouvelle pour l’époque: la parabole hyperbolique a été conçu par le compositeur grec Iannis Xenakis, à l’origine un jeune architecte et ingénieur travaillant pour Le Corbusier en ces jours .

Pour cette occasion spéciale , le compositeur américain Edgar Varèse a composé une nouvelle Poème électronique ( 1957 ) qui a été réalisée par 425 (!) Haut-parleurs pendant les jours d’exposition , tandis que dans le même temps on peut regarder un film par Charles Le Corbusier. Le travail était une combinaison de la musique concrète et sons électroniques . Images et photographies ont été projetées sur les murs avec aucune tentative de synchronisation avec le son . Je me souviens que ce était très difficile de regarder la scène et de suivre ce qui se passait: il y avait tellement de gens à propos . Je étais un garçon de huit ans , mais lors de ma visite au Pavillon PHILIPS je ai vu , et je me sentais heared quelque chose de très spécial qui se passait.

La contribution de Xenakis ne était pas seulement comme un assistant de l’architecte Le Corbusier , mais travaille également comme un compositeur . Interpolées entre deux pistes de Poème électronique était son PH Concret ( " PH" pour hyperbolique Paraboloïdes , une caractéristique du pavillon ) . Utiliser un enregistrement de craquements braises , il a pris des extraits de la source et de les mettre ensemble en utilisant une variété de densités à chaque fois qu’il a été utilisé à nouveau . Cette approche est souvent désigné comme " nuages ​​de sons», un concept qu’il a exploré dans sa musique de l’époque.

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le 04-02-2015Manifart : Conques de diffusion sonore

Conques de diffusion sonore

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le 03-02-2015Nous : Les partitions de Xenakis

Les partitions de Xenakis

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le 03-02-2015Nous : Les partitions de John Cage

Les partitions de John Cage

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le 03-02-2015Manifart : Octave Giaume - Bio

Octave Giaume - Bio

Bonjour à vous petit texte: Qui suis-je?

Depuis plusieures années je cherche à comprendre
la diversité du monde, son fonctionnement physique,
biologique, social. Expérimenter pour apprendre est
ma ligne directrice. Utiliser la curiosité, l’ambition et
la persévérance pour découvrir et tenter de maitriser
ce qui m’entoure. Chercher à acquérir le plus large
panel d’outils à ma disposition pour pouvoir m’adapter
à toute situation. L’architecture est un moyen de
mettre en application ces expérimentations, car elle
permet de traiter de nombreux sujets, à la fois sur un
plan programmatique que sur un plan créatif. L’architecture
permet une approche du monde dans sa
globalité, sa fonction primaire est de donner un toit
à l’Homme pour s’abriter de la dureté de la nature, je
la considère alors toujours au service de l’humanité et
en étroite relation avec son environnement. Elle représente
l’implantation de l’Homme dans la nature.

J’ai rejoins l’association Manifart en 2009 pour l’évènement de: My dad is rich.

Depuis j’oeuvre à apporter un avis critique et un positionnement sur les questions

spatiales et constructives au sein de nos évènements.

retrouver sur mon profil mon parcours et mon portfolio.

https://www.linkedin.com/profile/view?id=295309903&trk=nav_responsive_tab_profile

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le 24-01-2015Manifart : Chantier

Chantier

Le chantier est un terrain, endroit où l’on procède à des travaux de réparation ou de construction.

Commentaires

  • Posté par roland le 01/24/15 7:57pm :

    "il s'agit d'ouvrir les portes"..et de faire en sorte qu'elles restent tout le temps ouvertes .
    La porte d'a cote.
    La porte coulissante au Japon.
    Les portes derriere la porte.
    Une porte a portee de la main!!

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le 24-01-2015Manifart : Jeux

Jeux

Le sens du mot jeu renvoie à l’idée de liberté, de marge de manoeuvre. Le jeu est une activité qui ne vise aucune fin utilitaire, si ce n’est en tirer du plaisir. Pourtant de nombreuses théories sociologiques ont montré l’important des jeux dans le développement de la culture et l’organisation des relations entre les hommes au sein des sociétés.

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le 12-12-2014Nous : Cahier des charges

Cahier des charges

 ➞Identité visuelle
 ➞Manifart

Cahier des charges:

- Charte graphique
- Typographie(s)
- Pictogrammes?
- Système de construction, matrice
- Papeterie
- Enveloppes (tampon)
- Papiers en tête (devis, facturation, demande de subvention, dossier, etc)
- Affiches
- Flyers
- Carte de visite
- Dossier / Portfolio / Site
- Site internet
- Script "vers le papier"
- Générique Vidéo
- Dossier de presse / portfolio imprimable depuis le site

Documentation nécessaire afin de dégager les principaux axes de recherche:

- Texte de présentation
- Fiche "identité" de l’ensemble des membres de Manifart
- Liste des derniers projets avec texte de présentation de chacun
- Fichiers, photos, vidéos, textes projets
- Commencer le référencement

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le 03-11-2014Nous : Présentation

Présentation

Il s’agit ici de fabriquer, dessiner la signature du collectif Manifart.

Manifart est un collectif de designers, architectes, vidéastes et performeurs travaillant autour de l’événementiel et de la mise en place de dispositifs où le spectateur devient contributeur de l’œuvre.

Nous souhaitons pratiquer un design qui travaille avec plutôt que pour. Ainsi, il sera question d’établir une relation de collaboration entre nos deux entités, de construire avec eux leur signature en mettant en commun nos pratiques pour générer les codes visuels pertinents vis à vis de leur démarche et de la notre.

Ce travail est aussi l’occasion de questionner nos outils. Il s’agira de penser des outils de conception en adéquation directe avec les principes et la multidiscplinarité des acteurs du collectif. Générer une signature cohérente dans son processus de fabrication viendra rejoindre l’idée même qui fonde le collectif au travers de ses événements: résidences publics ou le spectateur devient autant générateur de situation que les organisateurs, collaborateurs, bénévoles..

Manifart est un collectif de jeunes artistes, architectes, designers, vidéastes, musiciens, performeurs et plasticiens, travaillant ensemble à l’élaboration de pièces collaboratives où l’oeuvre est un événement.

Depuis sa création en 2009, le collectif a été imprégné par l’organisation d’évènements musicaux et la réalisation de scénographies pour ces événements. Aujourd’hui ses membres tentent de concevoir leurs pièces comme des événements intégrant les tensions, les interrogations, les ambiguïtés, propres aux oeuvres d’art. Des installation à l’échelle architecturale au sein desquels ces derniers expérimentent de nouvelles formes spacialisées de langages sonores et visuels. Espace de diffusion et contenu y sont finalement intriqués, ils sont pensés l’un pour l’autre et conditionnés l’un par l’autre.

Le “Do it Yourself ” est une manière de travailler très récurrente au sein de Manifart. Ainsi ses pièces sont elles pleines d’ambivalences, mêlant matériaux de récupération et nouveaux médias, artisanat et hacking, bricolage et nouvelles technologies.

Capacité d’improvisation, prise en compte du contexte et du lieu, travail in-situ et dans le temps, sont des données d’importance. La possibilité de laisser les choses ouvertes et pénétrables par le public, ainsi qu’une volonté sincère de dialoguer avec ce dernier sont palpables dans chacune des réalisations. Le travail se fait avant et pendant l’oeuvre-évènement sans jamais cesser d’être une invitation pour les spectateurs à s’approprier l’espace et le contenu. Ce dernier a pour vocation de se déployer sur plusieurs jours, d’être ouvert et habité, de prendre le temps de se construire en même temps qu’il se donne à voir.

Tout ce qui se développe alors découle de la confrontation des sensibilités qui composent Manifart. D’une manière étonnante, ce qui se dégage de ses pièces correspond à la manière de travailler ensemble de ses membres ainsi qu’à leur capacité de rassembler les énergies et les êtres autour d’eux pour les entraîner dans cette ébullition. Comme si l’instant ainsi généré, tentait d’intégrer en son sein tout ce qui se trouve à sa portée dans l’environnement où il naît.

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